Étude québécoise - Médecin-pharmacien: un tandem efficace
Photo : Agence Reuters Lucas Jackson
Une collaboration plus étroite entre le pharmacien et le médecin peut avoir un effet bénéfique pour les patients, selon une étude québécoise.
Un, c'est bien. Mais deux, c'est mieux. Un article publié hier dans le Journal de l'Association médicale canadienne montre que plusieurs patients gagneraient à être suivis par un tandem médecin-pharmacien. Cette étude québécoise montre en effet qu'une collaboration plus étroite entre ces deux professionnels de la santé peut faire une différence dans le quotidien de patients aux prises avec un haut taux de cholestérol. Et de bien d'autres encore.
Malgré les dissensions historiques qui séparent leurs ordres professionnels à propos du partage des compétences, 77 médecins de famille et 108 pharmaciens communautaires ont accepté de faire fi du climat ambiant en jouant la carte de la collaboration à l'invitation de l'Équipe de recherche en soins de première ligne du CSSS de Laval et de l'Université de Montréal, de concert avec des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill.
Pendant un an, ces volontaires ont suivi 225 patients à risque de maladies cardiovasculaires. La moitié a reçu les services habituels, l'autre, un suivi plus étroit dans lequel le pharmacien a assumé la responsabilité de certains tests de laboratoires et pu adapter les doses de médicaments en conséquence.
Au final, si les deux groupes ont réussi à maintenir des niveaux équivalents sur le plan du contrôle du cholestérol, celui suivi par le tandem a fait des gains importants sur le plan de la qualité du suivi, notamment sur les cibles à atteindre, le type de médication reçue et les habitudes de vie. «Nous avons fait un "focus group" à la fin, et tous les intervenants, patients, médecins comme pharmaciens, ont convenu que, pour le patient, c'est la meilleure méthode», résume la chercheuse principale de l'étude, la Dre Lyne Lalonde, du CSSS de Laval.
Des améliorations
Parmi les gains recensés, la professeure à la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal note que les pharmaciens ont réussi à régulariser le taux de cholestérol des patients sans recourir aussi souvent que les médecins à des médicaments de plus forte puissance (11 % contre 40 % pour le groupe témoin). Ils ont également été beaucoup plus nombreux à aborder la question des habitudes de vie (43 % contre 8 %), pourtant essentielles dans le contrôle du cholestérol. Mieux, 67 % de leurs patients ont changé leur style de vie sur leurs conseils, contre 38 % pour ceux qui ont eu droit à une approche traditionnelle.
Le pharmacien a aussi pu mieux moduler sa réponse au médicament, ce qui a permis au groupe sous sa responsabilité d'atteindre plus souvent ses cibles thérapeutiques (81 % contre 74 %). Le tout généralement «avec des médicaments moins puissants, mais mieux ciblés grâce à un suivi plus étroit et plus fréquent», raconte Lyne Lalonde.
Pour le cardiologue Jacques Genest, qui a travaillé comme consultant pour cette étude, le suivi conjoint est un plus pour le patient. «Les médecins ne suffisent plus à la tâche pour donner le suivi nécessaire à tous leurs patients.» Le pharmacien, lui, a non seulement le temps, mais la compétence nécessaire pour prendre le relais. «Celui-ci assume déjà certaines responsabilités du genre, notamment au niveau des changements de posologie en anticoagulation. Et il détient toutes les expertises requises pour en faire davantage», dit l'auteur du Canadian Cholesterol Guidelines.
C'est aussi l'avis de la Dre Eveline Hudon, professeure à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et chercheuse dans cette étude. Selon elle, Québec ne peut plus nier les avantages d'une meilleure collaboration avec les pharmaciens en ces temps de pénurie. «On savait que la collaboration entre médecins et infirmières était une réussite. On sait maintenant qu'avec de la volonté, celle entre les médecins et les pharmaciens pourrait aussi l'être.»
Un climat à améliorer
De l'avis de la Dre Hudon, cette étude permet de croire que la formule aurait avantage à être élargie à d'autres troubles, comme l'hypertension, le tabagisme, certaines démences, comme la maladie d'Alzheimer, ainsi que quelques maladies chroniques, comme l'asthme, pour lesquelles la médication est souvent mal utilisée par les patients.
Mais pour cela, il faudra que le climat change, croit Lyne Lalonde. Celle-ci admet avoir d'ailleurs été «très déçue» de l'accueil réservé aux propositions formulées par l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) la semaine dernière, recommandations qui trouvent pourtant un écho favorable dans son étude. Elle n'est pas la seule: encore hier, l'Association des pharmaciens du Canada (APhC) a donné son appui aux suggestions de l'Ordre en faisant valoir que «l'expérience des autres provinces à cet effet est prometteuse» et doit être suivie par Québec.
Malgré les dissensions historiques qui séparent leurs ordres professionnels à propos du partage des compétences, 77 médecins de famille et 108 pharmaciens communautaires ont accepté de faire fi du climat ambiant en jouant la carte de la collaboration à l'invitation de l'Équipe de recherche en soins de première ligne du CSSS de Laval et de l'Université de Montréal, de concert avec des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill.
Pendant un an, ces volontaires ont suivi 225 patients à risque de maladies cardiovasculaires. La moitié a reçu les services habituels, l'autre, un suivi plus étroit dans lequel le pharmacien a assumé la responsabilité de certains tests de laboratoires et pu adapter les doses de médicaments en conséquence.
Au final, si les deux groupes ont réussi à maintenir des niveaux équivalents sur le plan du contrôle du cholestérol, celui suivi par le tandem a fait des gains importants sur le plan de la qualité du suivi, notamment sur les cibles à atteindre, le type de médication reçue et les habitudes de vie. «Nous avons fait un "focus group" à la fin, et tous les intervenants, patients, médecins comme pharmaciens, ont convenu que, pour le patient, c'est la meilleure méthode», résume la chercheuse principale de l'étude, la Dre Lyne Lalonde, du CSSS de Laval.
Des améliorations
Parmi les gains recensés, la professeure à la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal note que les pharmaciens ont réussi à régulariser le taux de cholestérol des patients sans recourir aussi souvent que les médecins à des médicaments de plus forte puissance (11 % contre 40 % pour le groupe témoin). Ils ont également été beaucoup plus nombreux à aborder la question des habitudes de vie (43 % contre 8 %), pourtant essentielles dans le contrôle du cholestérol. Mieux, 67 % de leurs patients ont changé leur style de vie sur leurs conseils, contre 38 % pour ceux qui ont eu droit à une approche traditionnelle.
Le pharmacien a aussi pu mieux moduler sa réponse au médicament, ce qui a permis au groupe sous sa responsabilité d'atteindre plus souvent ses cibles thérapeutiques (81 % contre 74 %). Le tout généralement «avec des médicaments moins puissants, mais mieux ciblés grâce à un suivi plus étroit et plus fréquent», raconte Lyne Lalonde.
Pour le cardiologue Jacques Genest, qui a travaillé comme consultant pour cette étude, le suivi conjoint est un plus pour le patient. «Les médecins ne suffisent plus à la tâche pour donner le suivi nécessaire à tous leurs patients.» Le pharmacien, lui, a non seulement le temps, mais la compétence nécessaire pour prendre le relais. «Celui-ci assume déjà certaines responsabilités du genre, notamment au niveau des changements de posologie en anticoagulation. Et il détient toutes les expertises requises pour en faire davantage», dit l'auteur du Canadian Cholesterol Guidelines.
C'est aussi l'avis de la Dre Eveline Hudon, professeure à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et chercheuse dans cette étude. Selon elle, Québec ne peut plus nier les avantages d'une meilleure collaboration avec les pharmaciens en ces temps de pénurie. «On savait que la collaboration entre médecins et infirmières était une réussite. On sait maintenant qu'avec de la volonté, celle entre les médecins et les pharmaciens pourrait aussi l'être.»
Un climat à améliorer
De l'avis de la Dre Hudon, cette étude permet de croire que la formule aurait avantage à être élargie à d'autres troubles, comme l'hypertension, le tabagisme, certaines démences, comme la maladie d'Alzheimer, ainsi que quelques maladies chroniques, comme l'asthme, pour lesquelles la médication est souvent mal utilisée par les patients.
Mais pour cela, il faudra que le climat change, croit Lyne Lalonde. Celle-ci admet avoir d'ailleurs été «très déçue» de l'accueil réservé aux propositions formulées par l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) la semaine dernière, recommandations qui trouvent pourtant un écho favorable dans son étude. Elle n'est pas la seule: encore hier, l'Association des pharmaciens du Canada (APhC) a donné son appui aux suggestions de l'Ordre en faisant valoir que «l'expérience des autres provinces à cet effet est prometteuse» et doit être suivie par Québec.
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