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Libre opinion - Cart@gène, un choix de société

Bartha Maria Knoppers, Philip Awadalla, Claude Laberge - Respectivement chercheur principal, directeur scientifique et codirecteur scientifique de Cart@gène  6 janvier 2010  Santé
Cart@gène (C@G) tenait récemment un forum public de mise à jour afin de poursuivre son travail de consultation auprès de la communauté. Nous sommes heureux de l'intérêt que continue à susciter C@G et nous apportons ici quelques éclaircissements relatifs aux questions soulevées par le biais de lettres d'opinion.

Cart@gène est une infrastructure de recherche de l'Université de Montréal, il ne s'agit donc pas d'une personne morale. L'Université de Montréal est l'entité responsable de cette infrastructure. Plusieurs partenaires contribuent au projet C@G.

La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), partenaire de Cart@gène (un décret ministériel a été émis en mai 2009, permettant à la RAMQ de participer aux activités de recherche de Cart@gène ), a mis sur pied le service C@G-RAMQ affecté au projet. Ce service est chargé de la communication avec les participants, ainsi que de la conservation de leurs renseignements nominatifs (y compris un registre des consentements et un registre des retraits).

En ce qui a trait au financement, rappelons qu'en 2000 et 2001, le Canada et le Québec ont créé Génome-Canada et Génome-Québec, des organismes dont la mission consiste, notamment, à financer de grands projets en recherche génomique. Il s'agit d'organismes privés, à but non lucratif (OBNL), en grande partie financés par des fonds publics, qui ne retirent pas de bénéfices pécuniaires des projets qu'ils financent. Ce ne sont pas des partenariats public-privé (PPP), mais bien des organismes qui se doivent de réinvestir constamment dans la recherche, leur modèle d'affaires étant ainsi constitué. Enfin, rappelons que Cart@gène a été initié et continue d'opérer en tant qu'infrastructure de recherche de l'Université de Montréal.

La Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) a également rendu une décision favorable à l'égard de C@G et a approuvé ses modalités relatives à la protection des renseignements personnels.

Cart@gène n'a pas de liens avec le Fonds québécois de recherche en santé (FRSQ). De plus, la décision de dissoudre l'Institut des populations de l'éthique et de la gouvernance (IPEG) ne relève pas de C@G, s'agissant plutôt d'une décision d'ordre ministériel. Cette décision a été prise sur la base des mécanismes éthiques et juridiques déjà en place, qui ont été jugés satisfaisants.

Pour réaliser le projet, des politiques rigoureuses, ayant été approuvées par les comités d'éthique de la recherche (CER), encadrent Cart@gène et garantissent l'intégrité de la réalisation du projet. Ainsi, la politique de gestion, la politique d'accès et tous les autres documents encadrant l'accès aux données et aux échantillons sont disponibles sur le site Internet www.cartagene.qc.ca.

Pour se conformer aux normes et politiques en vigueur au Québec, Cart@gène a dû obtenir l'approbation éthique des CER de chacun des douze sites de recrutement dans lesquels les participants sont rencontrés, en plus de ceux des institutions auxquelles sont rattachés ses chercheurs (Université de Montréal et Université McGill).

Le Comité d'éthique de la recherche de la faculté de médecine (CERFM) de l'Université de Montréal est le comité responsable de Cart@gène. Un mécanisme de suivi éthique a été mis en place et est assuré par le CERFM et le Comité éthique de la recherche du CHUM. Toute modification à l'orientation ou à la gestion de C@G doit être approuvée par ces comités d'éthique.

La base de données (qui contient des données codées issues des questionnaires remplis par les participants lors de la rencontre) et la banque d'échantillons (la biobanque contient les échantillons des participants) constituées par Cart@gène sont sous la responsabilité de l'Université de Montréal. En ce qui concerne l'accès aux données, celui-ci est géré par deux comités indépendants, soit le CERFM et le Comité d'accès aux données de C@G.

Ainsi, toute demande d'accès doit être approuvée par ces deux comités. Cette base et cette banque ne contiennent aucun renseignement nominatif relatif aux participants. Le seul organisme qui détient ces renseignements est la RAMQ. Ceux-ci ne sont jamais transférés à C@G. Ainsi, toutes les données et les échantillons passent directement du site de recrutement (ou du laboratoire) à la base de données ou à la biobanque sous forme codée. Les renseignements nominatifs sont détruits par les sites de recrutement quinze jours après la rencontre avec le participant.

Un système de sécurité informatique très sophistiqué a été mis au point et implanté à Cart@gène par des experts dans le domaine. Ce système a été jugé comme étant de très haut calibre par les experts en sécurité

informatique de la CAI ainsi que par ceux consultés par les comités d'éthique, qui ont évalué l'infrastructure.

Globalement, le modèle de gouvernance et de financement mis en place pour Cart@gène reflète les choix de société que le Québec a faits au cours des dix dernières années et est essentiellement basé sur la contribution concertée de ces institutions académiques, financières, hospitalières et gouvernementales.

*****

Bartha Maria Knoppers, Philip Awadalla, Claude Laberge - Respectivement chercheur principal, directeur scientifique et codirecteur scientifique de Cart@gène
 
 
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  • Jean-Noël Ringuet
    Abonné
    mercredi 6 janvier 2010 15h13
    La nébuleuse Cart@gène : et le citoyen dans tout ça ?
    Il n’est pas facile, pour le profane qui veut bien s’y intéresser, d’identifier la répartition des responsabilités dans le lacis d ‘organismes associés au projet Cart@gène. Ainsi, la libre opinion parue le 6 janvier et signée par les promoteurs du projet énumère une longue liste de partenaires dont l’Université de Montréal, le Comité d’éthique de la recherche de la Faculté de médecine de la dite université, le Comité d’éthique du CHUM, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), le service Cartagène-RAMQ affecté au projet, Génome-Québec et Génome-Canada, la Commission d’accès à l’information, les comités d’éthique des sites de recrutement… ajoutons à cette liste les autres entités mentionnées dans d’autres sources par Cart@gène telles la Biobanque Génome Québec- Centre hospitalier affilié universitaire régional de Chicoutimi (Biobanque GQ-CAURC), le projet BALSAC, le Public Population Project in Genomics (P3G), l’Institut de santé publique du Québec, auxquels s ‘ajoute un comité "indépendant" composé d'un éthicien, d'un avocat, d'un épidémiologiste, d'un généticien, d'un spécialiste de la santé publique et d'un journaliste scientifique qui évalueront aussi (en plus des comités d’éthique) les projets.

    Rassurant ? Permettez : et le citoyen dans tout ça ?

    Ses promoteurs qualifient Cart@gène de « choix de société ». Or quand la « société » a-t-elle été consultée à propos de ce projet? Tant le Conseil de la santé et du bien-être que la Commission de l’éthique de la science et de la technologie avaient, en 2003, souhaité fortement qu’un débat public ait lieu avant la mise sur pied de toute banque génétique au Québec. Ce débat n’a jamais eu lieu et le projet de recrutement est en cours. Faut-il croire que la société se résume, pour Cart@gène, à ses partenaires déclarés ?

    Quant aux approbations données à Cart@gène par la Commission d’accès à l’information, celle-ci refuse d’en dévoiler la teneur et renvoie la balle à l’Université de Montréal. Cette dernière, suite à une demande d’information sur les termes de la décision de son comité d’éthique quant au projet Cart@gène – incluant ses considérants et conditions - s’est contentée de transmettre le contenu d’une proposition confirmant que « les conditions reliées à l’approbation » de Cart@gène avaient été remplies… sans divulguer ces conditions !

    De surcroît, n’est-il pas étonnant que ce ne soit pas l’entité responsable de Cart@gène, l’Université de Montréal, qui réponde publiquement aux questions que soulève ce projet ?

    Devant autant de transparence de la part de Cart@gène et de ses partenaires, il est légitime d’entretenir un certain scepticisme quant à ses prétentions au titre de « projet de société » et de continuer d'en revendiquer un véritable encadrement public.

    Jean-Noël Ringuet,
    Victoriaville

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