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Les Montréalais boudent le vaccin

Prises de court, les autorités de la santé publique devancent la vaccination des moins de 65 ans atteints de maladies chroniques

Marco Bélair-Cirino   9 novembre 2009  Santé
A peine 10 000 personnes à risque se sont prévalues de leur droit d'être vaccinées samedi à Montréal
Photo : Pedro Ruiz - Le Devoir
A peine 10 000 personnes à risque se sont prévalues de leur droit d'être vaccinées samedi à Montréal
Insatisfaite du faible taux de vaccination au cours des derniers jours, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal devance de plusieurs jours la vaccination de quelque 300 000 personnes.

Faisant face à des centres de vaccination pratiquement vides ce week-end, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal a autorisé hier la vaccination contre la grippe A(H1N1) des personnes de moins de 65 ans atteintes de maladies chroniques.

Les personnes qui souffrent d'une maladie cardiaque, d'une maladie pulmonaire chronique, de diabète ou de maladie métabolique, de maladie du foie, de maladie rénale ou de troubles hématologiques sont priées de se faire immuniser contre la grippe dans l'un des 14 centres de vaccination de la métropole. «C'est au-delà de 300 000 personnes à Montréal qui sont dans ces différents groupes. C'est un nombre très important», a fait remarquer le directeur de la Santé publique de Montréal, le Dr Richard Lessard.

Ces personnes s'ajoutent aux groupes prioritaires déjà autorisés à se faire vacciner, c'est-à-dire les parents ainsi que les frères et soeurs des nourrissons de moins de six mois, les enfants âgés de six mois à cinq ans et toutes les femmes enceintes.

Quelque 150 000 doses sont actuellement entre les mains de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, hormis ceux sans adjuvant qui sont disponibles depuis hier pour les femmes enceintes de 20 semaines ou plus. «Nous voulons les distribuer rapidement aux groupes le plus à risque», a déclaré le Dr Lessard.

Les cliniques de vaccination ont ouvert grandes leurs portes aux personnes souffrant d'une maladie chronique, en raison du faible taux de vaccination des derniers jours. À peine 10 000 personnes à risque se sont prévalues de leur droit d'être vaccinées en priorité samedi à Montréal, alors que les autorités sanitaires en attendaient deux fois plus. Le directeur de la Santé publique de Montréal s'expliquait mal hier les raisons de la baisse d'affluence dans les centres de vaccination. «C'est peut-être la belle température. C'est peut-être aussi parce que les gens craignaient d'attendre», a affirmé le Dr Lessard avant de rappeler l'importance de la vaccination. «C'est une responsabilité personnelle et sociale présentement que de se faire vacciner», a-t-il dit.

Les directeurs de santé publique du Québec discuteront ce matin de la possibilité de devancer l'immunisation des enfants de plus de cinq ans et des adultes en bonne santé, prévue à Montréal seulement à partir du 7 décembre. «Tout va dépendre de la disponibilité des vaccins», a martelé Richard Lessard hier.

Les personnes âgées qui habitent en résidence et qui ne sont pas en mesure de se déplacer pourront par ailleurs se faire vacciner contre la grippe A(H1N1) à domicile, a confirmé le ministère de la Santé ce week-end. Des équipes volantes de vaccination se déplaceront dans les centres de soins de longue durée (CHSLD) et les résidences privées, et ce, dès que l'ordre de vaccination sera donné par les autorités sanitaires.

On dénombre maintenant neuf décès liés au virus A(H1N1) au Québec. Au total, près de 600 personnes ont été hospitalisées en raison du virus depuis le 30 août. De ce nombre, près de 400 l'ont été au cours de la dernière semaine. Malgré tout, la directrice de l'organisation des services médicaux de première ligne au ministère de la Santé, la Dre Yolaine Galarneau, a tenté de se faire rassurante. «On a un virus qui n'a pas changé, qui est toujours fort contagieux, mais qui est peu virulent. Donc, qui atteint beaucoup de gens, avec une intensité très faible», a-t-elle lancé.

Les autorités sanitaires exhortent les personnes qui présentent des symptômes grippaux à se rendre aux cliniques réservées à la grippe plutôt qu'aux urgences des hôpitaux. Plus de 25 cliniques supplémentaires seront ouvertes au Québec, dont 15 sur l'île de Montréal.

Le virus A(H1N1) devrait coûter quelque 200 millions de dollars au gouvernement du Québec, estime le ministre de la Santé, Yves Bolduc. «Le prix n'a pas d'importance. On va donner tous les soins nécessaires pour avoir la meilleure efficacité au niveau de la population, en termes de soins, en termes de vaccination», a-t-il assuré lors d'un point de presse samedi.

****

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • Rodrigue Guimont
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    lundi 9 novembre 2009 11h00
    Et si c'était aussi un exercice de plan d'urgence?
    Ce n'est un secret pour personne, que depuis plusieurs années le secteur scientifique mondial s'attend à une pandémie.

    De fausses alertes, comme la grippe aviaire il y a environ cinq ans nous avait déjà averti qu'il fallait se préparer à une telle éventualité. Cette grippe aviaire fut tellement médiatisée (même si sa transmissibilité d'homme à homme n'a jamais été prouvée) que l'alerte mondiale a été sonnée: il faut faire quelque chose au cas où une véritable hécatombe virale viendrait à menacer la moitié de l'humanité.

    Quoi de mieux pour bien faire passer le message que d'encourager une bonne peur collective sur un danger réel mais pas trop mortel, un virus en potentialité de mutation, la grippe porcine A (H1N1).

    Comme dans le cas pour un exercice d'incendie dans les écoles (ou bien au temps de la guerre froide dans les années soixante où au son effrayant des sirènes les élèves devaient se précipiter sous leurs pupitres pour se protéger de je ne sais quel obus!) il faut, pensent les autorités gouvernementales, discipliner, classer, diriger les citoyens, en groupe et sous-groupes, il faut également les encourager à obéir avec suffisamment de crainte pour qu'ils obtempèrent vite et sans panique.

    Par contre au cas où une authentique attaque virale à la Orson Welles menacerait pandémiquement notre planète il faudra penser grandement à améliorer le système de vaccination.

    Choisir le pistolet injecteur à haute pression sans aiguille pour sa rapidité et sa sécurité au lieu de la vaccination par aiguille habituelle semble une réponse plus adéquate au problème. Rapidité, efficacité, rendement, productivité et les gestionnaires de crise se porteront mieux émotivement...

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