Libre opinion - À la défense des médecins de Sept-Îles
En tant que porte-parole de la Fondation Rivières de la Côte-Nord, je comprends les actions de désespoir des médecins du Centre de santé de Sept-Îles. Ils ont entrepris une action citoyenne qui vise à dénoncer, mais surtout à prévenir plutôt qu'à réparer, et en se sens, il s'agit de l'option la plus valable en matière de soins de santé.
Les médecins, eux plus que tous les autres, sont très au fait des répercussions négatives sur la santé humaine le fait de ramener des radionucléides en surface du sous-sol, que ce soit lors de la prospection ou de la production. Les soins de santé au Québec nolisent plus de la moitié du budget provincial et les élus sont forcés de reconnaître l'incapacité de notre système à combler les besoins actuels. Pire encore, le vieillissement de la population nous laisse croire qu'un monstre pointe à l'horizon en matière de manque de ressources financières et d'effectifs médicaux dans un avenir prochain. Il serait peut-être temps pour le gouvernement de monsieur Jean Charest de mettre les intérêts financiers de côté pour faire place à une logique toute simple de prévention.
Il est de plus en plus évident que le gouvernement actuel baigne dans le copinage et les conflits d'intérêts. Mais ce faisant, il hypothèque la santé des futures générations en permettant la prolifération de matières nucléaires nocives sous toutes ses formes.
Ce gouvernement est passé maître dans l'art d'utiliser les communications pour manipuler les citoyens en matière d'environnement. La réalité est qu'il n'a cependant rien fait pour élaborer une véritable politique environnementale, hormis quelques voeux pieux qui nous distraient du véritable constat d'échec en matière d'environnement.
L'environnement est la clé pour nous sortir du gouffre financier et social des soins de santé, et les médecins de la Côte-Nord l'ont bien compris. Le docteur Yves Lamontagne du Collège des médecins du Québec devrait s'inspirer des actions honorables de nos médecins, car à mon avis, non seulement ils respectent leur serment d'office, mais en plus, ils sont en train de le redéfinir au bénéfice de tous. Oui, il pourrait y avoir des répercussions négatives si leur démission venait à se concrétiser, mais ce n'est rien à côté du danger qui menace toute une population au profit d'une économie qui n'enrichira finalement que quelques actionnaires.
De la même façon, le Syndicat des Métallos, qui soutient l'extraction de l'uranium, devrait se souvenir que le mouvement syndical est né de la volonté de protéger les travailleurs et leurs familles de la rapacité des compagnies. Et que l'une de ces protections fondamentales, et l'un des grands succès du mouvement syndical, est précisément la protection de la vie et de la santé des travailleurs.
Aujourd'hui, force est de constater que les Métallos, devenus investisseurs dans les mines d'uranium via le Fonds de solidarité, se sont plutôt rangés du côté adverse. Finies, les grandes victoires du droit de grève, des négociations collectives et de la solidarité, seul semble compter désormais, même pour les syndicats, le rendement sur investissements.
Nous devons tous sortir dans la rue pour influencer, et peut-être changer ce monde sans avenir qui n'a que l'argent comme logique, qui oublie les enfants qui suivront.
*****
Jacques Gélineau - Côte-Nord
Les médecins, eux plus que tous les autres, sont très au fait des répercussions négatives sur la santé humaine le fait de ramener des radionucléides en surface du sous-sol, que ce soit lors de la prospection ou de la production. Les soins de santé au Québec nolisent plus de la moitié du budget provincial et les élus sont forcés de reconnaître l'incapacité de notre système à combler les besoins actuels. Pire encore, le vieillissement de la population nous laisse croire qu'un monstre pointe à l'horizon en matière de manque de ressources financières et d'effectifs médicaux dans un avenir prochain. Il serait peut-être temps pour le gouvernement de monsieur Jean Charest de mettre les intérêts financiers de côté pour faire place à une logique toute simple de prévention.
Il est de plus en plus évident que le gouvernement actuel baigne dans le copinage et les conflits d'intérêts. Mais ce faisant, il hypothèque la santé des futures générations en permettant la prolifération de matières nucléaires nocives sous toutes ses formes.
Ce gouvernement est passé maître dans l'art d'utiliser les communications pour manipuler les citoyens en matière d'environnement. La réalité est qu'il n'a cependant rien fait pour élaborer une véritable politique environnementale, hormis quelques voeux pieux qui nous distraient du véritable constat d'échec en matière d'environnement.
L'environnement est la clé pour nous sortir du gouffre financier et social des soins de santé, et les médecins de la Côte-Nord l'ont bien compris. Le docteur Yves Lamontagne du Collège des médecins du Québec devrait s'inspirer des actions honorables de nos médecins, car à mon avis, non seulement ils respectent leur serment d'office, mais en plus, ils sont en train de le redéfinir au bénéfice de tous. Oui, il pourrait y avoir des répercussions négatives si leur démission venait à se concrétiser, mais ce n'est rien à côté du danger qui menace toute une population au profit d'une économie qui n'enrichira finalement que quelques actionnaires.
De la même façon, le Syndicat des Métallos, qui soutient l'extraction de l'uranium, devrait se souvenir que le mouvement syndical est né de la volonté de protéger les travailleurs et leurs familles de la rapacité des compagnies. Et que l'une de ces protections fondamentales, et l'un des grands succès du mouvement syndical, est précisément la protection de la vie et de la santé des travailleurs.
Aujourd'hui, force est de constater que les Métallos, devenus investisseurs dans les mines d'uranium via le Fonds de solidarité, se sont plutôt rangés du côté adverse. Finies, les grandes victoires du droit de grève, des négociations collectives et de la solidarité, seul semble compter désormais, même pour les syndicats, le rendement sur investissements.
Nous devons tous sortir dans la rue pour influencer, et peut-être changer ce monde sans avenir qui n'a que l'argent comme logique, qui oublie les enfants qui suivront.
*****
Jacques Gélineau - Côte-Nord
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

