Attente en chirurgie cardiaque - L'Institut de cardiologie corrige le tir
À l'instar des autres établissements hospitaliers, l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM) a vu ses listes d'attente pour une chirurgie cardiaque s'allonger au cours des deux dernières années. Mais en adoptant diverses mesures destinées à améliorer les conditions de travail de son personnel infirmier, l'établissement devrait être en mesure de retrouver une situation normale d'ici quelques mois.
Actuellement, 217 patients sont en attente d'une chirurgie cardiaque à l'ICM. Pour 34 % d'entre eux, l'attente dépasse les délais prescrits, mais «il s'agit de chirurgie élective non urgente. La grande majorité, soit plus de 90 %, des cas urgents qui nécessitent une hospitalisation et une chirurgie rapides, sont traités à l'intérieur des délais», a précisé en conférence de presse le Dr Michel Carrier. Ce chirurgien cardiaque à l'ICM a ajouté qu'on avait informé les 74 patients «hors délai» de consulter immédiatement leur médecin ou de se présenter dans une salle d'urgence si leurs symptômes changent, afin qu'on réévalue leur état clinique et le niveau d'urgence de l'intervention qu'on leur a prescrit. «C'est ainsi que nous assurons la sécurité des patients durant cette période d'attente», a-t-il indiqué.
Pénurie et fermeture d'une salle
Les responsables de l'ICM imputent l'allongement des listes d'attente à la pénurie d'infirmières spécialisées en soins intensifs au Québec, ainsi qu'à la fermeture, pour rénovations, de l'une de leurs quatre salles d'opération durant la dernière année. «Ce n'est pas en raison d'une contrainte budgétaire que nous procédons à moins de chirurgies cardiaques, c'est plutôt la pénurie d'infirmières en soins intensifs qui est le problème», a affirmé le directeur général de l'ICM, Robert Busilacchi.
Pour rectifier la situation, l'ICM a intensifié les démarches de recrutement au cours des dernières années, en embauchant plus d'une centaine de nouvelles infirmières par an ces deux dernières années, a spécifié M. Busilacchi. Il précise que les nouvelles recrues sont en majorité de jeunes diplômées, et que quelques-unes proviennent de l'étranger.
«On a également déployé énormément d'énergie pour retenir le personnel en place, ce qui a porté fruits car nous réussissons à retenir 83 % des nouvelles recrues un an après leur embauche, contrairement à 60 % en 2008-09, ce qui est considéré comme très élevé comparativement à la situation ailleurs dans le réseau», a souligné M. Busilacchi.
Soutien et formation
Pour retenir ses effectifs, la communauté médicale de l'ICM a décidé d'exclure le recours aux infirmières d'agences privées et a plutôt investi dans des mesures de soutien et de formation à l'intention de son personnel infirmier spécialisé. On a aussi renoncé, autant que possible, à imposer des heures supplémentaires. Ainsi, il n'y a eu que 33 heures supplémentaires de faites au cours des neuf derniers mois, soit l'équivalent d'environ 45 minutes par semaine, a précisé M. Busilacchi, qui n'a pas manqué de souligner les effets pervers des heures supplémentaires obligatoires. «Les infirmières qui se font imposer des heures supplémentaires s'épuisent et sont enclines à prendre leur retraite prématurément. La sécurité des patients n'est pas optimale dans ces conditions», a-t-il indiqué, avant de signaler que le fait de «s'interdire d'avoir recours aux heures supplémentaires obligatoires a eu pour effet d'accroître la disponibilité volontaire de plusieurs infirmières».
Pour attirer et fidéliser son personnel, l'ICM s'est appliqué à adapter les horaires de travail aux besoins de ses infirmières. «Nous proposons des horaires comprimés en une semaine de travail de quatre jours à celles qui habitent en banlieue afin de réduire leur temps de transport. Nos infirmières aux soins intensifs ne travaillent qu'un week-end sur trois au lieu d'un sur deux. Nous avons réduit la taille des unités de soins que les infirmières-chefs doivent superviser afin que ces dernières soient davantage à l'écoute des besoins de leurs employés. La fondation de l'ICM offre des bourses d'études à certaines de nos infirmières qui désireraient parfaire leur formation ou acquérir de nouvelles compétences. Nous procédons actuellement à des "focus groups" avec les infirmières de 50 ans et plus afin de trouver des mesures pour les inciter à retarder le moment où elles partiront à la retraite», donne comme exemples Marie-Hélène Carbonneau, directrice des soins infirmiers à l'ICM.
En parallèle, le directeur général a insisté sur l'importance de former une relève. «Il faut rendre attrayante auprès des jeunes cette profession exceptionnelle, stimulante et enrichissante, car ceux-ci voient trop souvent dans les médias les problèmes et les difficultés qui affligent le réseau de la santé. Il faut les intéresser tôt», a déclaré M. Busilacchi.
Grâce à toutes ces mesures et à la réouverture de la quatrième salle d'opération, le Dr Carrier croit pouvoir parvenir «à rétablir la liste d'attente à des niveaux acceptables».
Actuellement, 217 patients sont en attente d'une chirurgie cardiaque à l'ICM. Pour 34 % d'entre eux, l'attente dépasse les délais prescrits, mais «il s'agit de chirurgie élective non urgente. La grande majorité, soit plus de 90 %, des cas urgents qui nécessitent une hospitalisation et une chirurgie rapides, sont traités à l'intérieur des délais», a précisé en conférence de presse le Dr Michel Carrier. Ce chirurgien cardiaque à l'ICM a ajouté qu'on avait informé les 74 patients «hors délai» de consulter immédiatement leur médecin ou de se présenter dans une salle d'urgence si leurs symptômes changent, afin qu'on réévalue leur état clinique et le niveau d'urgence de l'intervention qu'on leur a prescrit. «C'est ainsi que nous assurons la sécurité des patients durant cette période d'attente», a-t-il indiqué.
Pénurie et fermeture d'une salle
Les responsables de l'ICM imputent l'allongement des listes d'attente à la pénurie d'infirmières spécialisées en soins intensifs au Québec, ainsi qu'à la fermeture, pour rénovations, de l'une de leurs quatre salles d'opération durant la dernière année. «Ce n'est pas en raison d'une contrainte budgétaire que nous procédons à moins de chirurgies cardiaques, c'est plutôt la pénurie d'infirmières en soins intensifs qui est le problème», a affirmé le directeur général de l'ICM, Robert Busilacchi.
Pour rectifier la situation, l'ICM a intensifié les démarches de recrutement au cours des dernières années, en embauchant plus d'une centaine de nouvelles infirmières par an ces deux dernières années, a spécifié M. Busilacchi. Il précise que les nouvelles recrues sont en majorité de jeunes diplômées, et que quelques-unes proviennent de l'étranger.
«On a également déployé énormément d'énergie pour retenir le personnel en place, ce qui a porté fruits car nous réussissons à retenir 83 % des nouvelles recrues un an après leur embauche, contrairement à 60 % en 2008-09, ce qui est considéré comme très élevé comparativement à la situation ailleurs dans le réseau», a souligné M. Busilacchi.
Soutien et formation
Pour retenir ses effectifs, la communauté médicale de l'ICM a décidé d'exclure le recours aux infirmières d'agences privées et a plutôt investi dans des mesures de soutien et de formation à l'intention de son personnel infirmier spécialisé. On a aussi renoncé, autant que possible, à imposer des heures supplémentaires. Ainsi, il n'y a eu que 33 heures supplémentaires de faites au cours des neuf derniers mois, soit l'équivalent d'environ 45 minutes par semaine, a précisé M. Busilacchi, qui n'a pas manqué de souligner les effets pervers des heures supplémentaires obligatoires. «Les infirmières qui se font imposer des heures supplémentaires s'épuisent et sont enclines à prendre leur retraite prématurément. La sécurité des patients n'est pas optimale dans ces conditions», a-t-il indiqué, avant de signaler que le fait de «s'interdire d'avoir recours aux heures supplémentaires obligatoires a eu pour effet d'accroître la disponibilité volontaire de plusieurs infirmières».
Pour attirer et fidéliser son personnel, l'ICM s'est appliqué à adapter les horaires de travail aux besoins de ses infirmières. «Nous proposons des horaires comprimés en une semaine de travail de quatre jours à celles qui habitent en banlieue afin de réduire leur temps de transport. Nos infirmières aux soins intensifs ne travaillent qu'un week-end sur trois au lieu d'un sur deux. Nous avons réduit la taille des unités de soins que les infirmières-chefs doivent superviser afin que ces dernières soient davantage à l'écoute des besoins de leurs employés. La fondation de l'ICM offre des bourses d'études à certaines de nos infirmières qui désireraient parfaire leur formation ou acquérir de nouvelles compétences. Nous procédons actuellement à des "focus groups" avec les infirmières de 50 ans et plus afin de trouver des mesures pour les inciter à retarder le moment où elles partiront à la retraite», donne comme exemples Marie-Hélène Carbonneau, directrice des soins infirmiers à l'ICM.
En parallèle, le directeur général a insisté sur l'importance de former une relève. «Il faut rendre attrayante auprès des jeunes cette profession exceptionnelle, stimulante et enrichissante, car ceux-ci voient trop souvent dans les médias les problèmes et les difficultés qui affligent le réseau de la santé. Il faut les intéresser tôt», a déclaré M. Busilacchi.
Grâce à toutes ces mesures et à la réouverture de la quatrième salle d'opération, le Dr Carrier croit pouvoir parvenir «à rétablir la liste d'attente à des niveaux acceptables».
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