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Une première ligne en lambeaux

Tirs nourris contre les choix du gouvernement Charest dans la santé

Louise-Maude Rioux Soucy   10 mars 2010  Santé
Journée très chargée, mais certainement pas inhabituelle, pour le Dr Michel Vachon de la Clinique 3000, rue Bélanger Est, à Montréal. Débordés et frappés durement par la pénurie, les omnipraticiens ont demandé hier à Québec de hausser son financement du réseau de cliniques dont ils estiment la survie «menacée».
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Journée très chargée, mais certainement pas inhabituelle, pour le Dr Michel Vachon de la Clinique 3000, rue Bélanger Est, à Montréal. Débordés et frappés durement par la pénurie, les omnipraticiens ont demandé hier à Québec de hausser son financement du réseau de cliniques dont ils estiment la survie «menacée».
Pendant que les urgences des hôpitaux font les manchettes, la première ligne continue de se fragiliser dans l'indifférence. Jamais la médecine familiale n'a été aussi précaire, a estimé hier la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), qui dit craindre pour l'avenir même du réseau de la santé. Un cri du coeur repris par l'opposition, de même que par la famille de Mariette Fournier, cette dame âgée décédée après quatre jours d'attente aux urgences. Tous somment le gouvernement Charest de remettre le réseau sur les rails.

Sans vouloir minimiser la pression qui se fait sentir dans certaines urgences du Grand Montréal, le président de la FMOQ croit que «la solution n'est pas que dans la salle d'urgence», mais d'abord en amont, dans les cabinets des médecins de famille, où 85 % des consultations sont réalisées. «Un système de santé fort dépend d'une première ligne solide», estime le Dr Louis Godin. Ce dernier espère que le ministre de la Santé «aura la clairvoyance et la justesse d'esprit de s'attaquer à cet enjeu de front» dans la négociation qu'il engagera bientôt avec ses membres.

La directrice générale de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Lise Denis, partage cette lecture de la situation. «L'urgence n'est pas la seule porte d'entrée dans le système. Il faut des solutions à long terme, des solutions durables: il faut renforcer la première ligne et bonifier les soins à domicile.» Autrement, les choses vont se dégrader, «et très rapidement».


Pétition

Déjà, des patients en paient le prix, ont dénoncé les proches de Mariette Fournier, qui lançaient hier une pétition réclamant une enquête publique sur la situation dans les hôpitaux du Québec. Ceux-ci demandent aussi des états généraux sur le système de santé et le droit de mourir dignement.

L'affaire a rebondi à l'Assemblée nationale, où les choix du gouvernement Charest en santé lui ont valu les tirs nourris du Parti québécois et de l'Action démocratique du Québec. La chef de l'opposition, Pauline Marois, a qualifié de «véritable dérapage» la gestion du ministre de la Santé, Yves Bolduc, dans les urgences et les unités de soins intensifs des établissements. Le premier ministre Jean Charest a convenu qu'il «y a encore des problèmes» dans certaines unités, mais «là où il y a des problèmes, le gouvernement va au fond des choses», a-t-il dit. «S'il y a des situations qui doivent être changées, rectifiées, nous allons le faire.»

Mais quand et, surtout, comment? s'est inquiété le critique en matière de santé de l'opposition officielle, Bernard Drainville, qui dénonce l'inertie et la nonchalance du ministre Bolduc dans ce dossier. La solution est connue et fait pourtant consensus, dit au Devoir M. Drainville. «Il faut donner à nos infirmières le rôle qu'elles méritent. Il faut renforcer la première ligne et redonner confiance aux Québécois dans leur réseau de la santé.»

Le discours n'est pas neuf. Déjà, en 2008, la FMOQ tenait un argumentaire semblable et réclamait le soutien des infirmières pour remettre la première ligne à flot. La pénurie était alors de 1000 médecins de famille. Québec avait répondu par une table de concertation. Dix-huit mois plus tard, les actions se font encore attendre et la situation continue de se dégrader. «La pénurie est passée à 1100 médecins», s'alarme le Dr Godin. L'an prochain, «elle sera de 1200».


Sans médecin de famille

Pour chaque médecin en moins, c'est 1000 Québécois qui se retrouvent sans médecin de famille. Ils sont présentement deux millions dans cette situation, soit environ le quart de la population. Autant de patients qui, trop souvent, se retrouvent aux urgences, faute d'avoir été suivis convenablement. Les autres se pressent dans les cliniques, dont le nombre diminue comme peau de chagrin au Québec.

La raison en est simple: les conditions de pratique s'y sont beaucoup détériorées, explique le Dr Marc-André Asselin, qui préside l'Association des médecins omnipraticiens de Montréal. «La situation est pire que celle que nous avons connue dans les années 1990.» C'est aussi l'avis du Dr Claude Saucier, qui est à la tête de l'Association des médecins omnipraticiens de Laval. «Les gens s'inquiètent de voir l'heure de ma retraite approcher et me demandent à qui je vais transférer leur dossier. Je n'ai pas de réponse à leur donner parce qu'il n'y a pas de relève.»

La médecine de famille est en effet boudée par les étudiants en médecine, qui lui préfèrent la médecine spécialisée, mieux payée et mieux soutenue. Au cours des trois dernières années, 184 postes de résidence en médecine familiale n'ont pas été pourvus. Le Dr Godin s'attend à ce que cette désaffection se répète cette année, mais «en pire», selon les premiers échos qu'il a reçus des universités.

Pour la FMOQ, il est clair que le mouvement ne s'arrêtera pas tant que l'écart salarial avec les médecins spécialistes, qu'il évalue à 55 %, ne sera pas ramené à 20 %. Il faut aussi que le soutien dont bénéficient les Groupes de médecine familiaux (GMF) soit aussi offert à tous les médecins de famille, peu importe leur lieu de pratique. Le Dr Godin évalue à 430 millions les investissements nécessaires pour donner à la médecine familiale le coup de barre qu'il réclame.

La Fédération s'est par ailleurs défendue de noircir le tableau à la veille d'enclencher ses négociations avec Québec. «On voudrait ne pas être alarmistes, mais les faits parlent d'eux-mêmes», a dit son président, en ajoutant que la population québécoise partage les inquiétudes des médecins, selon un sondage mené par la firme Léger Marketing pour le compte de la Fédération.

Sur les 1000 Québécois sondés en février dernier, 93 % s'accordent pour dire qu'il est essentiel, pour assurer un bon système de santé, qu'un maximum de citoyens ait un médecin de famille et soit suivi par lui. Quatre-vingt-sept pour cent croient enfin que le gouvernement devrait augmenter les ressources humaines et financières allouées aux soins et services offerts dans les cliniques.
 
 
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  • Caroline Mercier
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 06h00
    Médecine familiale
    Je suis québécoise vivant en France depuis de nombreuses années. Lorsque j'ai quitté le Québec il y a une vingtaine d'années, la médecine familiale se portait plutôt bien. Aujourd'hui c'est catastrophique. Ma famille frère, belle-soeur neveu et nièces n'ont pas de médecin de famille, ma mère âgée de 85 ans est heureusement suivie en médecine familiale à l'hôpital. J'ai du mal à imaginer une telle situation dans mon pays. En France c'est tout à fait différent. Chacun a un médecin de famille qu'il choisit et déclare à l'assurance-maladie afin d'être mieux remboursé. Si on ne déclare pas de médecin traitant on est de ce fait moins bien remboursé. Dans les études de médecin, la médecine familiale est une vrai spécialité reconnue comme telle. Après le concours d'internat les étudiants en médecine font un choix de spécialité dont la médecine familiale. Mon Québec me manque mais en tout cas pas du tout son service à la santé. En France on est bien suivi, bien soigné. La France prend souvent exemple sur le Québec pour beaucoup de choses, là le Québec devrait s'inspirer du système de santé français !

  • Georges Paquet
    Abonné
    mercredi 10 mars 2010 07h24
    Merci à Louise-Maude Rioux Soucy et bravo aux intervenants de première ligne.
    Il faut évidemment bien nous informer de la situation qui prévaut dans le système de soins de santé. Mais il y aurait beaucoup lus à faire. Est-ce que des journalistes et des chroniqueurs auraient un jour le temps, les moyens et le courage de faire un travail rigopureux et de mettre ensemble les éléments qui semblent rendre si déplorable le débordement des urgences et la pénurie de médecins omnipraticiens.

    1- Est-ce que le Collège des médecins trouve toujours nécessaire et équitable de mainternir à un niveau artificiellement pas les inscriptions dans les Facultés de médecine.

    2- Est-ce que tous les cas de citoyens qui attendent patiemment, comme nous le montre ces photos de salles d'urgence débordantes, sont réellement des cas d'urgence qui nécessitent l'attention immédiate de préposés et un diagnostique d'un spécialiste de la santé.

    Regardons-y donc d'un peu plus près.

  • Bernard Lorazo
    Abonné
    mercredi 10 mars 2010 07h51
    Et si les médecins spécialistes passaient leur tour?
    Le consensus existe sur les deux point suivants: les infirmières et les médecins de famille sont essentiels au bon fonctionnement du système de santé.
    Pourquoi, alors, ne pas faire comprendre aux médecins spécialistes qu'un effort considérable leur a déjà été consenti dans les années récentes et, qu'en conséquence, ils devront passer leur tour pour quelques années?

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 10 mars 2010 08h07
    D'autres raisons
    C'est quand même étrange.

    Malgré des statistiques qui nous disent que le nombre de médecins par tranche de mille habitants soit plus fort au Québec que dans plusieurs autres provinces au Canada, c'est de plus en plus difficile pour bien des Québécois de se trouver un médecin de famille.

    Afin d'expliquer cette situation déplorable, on invoque, entre autres, le fait que les finissants préfèrent la médecine spécialisée qui, comme c'est écrit dans le présent article, est mieux payée et soutenue.

    Cependant, n'y aurait-il pas d'autres raisons, raisons dont on préfère ne pas parler ?

    Quant au premier ministre Charest, au lieu de radoter tout le temps que tous les problèmes de notre système de santé sont dus à ses prédécesseurs, pourquoi ne fait-il rien pour régler ce problème, lui qui est pourtant au pouvoir depuis 7 ans ?

  • Sator
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 08h54
    tout va bien madame la marquise
    La pointe de l'iceberg de tout un fouillis administratif
    Une gérance déficiente après tant d années on ne fait que de mettre de l argent dans un gouffre sans fin sans régler les problèmes de fond
    Un des problèmes majeurs c est la nomination partisane de personnes dans des postes clés et qui ne sont même pas capables de faire une addition.
    Des promesses des promesses des promesses d un gouvernement arrogant et indigne de nous représenter ,qui n’a d’intérêt que les siens
    • Le gouvernement vient chercher vos biens à deux occasions : quand il est prêt, et quand vous ne l'êtes pas.

  • Plume
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 08h54
    N'avons-nous pas ce que nous méritons ?
    La cause première de l'engorgement de notre système de santé ne serait-elle pas nos mauvaises habitudes de vie et la pollution de notre environnement ? A mon avis, tant que nous ne changerons pas à ce niveau, notre système de santé sera un gouffre sans fond. J'ajouterai que de recourir au privé pour régler le problème est une utopie.

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 10 mars 2010 09h04
    En contradiction
    « Tous somment le gouvernement Charest de remettre le réseau sur les rails », écrit Louise-Maude Rioux Soucy. Mais comment ce gouvernement libéral conservateur peut-il remettre le réseau sur les rails sans nuire à la montée du privé dans les soins médicaux. Les institutions privées naissent et progressent de la déficience des institutions publiques, en soins de santé comme en éducation. Faut-il le rappeler, Jean Charest a juré de mettre la hache dans la Révolution tranquille et dans les institutions publiques qu'elle a engendrées.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mercredi 10 mars 2010 09h28
    Le sifflement du boomerang...
    Pendant ce temps, les mouvements écologistes se battent sang et eau pour la protection des espèces animales en voie de disparition, nos pseudos dirigeants s'en mettent plein les poches en n'oubliant pas les «ti-zamis», la «duchesse« en fait ses choux gras en omettant de mentionner qu'elle est l'instigatrice du fouillis actuel lors de son règne aux Finances et «les cons-tribuables» vivent à crédit...

    Faut surtout pas s'en faire, le boomerang n'est même pas encore revenu... ce n'est que son sifflement!

  • France Marcotte
    Abonnée
    mercredi 10 mars 2010 10h18
    Mieux vaut la vérité crue
    Le regard du docteur Vachon en photo en dit long sur son dépassement par la situation et derrière lui les têtes penchées des patients qui n'en peuvent plus d'attendre est quelque chose de bien trop familier. Il vaudrait mieux qu'on nous dise les effets réels de tout ce cafouillage inadmissible et pourtant pas près de se résorber: le nombre de morts prévus, la détresse psychologique qu'il engendre, l'estimation du nombre de personnes malades laissées pour compte... Et pourquoi ne pas déclarer une sorte d'état d'urgence en faisant appel à de l'aide humanitaire comme celle que l'on envoie dans les pays touchés par la catastrophe. Faudra peut-être ravaler notre orgueil.

  • TRIPOD
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 10h53
    Les travailleurs de la base ne sont pas à blâmer ...
    Pour avoir travaillé plus de 37 ans dans le milieu de la santé, je peux vous dire que les travailleurs de la base (infirmières, techniciens, préposés, entretien etc.) ne sont absolument pas à blâmer, ils doivent en faire beaucoup plus avec moins d'effectifs (les départs n'étant pas remplacés), une tache qui s'accroît sans cesse, avec des salaires bien en deça de ce qu'ils toucheraient au privé ou ailleurs au Canada ! Là où il y aurait cependant un GROS ménage à faire, c'est au niveau de la gestion, à deux (2), trois (3) ou même quatre (4) niveaux de nos établissements de santé, a-t-on encore les moyens en 2010 de payer des gens pour assister à des réunions et pour déléguer leur travail ?

    Cela dit, je suis 100% d'accord, la porte d'entrée du système de santé NE DOIT PAS ÊTRE l'urgence, elle passe d'abord par un soutien à domicile fort pour les aînés et les personnes à mobilité réduite et par une première ligne de cliniques bien structurées (qu'auraient dû être les CLSC !) ouvertes 24 heures par jour, à tout le moins en rotation pour toujours en avoir une ouverte dans chaque région !

  • Claude Kamps
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 11h03
    Pas plus tard que la semaine passée, 140.00 de trop à payer
    Un spécialiste, en consultation dans un hôpital m'a dit que le traitement dont j ai besoin absolument au plus vite, serait bien plus vite pratiqué si j'allais dans sa clinique privée au cout de 140.00.. au lieu d'attendre que l'hôpital m'appelle pour me fixer un rendez-vous.

    Comme pensionné à petite pension minimum, qui a payer des impôts toute sa vie pour payer un système de santé convenable, il me semble inadmissible que l'hôpital soit en concurrence avec une clinique ou le même médecin pratique les mêmes traitements, mais demande un supplément de 140.00, parce qu'il passe son temps en privé plutôt qu'a son hôpital.

    Je nomme cela du racolage....

    Je ne peux faire autre chose que d'attendre l'hôpital ou je suis très content des services qui me sont offert...

  • Paul Racicot
    Inscrit
    mercredi 10 mars 2010 12h57
    Pas moyen de me dénicher...
    ...un médecin de famille ! Pas étonnant s'il manque donc de 1,000 à 1,100 omnipraticiens. Et combien de spécialistes manque-t-il ?

    En regard de la situation actuelle, il est aisé de conclure qu'il n'existe pas de comité d'experts dont la mission est de voir à ce qu'un nombre suffisant d'étudiants entrent et sortent des facultés de médecine pour combler la demande. Et/ou que le nombre de places d'accueil dans ces facultés est insuffisant. Et/ou que les critères de sélection des postulants à ces places d'accueil sont tout bonnement déraisonnables.

    Ou alors, si un tel comité existe, c'est qu'il est incompétent.

    Après tant d'années, cette problématique (annoncée par les actuaires et les démographes il y de cela plus de 20 ans !) est toujours... endémique. Et je vous signale que : « La population du Québec devrait croître de quelque 500 000 habitants d’ici 2026 pour s’établir à un peu plus de 8 millions, selon le scénario de référence de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).»

    Alors, quelqu'un va-t-il un jour se décider à résoudre cette problématique une fois pour toutes ?

  • Vive le Québec libre
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 00h47
    Les 100 watts ne sont plus
    La solution est d'après moi d'instaurer un ticket modérateur, en fait d'épouser le même système que nos cousins français, mais je suis bien surpris de voir que Charest et Bolduc ne l'ont pas encore compris, nous sommes censé être gouverné en France par Sarko, et ici au Québec par Charest deux parachutés de Desmarais ! Bizarre de voir un homme d'affaire si peu médiocre quand il s'agit de voir son propre peuple mourir dans les urgences.

  • Nicole Goulet
    Inscrit
    jeudi 11 mars 2010 18h08
    L’hôpital virtuel est arrivé, le dossier patient suivra…
    … qui servira l’efficacité des soins d’urgence, en exactitude et en temps, espérons-le. Trouvons le moyen de prendre les bouchées doubles et allons de l’avant …
    Quand au logiciel de suivi informatisé qui a été développé pour coordonner l’accès aux services et le suivi des patients, qu’il soit rapidement partagé avec l’expertise, dans tout le réseau.

  • Nicole Lamarre
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 09h21
    Une première ligne en lambeaux
    Tout n'est pas la faute du gouvernement .Où sont les directeurs généraux et les directeurs des services professionnels, les chefs de départements?? qui ne sont pas capables de faire leur travail.
    Moi aussi, je recommande UNE ENQUÊTE PUBLIQUE.

  • Nicole Lamarre
    Inscrit
    vendredi 12 mars 2010 09h24
    Ticket modérateur
    Instaurer un ticket modérateur ne règlera aucun problème a part mettre de l'argent dans les poches de qui???
    Quand tu te présente à l'urgence c'est qu'il n'existe aucune autre ressource.

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