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Non à l'euthanasie pour pallier le manque de ressources

Amélie Daoust-Boisvert   18 février 2010  Santé
La thèse voulant que l'euthanasie soit déjà monnaie courante dans les hôpitaux et qu'il faille la légaliser a été vivement critiquée hier lors de la troisième journée des travaux de la Commission sur le droit de mourir dans la dignité, à Québec.

«ll ne faut pas faire des médecins nos meurtriers légaux», avertit l'éthicienne Margaret Sommerville. Les médecins spécialistes se trompent lorsqu'ils demandent la légalisation de l'euthanasie sous prétexte qu'elle se pratique déjà et que leurs collègues l'approuvent, selon la directrice et fondatrice du Centre de médecine, d'éthique et de droit de l'Université McGill, avec qui Le Devoir s'est entretenu peu avant qu'elle ne dépose son mémoire devant la Commission.

«Les spécialistes et le Collège des médecins se trompent de définition. L'euthanasie, ce n'est pas donner des antidouleurs, ce n'est pas cesser un traitement, c'est un acte dont l'intention primaire est de tuer. Et je suis contre», affirme-t-elle haut et fort. Après avoir étudié le cas des Pays-Bas, elle conclut «qu'une fois que c'est légal, c'est incontrôlable».

L'éthicienne s'est également positionnée par le passé contre l'avortement au-delà du premier trimestre de gestation sans raison médicale. Selon elle, la légalisation de l'euthanasie entraînerait une «perte de respect pour la vie» dans la société. Elle indique que les Néerlandais de plus de 70 ans en sont presque rendus à choisir entre la maison de retraite et l'euthanasie tant les critères ont été élargis. De fait, la loi permet maintenant l'euthanasie d'enfants gravement malades à la demande des parents, et des cas d'euthanasie ne seraient pas officiellement déclarés.

«La sédation sera toujours réversible. Pas l'euthanasie», a résumé devant la Commission Michel L'Heureux, directeur général de la maison en soins palliatifs Michel-Sarrazin. Il demande une grande prudence, car ceux qui souffrent «d'un grave mal-être en fin de vie, d'une grande souffrance et d'une détresse psychologique, ce sont eux qui demandent de façon insistante qu'on leur donne la mort».

Il craint que l'euthanasie ne soit légalisée pour pallier le manque de ressources en soins palliatifs. «Il ne faut pas ouvrir la porte à la possibilité d'abréger la vie prématurément, en se disant: finissons-en au plus vite, car on n'arrivera jamais à offrir les soins palliatifs à tout le monde.»
 
 
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  • michel lebel
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 05h17
    Non à la légalisation de l'euthanasie
    Je suis en acord complet avec la position de Mme Sommerville. Non à l'euthanasie, mais oui aux soins palliatifs et au contrôle de la douleur, ce qui se fait généralement bien de nos jours. Ne légalisons surtout pas l'euthanasie comme au Pays-Bas.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés la personne

  • Yvon Bureau
    Abonné
    jeudi 18 février 2010 07h22
    Oui au développement des soins appropriés de fin de vie
    Non à l’euthanasie pour pallier au manque de ressources. TOUT À FAIT D’ACCORD.

    Non au suicide assisté, comme en Oregon…

    OUI à l’euthanasie VOLONTAIRE MÉDICALE balisée et contrôlée, si nécessaire et demandée expressément et librement.

    Mieux dit et plus respectueux de la réalité : OUI à l’aide médicale à mourir, volontaire et active, balisée et contrôlée.

    Oui à la décriminalisation de cette aide médicale active, non à sa légalisation.

    Madame Margaret Sommerville, éthicienne, j’étais hier au Salon rouge de l‘ANQ. Je vous ai vu et entendu. Je vous ai donné la main respectueusement. Je me suis même adressé à vous après votre prestation, poliment. C’est une honte de parler ainsi. Qualifier des médecins qui aident activement un mourant irréversible, à sa demande expresse, dans des conditions insensés à ses yeux, respectant les lois de leurs pays, qualifier sans aucune nuance ces médecins de TUEURS vous discrédite, ne vous fait pas honneur. Je vous ai dit que l’utilisation d’un tel mot m’apparaissait un manque d’éthique élémentaire flagrant. Je persiste et signe, avec tout le respect que je vous dois.

    Oui au développement du potentiel de la PERSONNE en fin de vie. Plus informée, plus libre elle sera.

    Oui au développement des accompagnements professionnels en amont de la dernière semaine de vie, spécialement lors des annonces de la maladie terminale et du début de l’agonie irréversible.

    Oui à la primauté de la personne en fin de vie.

    Oui au processus significatif de décision mourant-médecin-équipe soignante.

    Oui à un mourir digne et libre, POUR TOUS, avec des soins appropriés, proportionnés et personnalisés, SUFFISANTS.

    www.yvonbureau.com
    www.collectifmourirdigneetlibre.org

  • Sanzalure
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 09h47
    Ça dépend de qui décide quoi ?
    Je suis contre que la société puisse décider que telle ou telle personne doive mourir pour une raison ou pour une autre. D'autre part, si une personne décide de mourir, c'est pas les affaires de la société.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    jeudi 18 février 2010 10h17
    Il serait très facile de pervertir les raisons évoquées de l'euthanasie.
    C'est malheureusement un peu l'impression que j'ai à propos de l'euthanasie. C'est-à-dire de légaliser l'euthanasie pour, en bout de ligne, des raisons surtout économiques.

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 10h48
    Ma vie m'appartient
    Si on veut savoir ce que je veux faire de ma vie, qu'on me le demande. Si on m'enleve la vie, alors que je ne demande qu'à vivre, on est d'une brutalité et d'une immoralité indicible. Si je demande qu'on m'enlève la vie, parce que j'aurais perdu la capacité d'y mettre fin moi-même, et qu'on me refuse ce service, encore là on est d'une brutalité et d'une immoralité inhumaine.

    Et vous, vous voulez céder à l'État vos droits sur votre propre vie?

  • Jacques Lafond
    Abonné
    jeudi 18 février 2010 11h43
    Non à l'euthanasie
    Il n’y a aucun doute que l’euthanasie se pratique régulièrement et constamment dans nos hôpitaux. Ma grand-mère avait 99 ans et 5 mois. Une infirmière entre dans la chambre. Je lui demande c’est quoi cette injection ? Morphine. Mais pourquoi ? A t’elle mal ? Non. Prescription du médecin. Prévention. Ma grand mère est morte un peu plus tard ce jour là.

    Et, ce n’est pas d’hier. J’étais enfant. Il y a 50 ans de ça, ma mère m’avait dit : chaque fois qu’un vieux entre à l’hôpital il meurt. C’est vraiment à se demander si l’hôpital ne les assassine pas.

    Un bon conseil pour tout le monde. Si vous entrer un vieux à l’hôpital, et vous ne voulez pas qu’il meure, arranger vous pour qu’il y ait tout le temps quelqu’un présent avec lui. Et soyez vigilant. Très vigilant.

    Légaliser l’euthanasie serait un rien de moins qu’un crime. Et, ceux qui disent que la légalisation de l’euthanasie sera bien encadrée, et seulement dans quelques cas spécifiques, etc., sont soit hypocrite ou soit qu’ils rêvent en couleur.

    La légalisation de l’euthanasie aura l’effet direct de donner encore plus de légitimité à ce qui se fait déjà beaucoup et régulièrement.

  • PierreG
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 12h13
    Non à l'euthanasie!
    elle conclut «qu'une fois que c'est légal, c'est incontrôlable».
    et elle a bien raison. On l'a vu avec l'avortment. Trudeau avait dit que c'était pour des cas extrêmes. Aujourd'hui il n'y a plus aucune règlementation sur l'avortement.

    Avec l'euthanasie ce serait pareille. Tu es déprimé mon jeune. On peut en finir tout de suite.

    Non à l'euthanasie! Et merci de vous tenir debout.

  • Daniel Marleau
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 13h02
    C'est qui l'éthicienne ?
    Juste un petit rappel aux lecteurs du Devoir que madame Margaret Somerville, éthicienne à McGill, s'était prononcée contre le mariage pour les personnes de même sexe. Avec, évidemment, tous les arguments éthiques qu'elle avait pu ramasser tout en étant bien prudente d'éviter les arguments religieux.
    Par ailleurs, s'il y a des personnes pour qui la souffrance fait partie de leurs valeurs judéo-chrétiennes, eh bien, qu'ils souffrent ! Elles devraient pouvoir conserver ce droit. Moi, ça ne fait pas partie de mes valeurs. J'aimerais avoir le droit de ne pas souffrir.

  • Liliane
    Abonnée
    jeudi 18 février 2010 13h37
    Confusion dans les idées
    Je suis d,accord avec madame Sommerville. Personne dans notre société évoluée n,a le droit de disposer de la vie de quelqu'un d'autre. Rappelez-vous que nous ne mettons plus à mort les meurtriers... même si le débat revient, c'est normal de continuer à discuter... rien n,est jamais fait une fois pour toutes. C'est comme ça.
    Sur la question de l'euthanasie, j'ai l'impression qu'on a commencé par l'opposer à l'acharnement thérapeutique... il y a quelques années.
    J'ai travaillé plus de 20 ans dans les hôpitaux du Québec et j'ai accompagné plusieurs personnes dans leurs dernières heures de vie: des bébés, des enfants, des parents, des ados, des personnes âgées entourées de leur famille. Toutes les situations de fin de vie demandent énormément de délicatesse et de compassion, peu importe les situations. Le geste est éthique lorsque nous cessons les traitements curatifs dits extraordinaires lorsque la fin est imminente. Nous continuons les traitements de confort et gérons la douleur. C'est ça le contraire de l'acharnement thérapeutique. Par ailleurs, il arrive que le traitement de la douleur efficace (avec morphine notamment) accélère la fin de vie prévisible. Ce n'est pas de l'euthanasie et cette pratique a cours actuellement.
    L'euthanasie serait un geste délibéré, médical, afin de soustraire deux, trois, quatre semaines ou mois de vie à un malade au nom de la compassion... Non!... conscient ou pas. Qu'elle soit jugée utile par les uns ou inutile par d'autres, la vie d'une personne ne doit pas se terminer par la volonté d'une autre personne. Jamais je n,accepterai cela en ce qui me concerne et je ne le permettrais pas non plus pour mes parents et ami-e-s... la mort est une transformation sacrée à respecter intrinsèquement. L'État a bien d'autres problèmes à régler dans le système de santé que d'écourter la vie de ses généreux contribuables. L'État doit penser aux services aux vivants. À tous ces vivants jusqu'au bout de leur vie, leur bien le plus précieux.

  • France Marcotte
    Abonnée
    jeudi 18 février 2010 16h44
    La délicatesse du mourant
    L'idée qui court au ras des pâquerettes, c'est justement que nous n'avons pas les moyens, avec la population vieillissante, d'accompagner chacun à trépas au-delà d'un certain point. Nous n'avons pas les moyens; alors que les personnes qui vivent vieilles n'ont certainement pas abusé du système de santé qu'elles ont pourtant financé toute leur vie "utile". Si cet argent n'était pas détourné à d'autres fins, la question se poserait autrement. Il pourrait y avoir une sorte de fond du palliatif réservé à cette fin. Ainsi, on ne demanderait pas en plus au vieillard d'avoir la délicatesse de tirer sa révérence plus tôt qu'il ne le souhaiterait pour ne pas déranger. Déjà le phénomène de l'âgisme l'avait sans doute mis sur le bas côté de la route depuis un bon moment...

  • Eric Allard
    Abonné
    jeudi 18 février 2010 17h44
    Un sujet délicat, mais...
    Je suis conscient que l'euthanasie est un sujet délicat, mais je trouve que le débat est dévié volontairement de la part de certains opposants. En effet, alors que toutes les interventions en faveur de l'euthanasie parlent d'une demande expressément affirmée par un patient conscient et lucide, les opposants parlent de prendre un pouvoir de vie et de mort sur autrui.

    Mais ce qui est vraiment cruel et démontre un manque de compassion évident, c'est de réclamer haut et fort que les patients aient le "droit" de souffrir allégrement jusqu'a la fin de leur vie, ou pire qu'ils soient drogués afin de ne plus savoir ce qu'il leur arrive.

    Mais j'ai une question pour une certaine éthicienne: quels gestes doit-on considérer comme de l'acharnement thérapeutique? Lorsqu'une personne ne peut plus manger par elle-même, est-ce que le soluté peut être considéré comme un acharnement thérapeutique? Et le fait de tenir la cuillere pour la nourrir, en est-ce?

    Lorsqu'une personne, au moment ou elle est consciente, décide d'en finir avec la souffrance, de quel droit un médecin devrait-il être empêché de l'aider par la loi? Évidemment, il faut un code tres strict pour éviter justement de tomber dans les pieges, mais c'est possible d'y arriver.

    D'un autre côté, on peut se demander comment la même société peut se battre d'une main contre la drogue que les gens prennent pour oublier leur condition, et de l'autre main forcer les personnes a terminer leur vie drogués, sans avoir conscience de leurs dernier moments.

    Malheureusement, Mme. Sommerville utilise des mots qui frappent, comme tueur, pour détourner un débat qui est tres important dans notre société. Un tel débat a besoin de bien plus que de cette démagogie.

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