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La crise s’aggravera si les infirmières n’ont pas de meilleures conditions

La Presse canadienne   11 mars 2010 14h35  Santé
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La situation difficile que l’on vit actuellement dans le système de santé va s’aggraver si les infirmières n’obtiennent pas de meilleures conditions de travail.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent, est catégorique: la crise est due en bonne partie à la pénurie d’infirmières. Et cette pénurie ne se règlera pas si les conditions dans lesquelles elles travaillent ne sont pas corrigées et améliorées.

La FIQ, qui représente 58 000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires, a réuni les représentantes de ses syndicats de tout le Québec, aujourd’hui à Montréal, pour faire le point sur la situation et sur la négociation de la convention collective avec le gouvernement.
Et cette négociation n’avance guère, aux dires de Mme Laurent, même sur la question cruciale de l’organisation du travail.

La FIQ demande notamment de réaménager le temps de travail pour faire des postes à temps complet, mais de quatre jours semaine.

Actuellement, même en contexte de pénurie d’infirmières, près de la moitié des professionnelles en soins détiennent des postes à temps partiel. Et les heures supplémentaires sont souvent obligatoires.

«Il y a longtemps qu’on exhorte le ministère de la Santé d’apporter les correctifs nécessaires. On leur dit depuis des années. Sans cela, la qualité et la sécurité des soins dispensés à la population québécoise sont menacées par l’épuisement des professionnelles en soins», a-t-elle dit.

«Combien de professionnelles doivent encore quitter le réseau avant qu’il comprenne? Combien quittent le réseau pour réorienter leur carrière? Combien encore de morts dans les urgences avant que quelqu’un réagisse?»

«Ce gouvernement Charest peut bien invoquer des décisions prises depuis Mathusalem pour justifier son inertie, ajoute Mme Laurent. Ce gouvernement Charest peut aussi invoquer des vents défavorables, l’enlignement des planètes ou même la chute de l’Empire romain, ça ne changera rien au fait qu’il est le grand responsable de la crise qu’on vit présentement dans le réseau de la santé.»

Selon Mme Laurent, il manque 2000 infirmières au Québec et, d’ici trois ans, 15 000 seront admissibles à la retraite. Et comme plusieurs nouvelles arrivées dans la profession quittent durant les trois premières années, la situation risque de s’aggraver.

«Si le gouvernement ne fait rien pour améliorer les conditions de travail des professionnelles en soins, il verra que les 4000 infirmières mises à la retraite par le Parti québécois en 1997, ce n’est rien à côté du mur que l’on va frapper», prévient encore Mme Laurent.

Des négociations qui n'avancent pas

Les représentantes syndicales se sont d’ailleurs rendues devant les bureaux du Comité patronal de négociation pour manifester leur lassitude devant le fait que ces négociations n’avancent pas.

La dirigeante syndicale a même laissé entendre que le gouvernement Charest laissait sciemment pourrir la situation dans le système de santé, de façon à encourager le secteur privé de la santé.

«Le ministre semble très occupé à gérer le taux de rendement pour les consortiums qui veulent avoir des hôpitaux privés, des CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée) en PPP (partenariat public-privé). Il est trop occupé à ça pour savoir ce qui se passe sur le terrain. Ou encore il laisse pourrir volontairement la situation. Actuellement, on a la désagréable impression que c’est un mélange des deux», a-t-elle commenté.

L’Institut de cardiologie promet éliminer l’attente dans 6 mois

Par ailleurs, le tiers des patients en attente d’une chirurgie à l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) ont dépassé le délai recommandé pour leur opération.

La liste d’attente compte présentement 217 patients, dont 74 ont dépassé le délai recommandé de trois mois.

En faisant le point sur l’attente à l’Institut aujourd’hui, les reponsables ont toutefois précisé qu’il s’agit de patients en attente de chirurgie élective et que tous les cas urgents sont traités sans délai.

L’Institut s’attend d’ailleurs à ce que l’attente soit éliminée d’ici six mois.

La direction de l’hôpital explique la situation actuelle par le fait que l’institution a été privée d’une quatrième salle d’opération durant plusieurs mois pour cause de rénovation et par la pénurie d’infirmières spécialisées en soins intensifs.

Or, les travaux au bloc opératoire sont maintenant terminés et celui-ci a été rouvert en janvier dernier. Depuis ce temps, le nombre de patients sur la liste est passé de 237 à 217.

D’autre part, l’Institut procède à une campagne de recrutement intensif d’infirmières et a réussi à en attirer une centaine par année depuis deux ans. L’Institut de cardiologie, qui n’embauche aucune infirmière d’agence privée, explique notamment son succès de recrutement en période de pénurie par le fait qu’il n’impose aucun temps supplémentaire obligatoire.

L’hôpital précise toutefois qu’il lui manque toujours une vingtaine d’infirmières spécialisées en soins intensifs pour répondre à ses besoins.

Les médecins responsables précisent par ailleurs que l’élimination de l’attente ne signifiera toutefois pas la disparition complète de la liste d’attente puisqu’il faut maintenir une liste d’environ 100 patients afin d’assurer une occupation constante des blocs opératoires et offrir une marge de manoeuvre tant aux médecins qu’aux patients.
 
 
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  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 18h00
    Y a t il vraiment pénurie?
    Quand une infirmière n'entre pas au travail, elle force du surtemps pour une/un collègue. Et la semaine de 4 jours ne va qu’accentuer le manque, car d'autre devront compenser ces journées.

    Ce qu'il faut c'est faire plus avec ce que l'on a, c.-à-d. des horaires de vacance qui assure une couverture égale et uniforme peu importe la période de l'année, des horaires de travail qui assure une couverture 24/7 uniforme. Les quart de travail de 12 hr, 3-2-2 sont idéal pour cela. Et les infirmiers/infermières ont les même obligations et devoirs que la population en général et pourtant dans l'industrie ou il doit y avoir une couverture 24/7 c'est le genre d'horaire idéal.
    Des augmentations de salaire n’auront absolument aucun impacte sur la pénurie, tout comme l’abandon du temps partiel n’aura d’effet. Ce qu’il faut c’est de la FLEXIBILITÉ et aussi des mesure qui assurerait de limiter le transfert d’infirmière d’un endroit à l’autre. L’employeur est l’hôpital pas le gouvernement donc une infirmière qui quitte un hôpital pour en joindre un autre devrait recommencer à 0 tout perdre sa séniorité, son niveau de vacance, ses congés accumulé de la même façon qu’un employé dans le privé perd tout quand il change d’employeur.
    Ce qu’il faut au bout de la ligne c’est que les couts total et final augmentent pas plus que ce que le gouvernement peu payer. Il n’y a qu’une pomme à couper, comment on la coupe est la seule question qui peu se poser.

  • Sergio Momesso
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 22h57
    Correction
    Monsieur Archambault,

    Sans vouloir vous faire de peine, quand une infirmière démissionne d'un établissement pour aller travailler ailleurs, elle perd toute son ancienneté et ses congés accumulés. Pour ce qui est du nombre de jours de congé annuels dont elle bénéficie, ceux-ci sont fixés par les dispositions nationales de la convention collective et son par conséquent invariable d'un établissement à un autre. Enfin, en ce qui a trait aux horaires de 12 heures, il y a plusieurs établissements qui appliquent la mesure (habituellement de manière volontaire).

    Donc, pas mal tout ce que vous proposez est déjà en application et les problèmes ne sont pas réglés pour autant. Alors votre FLEXIBILITÉ ça vaut ben ce que ça vaut.

  • Nicole Lamarre
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 09h01
    Pénurie d'infirmières
    Je ne crois pas à la pénurie.Tous les CEGEP du Québec ou presque donnent le cours.
    Lors de la supposée pandémie et en période de pénurie, aucun problème pour trouver des infirmières........

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