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Maladie de la vache folle : aucun autre cas n’a encore été détecté

Fabien Deglise   25 mai 2003 21h33  Santé
L’enquête sur le premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) 100 % canadien continue de progresser... contrairement à la maladie qui, après évaluation des quelque 150 «compagnes» de la vache infectée, semble s’être arrêtée, pour le moment du moins, au seul cas mis au jour mardi en Alberta, ont annoncé hier en conférence de presse les responsables de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

«Une bonne nouvelle», selon eux, mais aussi une lueur d’espoir pour les principaux acteurs de l’industrie bovine dont plusieurs hier espéraient voir les États-Unis lever l’embargo imposé depuis cinq jours sur les exportations de produits du boeuf.
«Le pire est derrière nous, a commenté hier Michel Dessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ) en entrevue au Devoir. Les résultats d’enquête présentés par l’ACIA aujourd’hui [hier] montrent bien que tout a été fait par le gouvernement pour enrayer la crise, mais aussi pour démontrer aux autorités sanitaires internationales que le Canada n’est pas un terreau fertile pour la propagation de la vache folle.»
Les tests d’ESB effectués dans les derniers jours sur les cadavres des vaches qui ont cohabité avec l’animal à l’origine de cette crise dans un élevage de Wanham au nord-ouest de l’Alberta peuvent en effet le laisser croire. Ils constituent toutefois une étape dans l’enquête et non pas une réponse définitive, a précisé l’ACIA.
Résultats préliminaires négatifs
Le cerveau de près de 150 bêtes a été disséqué. Résultats? «Les tests préliminaires se sont tous révélés être négatifs», a commenté Brian Evans, vétérinaire en chef à l’ACIA lors d’une conférence de presse tenue à Ottawa et relayée par téléphone dans tout le pays. «Ces tests indiquent fortement que l’ESB ne s’est pas répandue dans ce troupeau. Il n’y a donc rien en ce moment qui permet de remettre en question la sécurité du boeuf canadien et des produits du boeuf», a-t-il poursuivi.
N’empêche, une autre ferme a été placée en quarantaine hier, a annoncé l’ACIA, ce qui porte désormais à 17 le nombre d’exploitations agricoles touchées par la crise autant en Alberta, en Saskatchewan qu’en Colombie-Britannique. Ces élevages auraient hébergé la vache canadienne atteinte d’ESB ou encore sa descendance dans les dernières années. Quant à trois élevages de la Colombie-Britannique, ils sont toujours sous surveillance, puisque l’Agence y aurait découvert en cours d’enquête des pratiques en matière d’alimentation du bétail «non conforme à l’interdiction [d’utiliser des farines carnées à base de ruminants] en vigueur» depuis 1997 au Canada. «L’augmentation du nombre de mises en quarantaine n’indique pas que la situation empire, a toutefois commenté Claude Lavigne de l’ACIA, mais bien que l’enquête se poursuit.»

Beaucoup d’inconnues
Une enquête qui comporte d’ailleurs depuis mardi dernier encore beaucoup d’inconnues. À commencer par l’origine exacte de la bête infectée, difficile à établir vu son âge — de six à huit ans, selon les autorités sanitaires — et les maigres processus d’identification et de traçabilité disponibles durant les premières années de sa vie.
L’ACIA tente également lever le voile sur les déplacements de cette vache folle — déplacements fort nombreux en Amérique du Nord, estivage oblige — afin de confirmer que le mal ne s’est pas répandu à d’autres troupeaux. Une douzaine, actuellement mis en quarantaine, sont considérés comme suspects, et «il est fort possible que nous pratiquions des tests sur ces troupeaux», a précisé M. Lavigne.
Sous la loupe également: l’alimentation de l’animal, source probable de la contamination par le prion à l’origine de l’ESB. Des meuneries ont été visitées dans les derniers jours par les limiers de l’Agence. Mais pour l’instant, le mystère persiste. Sauf peut-être pour le président de la FPBQ: «Les farines animales contaminées, ça n’existe pas au Canada, a-t-il commenté. L’enquête de l’ACIA va certainement le prouver. Tout comme elle est en train de démontrer l’innocuité du boeuf canadien.» Un pas de plus selon lui vers la fin de l’embargo imposé par les États-Unis et sept autres pays, dont le Japon, sur l’importation de bovins et autres ruminants d’origine canadienne.
Cet embargo paralyse depuis mardi l’industrie bovine d’un océan à l’autre avec un corollaire inévitable: des pertes économiques importantes. «Tout ça doit prendre fin dans les prochaines heures, a-t-il précisé en milieu d’après-midi hier. Il y a urgence. Dans les abattoirs, les frigos sont remplis à pleine capacité et, si on veut limiter les dégâts, il faut remettre en marche les réseaux de distribution très très vite.»






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