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Étude québécoise - Médecin-pharmacien: un tandem efficace

Louise-Maude Rioux Soucy   9 mars 2010  Santé
Une collaboration plus étroite entre le pharmacien et le médecin peut avoir un effet bénéfique pour les patients, selon une étude québécoise.
Photo : Agence Reuters Lucas Jackson
Une collaboration plus étroite entre le pharmacien et le médecin peut avoir un effet bénéfique pour les patients, selon une étude québécoise.
Un, c'est bien. Mais deux, c'est mieux. Un article publié hier dans le Journal de l'Association médicale canadienne montre que plusieurs patients gagneraient à être suivis par un tandem médecin-pharmacien. Cette étude québécoise montre en effet qu'une collaboration plus étroite entre ces deux professionnels de la santé peut faire une différence dans le quotidien de patients aux prises avec un haut taux de cholestérol. Et de bien d'autres encore.

Malgré les dissensions historiques qui séparent leurs ordres professionnels à propos du partage des compétences, 77 médecins de famille et 108 pharmaciens communautaires ont accepté de faire fi du climat ambiant en jouant la carte de la collaboration à l'invitation de l'Équipe de recherche en soins de première ligne du CSSS de Laval et de l'Université de Montréal, de concert avec des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill.

Pendant un an, ces volontaires ont suivi 225 patients à risque de maladies cardiovasculaires. La moitié a reçu les services habituels, l'autre, un suivi plus étroit dans lequel le pharmacien a assumé la responsabilité de certains tests de laboratoires et pu adapter les doses de médicaments en conséquence.

Au final, si les deux groupes ont réussi à maintenir des niveaux équivalents sur le plan du contrôle du cholestérol, celui suivi par le tandem a fait des gains importants sur le plan de la qualité du suivi, notamment sur les cibles à atteindre, le type de médication reçue et les habitudes de vie. «Nous avons fait un "focus group" à la fin, et tous les intervenants, patients, médecins comme pharmaciens, ont convenu que, pour le patient, c'est la meilleure méthode», résume la chercheuse principale de l'étude, la Dre Lyne Lalonde, du CSSS de Laval.


Des améliorations

Parmi les gains recensés, la professeure à la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal note que les pharmaciens ont réussi à régulariser le taux de cholestérol des patients sans recourir aussi souvent que les médecins à des médicaments de plus forte puissance (11 % contre 40 % pour le groupe témoin). Ils ont également été beaucoup plus nombreux à aborder la question des habitudes de vie (43 % contre 8 %), pourtant essentielles dans le contrôle du cholestérol. Mieux, 67 % de leurs patients ont changé leur style de vie sur leurs conseils, contre 38 % pour ceux qui ont eu droit à une approche traditionnelle.

Le pharmacien a aussi pu mieux moduler sa réponse au médicament, ce qui a permis au groupe sous sa responsabilité d'atteindre plus souvent ses cibles thérapeutiques (81 % contre 74 %). Le tout généralement «avec des médicaments moins puissants, mais mieux ciblés grâce à un suivi plus étroit et plus fréquent», raconte Lyne Lalonde.

Pour le cardiologue Jacques Genest, qui a travaillé comme consultant pour cette étude, le suivi conjoint est un plus pour le patient. «Les médecins ne suffisent plus à la tâche pour donner le suivi nécessaire à tous leurs patients.» Le pharmacien, lui, a non seulement le temps, mais la compétence nécessaire pour prendre le relais. «Celui-ci assume déjà certaines responsabilités du genre, notamment au niveau des changements de posologie en anticoagulation. Et il détient toutes les expertises requises pour en faire davantage», dit l'auteur du Canadian Cholesterol Guidelines.

C'est aussi l'avis de la Dre Eveline Hudon, professeure à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal et chercheuse dans cette étude. Selon elle, Québec ne peut plus nier les avantages d'une meilleure collaboration avec les pharmaciens en ces temps de pénurie. «On savait que la collaboration entre médecins et infirmières était une réussite. On sait maintenant qu'avec de la volonté, celle entre les médecins et les pharmaciens pourrait aussi l'être.»


Un climat à améliorer

De l'avis de la Dre Hudon, cette étude permet de croire que la formule aurait avantage à être élargie à d'autres troubles, comme l'hypertension, le tabagisme, certaines démences, comme la maladie d'Alzheimer, ainsi que quelques maladies chroniques, comme l'asthme, pour lesquelles la médication est souvent mal utilisée par les patients.

Mais pour cela, il faudra que le climat change, croit Lyne Lalonde. Celle-ci admet avoir d'ailleurs été «très déçue» de l'accueil réservé aux propositions formulées par l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) la semaine dernière, recommandations qui trouvent pourtant un écho favorable dans son étude. Elle n'est pas la seule: encore hier, l'Association des pharmaciens du Canada (APhC) a donné son appui aux suggestions de l'Ordre en faisant valoir que «l'expérience des autres provinces à cet effet est prometteuse» et doit être suivie par Québec.
 
 
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  • Benoît Tremblay
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 06h33
    Médecin et pharmacien: tandem efficace
    Eureka!

    Vive la science! Nous avons maintenant besoin d'études pour prouver que la collaboration est plus efficace que la confrontation.

    C'est comme cela dans tout le réseau de la santé: un corporatisme destructeur. Un égoïsme corporatiste destructeur.

    Sans parler en plus des confrontations entre ceux qui font leurs études au CEGEP et à l'université.

    Beaucoup d'études qui coûtent cher....mais pas beaucoup de SIMPLE BON SENS!

    Manque de lits? Manque d'infirmières? Système à bout de souffle?

    Si on revenait tout simplement humain avec toutes les qualités de l'être humain.

    Benoît Tremblay
    Inhalothérapeute depuis 30 ans

  • Olivier Rene
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 07h21
    Un trio d'acteurs plutôt qu'un tandem
    N'oublions pas que c'est la personne qui consomme la médication qui se retrouve au coeur de ce processus thérapeutique lié à la prise de médicaments. Si les pharmaciens (experts des médicaments) et les médecins (experts de la santé) ne côtoyaient pas les connaissances des "patients" (experts de leur propre vie) associées à leur prise de médication, il y a fort à parier que les résultats d'amélioration de l'état de santé seraient bien plus bas.

    Ne cherchons pas toujours à glorifier l'expertise en haut de l'échelle!

  • Benoît Gravel
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 10h29
    Santé – Médecins – Pharmaciens / Le déni médiatique
    J’ai été représentant pharma dans une autre vie. Je n’ai pu perdurer car j’en avais marre du corporatisme médical lequel me reportait au temps où seuls médecins, prêtres, notaires et avocats avaient droit de citer…
    C’était l’époque judéo-chrétienne! Malheureusement ns n’en sommes pas encore sortis dans le système santé francophone. Au bon Dr.Barrette, je mentionne que j’ai dans mon domaine autant d’expérience que les siens dans le leur!
    Pourquoi faut-il toujours réinventer la roue au Québec : étude ici, moult $$ pour former des super-infirmières qui ne peuvent être reconnues à leur juste valeur, projet CHUM au sein duquel même un admin. chevronné tel Claude Béland a dû se rendre à l’évidence, et je pourrais continuer…
    Tant et aussi longtemps que le grenouillage du sacro saint empire médical et de celui des syndicats dynausoriens ne saura être mis au SERVICE du PATIENT et non au sien propre, nous tournerons en rond!
    Avez-vous remarqué comme on est prompt à accuser qui du PQ, du PLQ ou tout autre sauveur du système en gorges chaudes dès qu’un incident malheureux survient? On est tous mortels bordel mais c’est quoi la véritable cause du problème? Pourquoi le système fonctionne-t-il au MGH, au RVH, au Jewish et ailleurs?
    Quiconque connaît des administrateurs de 1er niveau dont on s’empresse de vanter les mérites lorsqu’ils font leur cheminement administratif (HEC-McGill et autres), vous diront qu’ils ont les mains liées dès qu’ils entrent en poste!
    Qu’attend-on pour prendre les décisions de mettre au pilori ces lobbies incestueux? Comme Jean de Granpré le disait ‘La pire décision est celle que vous n’avez pas prise’. Conséquemment, on n’a pas suffisamment de couilles au Québec mais on est facilement capable de chialer même si on ne va pas voter!
    On gére par les ÉMOTIONS et par les SONDAGES et notre faune journalistique embarque les deux pieds joints car cela fait la page frontispice!
    Benoît Gravel
    Laval

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