Accès aux soins de santé - Les pharmaciens aimeraient jouer un plus grand rôle
L'Ordre des pharmaciens du Québec demande à l'État d'élargir le champ de pratique de ses membres
Photo : Agence Reuters
Selon l’Ordre des pharmaciens, il est «anormal» que ses membres ne soient pas invités à prendre le relais des médecins quand ils le peuvent.
Pendant que les cliniques et les urgences débordent, les pharmaciens rongent leur frein. Mais plus pour longtemps, a fait savoir hier l'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), qui désire prendre une part plus active dans l'organisation des soins. Un «virage nécessaire», selon sa présidente, qui demande à Québec d'élargir le champ de pratique des pharmaciens en leur permettant par exemple de prolonger une ordonnance.
Deux millions de Québécois n'ont pas de médecin de famille. Ceux-là doivent se rabattre sur les urgences ou patienter des heures durant dans une clinique sans rendez-vous pour soigner une infection ou renouveler une prescription. Tout cela est «contre-productif», estime la présidente de l'Ordre, Diane Lamarre, qui trouve «anormal» que les pharmaciens ne soient pas invités à prendre le relais quand ils le peuvent.
Réforme inachevée
Québec avait pourtant lancé une réforme ambitieuse au tournant des années 2000 avec la loi 90, qui autorise les pharmaciens à ajuster ou même à amorcer une thérapie médicamenteuse par le biais d'ordonnances collectives. Mais la révolution promise tarde à prendre forme alors que les négociations entre le ministère et les ordres professionnels s'éternisent. «L'ouverture est importante, mais dans les faits, elle est encore trop timide», croit la présidente de l'OPQ.
D'autant que cette loi ne permet pas aux pharmaciens de prolonger une ordonnance comme le font déjà leurs collègues albertains ou ontariens. Là-bas, un patient qui souffre d'une maladie chronique comme l'ostéoporose peut demander à son pharmacien de prolonger sa prescription si son état est stable. «Les pharmaciens québécois ont la formation et la compétence pour faire la même chose. Et contrairement aux médecins, ils sont disponibles immédiatement, de jour comme de soir. Pourquoi alors se passer de leur expertise?»
Leur formation leur permet aussi de gérer des problèmes de santé mineurs comme une allergie, le pied d'athlète, la cessation tabagique ou une infection urinaire. Une expertise inutilisée dont le réseau de santé surchargé ne peut plus faire l'économie en 2010, croit Mme Lamarre. «Avec ces propositions, nous pensons pouvoir éviter des visites à l'urgence, libérer des heures de consultation en première ligne et diminuer l'absentéisme.»
L'expérience britannique
Et pour cause. Le Royaume-Uni, champion toutes catégories en la matière, a réussi à transférer en pharmacie des millions de consultations mineures par an. «C'est 220 000 consultations de moins par jour dans les cabinets de médecins», note la présidente de l'OPQ. Plus près de chez nous, des pharmaciens beaucerons ont mis sur pied une clinique qui leur permet de suivre 850 patients recevant un traitement anticoagulant. Leur implication a permis de libérer 2600 heures de rendez-vous dans les cliniques de la région et de réduire sensiblement le nombre de prises de sang à domicile. Mieux, l'atteinte des cibles de traitement s'est améliorée de 45 à 70 % pour les patients.
Les solutions mises de l'avant hier par les pharmaciens ont été accueillies avec prudence au cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc. Avant de penser à élargir le rôle des pharmaciens, Québec veut d'abord trouver «des accommodements à la satisfaction de tous» dans le dossier des ordonnances collectives, a expliqué son attachée de presse, Karine Rivard. Cette dernière espère «un dénouement dans les prochaines semaines».
Deux millions de Québécois n'ont pas de médecin de famille. Ceux-là doivent se rabattre sur les urgences ou patienter des heures durant dans une clinique sans rendez-vous pour soigner une infection ou renouveler une prescription. Tout cela est «contre-productif», estime la présidente de l'Ordre, Diane Lamarre, qui trouve «anormal» que les pharmaciens ne soient pas invités à prendre le relais quand ils le peuvent.
Réforme inachevée
Québec avait pourtant lancé une réforme ambitieuse au tournant des années 2000 avec la loi 90, qui autorise les pharmaciens à ajuster ou même à amorcer une thérapie médicamenteuse par le biais d'ordonnances collectives. Mais la révolution promise tarde à prendre forme alors que les négociations entre le ministère et les ordres professionnels s'éternisent. «L'ouverture est importante, mais dans les faits, elle est encore trop timide», croit la présidente de l'OPQ.
D'autant que cette loi ne permet pas aux pharmaciens de prolonger une ordonnance comme le font déjà leurs collègues albertains ou ontariens. Là-bas, un patient qui souffre d'une maladie chronique comme l'ostéoporose peut demander à son pharmacien de prolonger sa prescription si son état est stable. «Les pharmaciens québécois ont la formation et la compétence pour faire la même chose. Et contrairement aux médecins, ils sont disponibles immédiatement, de jour comme de soir. Pourquoi alors se passer de leur expertise?»
Leur formation leur permet aussi de gérer des problèmes de santé mineurs comme une allergie, le pied d'athlète, la cessation tabagique ou une infection urinaire. Une expertise inutilisée dont le réseau de santé surchargé ne peut plus faire l'économie en 2010, croit Mme Lamarre. «Avec ces propositions, nous pensons pouvoir éviter des visites à l'urgence, libérer des heures de consultation en première ligne et diminuer l'absentéisme.»
L'expérience britannique
Et pour cause. Le Royaume-Uni, champion toutes catégories en la matière, a réussi à transférer en pharmacie des millions de consultations mineures par an. «C'est 220 000 consultations de moins par jour dans les cabinets de médecins», note la présidente de l'OPQ. Plus près de chez nous, des pharmaciens beaucerons ont mis sur pied une clinique qui leur permet de suivre 850 patients recevant un traitement anticoagulant. Leur implication a permis de libérer 2600 heures de rendez-vous dans les cliniques de la région et de réduire sensiblement le nombre de prises de sang à domicile. Mieux, l'atteinte des cibles de traitement s'est améliorée de 45 à 70 % pour les patients.
Les solutions mises de l'avant hier par les pharmaciens ont été accueillies avec prudence au cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc. Avant de penser à élargir le rôle des pharmaciens, Québec veut d'abord trouver «des accommodements à la satisfaction de tous» dans le dossier des ordonnances collectives, a expliqué son attachée de presse, Karine Rivard. Cette dernière espère «un dénouement dans les prochaines semaines».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

