La mammographie numérique, moins nocive et plus performante
Il avait déjà été démontré que la mammographie numérique permet de détecter plus de cancers que la mammographie traditionnelle sur film chez les femmes âgées de moins de 50 ans. Une nouvelle étude ajoute que, de surcroît, la version numérique transmet moins de radiations ionisantes que la technique analogique.
L'enquête (American College of Radiology imaging network digital mammographic imaging screening trial) a porté sur près de 50 000 femmes et a démontré en 2005 que la mammographie numérique permettait de détecter jusqu'à 28 % plus de cancers chez les femmes âgées de moins de 50 ans, chez les femmes en préménopause ou en périménopause, et chez celles qui ont des seins denses dans lesquels il est généralement plus difficile de discerner de petites tumeurs cancéreuses. Dans une nouvelle publication publiée dans l'American Journal of Roentgenology, on apprend de cette même enquête que la dose moyenne de rayonnement reçue par les femmes qui s'étaient soumises à une mammographie numérique (1,86 mGy) était 22 % moindre que chez celles qui avaient subi une mammographie sur film (2,37 mGy). Une autre bonne nouvelle, sachant que l'accumulation du rayonnement ionisant dans l'organisme accroît le risque de cancer.
Spécialistes nuancés
Compte tenu de ses résultats, devrait-on accélérer la numérisation du parc d'équipements de mammographie au Québec? Bien qu'ils saluent les avantages de la mammographie numérique — qui sont révélés par des études toujours plus nombreuses —, les spécialistes d'ici sont plutôt nuancés sur la question.
«Il ne faut pas discréditer pour autant la mammographie traditionnelle, qui rend encore de très bons services. Il faut donner la priorité à l'accès plutôt qu'au virage numérique à tout prix», affirme la Dre Isabelle Trop, responsable de la section Imagerie du sein au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), qui rappelle que les doses qui sont transmises par les mammographies sur film sont déjà «très contrôlées et très basses». «Une diminution de 22 % des doses est loin d'être négligeable, bien sûr», mais cette diminution profitera principalement aux femmes ayant des seins plus denses, plus fibreux, qui pour cette raison nécessitent plus de radiation pour traverser cette plus grande abondance de tissu. Ce sont ces femmes qui tireront un réel bénéfice de la mammographie numérique, explique-t-elle. «Car la quantité de radiation qui est donnée aux femmes qui ont des seins très peu denses — et qui représentent la moitié des patientes — lors d'une mammographie sur film est déjà très faible. Pour ces patientes, la différence de rayonnement entre la mammographie numérique et la mammographie sur film ne sera pas si grande. De plus, plusieurs études ont montré que le dépistage valait le coup pour réduire le risque de cancer du sein malgré la dose de radiation.»
Un impact difficile à évaluer
Selon le Dr Frédéric Desjardins, président de l'Association des radiologistes du Québec, il est difficile d'évaluer l'impact réel de la mammographie numérique dans la pratique courante. «Diverses études ont démontré une augmentation du taux de détection allant de 20 à 28 % avec le recours à la mammographie numérique, cela ne représente toutefois qu'un cancer de plus détecté grâce à cette nouvelle technique par 1000 femmes, et cela ne veut pas dire qu'on sauve une vie de plus, fait-il remarquer. Au Québec, le dépistage analogique permet de détecter environ cinq cancers par 1000 femmes, tandis qu'un dépistage numérique devrait le hausser à six cancers. Mais la performance du dépistage se mesure sur la mortalité et non pas par le taux de détection. Car on pourra détecter un cancer qui sera peu ou pas mortel et qui de toute façon aurait été détecté par la mammographie traditionnelle un an plus tard sans que cela change le résultat thérapeutique.»
«C'est aussi une question de moyens et de priorités. Au Québec, compte tenu des ressources financières limitées, il faut faire des choix. Il faut bien sûr implanter la mammographie numérique, mais de façon progressive, comme nous avons commencé à le faire. Comme les autres technologies numériques, les équipements de mammographie numériques coûtent de moins en moins cher et sont de plus en plus performants, à mesure que le temps passe», ajoute-t-il avant de préciser que la numérisation des équipements hospitaliers de mammographie ne fait pas partie des priorités actuelles du ministère de la Santé étant donné que l'essentiel du programme de dépistage du cancer du sein qui est couvert par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) s'effectue dans les cabinets privés. Or, pour encourager les cabinets privés à adopter le virage numérique, le gouvernement a décidé en mai 2009 de majorer les honoraires versés aux radiologues — qui s'équipent de mammographes numériques — pour la composante technique de leur travail, qui inclut notamment le matériel et le travail du technicien en radiologie.
L'enquête (American College of Radiology imaging network digital mammographic imaging screening trial) a porté sur près de 50 000 femmes et a démontré en 2005 que la mammographie numérique permettait de détecter jusqu'à 28 % plus de cancers chez les femmes âgées de moins de 50 ans, chez les femmes en préménopause ou en périménopause, et chez celles qui ont des seins denses dans lesquels il est généralement plus difficile de discerner de petites tumeurs cancéreuses. Dans une nouvelle publication publiée dans l'American Journal of Roentgenology, on apprend de cette même enquête que la dose moyenne de rayonnement reçue par les femmes qui s'étaient soumises à une mammographie numérique (1,86 mGy) était 22 % moindre que chez celles qui avaient subi une mammographie sur film (2,37 mGy). Une autre bonne nouvelle, sachant que l'accumulation du rayonnement ionisant dans l'organisme accroît le risque de cancer.
Spécialistes nuancés
Compte tenu de ses résultats, devrait-on accélérer la numérisation du parc d'équipements de mammographie au Québec? Bien qu'ils saluent les avantages de la mammographie numérique — qui sont révélés par des études toujours plus nombreuses —, les spécialistes d'ici sont plutôt nuancés sur la question.
«Il ne faut pas discréditer pour autant la mammographie traditionnelle, qui rend encore de très bons services. Il faut donner la priorité à l'accès plutôt qu'au virage numérique à tout prix», affirme la Dre Isabelle Trop, responsable de la section Imagerie du sein au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), qui rappelle que les doses qui sont transmises par les mammographies sur film sont déjà «très contrôlées et très basses». «Une diminution de 22 % des doses est loin d'être négligeable, bien sûr», mais cette diminution profitera principalement aux femmes ayant des seins plus denses, plus fibreux, qui pour cette raison nécessitent plus de radiation pour traverser cette plus grande abondance de tissu. Ce sont ces femmes qui tireront un réel bénéfice de la mammographie numérique, explique-t-elle. «Car la quantité de radiation qui est donnée aux femmes qui ont des seins très peu denses — et qui représentent la moitié des patientes — lors d'une mammographie sur film est déjà très faible. Pour ces patientes, la différence de rayonnement entre la mammographie numérique et la mammographie sur film ne sera pas si grande. De plus, plusieurs études ont montré que le dépistage valait le coup pour réduire le risque de cancer du sein malgré la dose de radiation.»
Un impact difficile à évaluer
Selon le Dr Frédéric Desjardins, président de l'Association des radiologistes du Québec, il est difficile d'évaluer l'impact réel de la mammographie numérique dans la pratique courante. «Diverses études ont démontré une augmentation du taux de détection allant de 20 à 28 % avec le recours à la mammographie numérique, cela ne représente toutefois qu'un cancer de plus détecté grâce à cette nouvelle technique par 1000 femmes, et cela ne veut pas dire qu'on sauve une vie de plus, fait-il remarquer. Au Québec, le dépistage analogique permet de détecter environ cinq cancers par 1000 femmes, tandis qu'un dépistage numérique devrait le hausser à six cancers. Mais la performance du dépistage se mesure sur la mortalité et non pas par le taux de détection. Car on pourra détecter un cancer qui sera peu ou pas mortel et qui de toute façon aurait été détecté par la mammographie traditionnelle un an plus tard sans que cela change le résultat thérapeutique.»
«C'est aussi une question de moyens et de priorités. Au Québec, compte tenu des ressources financières limitées, il faut faire des choix. Il faut bien sûr implanter la mammographie numérique, mais de façon progressive, comme nous avons commencé à le faire. Comme les autres technologies numériques, les équipements de mammographie numériques coûtent de moins en moins cher et sont de plus en plus performants, à mesure que le temps passe», ajoute-t-il avant de préciser que la numérisation des équipements hospitaliers de mammographie ne fait pas partie des priorités actuelles du ministère de la Santé étant donné que l'essentiel du programme de dépistage du cancer du sein qui est couvert par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) s'effectue dans les cabinets privés. Or, pour encourager les cabinets privés à adopter le virage numérique, le gouvernement a décidé en mai 2009 de majorer les honoraires versés aux radiologues — qui s'équipent de mammographes numériques — pour la composante technique de leur travail, qui inclut notamment le matériel et le travail du technicien en radiologie.
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