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Superinfirmières: toujours pas de financement en vue

Louise-Maude Rioux Soucy   18 mars 2010  Santé
Toutes spécialités confondues, le réseau compte 59 infirmières praticiennes spécialisées.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Toutes spécialités confondues, le réseau compte 59 infirmières praticiennes spécialisées.
Les doyennes des écoles de sciences infirmières sont sorties bredouilles hier de leur rencontre téléphonique avec les représentants des ministères de la Santé et de l'Éducation. Bredouilles, et un peu plus inquiètes encore que la veille pour l'avenir de leurs programmes destinés à former des infirmières praticiennes spécialisées (IPS), ces superinfirmières destinées à ranimer notre réseau sous perfusion.

Le gouvernement Charest n'a vraisemblablement pas été ébranlé par l'appel à l'aide des universités, qui menacent de mettre leurs programmes sur la glace sans une aide financière négociée d'ici le 1er avril. Au téléphone comme en Chambre, le gouvernement a répété qu'il croit en ce projet. Il a toutefois refusé de présenter une offre de financement concrète malgré des promesses répétées en ce sens.

La déception était vive pour la doyenne de la Faculté des sciences infirmières de l'Université Laval, Diane Morin. «Nous avons la certitude d'avoir bien travaillé avec nos deux collègues des ministères, qui ont toute notre confiance. Nous sommes d'autant plus désolées de voir que, malgré le chemin parcouru, Québec n'est toujours pas en mesure de nous donner les paramètres optimaux pour déployer ces programmes.»

À la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), on commence aussi à s'impatienter. «Il y a un an et demi, nous avions reçu un excellent accueil des deux ministres qui avaient dit vouloir mener ce dossier avec diligence. Ils nous avaient promis une annonce en novembre, annonce qui a été reportée à décembre, puis janvier, février, mars et puis, plus rien», déplore le président de la Table de concertation en sciences infirmières, Bernard Garnier.

Acculées au pied du mur, les doyennes tout comme la CREPUQ misent leurs derniers espoirs sur le budget provincial qui sera présenté à la fin du mois. «Nous restons quand même optimistes. La formation des IPS fait l'objet d'un consensus unanime dans le réseau de la santé», a fait valoir M. Garnier. Mais si leurs espoirs sont encore déçus, les doyennes sont prêtes à prendre les grands moyens. «Nous allons surseoir nos programmes jusqu'à ce que Québec consente à les financer», a indiqué hier Mme Morin.

Explosif, le dossier a rebondi hier à l'Assemblée nationale. Le critique en matière de santé, Bernard Drainville, a accusé le ministre Bolduc d'avoir sciemment retardé la création d'IPS, une promesse que le gouvernement Charest traîne depuis sept ans. Yves Bolduc a reconnu que le Québec manque cruellement d'IPS. Mais il assure tout faire pour y remédier. «On est en train de regarder à mettre tout ça en place.»

Précisons que toutes spécialités confondues, le réseau québécois compte 59 IPS, auxquelles s'ajoutent 39 IPS en formation. Par comparaison, l'Ontario en a 1240, seulement sur sa première ligne.
 
 
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  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 18 mars 2010 07h33
    Tout simple !
    Le financement risque de ne jamais venir puisque l'ajout des superinfirmières risquerait d'améliorer les services publics de santé... et de retarder d'autant la main mise du privé sur les soins de santé.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Galarneau2
    Abonné
    jeudi 18 mars 2010 17h39
    C'est clair et net
    Je suis d'accord avec M.Berger. Le but des derniers gouvernements québécois : Rendre le système le plus inefficace possible pour pouvoir mieux justifier le recours au privé. En passant la part du privé dans la santé était estimée récemment à 30%. Nous sommes gouvernés par des affairistes et/ou des amis d'affairistes.

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