lundi 28 mai 2012 Dernière mise à jour 01h13
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Attente en chirurgie cardiaque - L'Institut de cardiologie corrige le tir

Pauline Gravel   12 mars 2010  Santé
À l'instar des autres établissements hospitaliers, l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM) a vu ses listes d'attente pour une chirurgie cardiaque s'allonger au cours des deux dernières années. Mais en adoptant diverses mesures destinées à améliorer les conditions de travail de son personnel infirmier, l'établissement devrait être en mesure de retrouver une situation normale d'ici quelques mois.

Actuellement, 217 patients sont en attente d'une chirurgie cardiaque à l'ICM. Pour 34 % d'entre eux, l'attente dépasse les délais prescrits, mais «il s'agit de chirurgie élective non urgente. La grande majorité, soit plus de 90 %, des cas urgents qui nécessitent une hospitalisation et une chirurgie rapides, sont traités à l'intérieur des délais», a précisé en conférence de presse le Dr Michel Carrier. Ce chirurgien cardiaque à l'ICM a ajouté qu'on avait informé les 74 patients «hors délai» de consulter immédiatement leur médecin ou de se présenter dans une salle d'urgence si leurs symptômes changent, afin qu'on réévalue leur état clinique et le niveau d'urgence de l'intervention qu'on leur a prescrit. «C'est ainsi que nous assurons la sécurité des patients durant cette période d'attente», a-t-il indiqué.

Pénurie et fermeture d'une salle

Les responsables de l'ICM imputent l'allongement des listes d'attente à la pénurie d'infirmières spécialisées en soins intensifs au Québec, ainsi qu'à la fermeture, pour rénovations, de l'une de leurs quatre salles d'opération durant la dernière année. «Ce n'est pas en raison d'une contrainte budgétaire que nous procédons à moins de chirurgies cardiaques, c'est plutôt la pénurie d'infirmières en soins intensifs qui est le problème», a affirmé le directeur général de l'ICM, Robert Busilacchi.

Pour rectifier la situation, l'ICM a intensifié les démarches de recrutement au cours des dernières années, en embauchant plus d'une centaine de nouvelles infirmières par an ces deux dernières années, a spécifié M. Busilacchi. Il précise que les nouvelles recrues sont en majorité de jeunes diplômées, et que quelques-unes proviennent de l'étranger.

«On a également déployé énormément d'énergie pour retenir le personnel en place, ce qui a porté fruits car nous réussissons à retenir 83 % des nouvelles recrues un an après leur embauche, contrairement à 60 % en 2008-09, ce qui est considéré comme très élevé comparativement à la situation ailleurs dans le réseau», a souligné M. Busilacchi.


Soutien et formation

Pour retenir ses effectifs, la communauté médicale de l'ICM a décidé d'exclure le recours aux infirmières d'agences privées et a plutôt investi dans des mesures de soutien et de formation à l'intention de son personnel infirmier spécialisé. On a aussi renoncé, autant que possible, à imposer des heures supplémentaires. Ainsi, il n'y a eu que 33 heures supplémentaires de faites au cours des neuf derniers mois, soit l'équivalent d'environ 45 minutes par semaine, a précisé M. Busilacchi, qui n'a pas manqué de souligner les effets pervers des heures supplémentaires obligatoires. «Les infirmières qui se font imposer des heures supplémentaires s'épuisent et sont enclines à prendre leur retraite prématurément. La sécurité des patients n'est pas optimale dans ces conditions», a-t-il indiqué, avant de signaler que le fait de «s'interdire d'avoir recours aux heures supplémentaires obligatoires a eu pour effet d'accroître la disponibilité volontaire de plusieurs infirmières».

Pour attirer et fidéliser son personnel, l'ICM s'est appliqué à adapter les horaires de travail aux besoins de ses infirmières. «Nous proposons des horaires comprimés en une semaine de travail de quatre jours à celles qui habitent en banlieue afin de réduire leur temps de transport. Nos infirmières aux soins intensifs ne travaillent qu'un week-end sur trois au lieu d'un sur deux. Nous avons réduit la taille des unités de soins que les infirmières-chefs doivent superviser afin que ces dernières soient davantage à l'écoute des besoins de leurs employés. La fondation de l'ICM offre des bourses d'études à certaines de nos infirmières qui désireraient parfaire leur formation ou acquérir de nouvelles compétences. Nous procédons actuellement à des "focus groups" avec les infirmières de 50 ans et plus afin de trouver des mesures pour les inciter à retarder le moment où elles partiront à la retraite», donne comme exemples Marie-Hélène Carbonneau, directrice des soins infirmiers à l'ICM.

En parallèle, le directeur général a insisté sur l'importance de former une relève. «Il faut rendre attrayante auprès des jeunes cette profession exceptionnelle, stimulante et enrichissante, car ceux-ci voient trop souvent dans les médias les problèmes et les difficultés qui affligent le réseau de la santé. Il faut les intéresser tôt», a déclaré M. Busilacchi.

Grâce à toutes ces mesures et à la réouverture de la quatrième salle d'opération, le Dr Carrier croit pouvoir parvenir «à rétablir la liste d'attente à des niveaux acceptables».
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Nicole Goulet - Inscrit
    12 mars 2010 10 h 04
    Le portrait de la situation continue de se clarifier...
    Avec cette institution spécialisée qu’est l’ICM, il semble plus simple de faire ressortir... que les solutions, nous les trouverons au cœur de la prestation des soins et dans les décisions administratives propres à chaque établissement; passant par la valorisation et la rémunération du personnel selon les compétences ainsi que la charge et la somme de travail. Alors administration d’hôpital et syndicat, discutez ! dans l’espace public s’il le faut. Ce qui est réclamé, c’est une meilleure prestation de soins pour la Personne / famille et moins de mailles lestées dans le grand filet de sécurité.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • sylvie imbeault - Inscrit
    12 mars 2010 16 h 40
    quel bel exemple à suivre
    Je suis ravie de voir qu'il y a au moins un établissement qui a fait l'exercice de revoir les horaires de travail de ses infirmières et qui leur donne des opportunités de formation afin de retenir les infirmières expérimentées et garder les jeunes infirmières. Pourquoi les négociateurs du gouvernement ne prennent pas cet exemple . Il semble que cela a donné des résultats intéressants à l'institut de cardiologie de Montréal. Ce que propose la FIQ va dans ce sens également. Les vieilles infirmières ne resteront pas s'il n'y a pas d'amélioration dans les conditions actuelles que nous devons subir. Le coeur y est pour donner des soins, soyez en certains, mais le "body" ne suit pas, la fatique et la surcharge font en sorte que nous nous épuisons et nous ne voyons que le moment de partir à la retraite comme solution. Alors, il faut qu'il se passe quelque chose , une ouverture de la part du ministère, qu'il démontre qu'il est conscient des problématiques que vit la clientèle et ceux qui donnent les soins.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012