Grippe A(H1N1) - Tous responsables
Il est heureux que les groupes de professionnels de la santé aient décidé d'inciter leurs membres à donner l'exemple en tendant le bras les premiers pour ce vaccin qui sera distribué au Québec à compter de lundi. Autour de l'efficacité du vaccin, les tergiversations de ce personnel, considéré par le public comme un modèle à suivre, frôlent l'irresponsabilité.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a eu tout à fait raison de le rappeler cette semaine: des médecins qui remettraient en question l'utilité de cette campagne de vaccination inédite avec leurs patients manqueraient carrément à leur code de déontologie. Le Québec ne fera aucun «tordage de bras», mais il s'en remet à la responsabilité professionnelle des premiers acteurs de la santé.
La population hésite à répondre à l'appel venu d'en haut. Qui la blâmerait? Scientifiques et professionnels, même entre eux, ne font pas consensus. Il ne faut peut-être pas exiger de tous les médecins, infirmières et pharmaciens qu'ils s'improvisent spécialistes de l'immunologie, mais n'ont-ils pas le devoir de quérir l'information s'ils ne la connaissent pas afin de déboulonner les mythes, renseigner les inquiets, convaincre les indécis?
Sur le site du Collège des médecins du Québec (www.cmq.org), le secrétaire Yves Robert y va d'une petite vidéo fort instructive. Le public trouvera là, vulgarisée en huit minutes, la petite histoire du H1N1 et celle du vaccin. Le récit fut toutefois bâti pour les médecins, que l'on sent eux aussi victimes de quelques-unes des fables imaginées autour de l'efficacité du vaccin et de la force de frappe de cette grippe.
En cette ère où l'information circule à la vitesse d'une pandémie et où, impatients et exigeants, on voudrait connaître à l'avance le nombre de victimes, les semaines et les lieux où le Québec sera le plus vulnérable, tant les autorités que le public doivent apprendre à composer avec l'incertitude et l'inconnu. La campagne de vaccination massive qui s'amorce lundi chez nous est sans pareil. Il y a dans cette inexpérience généralisée de quoi se fortifier ou s'affaiblir ensemble.
À Montréal, on espère vacciner 1,4 million de personnes, le tout au rythme de la disponibilité des doses. Les questions sont nombreuses, auxquelles personne ne peut véritablement répondre: la campagne, qui s'étire dans le temps jusqu'en décembre, sera-t-elle vaine si la vague de grippe frappe avant? Qu'adviendra-t-il si la demande supplante l'offre, comme en souffrent actuellement les États-Unis? Comment le personnel de la santé pourra-t-il, advenant une contagion rapide, soigner les grippés dans les hôpitaux et vacciner tout à la fois?
Québec tente par tous les moyens de contrer le scepticisme ambiant en convainquant tous les récalcitrants de l'importance de se doter d'une immunité collective. Mais cette protection publique doit également passer par l'efficacité de la campagne et par la disponibilité du vaccin lui-même.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a eu tout à fait raison de le rappeler cette semaine: des médecins qui remettraient en question l'utilité de cette campagne de vaccination inédite avec leurs patients manqueraient carrément à leur code de déontologie. Le Québec ne fera aucun «tordage de bras», mais il s'en remet à la responsabilité professionnelle des premiers acteurs de la santé.
La population hésite à répondre à l'appel venu d'en haut. Qui la blâmerait? Scientifiques et professionnels, même entre eux, ne font pas consensus. Il ne faut peut-être pas exiger de tous les médecins, infirmières et pharmaciens qu'ils s'improvisent spécialistes de l'immunologie, mais n'ont-ils pas le devoir de quérir l'information s'ils ne la connaissent pas afin de déboulonner les mythes, renseigner les inquiets, convaincre les indécis?
Sur le site du Collège des médecins du Québec (www.cmq.org), le secrétaire Yves Robert y va d'une petite vidéo fort instructive. Le public trouvera là, vulgarisée en huit minutes, la petite histoire du H1N1 et celle du vaccin. Le récit fut toutefois bâti pour les médecins, que l'on sent eux aussi victimes de quelques-unes des fables imaginées autour de l'efficacité du vaccin et de la force de frappe de cette grippe.
En cette ère où l'information circule à la vitesse d'une pandémie et où, impatients et exigeants, on voudrait connaître à l'avance le nombre de victimes, les semaines et les lieux où le Québec sera le plus vulnérable, tant les autorités que le public doivent apprendre à composer avec l'incertitude et l'inconnu. La campagne de vaccination massive qui s'amorce lundi chez nous est sans pareil. Il y a dans cette inexpérience généralisée de quoi se fortifier ou s'affaiblir ensemble.
À Montréal, on espère vacciner 1,4 million de personnes, le tout au rythme de la disponibilité des doses. Les questions sont nombreuses, auxquelles personne ne peut véritablement répondre: la campagne, qui s'étire dans le temps jusqu'en décembre, sera-t-elle vaine si la vague de grippe frappe avant? Qu'adviendra-t-il si la demande supplante l'offre, comme en souffrent actuellement les États-Unis? Comment le personnel de la santé pourra-t-il, advenant une contagion rapide, soigner les grippés dans les hôpitaux et vacciner tout à la fois?
Québec tente par tous les moyens de contrer le scepticisme ambiant en convainquant tous les récalcitrants de l'importance de se doter d'une immunité collective. Mais cette protection publique doit également passer par l'efficacité de la campagne et par la disponibilité du vaccin lui-même.
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