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L'épidémie du sida se stabilise, sauf en Afrique

Associated Press   25 novembre 2009  Santé
Genève — Le nombre de personnes porteuses du virus VIH du sida n'a pratiquement pas varié ces deux dernières années, se stabilisant dans la plupart des régions du monde à 33 millions de personnes environ, à l'exception de l'Afrique, selon un rapport publié hier par l'ONU. L'épidémie a probablement connu son pic en 1996.

L'an dernier, les infections au VIH en Afrique subsaharienne représentaient 72 % des 2,7 millions de nouveaux cas dans le monde.

Daniel Halperin, expert du sida à l'université américaine de Harvard, s'est félicité de la baisse du nombre de nouvelles infections et de celle du nombre de morts, dues à un meilleur accès aux médicaments. Selon les Nations unies, quatre millions de personnes sont actuellement en vie grâce au traitement, soit dix fois plus qu'il y a cinq ans.

Dans leur rapport conjoint, l'ONUSIDA et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) évaluent à 33,4 millions le nombre de séropositifs dans le monde, soit une quasi-stabilité par rapport aux 33,2 millions de 2007. Il s'agit toutefois d'une estimation réalisée d'après un modèle mathématique qui comporte une marge d'erreur de plusieurs millions de personnes.

Certains experts s'appuient sur le déclin constaté dans la plupart des pays du monde pour réclamer un rééquilibrage de l'aide, soulignant que la lutte contre le VIH/sida absorbe 23 ¢ par dollar investi dans la santé publique, alors que le virus est à l'origine de 4 % de l'ensemble des décès sur la planète. Hors des pays les plus durement touchés par l'épidémie de VIH/sida, comme l'Afrique du Sud, les maladies les plus meurtrières sont les infections respiratoires, les maladies cardiaques et la malaria.

Pour Philip Stevens, de l'International Policy Network, un réseau international de réflexion sur les politiques basé à Londres, il existe une «distorsion du financement mondial [pour la lutte contre le VIH/sida], alors que des maladies qui tuent davantage, comme la diarrhée ou la pneumonie dans les pays en développement, sont beaucoup plus faciles et moins chères à traiter».
 
 
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