Santé - Vers la garantie d'accès à toutes les chirurgies non urgentes?
Québec croit pouvoir y parvenir sans recourir au secteur privé
Photo : Agence Reuters
Chirurgie
La mécanique n'est pas encore parfaite, mais la réorganisation des blocs opératoires qui a permis la mise en place de la garantie d'accès à la triade hanche-genou-cataracte laisse d'ores et déjà croire au ministre de la Santé qu'elle peut faire des petits. Yves Bolduc a donc demandé à tous les établissements hospitaliers d'élargir officieusement la garantie d'accès à toutes leurs chirurgies non urgentes, le tout sans recourir au privé.
En principe, la loi 33 ne garantit l'accès en moins de six mois qu'à trois chirurgies: celles de la hanche, du genou et de la cataracte. Si un établissement prévoit ne pas pouvoir opérer un de ses patients à temps, il doit alors lui faire une deuxième offre. Selon le ministre Bolduc, la mécanique est de mieux en mieux huilée, si bien que, «dans les faits», les établissements ont commencé à travailler comme si la deuxième offre s'appliquait aussi aux autres chirurgies non urgentes.
Tout cela se fait toutefois de «façon officieuse», prévient le ministre, qui n'en est pas rendu à enchâsser ces nouveaux objectifs dans la loi. C'est que le mécanisme n'est pas encore parfaitement au point, même pour la fameuse triade qui connaît encore des dépassements dans plusieurs établissements. Mais l'intention est là. «Pour moi, quelqu'un qui est en attente pour une autre chirurgie, ça devient aussi important que la hanche, la cataracte ou le genou», a affirmé le ministre Bolduc dans une entrevue conjointe au Devoir et à La Presse.
Les derniers chiffres mis en ligne par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) montrent que, sur 20 706 patients en attente d'une chirurgie de la hanche, de la cataracte ou du genou, 1625 avaient dépassé les six mois prescrits par la loi, soit 7,84 %, en novembre dernier. Une partie d'entre eux — que Québec ne peut chiffrer — ont sciemment choisi d'attendre plus longtemps pour être opérés par leur chirurgien. Les autres sont coincés sur les grosses listes d'attente que Québec travaille à rediviser.
À ceux-là, une deuxième offre sera vraisemblablement offerte. En premier lieu, les établissements tenteront de leur assigner un nouveau chirurgien. Si cela est impossible, ils se tourneront vers un autre établissement de leur région ou même d'ailleurs au Québec. Si toutes ces options échouent, l'opération pourra également se faire dans un centre médical spécialisé (CMS) privé, comme le prévoit la loi 33. Mais le ministre doute fort que cela se produise.
Jusqu'à présent, aucun établissement n'a eu à se rendre jusqu'à cette extrémité, confirme Yves Bolduc. «On n'en a pas eu besoin parce que le système public peut répondre à la demande.» Mieux, selon lui, le réseau public a la capacité «de faire les deuxièmes offres [sans avoir à recourir aux cliniques privées]. Et pas seulement pour le genou, la cataracte ou la hanche, mais pour toutes les autres chirurgies [non urgentes] aussi.»
Le calcul risque fort d'inquiéter les quelques cliniques privées qui songent à développer une offre de services chirurgicaux non urgents dans l'espoir de récupérer la clientèle que le réseau public n'a pu opérer dans les délais prescrits. Les CMS intéressés ont jusqu'au 31 mars prochain pour se doter du permis réglementaire exigé par Québec.
Quant au réseau public, il lui faudra pousser encore plus loin la réorganisation de ses blocs opératoires s'il veut atteindre ses objectifs. La raison est simple; «les délais sont plus longs pour les chirurgies d'un jour ou les autres chirurgies qui ne sont pas sous la garantie d'accès», a convenu Yves Bolduc. En novembre dernier, sur 78 165 personnes en attente pour l'une ou l'autre de ces chirurgies, 21 964 attendaient déjà depuis plus de six mois, soit 28 % d'entre elles.
En principe, la loi 33 ne garantit l'accès en moins de six mois qu'à trois chirurgies: celles de la hanche, du genou et de la cataracte. Si un établissement prévoit ne pas pouvoir opérer un de ses patients à temps, il doit alors lui faire une deuxième offre. Selon le ministre Bolduc, la mécanique est de mieux en mieux huilée, si bien que, «dans les faits», les établissements ont commencé à travailler comme si la deuxième offre s'appliquait aussi aux autres chirurgies non urgentes.
Tout cela se fait toutefois de «façon officieuse», prévient le ministre, qui n'en est pas rendu à enchâsser ces nouveaux objectifs dans la loi. C'est que le mécanisme n'est pas encore parfaitement au point, même pour la fameuse triade qui connaît encore des dépassements dans plusieurs établissements. Mais l'intention est là. «Pour moi, quelqu'un qui est en attente pour une autre chirurgie, ça devient aussi important que la hanche, la cataracte ou le genou», a affirmé le ministre Bolduc dans une entrevue conjointe au Devoir et à La Presse.
Les derniers chiffres mis en ligne par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) montrent que, sur 20 706 patients en attente d'une chirurgie de la hanche, de la cataracte ou du genou, 1625 avaient dépassé les six mois prescrits par la loi, soit 7,84 %, en novembre dernier. Une partie d'entre eux — que Québec ne peut chiffrer — ont sciemment choisi d'attendre plus longtemps pour être opérés par leur chirurgien. Les autres sont coincés sur les grosses listes d'attente que Québec travaille à rediviser.
À ceux-là, une deuxième offre sera vraisemblablement offerte. En premier lieu, les établissements tenteront de leur assigner un nouveau chirurgien. Si cela est impossible, ils se tourneront vers un autre établissement de leur région ou même d'ailleurs au Québec. Si toutes ces options échouent, l'opération pourra également se faire dans un centre médical spécialisé (CMS) privé, comme le prévoit la loi 33. Mais le ministre doute fort que cela se produise.
Jusqu'à présent, aucun établissement n'a eu à se rendre jusqu'à cette extrémité, confirme Yves Bolduc. «On n'en a pas eu besoin parce que le système public peut répondre à la demande.» Mieux, selon lui, le réseau public a la capacité «de faire les deuxièmes offres [sans avoir à recourir aux cliniques privées]. Et pas seulement pour le genou, la cataracte ou la hanche, mais pour toutes les autres chirurgies [non urgentes] aussi.»
Le calcul risque fort d'inquiéter les quelques cliniques privées qui songent à développer une offre de services chirurgicaux non urgents dans l'espoir de récupérer la clientèle que le réseau public n'a pu opérer dans les délais prescrits. Les CMS intéressés ont jusqu'au 31 mars prochain pour se doter du permis réglementaire exigé par Québec.
Quant au réseau public, il lui faudra pousser encore plus loin la réorganisation de ses blocs opératoires s'il veut atteindre ses objectifs. La raison est simple; «les délais sont plus longs pour les chirurgies d'un jour ou les autres chirurgies qui ne sont pas sous la garantie d'accès», a convenu Yves Bolduc. En novembre dernier, sur 78 165 personnes en attente pour l'une ou l'autre de ces chirurgies, 21 964 attendaient déjà depuis plus de six mois, soit 28 % d'entre elles.
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