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Grippe A(H1N1) - «Pression importante» sur le réseau de la santé

Le virus accélère sa course

Louise-Maude Rioux Soucy   6 novembre 2009  Santé
Les premiers sites de vaccination ont finalement ouvert leurs portes hier à Montréal
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les premiers sites de vaccination ont finalement ouvert leurs portes hier à Montréal
Le rythme de la vaccination contre la grippe A(H1N1) a monté d'un cran hier avec l'entrée en action de la métropole. Cela n'a pas empêché le virus d'accélérer sa course. En une semaine, le nombre d'hospitalisations a triplé au Canada. Idem pour les admissions aux soins intensifs. La tendance n'épargne pas le Québec, où certains hôpitaux peinent déjà à répondre à la demande.

Le réseau de la santé fait face à une «pression importante», a admis le directeur national de la Santé publique, le Dr Alain Poirier. Des chirurgies non essentielles et des consultations externes ont dû être annulées pour dégager des effectifs qui ont été réaffectés aux urgences et aux soins intensifs. En après-midi, la ligne Info-Santé recevait un flot d'appels si élevé que des problèmes techniques sont survenus. Ceux-ci pourraient durer jusqu'à lundi, indique Québec.

Malgré cette pression, «le système n'est pas à risque», a assuré le ministre de la Santé, Yves Bolduc, qui promet de tenir des points de presse quotidiens. Ce n'est pas l'avis de la chef du département d'obstétrique-gynécologie du CHU Sainte-Justine, la Dre Diane Francoeur, qui craint le pire pour les prochaines semaines. «Nous avons déjà du mal à maintenir certains services, qu'est-ce que ce sera dans deux semaines quand nous atteindrons le pic [d'activité grippale]?»

Elle et ses collègues remettent en question la décision de Québec de ne pas vacciner la famille du personnel soignant qui se retrouve sur la ligne de front. «Nous ne voulons pas un traitement de faveur, nous voulons seulement pouvoir faire notre travail», dit-elle en expliquant qu'avec la pénurie de personnel, il sera impossible de maintenir tous les services si des employés doivent rester à la maison pour prendre soin de leurs proches.

La direction de l'hôpital pour enfants a refusé leur demande en précisant qu'elle se doit d'appliquer les consignes du ministère. Elle note toutefois que cette décision pourrait «avoir un impact direct sur la capacité de réponse des hôpitaux à la fois pour les patients atteints de la grippe A(H1N1) et les autres pathologies, qui ne vont pas diminuer durant cette pandémie».

Québec est resté de glace devant cet argumentaire. «Nous avons fait le calcul», a expliqué le ministre Bolduc. Vacciner les familles des quelque 280 000 travailleurs et des 20 000 professionnels de la santé aurait pour conséquence de «retarder de deux, trois semaines, voire un mois, la vaccination des groupes prioritaires».

Le ministre affirme avoir aussi reçu une centaine de demandes de cette nature de la part de travailleurs. Parmi ceux-là, des policiers, mais aussi le personnel enseignant des écoles Victor-Doré et Joseph-Charbonneau, à Montréal, qui accueillent une clientèle lourdement handicapée. Là-bas, le personnel sera vacciné, mais seulement celui rattaché à Sainte-Justine. Ce deux poids deux mesures choque les employés de la commission scolaire de Montréal, qui effectuent pourtant un travail similaire dans des conditions identiques.

La décision du ministre est toutefois bien arrêtée. Il n'y aura pas de passe-droit pour quiconque. Des directives très claires en ce sens ont été envoyées aux agences où ces règles n'ont pas toujours été respectées, a dû admettre le Dr Poirier, en précisant qu'«aucun passe-droit n'a été autorisé par le ministère».

Sur le terrain, la campagne de vaccination qui a valu de nombreuses critiques au gouvernement Charest semblait avoir trouvé son rythme hier. Une motion de blâme envers le gouvernement, présentée la veille par l'opposition péquiste, pour dénoncer «la gestion chaotique» de l'opération de vaccination, a d'ailleurs été battue à 61 voix contre 44, hier matin.

Satisfait du cours des événements, le ministre de la Santé s'est même félicité du système de coupons qui a permis de réduire l'attente dans les régions les plus achalandées. «La campagne se déroule relativement bien», a dit M. Bolduc, dont l'objectif est d'atteindre un rythme de croisière de 100 000 doses injectées par jour.

Depuis le début de la deuxième vague de la pandémie de grippe, le Québec a reçu du gouvernement fédéral 1,3 million de doses de vaccins et en a administré environ 700 000. C'est nettement plus qu'en Ontario, où on a reçu 2,2 millions, pour en redistribuer seulement 322 000 à ce jour. Au total, Ottawa affirme avoir libéré 6,5 millions de doses et s'attend à en livrer 1,8 million de plus la semaine prochaine.

Ottawa comme Québec ont démenti les allégations voulant que des milliers de doses dorment dans des entrepôts, expliquant que depuis le moment où les doses sont libérées, de nombreuses étapes restent à franchir avant qu'elles puissent être administrées. Le feu vert donné, GlaxoSmithKline doit en effet faire un test de qualité et préparer les lots, ce qui prend trois jours. Ces lots sont ensuite distribués dans les dépôts des régions où de nouveaux tests de sécurité sont réalisés, ce qui prend d'un à trois jours de plus. Les lots sont ensuite divisés par les CSSS, ce qui prend d'un à sept jours selon l'ampleur de la tâche.

Chaque étape est menée rondement selon une chaîne complexe qui doit être respectée scrupuleusement pour assurer la sécurité et l'efficacité du produit, le tout en maintenant une température constante. «Ce n'est pas des carottes qu'on livre!», a ajouté le Dr Poirier, qui refuse de «sacrifier la qualité au profit de la vitesse».

Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) note qu'aucun effet secondaire d'importance n'a été signalé dans les 20 pays où les injections ont commencé. Le Dr Keiji Fukuda, conseiller spécial de l'OMS pour la grippe pandémique, a précisé que les effets secondaires attendus — notamment des douleurs causées par l'injection ou de légères boursouflures à l'endroit où le vaccin a été administré — se produisent à la fréquence anticipée et ressemblent à ceux généralement notés avec le vaccin pour la grippe saisonnière.
 
 
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    6 novembre 2009 09 h 14
    Le système est trop tendu
    À force de viser l'efficacité parfaite, càd que tous les lits soient toujours occupés, que les salles d'opération soient toujours occupé, que tous les intervenants travaillent toujours (et souvent 16 heures par jour), on n'est plus capable d'affronter une crise.
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  • J.M. Rodrigue - Inscrit
    6 novembre 2009 10 h 39
    La gestion de l'incompétence
    Si on est capable d'organiser des élections provinciales en une journée avec plus de 5 630 000 d'électeurs je me demande bien comment il se fait que le gouvernement ne soit pas capable d'accommoder l'entière population québécoise de 7 750 000 habitants en quelques jours?

    Les doses auraient très bien pu être entreposées dans des camions réfrigérés pour l'alimentation et distribués, comme dans le cas d'élections, avec le personnel adéquat, mais non.... on a préféré donner ce mirobolant contrat de centaines de millions de dollars à une seule firme pharmaceutique! Manque de vaccins, manque de jugement ou/et lobbyisme?

    D'autre part, le cas des prisonniers vaccinés en priorité dans quatre établissements pénitenciers du Québec est proprement scandaleux. Le gouvernement pourrait être directement responsable advenant la mort d'enfants tardivement vaccinés parce qu'il manquait tout simplement de vaccins.

    Le gouvernement savait-il que le manque de vaccins chez les enfants et les femmes enceintes pourrait aggraver la situation quand le pic de l'épidémie sera là dans deux semaines et qu'il faut de dix à quatorze jours pour que le corps, après vaccination, soit capable de développer des anticorps capable de combattre la grippe A H1N1. Minable!!!
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    6 novembre 2009 12 h 34
    À M. Guimont
    Les vaccins, il faut les fabriquer, les cultiver, en fait. Ce n'est pas comme imprimer des bulletins de vote. En, plus, il faut vérifier l'état de santé de chacune des personnes qui se fait vacciner, et on ne peut pas engager n'importe qui pour ce faire.
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  • Guillaume Baillargeon - Inscrit
    6 novembre 2009 13 h 03
    à M. Guimont
    Les doses prennent du temps à produire. Le personnel médical est nécessaire pour l'administration des doses. On ne peut pas prendre n'importe qui comme lors des élections.

    Vos camions réfrigérés vous les prenez où? Qui va approvisionner les marchés s'il n'y a plus de camions d'alimentation (on parle plusieurs millions doses donc des milliers de camions).

    Les gens font de leur mieux. Faut arrêter de chialer et de crier à l'incompétence alors qu'il s'agit d'une situation extraordinaire.
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    6 novembre 2009 15 h 11
    Par principe de précaution: pas de vaccin avec adjuvant à TOUTES les clientèles à riques...
    Je suggère aux autorité publiques de lire le no. d'octobre 2009 de Sience et Vie dans lequel le point est fait sur la grippe H1N1 et le vaccin.

    Par principe de précaution élémentaire, les autorités françaises n'ont pas autorisé, elles, l'administration du vaccin avec adjuvant (squalène, etc.) à TOUTES les clientèles à risque, donc non seulement aux femmes enceintes, mais aussi aux jeunes enfants ainsi qu'à toute personne souffrant d'une maladie auto-immune (asthme, artrhite, etc.)

    Dans ces derniers cas, dont le système immunitaire est déjà fortement déstabilisé à vie, car il s'affole pour un rien, l'ajout d'adjuvant suscite une réponse trop forte qui n'a fait l'objet d'aucune investigation scientifique poussée. Ceux-ci se trouvent donc à être des cobayes au Canada pour la Cie. GSK, seul fournisseur du gouvernement fédéral !

    On se demande par conséquent quel système de pharmacovigilance a été prévu pour les professionnels de la santé !
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  • roger montreal - Abonné
    6 novembre 2009 16 h 28
    Pour les amis libéraux fassent queque dolards«attender a la porte au froid a la pluie
    A tous les gens qui écrivent sur le sujet de la grippe ;
    OUI les gouvernements ont fait des erreurs arretez de les jutiffier «le gouvernement fédéral a commendé les vaccins deux mois apres les autres pays» ALORS NOUS SOMMES EN RETARD.
    LE QUÉBEC comme toujour pour aider les petits amis ont loué des places dans «des garages, des places dans centres
    d sachats dans des batisses privées»//combien les couts pour les petits amis// plutot de se servi des CLSC DES CLINIQUES LES ÉCOLES les hopitaux les sous sol d égises tous des endroits a la chaleur protégé de la pluie «nous ne sommes pas en jeuillet»
    Des files d attendre de deux trois quatre heures et plus ,tout ca pour que quelques amis libéraux récoltent un peu beaucoup d argent
    ROGER MONTREAL
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  • Guillaume Baillargeon - Inscrit
    6 novembre 2009 17 h 23
    À M. Dion
    Ainsi donc le gouvernement a décidé de ne pas procéder à la vaccination dans les « CLSC, les cliniques, les écoles, les hopitaux, les sous-sols d'église » afin de favoriser les amis libéraux.

    Écoles : la vaccination n'a pas lieu dans les écoles parce qu'il faudrait les fermer. Les deux pays qui ont fermé leurs écoles, le Mexique et le Japon, ont connu de graves épidémies de grippe A H1NI.

    Hôpitaux : vous avez sans doute lu dans les journaux que les hôpitaux sont aux prises avec de nombreux cas d'hospitalisation suite à la grippe. Il est question éventuellement de fermer certains lits. Et vous voudriez que l'on vaccine dans les hôpitaux? On va les engorger solide !!

    CLSC : Il faut faire des vaccinations massives. Si je me fie à la taille des CLSC de ma ville. Ces derniers n'ont pas la capacité de recevoir beaucoup de personnes. De plus, leurs activités normales doivent se poursuivrent. Ça va être le bordel si on envoie les gens là-bas.

    Sous-sol d'églises et cliniques : j'imagine qu'ils n'ont pas voulu décentraliser la vaccination pour diverses raison reliées à la logistique, au transport des vaccins et à la répartition des éguipes médicales (on peut pas mettre plusieurs infirmières partout).

    Amis des libéraux: J'attends que vous nous fournissiez un élément qui nous permettent de croire ce que vous avancez. Sinon, on peut dire n'importe quoi. Pourquoi pas les amis conservateurs? Non, une conspiration des pharmaceutiques à moins que ce soit les extraterrestres qui souhaitent nous affaiblir avant de nous envahir.
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  • Augustin Rehel - Inscrit
    7 novembre 2009 14 h 49
    Cafouillage
    Qui aurait pu imaginer un tel cafouillage dans le système de la santé, au moment même où une pandémie de la grippe menace toute une population et sème la peur et la terreur dans toutes les régions du Québec. Il suffit d'observer, jour après jour, les files interminables de gens qui attendent patiemment, dans la pluie et dans le froid, que les cliniques ouvrent leurs portes pour se procurer le fameux vaccin. Devant un spectacle aussi désolant, le Québec s'est senti obligé d'y mettre un peu d'ordre, ces derniers jours, en distribuant des coupons... comme au temps de la grande dépression .

    Comment expliquer que le Québec, en dépit d'un système de santé boiteux, en soit arrivé à un tel cafouillis, à un tel manque de coordination? La population, plusieurs l'ont dit et écrit, a été traitée comme les habitants des pays de l'est au sortir de la guerre. Comment expliquer que, dès le départ, observant la couverture de cette campagne pandémique, le premier ministre n'ait pas cru bon de s'adresser à la population du Québec, en fournissant un minimum d'informations susceptibles de la sécuriser et d'apporter des réponses aux questions qui se posaient et à la désinformation qui émanait de plusieurs sources. Il n'a rien fait, alors même que les médias télévisuels invitaient des «spécialistes» et des scientifiques à informer la population sur les dangers du vaccin. En dépit des analyses les plus sombres, et des propos les plus alarmistes de ces spécialistes, on n'a pas vu monsieur Charest. Le premier ministre est demeuré invisible et sans voix, tout ce temps, alors que les amiguités se multipliaient sur le sujet.

    La confusion a atteint son maximum ce 3 novembre quand, contre toute logique, on a appris que des prisonniers ont reçu le vaccin, devançant ainsi des groupes prioritaires tels les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans, les personnes aux prises avec une maladie chronique. C'est à n'y plus rien comprendre. Pendant que les doses de vaccin sont comptées, et que les personnes les plus vulnérables de la société attendent avec anxiété, voilà qu'on ajoute un groupe de personnes qui n'a jamais fait partie des groupes prioritaires. Un autre dérapage qui demeurera sans réponse dans la gestion de cette campagne de vaccination qui multiplie les erreurs au jour le jour.
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