La crise s’aggravera si les infirmières n’ont pas de meilleures conditions
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La situation difficile que l’on vit actuellement dans le système de santé va s’aggraver si les infirmières n’obtiennent pas de meilleures conditions de travail.
La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent, est catégorique: la crise est due en bonne partie à la pénurie d’infirmières. Et cette pénurie ne se règlera pas si les conditions dans lesquelles elles travaillent ne sont pas corrigées et améliorées.
La FIQ, qui représente 58 000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires, a réuni les représentantes de ses syndicats de tout le Québec, aujourd’hui à Montréal, pour faire le point sur la situation et sur la négociation de la convention collective avec le gouvernement.
Et cette négociation n’avance guère, aux dires de Mme Laurent, même sur la question cruciale de l’organisation du travail.
La FIQ demande notamment de réaménager le temps de travail pour faire des postes à temps complet, mais de quatre jours semaine.
Actuellement, même en contexte de pénurie d’infirmières, près de la moitié des professionnelles en soins détiennent des postes à temps partiel. Et les heures supplémentaires sont souvent obligatoires.
«Il y a longtemps qu’on exhorte le ministère de la Santé d’apporter les correctifs nécessaires. On leur dit depuis des années. Sans cela, la qualité et la sécurité des soins dispensés à la population québécoise sont menacées par l’épuisement des professionnelles en soins», a-t-elle dit.
«Combien de professionnelles doivent encore quitter le réseau avant qu’il comprenne? Combien quittent le réseau pour réorienter leur carrière? Combien encore de morts dans les urgences avant que quelqu’un réagisse?»
«Ce gouvernement Charest peut bien invoquer des décisions prises depuis Mathusalem pour justifier son inertie, ajoute Mme Laurent. Ce gouvernement Charest peut aussi invoquer des vents défavorables, l’enlignement des planètes ou même la chute de l’Empire romain, ça ne changera rien au fait qu’il est le grand responsable de la crise qu’on vit présentement dans le réseau de la santé.»
Selon Mme Laurent, il manque 2000 infirmières au Québec et, d’ici trois ans, 15 000 seront admissibles à la retraite. Et comme plusieurs nouvelles arrivées dans la profession quittent durant les trois premières années, la situation risque de s’aggraver.
«Si le gouvernement ne fait rien pour améliorer les conditions de travail des professionnelles en soins, il verra que les 4000 infirmières mises à la retraite par le Parti québécois en 1997, ce n’est rien à côté du mur que l’on va frapper», prévient encore Mme Laurent.
Des négociations qui n'avancent pas
Les représentantes syndicales se sont d’ailleurs rendues devant les bureaux du Comité patronal de négociation pour manifester leur lassitude devant le fait que ces négociations n’avancent pas.
La dirigeante syndicale a même laissé entendre que le gouvernement Charest laissait sciemment pourrir la situation dans le système de santé, de façon à encourager le secteur privé de la santé.
«Le ministre semble très occupé à gérer le taux de rendement pour les consortiums qui veulent avoir des hôpitaux privés, des CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée) en PPP (partenariat public-privé). Il est trop occupé à ça pour savoir ce qui se passe sur le terrain. Ou encore il laisse pourrir volontairement la situation. Actuellement, on a la désagréable impression que c’est un mélange des deux», a-t-elle commenté.
L’Institut de cardiologie promet éliminer l’attente dans 6 mois
Par ailleurs, le tiers des patients en attente d’une chirurgie à l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) ont dépassé le délai recommandé pour leur opération.
La liste d’attente compte présentement 217 patients, dont 74 ont dépassé le délai recommandé de trois mois.
En faisant le point sur l’attente à l’Institut aujourd’hui, les reponsables ont toutefois précisé qu’il s’agit de patients en attente de chirurgie élective et que tous les cas urgents sont traités sans délai.
L’Institut s’attend d’ailleurs à ce que l’attente soit éliminée d’ici six mois.
La direction de l’hôpital explique la situation actuelle par le fait que l’institution a été privée d’une quatrième salle d’opération durant plusieurs mois pour cause de rénovation et par la pénurie d’infirmières spécialisées en soins intensifs.
Or, les travaux au bloc opératoire sont maintenant terminés et celui-ci a été rouvert en janvier dernier. Depuis ce temps, le nombre de patients sur la liste est passé de 237 à 217.
D’autre part, l’Institut procède à une campagne de recrutement intensif d’infirmières et a réussi à en attirer une centaine par année depuis deux ans. L’Institut de cardiologie, qui n’embauche aucune infirmière d’agence privée, explique notamment son succès de recrutement en période de pénurie par le fait qu’il n’impose aucun temps supplémentaire obligatoire.
L’hôpital précise toutefois qu’il lui manque toujours une vingtaine d’infirmières spécialisées en soins intensifs pour répondre à ses besoins.
Les médecins responsables précisent par ailleurs que l’élimination de l’attente ne signifiera toutefois pas la disparition complète de la liste d’attente puisqu’il faut maintenir une liste d’environ 100 patients afin d’assurer une occupation constante des blocs opératoires et offrir une marge de manoeuvre tant aux médecins qu’aux patients.
La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Régine Laurent, est catégorique: la crise est due en bonne partie à la pénurie d’infirmières. Et cette pénurie ne se règlera pas si les conditions dans lesquelles elles travaillent ne sont pas corrigées et améliorées.
La FIQ, qui représente 58 000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires, a réuni les représentantes de ses syndicats de tout le Québec, aujourd’hui à Montréal, pour faire le point sur la situation et sur la négociation de la convention collective avec le gouvernement.
Et cette négociation n’avance guère, aux dires de Mme Laurent, même sur la question cruciale de l’organisation du travail.
La FIQ demande notamment de réaménager le temps de travail pour faire des postes à temps complet, mais de quatre jours semaine.
Actuellement, même en contexte de pénurie d’infirmières, près de la moitié des professionnelles en soins détiennent des postes à temps partiel. Et les heures supplémentaires sont souvent obligatoires.
«Il y a longtemps qu’on exhorte le ministère de la Santé d’apporter les correctifs nécessaires. On leur dit depuis des années. Sans cela, la qualité et la sécurité des soins dispensés à la population québécoise sont menacées par l’épuisement des professionnelles en soins», a-t-elle dit.
«Combien de professionnelles doivent encore quitter le réseau avant qu’il comprenne? Combien quittent le réseau pour réorienter leur carrière? Combien encore de morts dans les urgences avant que quelqu’un réagisse?»
«Ce gouvernement Charest peut bien invoquer des décisions prises depuis Mathusalem pour justifier son inertie, ajoute Mme Laurent. Ce gouvernement Charest peut aussi invoquer des vents défavorables, l’enlignement des planètes ou même la chute de l’Empire romain, ça ne changera rien au fait qu’il est le grand responsable de la crise qu’on vit présentement dans le réseau de la santé.»
Selon Mme Laurent, il manque 2000 infirmières au Québec et, d’ici trois ans, 15 000 seront admissibles à la retraite. Et comme plusieurs nouvelles arrivées dans la profession quittent durant les trois premières années, la situation risque de s’aggraver.
«Si le gouvernement ne fait rien pour améliorer les conditions de travail des professionnelles en soins, il verra que les 4000 infirmières mises à la retraite par le Parti québécois en 1997, ce n’est rien à côté du mur que l’on va frapper», prévient encore Mme Laurent.
Des négociations qui n'avancent pas
Les représentantes syndicales se sont d’ailleurs rendues devant les bureaux du Comité patronal de négociation pour manifester leur lassitude devant le fait que ces négociations n’avancent pas.
La dirigeante syndicale a même laissé entendre que le gouvernement Charest laissait sciemment pourrir la situation dans le système de santé, de façon à encourager le secteur privé de la santé.
«Le ministre semble très occupé à gérer le taux de rendement pour les consortiums qui veulent avoir des hôpitaux privés, des CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée) en PPP (partenariat public-privé). Il est trop occupé à ça pour savoir ce qui se passe sur le terrain. Ou encore il laisse pourrir volontairement la situation. Actuellement, on a la désagréable impression que c’est un mélange des deux», a-t-elle commenté.
L’Institut de cardiologie promet éliminer l’attente dans 6 mois
Par ailleurs, le tiers des patients en attente d’une chirurgie à l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) ont dépassé le délai recommandé pour leur opération.
La liste d’attente compte présentement 217 patients, dont 74 ont dépassé le délai recommandé de trois mois.
En faisant le point sur l’attente à l’Institut aujourd’hui, les reponsables ont toutefois précisé qu’il s’agit de patients en attente de chirurgie élective et que tous les cas urgents sont traités sans délai.
L’Institut s’attend d’ailleurs à ce que l’attente soit éliminée d’ici six mois.
La direction de l’hôpital explique la situation actuelle par le fait que l’institution a été privée d’une quatrième salle d’opération durant plusieurs mois pour cause de rénovation et par la pénurie d’infirmières spécialisées en soins intensifs.
Or, les travaux au bloc opératoire sont maintenant terminés et celui-ci a été rouvert en janvier dernier. Depuis ce temps, le nombre de patients sur la liste est passé de 237 à 217.
D’autre part, l’Institut procède à une campagne de recrutement intensif d’infirmières et a réussi à en attirer une centaine par année depuis deux ans. L’Institut de cardiologie, qui n’embauche aucune infirmière d’agence privée, explique notamment son succès de recrutement en période de pénurie par le fait qu’il n’impose aucun temps supplémentaire obligatoire.
L’hôpital précise toutefois qu’il lui manque toujours une vingtaine d’infirmières spécialisées en soins intensifs pour répondre à ses besoins.
Les médecins responsables précisent par ailleurs que l’élimination de l’attente ne signifiera toutefois pas la disparition complète de la liste d’attente puisqu’il faut maintenir une liste d’environ 100 patients afin d’assurer une occupation constante des blocs opératoires et offrir une marge de manoeuvre tant aux médecins qu’aux patients.
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