La mort foudroyante d'un adolescent sème l'inquiétude - L'Ontario accélère la vaccination
Des médecins évoquent les difficultés de soigner tous les éventuels malades
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Vaccination
La mort foudroyante d'un adolescent soulève de nombreuses questions sur la manière dont il faut traiter les personnes atteintes par H1N1. Car si dans la grande majorité des cas la grippe n'est pas fatale, elle peut cependant évoluer très rapidement. Le personnel médical pourrait être pris de court et tous les hôpitaux n'étant pas équipés de la même manière, il faudra transporter les patients rapidement d'une ville à une autre.
La mort d'un garçon de 13 ans en parfaite santé, hier, a incité les autorités ontariennes à accélérer la campagne de vaccination. Cependant, une fois celle-ci terminée, il faudra être prêt à soigner les malades éventuels. Des médecins spécialistes des soins intensifs, réunis en colloque à Toronto hier, affirmaient que le traitement des patients gravement atteints sera très difficile à gérer.
Evan Frustaglio s'est effondré dans la baignoire lundi et a été conduit à l'hôpital, où il n'a pas pu être réanimé. «C'est comme si la foudre lui était tombée dessus», a dit Paul Frustaglio, le père du garçon. «Sa condition s'est détériorée si rapidement, a raconté M. Frustaglio. Je le regardais. J'étais là lorsqu'il est décédé.»
Cet élève du secondaire a commencé à se sentir malade au cours de la fin de semaine durant un tournoi de hockey. Il était fiévreux et a vomi. «Le médecin a examiné ses poumons et nous a assuré que tout allait bien», a raconté le père de la jeune victime à la CBC. «Il respire normalement, poursuivez le traitement, surveillez sa fièvre et tout devrait rentrer dans l'ordre. Moins de 24 heures plus tard, il était mort», a-t-il dit, la voix étranglée par l'émotion. Son père l'a amené dans une clinique dimanche après-midi. Evan a été examiné, puis retourné à la maison sous recommandation de prendre des médicaments vendus sans ordonnance. Lundi matin, Evan n'était plus fiévreux et n'avait plus de nausées. Sa famille le croyait sur la voie de la guérison.
«C'est un immense choc de perdre un garçon en pleine santé, tel que l'est normalement un enfant de 13 ans», a poursuivi son père.
Après l'annonce du décès du garçon, les autorités sanitaires de Toronto ont décidé d'avancer à jeudi le début de la campagne de vaccination générale, initialement prévue pour lundi prochain, en invoquant une «propagation rapide du virus».
«La deuxième vague de la grippe H1N1 est vraiment parmi nous», a déclaré une autre responsable de la santé de la province de l'Ontario, Arlene King.
Les spécialistes des soins intensifs qui ont affronté la première vague de grippe H1N1 au printemps dernier ont raconté l'expérience à leurs collègues, hier, lors d'un colloque à Toronto.
Le docteur Rob Fowler est un spécialiste des soins intensifs au Sunnybrook Health Sciences Centre, un établissement torontois. Il a été l'un des intervenants du colloque et fait partie d'un groupe de scientifiques qui cherchent à savoir de quelle manière il faut gérer les patients déjà gravement atteints par la grippe H1N1. «Les moyens sont limités pour soigner les patients, en ce qui concerne la main-d'¶uvre, les appareils et les ventilateurs dans certaines parties du pays», a constaté le
Dr Fowler lors d'une entrevue à la Presse canadienne, en marge du colloque.
Le médecin affirme que la plupart des patients qui seraient gravement touchés par le H1N1 peuvent vaincre l'infection, notamment en étant placés sous appareil respiratoire. Mais les appareils respiratoires pourraient manquer dans certains hôpitaux. Il y aura une partie des patients qui devra être transportée à d'autres endroits, selon le médecin.
«À cause de la géographie de ce pays, c'est un défi que de donner les mêmes soins dans toutes les régions et au même moment», a conclu le Dr Fowler.
De plus, la première vague de H1N1 était concentrée dans certaines régions, notamment celles de Winnipeg et de Toronto, selon le
Dr Anaud Kumar, un médecin spécialiste des maladies infectieuses et des soins intensifs. Ce qui veut dire que beaucoup de médecins des autres régions ne sont pas habitués à recevoir un grand nombre de patients atteints de cette grippe en peu de temps.
«Vous devez le voir pour le croire», a expliqué le Dr Kumar, qui travaille à Winnipeg. Les services d'urgences de la ville se sont en effet retrouvés avec une cinquantaine de cas de H1N1. Le médecin a vu défiler des patients dont les poumons étaient tellement atteints par l'infection qu'ils ne pouvaient pas respirer sans assistance. La grippe H1N1 a causé la mort d'au moins 88 personnes au Canada — dont celle d'Evan Frustaglio — depuis le printemps dernier.
Avec l'Agence France-Presse
et La Presse canadienne
La mort d'un garçon de 13 ans en parfaite santé, hier, a incité les autorités ontariennes à accélérer la campagne de vaccination. Cependant, une fois celle-ci terminée, il faudra être prêt à soigner les malades éventuels. Des médecins spécialistes des soins intensifs, réunis en colloque à Toronto hier, affirmaient que le traitement des patients gravement atteints sera très difficile à gérer.
Evan Frustaglio s'est effondré dans la baignoire lundi et a été conduit à l'hôpital, où il n'a pas pu être réanimé. «C'est comme si la foudre lui était tombée dessus», a dit Paul Frustaglio, le père du garçon. «Sa condition s'est détériorée si rapidement, a raconté M. Frustaglio. Je le regardais. J'étais là lorsqu'il est décédé.»
Cet élève du secondaire a commencé à se sentir malade au cours de la fin de semaine durant un tournoi de hockey. Il était fiévreux et a vomi. «Le médecin a examiné ses poumons et nous a assuré que tout allait bien», a raconté le père de la jeune victime à la CBC. «Il respire normalement, poursuivez le traitement, surveillez sa fièvre et tout devrait rentrer dans l'ordre. Moins de 24 heures plus tard, il était mort», a-t-il dit, la voix étranglée par l'émotion. Son père l'a amené dans une clinique dimanche après-midi. Evan a été examiné, puis retourné à la maison sous recommandation de prendre des médicaments vendus sans ordonnance. Lundi matin, Evan n'était plus fiévreux et n'avait plus de nausées. Sa famille le croyait sur la voie de la guérison.
«C'est un immense choc de perdre un garçon en pleine santé, tel que l'est normalement un enfant de 13 ans», a poursuivi son père.
Après l'annonce du décès du garçon, les autorités sanitaires de Toronto ont décidé d'avancer à jeudi le début de la campagne de vaccination générale, initialement prévue pour lundi prochain, en invoquant une «propagation rapide du virus».
«La deuxième vague de la grippe H1N1 est vraiment parmi nous», a déclaré une autre responsable de la santé de la province de l'Ontario, Arlene King.
Les spécialistes des soins intensifs qui ont affronté la première vague de grippe H1N1 au printemps dernier ont raconté l'expérience à leurs collègues, hier, lors d'un colloque à Toronto.
Le docteur Rob Fowler est un spécialiste des soins intensifs au Sunnybrook Health Sciences Centre, un établissement torontois. Il a été l'un des intervenants du colloque et fait partie d'un groupe de scientifiques qui cherchent à savoir de quelle manière il faut gérer les patients déjà gravement atteints par la grippe H1N1. «Les moyens sont limités pour soigner les patients, en ce qui concerne la main-d'¶uvre, les appareils et les ventilateurs dans certaines parties du pays», a constaté le
Dr Fowler lors d'une entrevue à la Presse canadienne, en marge du colloque.
Le médecin affirme que la plupart des patients qui seraient gravement touchés par le H1N1 peuvent vaincre l'infection, notamment en étant placés sous appareil respiratoire. Mais les appareils respiratoires pourraient manquer dans certains hôpitaux. Il y aura une partie des patients qui devra être transportée à d'autres endroits, selon le médecin.
«À cause de la géographie de ce pays, c'est un défi que de donner les mêmes soins dans toutes les régions et au même moment», a conclu le Dr Fowler.
De plus, la première vague de H1N1 était concentrée dans certaines régions, notamment celles de Winnipeg et de Toronto, selon le
Dr Anaud Kumar, un médecin spécialiste des maladies infectieuses et des soins intensifs. Ce qui veut dire que beaucoup de médecins des autres régions ne sont pas habitués à recevoir un grand nombre de patients atteints de cette grippe en peu de temps.
«Vous devez le voir pour le croire», a expliqué le Dr Kumar, qui travaille à Winnipeg. Les services d'urgences de la ville se sont en effet retrouvés avec une cinquantaine de cas de H1N1. Le médecin a vu défiler des patients dont les poumons étaient tellement atteints par l'infection qu'ils ne pouvaient pas respirer sans assistance. La grippe H1N1 a causé la mort d'au moins 88 personnes au Canada — dont celle d'Evan Frustaglio — depuis le printemps dernier.
Avec l'Agence France-Presse
et La Presse canadienne
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

