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Un baume pour le système immunitaire des séropositifs

Pauline Gravel   10 mars 2010  Santé
Des chercheurs québécois et états-uniens ont probablement trouvé la clé qui permettrait de rétablir la force de frappe du système immunitaire chez les personnes infectées par le VIH, dont les défenses immunitaires sont déficientes et menacent leur vie. Cette découverte fondamentale fait l'objet d'une publication dans la dernière édition de la revue Nature Medicine.

«Les antirétroviraux disponibles aujourd'hui sont de très bonnes molécules pour empêcher la réplication du VIH, mais ils n'arrivent pas à restaurer la fonction immunitaire. Les patients qui sont atteints du VIH ne succombent pas en raison de la présence du VIH, mais à cause de l'incapacité de leur système immunitaire à les défendre contre d'autres pathogènes», explique Rafick-Pierre Sékaly, directeur scientifique du Vaccine and Gene Therapy Institute de la Floride et chercheur au Centre de recherche du CHUM, qui souligne ainsi l'importance de rétablir le fonctionnement du système immunitaire pour écarter les patients du danger. M. Sékaly, en collaboration avec des collègues états-uniens et montréalais, a déterminé deux cibles à viser pour atteindre cet objectif.

Il y a quelques années, des chercheurs américains avaient montré qu'une grande part des dommages dont était victime le système immunitaire des sidéens n'étaient pas dus au VIH lui-même, mais à un effet indirect de celui-ci, qui brise l'intégrité de la barrière intestinale et induit par le fait même la dissémination de composés bactériens dans le sang. Ces chercheurs avaient alors observé que la présence de composés bactériens dans le sang s'accompagnait d'une diminution du nombre de lymphocytes T CD4, qui orchestrent toute la fonction du système immunitaire.

L'équipe de M. Sékaly vient de montrer que ces mêmes composés bactériens induisent la prolifération de récepteurs PD-1 à la surface des monocytes, une catégorie de globules blancs spécialisés dans la phagocytose. «Lorsque le récepteur PD-1 interagit avec la protéine qui provoque son activation (son ligand), une substance appelée IL-10 est libérée et cette dernière provoque le dysfonctionnement des cellules T CD4. Ainsi, en bloquant l'interaction du récepteur PD-1 avec son ligand, ou la production d'IL-10, on peut restaurer la fonctionnalité des cellules T CD4», précise le chercheur, qui affirme avoir observé que plus les récepteurs PD-1 sont nombreux à la surface des monocytes, plus la charge virale du patient est élevée et plus la maladie tend à s'accélérer.

Une molécule permettant de bloquer le récepteur PD-1 est actuellement éprouvée dans l'évaluation d'une immunothérapie contre le cancer, et l'équipe de M. Sékaly espère ardemment la tester chez des personnes infectées par le VIH. Des molécules susceptibles de contrecarrer l'IL-10 ne sont pour le moment disponibles qu'en laboratoire. Mais M. Sékaly souhaite y avoir accès rapidement afin de les évaluer dans un premier temps chez des primates, et éventuellement chez l'humain dans deux ou trois ans.
 
 
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  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 10 mars 2010 09h11
    Un changement de culture
    Si les molécules inhibitrices de l'IL-10 s'avèrent efficaces, la recherche médicale passera de la guerre tous azimuts contre les méchants virus et rétrovirus au renforcement des agents naturels capables de les empêcher de nuire en se multipliant aux dépens des cellules saines. Une vraie révolution culturelle !
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Karel Grenier
    Inscrit
    samedi 17 avril 2010 15h47
    Encore de la poudre aux yeux
    "Dans deux ou trois ans ..."

    C'est vraiment désolant.
    Récemment j'ai pris connaissance d'une certaine entrevue avec Luc Montagnier, co-découvreur du vih, lors de laquelle il affirmait clairement que le réel problème n'est pas le virus. Il prétend que l'on peut être mis en contact avec le vih plusieurs fois sans pour autant développer le syndrôme d'immuno-déficience, également que le corps l'élimine en quelques semaines. Selon Luc, et j'aurais plus tendance à le croire lui que ces chercheurs zélés friands de subventions, la cause réelle des problèmes de santé en Afrique par exemple est le "stress oxydatif" en tant que co-facteur à l'infection virale.

    En d'autres mots, ce qui est salutaire ce n'est pas la recherche spécifique sur des inhibiteurs bidons, mais de travailler ensemble à ce que tous les pays du monde aient accès à une nourriture de qualité et surtout à une eau potable. J'en comprends que les séropositifs dans les pays riches sont traités pour rien, et par expérience personnelle je constate qu'ils ne s'en portent pas mieux pour autant, même que la plupart étaient déjà en très bonne santé avant de commencer le traitement qui est, soit dit en passant, très dur le foie. Je ne comprends pas l'intérêt de prendre des médications lorsqu'il y a plus de 20 effets secondaires pour chacun d'eux. Remplacer un mal par un autre ... arrffff, c'est ce qui est le plus désolant dans tout ça. Bien manger, boire de l'eau potable, c'est à la portée de tous et chacun dans les plays plus aisés et c'est 10 fois moins coûteux que les trithérapies.

    Il faudra nous lâcher avec ça un jour. VIH n'est pas synonyme de SIDA. En faisant différentes recherches j'ai appris qu'au début de cette nouvelle maladie plus de 60 % des personnes atteintes du sida n'était même pas séropositives. Aujourd'hui, c'est le monde à l'envers, on commence par le diagnostic de séroconversion et on met tous les séropositifs dans le même lot, c'est-à-dire sujet à développer le sida.

    Cela fait plus état d'un scorbut moderne que d'une infection rétrovirale. Arrêtons de faire les autruches.

    Amitiés
    Karel

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