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Décès d'un homme en attente d'une chirurgie cardiaque - Une situation «inacceptable», mais «exceptionnelle», juge Bolduc

D'après le ministère de la Santé, 76 % des patients en cardiologie seraient opérés dans les délais prescrits

Louise-Maude Rioux Soucy   9 mars 2010  Santé
Au Québec, la durée moyenne d’attente à l’urgence est actuellement de 17,5 heures. En 2009, 50 000 personnes ont dû passer plus de 48 heures dans un corridor d’hôpital.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Au Québec, la durée moyenne d’attente à l’urgence est actuellement de 17,5 heures. En 2009, 50 000 personnes ont dû passer plus de 48 heures dans un corridor d’hôpital.
La mort d'un homme qui a attendu plus longtemps qu'il n'aurait fallu une chirurgie cardiaque est «inacceptable», a jugé hier le ministre de la Santé, Yves Bolduc, en entrevue téléphonique au Devoir. Inacceptable, mais aussi tout à fait exceptionnelle, a précisé le ministre, qui estime que l'on ne peut «pas juger un réseau sur la base de ses exceptions».

La chirurgie a au contraire connu de nettes améliorations ces dernières années, a argué Yves Bolduc. «93 % des patients sont maintenant opérés à l'intérieur de six mois, 80 % à l'intérieur de trois mois.» Un bilan global qui, vérification faite, ne vaut toutefois pas pour la chirurgie cardiaque, alors que seulement 76 % des patients sont opérés dans les délais prescrits.

Vrai, admet le ministre, qui dit travailler à faire grimper cette proportion. En entrevue à Radio-Canada, le Dr Daniel Doyle, chirurgien cardiaque à l'Institut de cardiologie de Québec, a d'ailleurs rappelé que les listes d'attente, qui ont déjà atteint 1200 patients dans son domaine, avaient chuté entre 200 et 300 avec l'ouverture de nouveaux plateaux techniques. Elles sont depuis remontées à 650.

Quant à la mort de cet homme qui a trop attendu, le ministre affirme avoir fait le point avec l'établissement montréalais concerné et se garde bien de tirer quelque conclusion que ce soit avant que l'enquête ne soit terminée. «Nous attendrons leurs conclusions. Chose certaine, il est inacceptable que ce patient ait été hors délai et que cela ait eu ces conséquences-là pour lui.»

Il reste néanmoins «un cas d'exception», selon le ministre. Même chose pour les urgences québécoises qui ont fait les manchettes ces dernières semaines. «Sur 100 urgences, j'en ai 76 qui vont très bien, c'est-à-dire que tous les patients sont vus dans les 24 heures. J'en ai 24 autres qui ont plus de mal à toujours respecter cette mesure, parce que leur population est plus fragile. Mais nous travaillons de concert avec les établissements pour les aider à traverser ces difficultés.»


Aucune action proposée

Yves Bolduc convient que la forte pression sur les unités de soins intensifs n'est pas étrangère au phénomène. Il étudie la question, mais n'a rien à proposer pour l'instant, sinon pour dire que «c'est du côté du personnel infirmier qu'il faut travailler». Le ministre n'a pas été en mesure non plus d'énumérer quelles actions il comptait mettre en oeuvre pour améliorer son bilan en chirurgie cardiaque.

Ces promesses sans actions concrètes lui ont valu les foudres du critique de l'opposition en matière de Santé, qui l'a sommé de s'engager à mettre de l'ordre dans les urgences et les unités de soins intensifs afin que cette triste histoire ne se répète pas. «Faites votre travail de ministre, M. Bolduc, sortez, parlez, dites ce que vous allez faire», a dit un Bernard Drainville excédé sur les ondes de RDI.

Piqué, le ministre Bolduc a assuré hier être déjà au travail. «Pendant qu'eux discutent de souveraineté, moi je suis aux commandes. Je suis en réunion tous les matins avec les établissements qui connaissent des difficultés.» Et c'est une minorité, ajoute-t-il. «Je dirais que les difficultés sont surtout à Laval, à la Cité de la santé, à Notre-Dame, à Maisonneuve-Rosemont et un peu au Lakeshore.»

Sa sortie n'a pas convaincu la leader parlementaire de l'ADQ, Sylvie Roy, qui a dénoncé «l'impuissance du ministre» à redresser les choses. «J'ai trouvé épouvantable d'entendre M. Bolduc nous dire que ça prendra cinq ans pour stabiliser les urgences. En 2003, [les libéraux] nous disaient: c'est fini l'attente dans la santé, on a la solution. De 2003 à 2015, c'est 12 ans, et ils n'ont pas encore la solution.»

*****

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • epervier
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 08h19
    PAUVRE MONSIEUR BOLDUC!...La Bolduc avait raison...
    Ce charmant Monsieur Bolduc ose dire aux médias que c'est un
    "cas isolé". Ose-t-il prendre la population pour des ignorants face à ces problèmes éternels?
    On cache, on se cache sous un titre ronflant de minsitre sans prendre
    ses responsabilités et surtout dire la VÉRITÉ, SEULEMENT LA VÉRITÉ.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 09h44
    Un ministre qui va bientôt démissionner ?
    J'ai regardé hier l'entrevue qu'a accordée le ministre de la Santé du Québec, le docteur Yves Bolduc, à celui (P. Roy) qui présente les informations de 18h00 à la télé de Radio-Canada,

    Interrogé bien sûr, au sujet des délais de plus en plus longs pour une chirurgie cardiaque dans plusieurs hôpitaux, le ministre, tout en disant désolé de la situation, nous donnait l'impression qu'il avait l'esprit ailleurs...

    Songerait-il déjà quitter la politique et à retourner à sa pratique médicale ? Il faut dire qu'occuper le poste de ministre de la Santé est loin d'être une sinécure !

  • Paul Racicot
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 12h48
    Allez ! Donnez-moi un autre sparadrap !
    «Un bilan global qui, vérification faite, ne vaut toutefois pas pour la chirurgie cardiaque, alors que seulement 76 % des patients sont opérés dans les délais prescrits.»

    Euh... Donc, si je comprends bien, 24% de cas d'exception potentiels ?

    A...YOYE !

  • Sator
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 15h25
    on en as le bol duc
    On en est rendu la, on est devenue une simple statistique, un cas isolé une erreur de parcours et la vie continue on passe au suivant on ferait même pas ça un chien. Même que la loi oblige une personne a porter secours une autre personne en cas de danger .dans le fond ils ont signé son arrêt de mort. Mais avec un gouvernement de pitoyable menteur qui sont plus préoccupées à obtenir des dons pour leurs parti.et à soutirer à la classe moyenne le plus possible d’argent. Et plus on lève le couver de la marmite mois ça sent bon
    S’il fallait donner une note de passage aux ministres libéraux actuels je crois que la grande majorité doublerait et le prof serait congédier
    Y a-t-il un seul ministère ou ça va bien .La réponse est NON
    Et celui qui mène et qui est suppose d’avoir les deux, mais sur le volant on a l impression qu’il n’a jamais suivi de cour de conduite

  • Nicole Goulet
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 16h23
    Suggestion pour dégager des heures/soins, pour désencombrer !
    Je propose d’inciter les médecins, les infirmières ou autres professionnels à partager avec leurs collègues des autres établissements de soins, toute la documentation à l’appui des nouvelles pratiques ou façons de faire. S'assurer que toute documentation issue d’une recherche en soins infirmiers (un exemple pour illustrer mon propos), qui a été produite avec la participation de fonds publics… serve à l’ensemble.
    Ces ressources documentaires habituellement frappées d’un interdit de reproduction « copyright » devraient être partagées. La propriété intellectuelle pourrait être protégée autrement. Reste à voir… ce qui compte c’est de pouvoir offrir plus, d'agir différemment.
    Pendant que des infirmières s’affairent à réécrire des programmes, elles ne sont pas au chevet des malades.

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