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    Durs lendemains de pandémie

    La grippe H1N1 met de la pression sur le soutien à domicile dans certains secteurs montréalais

    5 janvier 2010 |Louise-Maude Rioux Soucy | Santé
    Québec a donné son imprimatur à de nombreuses mesures de délestage pour alimenter la grande machine à vacciner contre la grippe A(H1N1). À Montréal, l'Agence de la santé et des services sociaux a été claire: oui au délestage, mais pas touche au soutien à domicile. Mais, dans un contexte où les établissements sont aussi tenus de respecter l'équilibre budgétaire, les lendemains de la pandémie de H1N1 sont parfois difficiles, spécialement au CSSS de Saint-Léonard-et-Saint-Michel, où on a carrément dû se résoudre à sortir le couperet.

    Dans une note de la Direction des services aux personnes en perte d'autonomie (DSPPA), dont Le Devoir a obtenu copie, le constat est on ne peut plus limpide. La situation financière déficitaire et la gestion de la pandémie de grippe ont forcé ses dirigeants à «penser et agir différemment». «Il nous est impossible de répondre à l'ensemble des besoins de la clientèle. Il nous faut faire des choix qui pourront nous paraître parfois déchirants», lit-on dans ce document daté du 26 novembre dernier.

    Malgré le fait que les finances de sa DSPPA sont déjà grevées par un important déficit, le CSSS de Saint-Léonard a, comme les autres, dû prendre part au grand effort collectif contre la grippe A(H1N1). Ce déficit pourrait atteindre les 431 000 $ si rien n'est fait d'ici la fin de la présente année financière. La pandémie n'est pas la seule à blâmer. Plusieurs éléments expliquent les difficultés financières du CSSS, au premier chef desquels figure un important dépassement des heures de service infirmier en soutien à domicile (SISAD). Présentement, 2110 heures par semaine sont à l'horaire, dont pas moins de 710 en surplus des heures budgetées.

    La direction veut ramener le nombre d'heures SISAD à 1400 par semaine, comme le prévoit son budget extrêmement serré. Dans ce dessein, elle a décidé de resserrer temporairement les admissions SISAD en créant une liste d'attente. Elle a aussi choisi de ramener l'offre régulière à moins de cinq heures par semaine pour toutes les nouvelles demandes. Des mesures de rationalisation seront mises en branle sous peu pour la clientèle déjà desservie, et tous les dossiers devront avoir été révisés d'ici le 1er juin, précise la direction.

    Un «dépassement majeur en regard des allocations directes» consenties par le biais du chèque emploi service a aussi été relevé par le CSSS. La direction s'est donné jusqu'au 31 mars prochain pour revoir la gestion de cette enveloppe budgétaire. D'ici là, elle a imposé un moratoire sur toutes les nouvelles demandes formulées depuis le 26 octobre dernier.

    À l'Agence de la santé de Montréal, on affirme que les décisions difficiles prises par le CSSS ne sont pas la règle, mais bien l'exception. Consciente qu'il a fallu mettre les bouchées doubles pendant la vaccination de masse, l'agence assure avoir tout fait pour ne pas mettre de poids supplémentaire sur les établissements. «Il n'y a pas eu de coupes de budget pour organiser les centres de vaccination, ça, c'est très clair», a expliqué Louise Massicotte, directrice générale adjointe.

    Celle-ci convient toutefois qu'un délestage a été autorisé par l'agence, avec l'aval du ministère de la Santé. Chaque établissement a mis au point son plan de délestage en fonction des besoins de sa clientèle. Du personnel a été mobilisé et réorienté. Outre les infirmières qui ont manié les aiguilles, ces réorientations ont principalement touché le «personnel administratif», précise l'agence, mais aussi divers professionnels de la santé comme les travailleurs sociaux, qui ont contribué à leur manière à la gestion de l'imposante machine à vacciner.

    Ce grand chambardement, qui a mobilisé des milliers de professionnels, ne devait en aucun cas remettre en question le maintien à domicile des personnes desservies par l'agence, a toutefois précisé Mme Massicotte. «Nous ne voulions pas retrouver ces gens-là à l'urgence avec une obligation d'hébergement, et c'est donc un secteur que nous avons énormément protégé.»

    Selon elle, la plupart des CSSS ont réussi à maintenir intacte leur offre de services à domicile. D'autres ont quand même dû réduire le nombre d'heures offertes, mais cela «sans jamais mettre en péril le maintien de ces personnes à leur domicile». L'agence n'a pas encore fait le décompte des heures retranchées, ni même des établissements qui ont dû faire ce genre de rationalisation, mais cette information devrait figurer au bilan H1N1 qu'elle dressera sous peu, a promis Mme Massicotte.

    Cette dernière insiste toutefois pour dire que la situation du CSSS de Saint-Léonard-et-Saint-Michel est particulière en raison de sa clientèle plus âgée que la moyenne, clientèle qui commande «énormément d'interventions intensives à domicile». Au final, «la très grande majorité des CSSS n'ont pas eu à diminuer leur offre de services» sur l'île de Montréal, affirme Mme Massicotte.

    «Et tous les Montréalais qui ont manifesté un besoin urgent ont reçu une aide appropriée pendant la pandémie», y compris au CSSS de Saint-Léonard-et-Saint-Michel, insiste Mme Massicotte. «Pour en avoir parlé avec le CSSS, je sais que les mesures prises ont permis aux gens de rester à leur domicile, avec l'option de récupérer la totalité de leurs heures au terme de la pandémie.»












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