Décès d'un homme en attente d'une chirurgie cardiaque - Une situation «inacceptable», mais «exceptionnelle», juge Bolduc
D'après le ministère de la Santé, 76 % des patients en cardiologie seraient opérés dans les délais prescrits
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Au Québec, la durée moyenne d’attente à l’urgence est actuellement de 17,5 heures. En 2009, 50 000 personnes ont dû passer plus de 48 heures dans un corridor d’hôpital.
La mort d'un homme qui a attendu plus longtemps qu'il n'aurait fallu une chirurgie cardiaque est «inacceptable», a jugé hier le ministre de la Santé, Yves Bolduc, en entrevue téléphonique au Devoir. Inacceptable, mais aussi tout à fait exceptionnelle, a précisé le ministre, qui estime que l'on ne peut «pas juger un réseau sur la base de ses exceptions».
La chirurgie a au contraire connu de nettes améliorations ces dernières années, a argué Yves Bolduc. «93 % des patients sont maintenant opérés à l'intérieur de six mois, 80 % à l'intérieur de trois mois.» Un bilan global qui, vérification faite, ne vaut toutefois pas pour la chirurgie cardiaque, alors que seulement 76 % des patients sont opérés dans les délais prescrits.
Vrai, admet le ministre, qui dit travailler à faire grimper cette proportion. En entrevue à Radio-Canada, le Dr Daniel Doyle, chirurgien cardiaque à l'Institut de cardiologie de Québec, a d'ailleurs rappelé que les listes d'attente, qui ont déjà atteint 1200 patients dans son domaine, avaient chuté entre 200 et 300 avec l'ouverture de nouveaux plateaux techniques. Elles sont depuis remontées à 650.
Quant à la mort de cet homme qui a trop attendu, le ministre affirme avoir fait le point avec l'établissement montréalais concerné et se garde bien de tirer quelque conclusion que ce soit avant que l'enquête ne soit terminée. «Nous attendrons leurs conclusions. Chose certaine, il est inacceptable que ce patient ait été hors délai et que cela ait eu ces conséquences-là pour lui.»
Il reste néanmoins «un cas d'exception», selon le ministre. Même chose pour les urgences québécoises qui ont fait les manchettes ces dernières semaines. «Sur 100 urgences, j'en ai 76 qui vont très bien, c'est-à-dire que tous les patients sont vus dans les 24 heures. J'en ai 24 autres qui ont plus de mal à toujours respecter cette mesure, parce que leur population est plus fragile. Mais nous travaillons de concert avec les établissements pour les aider à traverser ces difficultés.»
Aucune action proposée
Yves Bolduc convient que la forte pression sur les unités de soins intensifs n'est pas étrangère au phénomène. Il étudie la question, mais n'a rien à proposer pour l'instant, sinon pour dire que «c'est du côté du personnel infirmier qu'il faut travailler». Le ministre n'a pas été en mesure non plus d'énumérer quelles actions il comptait mettre en oeuvre pour améliorer son bilan en chirurgie cardiaque.
Ces promesses sans actions concrètes lui ont valu les foudres du critique de l'opposition en matière de Santé, qui l'a sommé de s'engager à mettre de l'ordre dans les urgences et les unités de soins intensifs afin que cette triste histoire ne se répète pas. «Faites votre travail de ministre, M. Bolduc, sortez, parlez, dites ce que vous allez faire», a dit un Bernard Drainville excédé sur les ondes de RDI.
Piqué, le ministre Bolduc a assuré hier être déjà au travail. «Pendant qu'eux discutent de souveraineté, moi je suis aux commandes. Je suis en réunion tous les matins avec les établissements qui connaissent des difficultés.» Et c'est une minorité, ajoute-t-il. «Je dirais que les difficultés sont surtout à Laval, à la Cité de la santé, à Notre-Dame, à Maisonneuve-Rosemont et un peu au Lakeshore.»
Sa sortie n'a pas convaincu la leader parlementaire de l'ADQ, Sylvie Roy, qui a dénoncé «l'impuissance du ministre» à redresser les choses. «J'ai trouvé épouvantable d'entendre M. Bolduc nous dire que ça prendra cinq ans pour stabiliser les urgences. En 2003, [les libéraux] nous disaient: c'est fini l'attente dans la santé, on a la solution. De 2003 à 2015, c'est 12 ans, et ils n'ont pas encore la solution.»
*****
Avec La Presse canadienne
La chirurgie a au contraire connu de nettes améliorations ces dernières années, a argué Yves Bolduc. «93 % des patients sont maintenant opérés à l'intérieur de six mois, 80 % à l'intérieur de trois mois.» Un bilan global qui, vérification faite, ne vaut toutefois pas pour la chirurgie cardiaque, alors que seulement 76 % des patients sont opérés dans les délais prescrits.
Vrai, admet le ministre, qui dit travailler à faire grimper cette proportion. En entrevue à Radio-Canada, le Dr Daniel Doyle, chirurgien cardiaque à l'Institut de cardiologie de Québec, a d'ailleurs rappelé que les listes d'attente, qui ont déjà atteint 1200 patients dans son domaine, avaient chuté entre 200 et 300 avec l'ouverture de nouveaux plateaux techniques. Elles sont depuis remontées à 650.
Quant à la mort de cet homme qui a trop attendu, le ministre affirme avoir fait le point avec l'établissement montréalais concerné et se garde bien de tirer quelque conclusion que ce soit avant que l'enquête ne soit terminée. «Nous attendrons leurs conclusions. Chose certaine, il est inacceptable que ce patient ait été hors délai et que cela ait eu ces conséquences-là pour lui.»
Il reste néanmoins «un cas d'exception», selon le ministre. Même chose pour les urgences québécoises qui ont fait les manchettes ces dernières semaines. «Sur 100 urgences, j'en ai 76 qui vont très bien, c'est-à-dire que tous les patients sont vus dans les 24 heures. J'en ai 24 autres qui ont plus de mal à toujours respecter cette mesure, parce que leur population est plus fragile. Mais nous travaillons de concert avec les établissements pour les aider à traverser ces difficultés.»
Aucune action proposée
Yves Bolduc convient que la forte pression sur les unités de soins intensifs n'est pas étrangère au phénomène. Il étudie la question, mais n'a rien à proposer pour l'instant, sinon pour dire que «c'est du côté du personnel infirmier qu'il faut travailler». Le ministre n'a pas été en mesure non plus d'énumérer quelles actions il comptait mettre en oeuvre pour améliorer son bilan en chirurgie cardiaque.
Ces promesses sans actions concrètes lui ont valu les foudres du critique de l'opposition en matière de Santé, qui l'a sommé de s'engager à mettre de l'ordre dans les urgences et les unités de soins intensifs afin que cette triste histoire ne se répète pas. «Faites votre travail de ministre, M. Bolduc, sortez, parlez, dites ce que vous allez faire», a dit un Bernard Drainville excédé sur les ondes de RDI.
Piqué, le ministre Bolduc a assuré hier être déjà au travail. «Pendant qu'eux discutent de souveraineté, moi je suis aux commandes. Je suis en réunion tous les matins avec les établissements qui connaissent des difficultés.» Et c'est une minorité, ajoute-t-il. «Je dirais que les difficultés sont surtout à Laval, à la Cité de la santé, à Notre-Dame, à Maisonneuve-Rosemont et un peu au Lakeshore.»
Sa sortie n'a pas convaincu la leader parlementaire de l'ADQ, Sylvie Roy, qui a dénoncé «l'impuissance du ministre» à redresser les choses. «J'ai trouvé épouvantable d'entendre M. Bolduc nous dire que ça prendra cinq ans pour stabiliser les urgences. En 2003, [les libéraux] nous disaient: c'est fini l'attente dans la santé, on a la solution. De 2003 à 2015, c'est 12 ans, et ils n'ont pas encore la solution.»
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Avec La Presse canadienne
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