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    Recul salarial - Les médecins de famille se rangent derrière les spécialistes

    2 février 2010 |Louise-Maude Rioux Soucy | Santé
    Les médecins spécialistes ne seront pas les seuls à défendre leurs acquis devant Québec. Les médecins de famille promettent eux aussi de refuser tout recul par rapport à la rémunération moyenne de leurs collègues canadiens. Un impératif qui pourrait donner lieu à un rare front commun.

    En 2008, le gouvernement Charest avait proposé des correctifs qui permettront aux médecins omnipraticiens de réduire l'écart salarial qui les sépare de la moyenne canadienne à 18 %. Pour le président de leur fédération, le Dr Louis Godin, aucun retour en arrière ne sera toléré, «même à coup de 1 ou 2 % par année». Autrement, «certains médecins vont vouloir quitter le Québec, d'autres vont refuser de faire de la médecine familiale et on va se retrouver au même point qu'il y a deux ans.»

    Cet enjeu financier paraît si crucial qu'il pourrait rapprocher la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) habituées à mener leur négociation chacune pour soi. En entrevue au Devoir, le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette, n'a exclu aucun rapprochement, y compris la formation d'un front commun. Une idée accueillie avec ouverture par le Dr Godin, qui juge cette collaboration «fort possible».

    Là s'arrêtent toutefois les points de convergence. Au contraire de la FMSQ qui réclamera des augmentations annuelles allant de 4 à 6 %, la FMOQ n'a pas encore chiffré ses demandes. À l'enjeu de la rémunération s'ajoute aussi celui du sous-financement chronique des cabinets où pratiquent une majorité de médecins de famille. Sans oublier un deuxième écart salarial, celui-là avec les médecins spécialistes d'ici.

    Un omnipraticien gagne en moyenne 230 161 $, au Québec. Un spécialiste, 358 373 $. Cette différence équivaut à un écart de revenu de 55,7 %, calcule la FMOQ, un chiffre par ailleurs contesté par la FMSQ. Malgré cela, les deux parties s'entendent pour viser un écart de 20 %, de manière à rendre plus attrayante la pratique familiale.

    La FMOQ convient que des avancées timides ont été faites sur le plan de la formation ces derniers mois. «Mais là, nous arrivons à l'os dur des conditions de pratique et de rémunération», croit le Dr Godin. Avec à la clé, un changement de paradigme qui bénéficierait aussi «aux deux millions de Québécois sans médecin de famille», poursuit-il.

    Et il faut faire vite puisque les médecins de famille prennent de l'âge. «Ces médecins-là sont souvent ceux qui ont les plus longues listes de patients. Eux partis, qui va prendre la relève?», demande le Dr Godin qui y voit un point central des négociations.

    À Québec, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a préféré ne pas commenter. Tout au plus s'est-il dit «sensible» hier aux demandes des deux fédérations, a indiqué son attachée de presse, Karine Rivard, tout en précisant que les pourparlers «se feront à la table de négociation et non sur la place publique».












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