Non à l'euthanasie pour pallier le manque de ressources
La thèse voulant que l'euthanasie soit déjà monnaie courante dans les hôpitaux et qu'il faille la légaliser a été vivement critiquée hier lors de la troisième journée des travaux de la Commission sur le droit de mourir dans la dignité, à Québec.
«ll ne faut pas faire des médecins nos meurtriers légaux», avertit l'éthicienne Margaret Sommerville. Les médecins spécialistes se trompent lorsqu'ils demandent la légalisation de l'euthanasie sous prétexte qu'elle se pratique déjà et que leurs collègues l'approuvent, selon la directrice et fondatrice du Centre de médecine, d'éthique et de droit de l'Université McGill, avec qui Le Devoir s'est entretenu peu avant qu'elle ne dépose son mémoire devant la Commission.
«Les spécialistes et le Collège des médecins se trompent de définition. L'euthanasie, ce n'est pas donner des antidouleurs, ce n'est pas cesser un traitement, c'est un acte dont l'intention primaire est de tuer. Et je suis contre», affirme-t-elle haut et fort. Après avoir étudié le cas des Pays-Bas, elle conclut «qu'une fois que c'est légal, c'est incontrôlable».
L'éthicienne s'est également positionnée par le passé contre l'avortement au-delà du premier trimestre de gestation sans raison médicale. Selon elle, la légalisation de l'euthanasie entraînerait une «perte de respect pour la vie» dans la société. Elle indique que les Néerlandais de plus de 70 ans en sont presque rendus à choisir entre la maison de retraite et l'euthanasie tant les critères ont été élargis. De fait, la loi permet maintenant l'euthanasie d'enfants gravement malades à la demande des parents, et des cas d'euthanasie ne seraient pas officiellement déclarés.
«La sédation sera toujours réversible. Pas l'euthanasie», a résumé devant la Commission Michel L'Heureux, directeur général de la maison en soins palliatifs Michel-Sarrazin. Il demande une grande prudence, car ceux qui souffrent «d'un grave mal-être en fin de vie, d'une grande souffrance et d'une détresse psychologique, ce sont eux qui demandent de façon insistante qu'on leur donne la mort».
Il craint que l'euthanasie ne soit légalisée pour pallier le manque de ressources en soins palliatifs. «Il ne faut pas ouvrir la porte à la possibilité d'abréger la vie prématurément, en se disant: finissons-en au plus vite, car on n'arrivera jamais à offrir les soins palliatifs à tout le monde.»
«ll ne faut pas faire des médecins nos meurtriers légaux», avertit l'éthicienne Margaret Sommerville. Les médecins spécialistes se trompent lorsqu'ils demandent la légalisation de l'euthanasie sous prétexte qu'elle se pratique déjà et que leurs collègues l'approuvent, selon la directrice et fondatrice du Centre de médecine, d'éthique et de droit de l'Université McGill, avec qui Le Devoir s'est entretenu peu avant qu'elle ne dépose son mémoire devant la Commission.
«Les spécialistes et le Collège des médecins se trompent de définition. L'euthanasie, ce n'est pas donner des antidouleurs, ce n'est pas cesser un traitement, c'est un acte dont l'intention primaire est de tuer. Et je suis contre», affirme-t-elle haut et fort. Après avoir étudié le cas des Pays-Bas, elle conclut «qu'une fois que c'est légal, c'est incontrôlable».
L'éthicienne s'est également positionnée par le passé contre l'avortement au-delà du premier trimestre de gestation sans raison médicale. Selon elle, la légalisation de l'euthanasie entraînerait une «perte de respect pour la vie» dans la société. Elle indique que les Néerlandais de plus de 70 ans en sont presque rendus à choisir entre la maison de retraite et l'euthanasie tant les critères ont été élargis. De fait, la loi permet maintenant l'euthanasie d'enfants gravement malades à la demande des parents, et des cas d'euthanasie ne seraient pas officiellement déclarés.
«La sédation sera toujours réversible. Pas l'euthanasie», a résumé devant la Commission Michel L'Heureux, directeur général de la maison en soins palliatifs Michel-Sarrazin. Il demande une grande prudence, car ceux qui souffrent «d'un grave mal-être en fin de vie, d'une grande souffrance et d'une détresse psychologique, ce sont eux qui demandent de façon insistante qu'on leur donne la mort».
Il craint que l'euthanasie ne soit légalisée pour pallier le manque de ressources en soins palliatifs. «Il ne faut pas ouvrir la porte à la possibilité d'abréger la vie prématurément, en se disant: finissons-en au plus vite, car on n'arrivera jamais à offrir les soins palliatifs à tout le monde.»
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