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Instituts de recherche en santé du Canada - Le renvoi du représentant de Pfizer est réclamé

Pauline Gravel   18 décembre 2009  Santé
La grogne s'amplifie. À ce jour, plus de 4250 chercheurs ont signé une pétition réclamant la révocation du vice-président de Pfizer Canada au sein du conseil d'administration des Instituts de recherche en santé du Canada. Pour ces nombreux signataires, les intérêts de l'industrie pharmaceutique sont tout à fait contraires à ceux de l'organisme qui finance la recherche publique en santé au Canada.
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  • Jean-Noël Ringuet
    Abonné
    vendredi 18 décembre 2009 10h04
    Pendant ce temps, silences complices au Québec...
    On ne peut que se réjouir du sens critique de scientifiques, juristes et éthiciens du Canada anglais et même de leur courage quand on sait la dépendance croissante de la recherche publique à l'égard de fonds privés.

    Ne devrait-on pas s'étonner du silence au Québec de nos scientifiques, juristes et éthiciens face à des situations analogues ? Je pense, entre autres, à cette nouvelle concernant le pendant québécois des IRSC, le FRSQ (Fonds de la recherche en santé du Québec) qui s'associe à la multinationale Pfizer pour créer le Fonds d'innovation Pfizer-FRSQ (1) ... une autre façon à peine détournée de mettre des fonds publics au service d'impératifs de commercialisation.

    Une hypothèse d'explication ? Qui pourvoit le plus aux projets de recherche en droit et en éthique de la recherche au Québec ? Le FRSQ, bien sûr, ainsi que Génome Canada et Génome Québec (2), deux partenariats privé-public dont l'objectif est de financer la recherche susceptible de commercialisation. Or, dans notre petite société tricotée serrée, il est risqué de mordre la main qui nous nourrit...

    La silences complices et la collusion, ce n'est pas que dans les municipalités ou dans l'industrie de la construction !

    Jean-Noël Ringuet

    (1) http://www.frsq.gouv.qc.ca/fr/financement/Programm
    (2) Pour une liste des chercheurs subventionnés par G.Q., voir http://www.genomequebec.com/v2009/chercheurs/index

  • dboissi
    Abonnée
    samedi 19 décembre 2009 17h31
    L'indépendance des chercheurs en génomique du Québec existe-t-elle ?
    Madame Gravel

    Pour appuyer l’étonnement du lecteur précédent, Jean-Noël Ringuet, au sujet du silence au Québec de nos scientifiques, juristes et éthiciens, j’attire votre attention sur les faits qui suivent pourtant présentés très publiquement.

    Le 8 octobre dernier (2009), le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, M. Clément Gignac octroyait la somme de 30M $ à Génome Québec pour de nouveaux programmes de recherche en « génomique ». Le communiqué de presse (1) explique une des règles visant l’ensemble des nouveaux programmes de Génome Québec en ces termes :
    […]
    « Pour tous ces nouveaux programmes, Génome Québec exige un cofinancement minimal de 1 : 1 (50 % des dépenses admissibles associées aux projets seront assumées par Génome Québec) et encourage fortement les collaborations avec le secteur industriel (biotech/pharm.[…] »

    Le seul titre du communiqué du 7 octobre 2009 émis par le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) auquel réfère monsieur Ringuet à sa première note de fin de page parle par lui-même. En effet, ce communiqué s'intitule "Le Québec met en place des équipes d'avant-garde de recherche en génomique sur la santé humaine_Deux projets d'envergure sélectionnés par le Fonds d'innovation Pfizer-FRSQ regroupent des chercheurs québécois émérites_ Vers la personnalisation des diagnostics et des traitements basée sur la variation des profils génétiques". On y mentionne ce qui suit (2) :
    […]
    « Sélectionnés par le comité d'évaluation scientifique du Fonds d’innovation Pfizer-FRSQ, composé d'experts de renommée internationale, ces projets bénéficient respectivement de subventions de 800 000 $ et de 1 500 000 $ échelonnées sur trois ans. Le projet de recherche intitulé « Biologie intégrative des gènes associés à plusieurs maladies inflammatoires ». [...]

    D’autre part, certains chercheurs québécois s’intéressent aux enjeux éthiques, juridiques et sociaux de la génétique humaine tel le groupe HumGen International de Montréal. Ce groupe, formé de chercheurs, se voit (3) comme une « équipe » représentant une « […] ressource sur les enjeux éthiques, juridiques et sociaux de la génétique humaine ». Étrangement, le site de HumGen ne donne pas d’informations sur le cadre juridique dans lequel évolue son groupe de chercheurs. Toutefois, compte tenu de l’identité de quelques uns de ses partenaires privés subventionnaires, notamment les multinationales pharmaceutiques Glaxo et Roche (4), toute personne ordinaire généralement bien informée ne serait-elle pas susceptible, avec raison, de mettre en doute l’indépendance et la crédibilité de ce groupe de chercheurs? On peut raisonnablement prétendre que les enjeux et objectifs reconnus de ces pharmaceutiques sont plutôt commerciaux. Ces enjeux et objectifs se trouveraient donc à l’opposé des préoccupations éthiques, juridiques et sociales annoncées par HumGen. Cette personne ordinaire bien informée serait-elle alors en droit de se demander si, en bout de ligne, l’angle d’analyse de HumGen et ses conclusions ne seraient pas finalement entachées d’un biais ?

    Trop de questions surgissent dès que l’on examine de plus près l’indépendance des chercheurs en génétique humaine au Québec. Je partage l’inquiétude de Monsieur Ringuet.

    Diane Boissinot, le 19 décembre 2009
    (1) http://www.genomequebec.com/v2009/programmesRecher Annonce_Dec18_FIN_Fr - 09 12 18.pdf
    (2) http://www.frsq.gouv.qc.ca/fr/publications/autres_
    (3) http://www.humgen.umontreal.ca/int/genedit.cfm?ids
    (4) http://www.humgen.umontreal.ca/int/projets.cfm?

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