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L'entrevue - La médecine désarmée devant la mort

Le père des soins palliatifs au Canada propose une approche plus humaine

Pauline Gravel   1 février 2010  Santé
Balfour Mount
Photo : Bethany Mount
Balfour Mount
Considéré comme le père des soins palliatifs au Canada, le Dr Balfour Mount plaide pour une médecine holistique, qui se préoccupe autant de la pathophysiologie de la maladie que de ses aspects psychologiques, sociaux et spirituels. Selon ce professeur émérite de l'Université McGill, l'adoption d'une telle approche auprès des patients en phase terminale réduirait les demandes d'euthanasie.

En 1973, le Dr Mount, chirurgien-clinicien en urologie-oncologie à l'Hôpital Royal Victoria, entreprend une étude sur les soins prodigués aux patients en phase terminale dans son institution. Le constat qu'il fait le trouble profondément. «Je savais le personnel hospitalier très compétent, attentionné et ayant à coeur d'offrir les meilleurs soins possible aux patients. La technologie médicale, nous l'appliquions très bien, mais nous avions omis le fait qu'il y a une importante différence entre la pathophysiologie de la maladie sur laquelle nous concentrions nos efforts et l'expérience subjective de la maladie qui est influencée par ce que nous sommes comme personne. Car il y a des aspects physiques, psychologiques, sociaux, spirituels, voire financiers, qui modifient cette expérience», souligne le Dr Mount avant de rappeler que «quand on ne peut plus espérer prolonger la vie, l'objectif est d'améliorer la qualité de vie, ce qui est expressément le but des soins palliatifs. Or, les patients se faisaient souvent dire qu'on ne pouvait plus rien faire pour eux. On leur faisait sentir qu'ils occupaient un lit dont nous avions besoin pour un patient pour lequel on pouvait faire quelque chose», raconte le Dr Mount. «Cette attitude reflétait notre manque de compréhension et notre ignorance de ce qui peut être fait pour ces patients qui sont les plus malades de notre système de santé. Nous ne satisfaisions pas les besoins psychosociaux, voire physiques de ces patients. Personne ne s'était penché sur ce que pourrait être un contrôle adéquat des symptômes, dont la douleur, chez cette population de patients.»

D'autres médecins incapables d'avouer à la famille qu'il n'y a plus d'espoir pour le patient proposent une autre chimiothérapie, ne sachant que faire d'autre. «Les demandes pour une euthanasie découlent souvent d'un rejet de ces soins agressifs et inappropriés», affirme le Dr Mount, pour qui l'euthanasie est tout à fait incompatible avec les soins palliatifs, même s'il concède que les deux visent à diminuer la souffrance. «La durée de la vie est hors de notre contrôle, et ce n'est pas à nous d'en décider», déclare le Dr Mount, pour qui la légalisation de l'euthanasie mettrait en danger les plus vulnérables de notre société, comme les handicapés et les vieillards, lesquels se sentent parfois comme un fardeau pour leur famille et la société.

Un temps précieux

Les dernières semaines de vie d'un cancéreux représentent «le temps le plus précieux de la vie d'une famille», car c'est le moment où peuvent se dénouer des affaires irrésolues, où l'on peut avouer l'amour et l'attachement que l'on porte à ses proches. «Il s'agit d'un important moment de partage qui peut adoucir la mort de la personne qui agonise et qui peut rendre les 40 prochaines années plus sereines et plus heureuses à ceux qui lui survivront. Ce temps recèle un incroyable potentiel qui est perdu si l'on euthanasie la personne», souligne le professeur Mount qui déplore le fait que la mort soit un sujet de discussion tabou dans notre société. «Il faut aider les gens à dédramatiser la mort. Il faut leur faire voir la mort comme un phénomène naturel, un événement normal», dit-il.

Le Dr Mount est scandalisé d'entendre des dirigeants d'hôpitaux affirmer encore aujourd'hui que les soins palliatifs coûtent cher, insinuant peut-être par là que l'euthanasie permettrait probablement de réduire les coûts. Il est outré de la fausseté d'une telle affirmation, lui qui a clairement démontré, il y a 30 ans, l'efficacité d'une unité de soins palliatifs dotée d'une douzaine de lits à l'Hôpital Royal Victoria, et d'un programme de soins à domicile desservant l'île de Montréal qui était destiné à aider les gens à mourir à la maison.

En 1973, après avoir constaté que l'approche du personnel soignant auprès des malades en phase terminale était inadéquate, Balfour Mount part à Londres visiter le St. Christopher's Hospice mis sur pied en 1967 par la Dre Cecily Saunders, pionnière des soins palliatifs dans le monde. À son retour en 1974, il convainc ses supérieurs d'«intégrer au sein de l'Hôpital Royal Victoria» une unité où l'on prodiguerait aux patients en fin de vie des soins à l'image de ce qu'il a vu à Londres: une première au Canada, voire en Amérique du Nord, qu'il désignera sous le vocable de soins «palliatifs», après avoir hésité sur le mot «hospice», qui avait une connotation plus péjorative pour les francophones.

Une autre leçon que l'équipe du Dr Mount a tirée de son enquête fut que l'attention ne devait pas être tournée uniquement vers le patient, mais également vers son environnement social. «Il est apparu essentiel qu'il fallait aider la famille à surmonter le chagrin et le deuil qu'elle vivait afin que chaque membre du cercle familial puisse reprendre une vie normale. La société a intérêt à soutenir les proches afin qu'ils retournent au travail et redeviennent productifs à nouveau», fait remarquer Dr Mount qui avait également mis sur pied un programme de suivi des personnes endeuillées.

L'enseignement des patients

Le Dr Mount affirme humblement que ce sont deux de ses patients qui lui ont donné les meilleurs enseignements. L'un d'eux, un brillant jeune homme de 30 ans, surnommé Chip, membre de l'équipe olympique canadienne de ski, qui avant son cancer généralisé «ressemblait à un dieu grec et excellait dans tout ce qu'il entreprenait», confia au Dr Mount, peu avant sa mort, alors qu'il était devenu squelettique comme les rescapés d'Auschwitz, qu'il «venait de vivre la meilleure année de sa vie». «J'ai eu une vie merveilleuse, tournée vers le monde extérieur. Durant cette dernière année, j'ai fait un voyage intérieur et ce fut le voyage le plus extraordinaire de ma vie», lui avait-il dit à l'insu de sa famille.

«Ce patient m'a enseigné que l'on ne peut juger la souffrance d'autrui», car, même dans un état physique effroyable, un mourant peut vivre les meilleurs moments de sa vie. Dans son cas, «sa famille souffrait probablement plus que lui et projetait sa propre souffrance sur lui», explique le Dr Mount.

La recherche de «sens» dans nos vies est probablement ce qui préoccupe le plus les mourants, souligne le Dr Mount. Certains, comme le skieur Chip, le trouvent à l'intérieur d'eux-mêmes. D'autres le découvrent dans une étroite «connexion avec les autres». Nombreux sont ceux qui établissent cette «connexion cicatrisante» («healing connection») avec «la musique ou une autre forme d'art, voire avec la nature», alors que plusieurs autres trouvent ce sens à travers une «connexion spirituelle avec une réalité suprême» qui peut être la «complétude quantique ou dieu».

Dans son étude, le Dr Mount a remarqué que les individus qui avaient trouvé ce sens de complétude vivaient une grande paix intérieure et n'étaient pas envahis par l'angoisse et la frayeur de la mort comme ceux qui ne l'avaient pas trouvé. Et pour aider ces derniers, le Dr Mount réitère l'importance de bien contrôler leurs symptômes et de créer autour d'eux un environnement à leur image — et non celui que l'on croit être le meilleur pour eux —, qui leur permettra de se sentir en sécurité. Il insiste finalement sur la nécessité d'écouter le patient afin de pouvoir l'aider à trouver le genre de connexion qui l'apaisera.

En 1999, le Dr Mount a abandonné la chirurgie pour se consacrer entièrement à la médecine holistique. Il a créé le Programme in Whole Person Care de McGill, dans lequel il s'est appliqué, jusqu'à sa retraite en 2007, à intégrer les enseignements qu'il a tirés de sa recherche sur les soins palliatifs à l'ensemble des spécialités médicales.
 
 
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  • Alain Mongeau
    Inscrit
    lundi 1 février 2010 03h09
    Humanité et bon sens
    Merci, madame Gravel, pour cet article qui respire l'humanité et le bon sens. La démarche du docteur Mount constitue la meilleure porte d'entrée pour réfléchir à cette grave question de l'euthanasie.

  • Richard Rouleau
    Inscrit
    lundi 1 février 2010 07h23
    euthanasie
    je ne crois pas que de voir la personne que l'on aime, mourir de faim et de soif pendant des jours,soit quelque chose qui peut nous enrichir. Les chances de communiquer avec elle sont nulles puisque la mourante est dans le coma. On fait souffrir beaucoup de monde à cause d'un vieux principe religieux qui dit que la vie est sacrée, rendue à ce niveau la vie n'est plus sacrée,ce qui est sacré c'est de ne pas laisser souffrir inutilement.

  • Jean-Pierre Contant
    Abonné
    lundi 1 février 2010 07h49
    Quel fraîcheur
    En effet la vie n'est pas terminée jusqu'au dernier souffle. On ne sait pas ce qu'il peut se passer dans les derniers instants de vie. J'aime bien voir la mort comme une étape de vie, encore faut-il que nos proches y deviennent aussi familière. Qu'il est intéressant d'être de la famille du journal Le Devoir pour avoir accès à de telles réflexions. Bon 100e
    Jean-Pierre Contant
    Sainte-Sophie

  • Line Légaré
    Abonnée
    lundi 1 février 2010 08h55
    Il faut l'avoir vécu pour savoir de quoi on parle...
    De novembre 2009 à avril 2010, ma mère a vécu l'enfer. Lorsqu'elle a appris qu'elle avait le cancer, ma mère a eu une panoplie de médicaments à prendre afin de contrer ses douleurs. Prise en charge rapidement par les soins palliatifs, elle recevait la visite d'une travailleuse sociale, d'une infirmière et d'un médecin. Ma mère pleurait tous les jours, elle souffrait énormément et aucun médicament ni aucune personne n'arrivait à la soulager. Ils ont tellement augmenté la dose qu'elle est tombée en "derilium tremens" (hallucinations). Durant cette folie passagère, elle a coupé le tuyau qui l'alimentait en oxygène, a appelé les pompiers, les policiers et les ambulanciers pour qu'ils viennent la sortir de la supposée prison où elle était enfermée par des personnes qui lui voulaient lui faire du mal. On l'a transportée à l'hôpital pour la x ième fois. Le lendemain matin, elle s'est sauvée en pyjama de l'hôpital. Pouvez-vous imaginer votre mère en petite tenue, au froid quand elle est rendue squelettique. On l'a retrouvée et elle n'est plus ressortie de l'hôpital. Ils ont diminué les doses de médicaments et ma mère a retrouvé un peu ses esprits mais a souffert atrocement jusqu'aux derniers jours. Mise dans un coma artificiel par des médicaments extrèmement forts, elle est morte de faim et de soif sans nous dire un seul mot. Elle avait une plaie de lit qui lui avait ouvert le dos. Jour et nuit, je suis demeurée à l'hôpital avec elle et j'ai pu voir une autre famille dans la même situation. Dans leur cas, leur mère râlait très fort car toutes ses sécrétions sortaient de sa bouche quand elle respirait. Eux non plus n'avaient plus de contact avec elle...ils faisaient comme nous: ils attendaient que le corps de celle qu'ils aimaient lâche par manque d'eau et de nourriture...quelle horreur!!

    Le médecin des soins palliatifs m'a expliqué que près de 50% de ses patients mourraient ainsi. Ma mère avait demandé à mourir à de multiples reprises mais on lui répondait que ce n'était pas légal... C'est ainsi que ma mère est décédée en 2010 au Québec. Je ne vous parle pas de ce que nous avons vécu en tant que famille...je suis persuadée que tous les lecteurs peuvent se l'imaginer...
    Line Légaré

  • Line Légaré
    Abonnée
    lundi 1 février 2010 09h19
    Il faut l'avoir vécu pour savoir de quoi on parle... erreur de dates
    Tellement éprise par ce que j'écrivais...c'était de novembre 2008 à avril 2009... Désolée... Cela fera bientôt un an que ma mère est décédée.

  • michel lebel
    Inscrit
    lundi 1 février 2010 09h23
    Un grand débat
    Un très bel article. Félicitations à la journaliste Pauline Gravel et au Dr Balfour Mount. Pourqu'un médecin parle ainsi, il doit lui-même avoir cheminé au plan spirituel. Je crois que la plupat de nos médecins(au Québec) n'ont pas fait un grand cheminement à ce plan. Ce n'est pas un reproche, mais un constat. Le type de pratique de la médecine est en général en reflet avec la société. Cet état de fait se réflète également dans les débats actuels sur l'euthanasie, le suicide assisté et l'avortement. C'est tout le rapport entre la technologie et la vie' incluant la mort, qui est ici en cause. Un grand "débat" intérieur et de société.

  • Yvon Bureau
    Abonné
    lundi 1 février 2010 09h29
    La médecine mieux armée devant le mourir de chacun
    M. Mount, mes respects et mon admiration devant l'ensemble de votre oeuvre.

    Je crois cependant que la médecine d'aujourd'hui veut mieux s'armer devant le mourir propre à chacun, en voulant le développement des soins appropriés, proportionnés et PERSONNALISÉS de fin de vie. Les temps changent; la sociétés change; les soins de fin de vie se doivent de changer aussi, en se centrant sur la PERSONNE en fin de vie, SA dignité et SA liberté.

    Le Collège des médecins du Québec propose, dans la panoplie des soins de fin de vie, l'euthanasie si nécessaire, si volontairement voulue et choisie. Le Collectif Mourir digne et libre préfère parler de l’Aide médicale à mourir, active et balisée (AMAMAB).

    Peu importe si la personne choisit cette aide active, elle méritera tout autant notre respect et notre accompagnement professionnel de compassion. La PERSONNE avant les soins.

    En cette semaine de prévention contre le suicide, je gage avec vous que, dès que l’Assemblée nationale du Québec inclura dans sa Loi de la Santé cette aide médicale active et balisée à mourir, le nombre trop élevé des suicides chez les âgées et les très âgées diminuera drastiquement, pour le bien de tous. Ainsi que les aides au suicide et les meurtres par compassion, ce qui est énorme pour une société et pour nos familles.

    Ai bien hâte d’entendre votre collègue de longue date des soins palliatifs, le docteur Marcel Boisvert, qui passera à la Commission de l’ANQ sur le droit de mourir dignement, au début de mars prochain. Son opinion différente et plus nuancée nous est tellement nécessaire. Notre société y gagnera en dignité et surtout en SÉRÉNITÉ, sortie de l’impasse actuelle.

  • Rino St-Amand
    Inscrit
    lundi 1 février 2010 10h50
    Les faux arguments
    Il y a plein de faux arguments dans cet article pour militer contre l’euthanasie. On ne peut pas être contre une expérience colle celle de ce monsieur Chip, mais il n’en demeure pas moins qu’il est aussi cruel et immorale d’imposer la vie à quelqu’un qui n’en veut plus, que de l’enlever à quelqu’un qui ne demande qu’à vivre.

  • Maurice Monette
    Abonné
    lundi 1 février 2010 12h18
    Les soins palliatifs sont-ils pour le / la patient(e), le personnel ou ...
    ...l'administration hospitalière qui voudrait profiter de ces malades en phase dite terminale (car sans ces soins palliatifs, le ou la malade serait décédé(e) depuis longtemps) pour pouvoir avoir plus de subventions...?

    C'est une évidence que la mort d'un(e) proche provoque divers traumatismes psychologiques et spirituels chez les gens qui l'entourent durant son agonie. Alors, si ce n'était pas de ces soins modernes pour éviter les souffrances que le / la malade devrait avoir à transcender ici-bas, pour expier ses erreurs de parcours qu'il / elle a pu faire durant ce voyage incarné(e)-ci, le choc serait plus bref, moins onéreux ($, $, $) et la mort reprendrait sa place soit, la fin d'une Étape dans l'évolution de l'esprit ou âme qui était incarné(e) dans ce véhicule charnel(le).

    Alors, l'espèce humaine qui fait tout pour amenuiser les souffrances en fin de parcours de vie incarné(e), est sa propre tortionnaire qui inflige des "tortures" à ses agonisants(es) qui devraient mourir, si on les laissaient vivre leurs souffrances expiatoires. Mais, qu'on préfèrent prolonger dans l'espoir de faire plaisir aux Proches et moins proches, tout en encaissant les profits générés par ce choix involutif.

    Ne voyez-vous pas une certaine indécence dans ce phénomène récent que la médecine moderne inflige à la $ociété humaine $aine / $. h. $., en ayant les moyens médicaux d'étirer une fin de vie qui aurait due se produire bien avant, selon les Plans d'incarnation qui avaient été prévus pour cet esprit / âme...?

    Possiblement que la mise en pratique de ces fameux soins palliatifs a été bien intentionnée au départ, d'autant plus que les recherches qui y ont été consacrées ont pu apporter des découvertes applicables dans bien d'autres sphères de la Médecine moderne mais, ces dits soins palliatifs sont en eux-mêmes contraires aux buts évolutifs visés par les Épreuves ultimes de souffrances de fin de vie. Quand une personne a à transcender des étapes de souffrance, aussi intenses soient-elles "en-fin-de-vie-incarné(e)", c'est pour permettre à cet(te) esprit ou âme d'en "tirer une leçon". Alors, est-ce que des soins palliatifs peuvent être qualifiés de progrès, pour la personne agonisant(e)...?

    Non ! À la lumière de ces explications, il est facile de comprendre qu'encore une fois le "dieu-dollar" contrôle la mise sur pieds de ces soient-disants soins palliatifs. Les organismes voués à ce genre de recherches involutives causent la dilapidation de montants qui serviraient à financer des projets beaucoup plus utiles, en ces temps apocalyptiques de transcendance à l'Ère du Verseau, ce Nouvel Âge.

    Est-ce que "gruger" les budgets qui devraient plutôt être consacrés à des Recherches plus Évolutives, est quelque chose d'avantageux pour l'espèce humaine..., d'après Vous ?

  • jeanph01
    Inscrit
    lundi 1 février 2010 13h24
    soins palliatifs n'empêchent pas l'euthanasie
    Vivement plus de places en soins palliatifs. Et vivement plus de publicités sur ces lieux pour que les gens en fin de vie y voient un refuge au lieu d'une prison.

    Personnellement je perçois l'euthanasie comme un viol de l'âme. Mais ce n'est pas à moi de décider qui a droit ou non d'y avoir recourt. Si une personne veut mourir, c'est son droit.
    Si j'étais médecin et qu'on me demandait de mettre fin au jours d'un patient, j'essaierais de l'envoyer vers les soins palliatifs. Si malgré ces soins le patient persiste, alors d'accord il aurait droit à son dernier souhait. Notre mort devrait nous appartenir.

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    lundi 1 février 2010 14h02
    Évolutive ?
    Bien malin qui saura qui est involutif et qui est évolutif. De beaux grands mots que ne semble pas bien contrôler M. Monette. Comment peut-on se dire évolué et être en même temps contre les Soins Palliatifs ? Je m'arrête là, plutôt que de sortir de mes gonds.

    Jean-Pierre Audet

  • art5
    Inscrit
    lundi 1 février 2010 17h06
    l entrevue
    JeanPH01 ecrit que notre mort devrais nous appartenir. J aurais prefere qu il eu dit nous appartient. Que nous ayons des lois, des traditions religieuses etc, en ce qui me concerne ce sont mes choix qui comptent tout en respectant le choix des autres.

    Ce medecin croit surement qu il fait cela avec de tres bonnes intentions. C est sa perception des choses. Important pour lui et banal pour le patient. C est le choix du patient qui determine la suite des evenements jamais une tierce personne. Un patient c est une personne, un adulte, avec tous ses droits pas un mineur, un enfant que l on se sent obliger de prendre en charge.

  • Lucie Auclair
    Inscrite
    mardi 2 février 2010 08h19
    Vive la Vie !
    Mille mercis à Madame Gravel- et surtout, au Dr Mount ! Quelle belle approche de la vie ! Eh oui, la mort ne fait-elle pas partie de la vie ? Dans nos sociétés axées sur la jeunesse et la performance, nous écartons trop souvent cette dimension essentielle...

    Personnellement, j'ai eu le privilège de côtoyer des personnes en fin de vie pendant près de 20 ans... Des personnes âgées, mais aussi des enfants. La vie m'a aussi fait le cadeau d'être aux côtés de mon père lors de ses derniers moments sur terre. De telles expériences peuvent faire mal- ça reste un deuil !- mais enrichissent VRAIMENT ! Elles apportent une dimension à la vie de tous les jours, une façon de regarder les évènements quotidiens avec davantage de sérénité... Elles nous enseignent à accueillir nos deuils, petits et grands.

    Surtout, n'oublions pas que les personnes qui vivent ont le droit de vivre jusqu'au bout de la route. Je me rappelle cette femme qui voulait tellement mourir, et qui a demandé à son fils, médecin, de l'aider... Il n'a pas pu- pas à cause de principes, mais parce que c'était sa mère ! Eh bien, elle a vécu plus longtemps qu'elle l'avait d'abord souhaité... et en a été reconnaissante : en partant trop vite, elle aurait manqué un bout de sa vie, un bout important, fait de pardons, de réconciliations, d'amour... de vie ! Cette portion de vie dont elle ne voulait pas l'a finalement permis de partir en paix !

    Aider les gens à vivre tout ce qu'ils ont à vivre, sans préjuger que c'est trop difficile, trop souffrant ou trop long, c'est les aider à franchir le passage de la mort avec sérénité et, pourquoi pas, joie et reconnaissance. Et qu'on ne me dise pas que c'est faux : je l'ai vu dans trop de regards pour que ce ne soit pas une vérité magnifique- et pleine de vie !

    Bonne route à chacun-e !

  • Pierre Perreault
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 00h33
    naissance et mort
    merci pour votre article Mme Gravel.

    Je ne peux pas m'empêcher de faire des rapprochements entre ce qui semble important dans le passage de fin de vie et dans celui du début de la vie: la naissance. Les réflexions du Dr Mount pourraient faire ausi résonnance pour l'événement de la naissance qui a été beaucoup médicalisé depuis plusieurs décennies.
    La présence de ceux qu'on aime, l'importance du temps, des relations, de la dignité et de l'au-delà des aspects médico-physiques sont aussi importants au moment de la naissance.
    Comme la mort, elle devrait nous appartenir.

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