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Cancer du sein - Un doute s'installe...

Marie-Andrée Chouinard   7 janvier 2010  Santé
Le décès prématuré de la chanteuse Lhasa de Sela, infortunée perdante d'un combat contre le cancer du sein, attriste et surprend. Il déroute, notamment en raison de son jeune âge. Elle n'avait que 37 ans.

Voilà un visage connu qui soudainement émerge des traditionnelles statistiques jalonnant le cancer. Les avancées médicales, en matière de dépistage, diagnostic et traitement, ont permis de réduire le taux de mortalité de ce cancer, mais il fauche chaque année la vie de 5000 Canadiennes. Il s'agit du cancer le plus courant chez la femme; il demeure le plus dévastateur chez les plus jeunes.

Combinée à la disparition d'une artiste chouchoute, une toute nouvelle recommandation médicale américaine sur un dépistage plus précoce du cancer du sein sème le doute: le Québec, qui suggère la mammographie aux femmes de 50 ans et plus, opte-t-il véritablement pour la prévention la plus efficace?

Malheureusement, il est permis d'en douter. Les récents égarements dans le dossier des analyses erronées nous enseignent que: A) les consensus sont rares dans la contrée médicale, et qu'une étude peut tout à fait en contrecarrer une autre, sur le même sujet, laissant les patients pantois et désemparés; B) la direction politique encore trop confuse au ministère de la Santé n'a rien de rassurant pour la population, qui connaît la pugnacité du cancer; C) l'absence de normes claires et consensuelles crée un flou dans lequel se perdent même les médecins, qui ne réagiraient pas tous de la même manière devant le même cas médical. Bref, pas de quoi être parfaitement apaisés.

La toute dernière recommandation de l'American College of Radiology encourage donc la mammographie à compter de 40 ans (16 % des victimes de ce cancer sont âgées de 40 à 49 ans). Le Québec, lui, attend le sacro-saint consensus médical pour changer son fusil d'épaule; à ce jour, l'Agence d'évaluation des technologies et des modes d'intervention en santé (AETMIS) juge que les bénéfices du dépistage précoce ne sont pas suffisamment élevés.

L'agence énumère quelques inconvénients, qui pèsent — trop? — lourd dans la balance: la création d'anxiété néfaste chez les femmes examinées, de même que les risques associés à l'émission de radiations. L'argument le plus solide semble toutefois celui associé aux coûts, qu'un réseau de santé public comme celui du Québec doit en effet prendre en considération sans toutefois en faire une obsession... maladive.

En sommes-nous réduits à croiser les doigts et à fermer les yeux, espérant que notre système médical ait opté pour la bonne loterie-santé? Osons souhaiter qu'avec l'arrivée de technologies plus fines, telle la mammographie numérique, le dépistage se perfectionne. Exigeons aussi d'être convaincus que le premier argument guidant les recommandations médicales n'est pas celui des coûts, mais bien celui de la santé.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • epagneula@hotmail.com - Abonnée
    7 janvier 2010 06 h 30
    Cohérence
    Je suis perplexe devant les arguments avancés contre le dépistage plus précoce du cancer du sein: les stress que vivra les femmes. C'est le même argument souvent apporté contre le dépistage plus court. Je veux témoigner que sans dépistage, je ne serais probablement plus là pour vous en parler. Par ailleurs je ne comprend pas non plus l'argument des coûts. L'état est prêt à subventionner la procréation assistée. La stérilité ne met pourtant pas la santé des femmes en danger alors que le cancer du sein les menacent. Alors un peu de cohérence.
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  • Martin Dufresne - Abonné
    7 janvier 2010 11 h 56
    Une politique à courte vue
    Les statistiques sont formelles. 25% des cancers du sein se déclarent avant l'âge de 50 ans, 9% avant celui de 40 ans. En limitant à 50 ans et plus l'admission au programme de dépistage par mammographie, l'État québécois condamne à mort des femmes avec un discours paternaliste sur un stress qu'on prétend leur éviter.
    "Sans pouvoir adhérer au programme, les femmes de 70 ans ou plus ainsi que les femmes de 40 à 49 ans chez qui le médecin reconnaît la pertinence d'un tel examen, peuvent passer une mammographie de dépistage *uniquement au moyen d'une prescription médicale de leur médecin traitant*. Ne pouvant adhérer au programme, elles ne recevront ni les résultats de leur mammographie par courrier, ni de lettre de rappel les invitant à repasser une mammographie de dépistage aux deux ans. Ceci relève uniquement de la responsabilité de leur médecin traitant." (Site Web de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie)
    Et faut-il rappeler le scandale de l'interprétation errnonée des tests de cancer du sein au Québec? (http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#u
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  • Marie Tourigny - Abonné
    7 janvier 2010 16 h 22
    Commencez par faire des mammographies lorsque nous avons un doute
    Cette nouvelle m'a rendue très triste. J'avais 37 ans lorsque j'ai appris que j'avais le cancer du sein. Je pense que je l'avais depuis près de 5 ans. Pourquoi avoir attendu aussi longtems me direz-vous? Parce que aucun des 3 médecins que j'ai rencontrés ne voulaient me faire passer de mammographie. J'étais trop jeune. Le dépistage commence à 50 ans, qu'on me répondait. Je sentais la masse grossir, j'avais peur mais rien à faire. Un jour, je me suis décidée, j'ai été demandé la prescription pour passer les tests. Le médecin ne voulait pas, qu'à cela ne tienne, je lui ai dit que je ne sortirais pas du bureau tant que je n'aurais pas le papier. Je sens une bosse, mon conjoint aussi alors, je veux en avoir le coeur net que je lui ai répondu. Ton chum, il est médcin?, Non mais il tient souvent mes seins entre ses mains que je lui ai répondu alors c'est le papier ou la police qui me sort du bureau. Lorsqu'il a eu mes résultat, Cancert du sein carcinomes canalaires infiltrant de stade 2, il s'est excusé, il m'a promis de fournir ls prescription à toutes les femmes qui auraient des doutes. Symptômes ou pas. Aujourd'hui, j'ai 41 ans, je suis toujours en rémission mais je suis bien vivante et en santé... mais des fois, je me demande ce que je serais devenue si je n'avais pas insisté et surtout est ce que je me serais rendue à 50 ans pour mon premier dépistage???
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  • subela - Inscrit
    5 février 2010 22 h 01
    commentaire d'une technologue en mammographie
    La société ne peut pas sauver tout le monde malheureusement! Notre système de santé doit servir d'abord la population /avant l'individu.
    Le programme de dépistage en cancer du sein au Québec, (PQDCS)cible un groupe de femmes (50-79ans) chez qui le risque de cancer est élevé, c'est-à-dire òu la maladie est considérée comme «épidémique». Si nous contrôlons l'épidémie par le dépistage précoce, nous réduirons les dépenses , ce qui profitera à d'autres issus importants dans le domaine de la santé.
    Présentement, depuis le cas médiatisé de «Jeannette Bertrand», nous effectuons beaucoup de mammographies de dépistage pour les femmes agées de 70ans et plus. Ce que je trouve non pertinent, à moins d'avoir un antécédent familial ou personnel de cancer de sein. Cette nouvelle tendance est déplorable parce qu'elle cause préjudice aux femmes symptomatiques qui ont besoin de passer des examens diagnostiques (mammo diagnostique, échographie mammaire, biopsie...). L'accès à ces services est ainsi ralenti. On peut compter des mois d'attente avant d'obtenir un rendez-vous en radiologie, sans considération pour l'urgence d'une mammo diagnostique ou pour une demande de mammo de dépistage. Premier arrivé, premier servi. Permettre le dépistage pour le groupe d'âge de 40-50ans? Non. Ce n'est pas une priorité pour le moment.
    La priorité c'est de favoriser l'accès aux examens diagnostiques pour les femmes (ou hommes) avec un symptôme (Une masse palpable et indolore dans 85% des cas ). Ensuite, les mammos de dépistage pour les femmes de 50-69ans et pour celles qui sont à risque.
    Enseigner aux femmes, dès leur jeune âge, des notions de base sur la santé des seins et promouvoir l'auto-examen des seins comme on le fait depuis des années en Australie et en Alberta, donnerait de l'assurance aux femmes et diminuerait l'anxiété. Cela éliminerait aussi toutes les consultations inutiles, pour douleurs cycliques aux seins qui coûtent une fortune à l'État et pour d'autres raisons aussi négligeables.
    Pour finir sur une note d'espoir: le cancer du sein se guérit assez bien aujourd'hui (80% de survie sur 5 ans) mais malheureusement, tout le monde ne peut pas guérir.
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