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    Opération réussie en Haïti pour l'équipe médicale de l'Université de Sherbrooke

    9 février 2010 |Marco Bélair-Cirino | Santé
    D’heureuses retrouvailles pour le docteur Vincent Échavé, de l’Université de Sherbrooke, et sa femme Cho Thanda à l’aéroport de Dorval hier soir.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir D’heureuses retrouvailles pour le docteur Vincent Échavé, de l’Université de Sherbrooke, et sa femme Cho Thanda à l’aéroport de Dorval hier soir.
    L'équipe médicale de l'Université de Sherbrooke, qui a oeuvré près de trois semaines à Deschapelles, à plus de deux heures de route au nord de Port-au-Prince, s'est dite satisfaite, hier soir, à son retour au Québec, du travail qu'elle a accompli depuis le 20 janvier en Haïti.

    «Pour nous, la mission est presque terminée, mais la détresse en Haïti continue», a fait remarquer le chef de la délégation constituée de neuf médecins et infirmiers, le Dr Vincent Échavé, à l'occasion d'un point de presse à l'aéroport Montréal-Trudeau, hier soir. Il a dépeint les régions qu'il a visitées comme une succession de scènes de destruction. «La situation en Haïti est catastrophique. C'était comme si plusieurs bombes étaient tombées sur la rue», a lancé le chirurgien thoracique. «Il y a des manifestations pour l'eau et la nourriture», a-t-il lâché, d'une voix étranglée par l'émotion.

    L'équipe médicale sherbrookoise a réussi le tour de force d'être opérationnelle quelques heures à peine après son arrivée à l'hôpital de Deschapelles, le 20 janvier, a souligné l'anesthésiste Michel Clairoux. Des centaines de blessés jonchaient alors les couloirs de l'hôpital de 80 lits, au moment de l'arrivée des médecins et des infirmiers québécois. «Des gens avaient des fractures ouvertes et fermées qui n'avaient reçu aucun traitement. On a commencé à les opérer», relate-t-il. «Il y avait trois personnes sur chacun des lits et douze en dessous. Les familles couchaient à l'hôpital», ajoute l'infirmière Sylvie Bédard.

    Les médecins et les infirmiers déployés par l'Université de Sherbrooke ont travaillé d'arrache-pied avec des équipes haïtiennes et américaines déjà sur place. Les premiers jours, ils opéraient sans arrêt de 9 h à 2 h le lendemain matin, a précisé l'orthopédiste François Cabana. Sept ou huit interventions chirurgicales majeures et quatre ou cinq interventions mineures étaient pratiquées en moyenne chaque jour. «On n'a pas amputé un seul patient», s'est réjoui Dr Échavé.

    Les patients provenaient pour la plupart de plus de 60 kilomètres de l'établissement hospitalier, indique l'infirmier Stéphan Lavoie. «Quand ils recevaient leur congé, certains pleuraient. Ils ne voulaient pas partir, parce qu'ils n'avaient plus de foyers», explique-t-il.


    Importance du français

    Les activités sur le terrain ont été facilitées par la maîtrise du français des membres de l'équipe, et du créole par l'infirmière auxiliaire Martine Duperval, selon le Dr Échavé. «Je me suis rendu compte à quel point la langue était importante. Nous, on parle français. Pour eux, c'était important», a-t-il dit.

    Le Dr Clairoux s'est dit pour sa part surpris de la résignation dont faisaient preuve ses patients ainsi que leurs proches. «Ils étaient sur les gravats et sur les civières. Ils n'avaient aucun analgésique, pratiquement. Ils ne se plaignaient pas», a affirmé Michel Clairoux.

    L'organisation panaméricaine de la santé serait favorable à l'envoi de nouveaux contingents de l'Université de Sherbrooke. L'Université prévoit d'ailleurs dépêcher une deuxième équipe dans la capitale. «Il me reste à obtenir la confirmation que l'équipe pourrait être logée et nourrie, et on va redemander au gouvernement fédéral une autorisation. J'espère que nous l'aurons», a affirmé le doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke, le Dr Réjean Hébert.












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