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Québec présente la trousse du parfait combattant contre H1N1

Des questions précises, des réponses claires; un guide pour bien interpréter les symptômes et prendre les bonnes décisions

Louise-Maude Rioux Soucy   16 octobre 2009  Santé
Pendant que le premier ministre Stephen Harper alimente la confusion en paraissant hésiter à se faire vacciner, Québec passe à l'action en publiant son petit H1N1 illustré. Un guide qui arrive à point nommé alors que l'activité du virus s'intensifie légèrement au Québec.

Cet automne, l'ennemi numéro un sera sans doute le virus de la grippe A(H1N1). Jusqu'à 2,5 millions de Québécois pourraient être touchés, calculent les autorités de la santé publique, qui invitent la population à s'outiller pour le grand combat. Un exercice de clarification qui prend la forme d'un guide destiné à mettre un peu d'ordre dans la somme d'informations contradictoires qui circulent depuis trop longtemps déjà.

Contrairement à son pendant canadien publié plus tôt cette semaine, ce guide va droit au but. Quoi, qui, où, quand, comment, pourquoi: les réponses sont claires et précises. Dans le doute, une aide à la décision — à apposer sur le réfrigérateur — accompagnera les personnes touchées pour les aider à prendre la bonne décision. Le gros bon sens, quoi, fait valoir le ministre de la Santé, Yves Bolduc, qui incite la population à se prendre en main. « Assurez-vous d'aller chercher les informations les plus récentes disponibles, c'est votre responsabilité. »

D'entrée de jeu, le MSSS joue cartes sur table en disant ce qu'est la grippe et ce qui ne l'est pas, explique la Dre Yolaine Galarneau, de la Direction générale des services de santé et médecine universitaire au MSSS. « Avoir le nez congestionné, avoir un peu mal aux oreilles, à la gorge, c'est un rhume, pas une grippe. La grippe, c'est notre grippe d'homme, avec des syndromes de myalgie, de douleurs partout. C'est sentir qu'une voiture nous est passée sur le corps, c'est avoir de la toux, de la fièvre, c'est avoir mal à la tête. »

Pour 90 % des gens, les traitements habituels suffiront: repos à la maison, beaucoup de liquide, médicaments pour soulager la douleur. Il faudra toutefois être attentif pour voir si de nouveaux symptômes apparaissent, poursuit la Dre Galarneau. « Si vous constatez de l'essoufflement, des difficultés à respirer, des douleurs quand vous respirez, il faut consulter le médecin le jour même. Si c'est pire, des lèvres bleutées, de la difficulté importante à bouger, une raideur dans la nuque, des convulsions [...] là, ça nécessite une consultation immédiate à l'urgence. »

Autrement, les Québécois sont priés d'épargner le réseau de la santé. Pas question donc de remplir des formulaires attestant un diagnostic de A(H1N1) pour justifier une absence à l'école ou au travail. « Il s'agit d'éviter de créer un achalandage indu de notre réseau de santé », explique le coordonnateur gouvernemental en sécurité civile, Michel C. Doré, qui demande aux employeurs de faire preuve de souplesse et de discernement.

Les autorités de la santé publique demandent également aux gens de rester à la maison s'ils sont malades. Un sondage CROP réalisé en septembre dernier auprès des travailleurs salariés québécois montre que le quart des travailleurs n'ont pas l'intention de suivre cette directive. Le phénomène est encore plus marqué chez les hommes puisqu'un sur trois dit avoir l'intention de se présenter au travail advenant le cas où lui-même ou un membre de sa famille serait atteint du virus.

À ceux-là comme aux autres, le ministre Bolduc réitère l'importance du vaccin dans la chaîne de propagation du virus. « Actuellement, le scénario qui suscite le plus de craintes, c'est celui où les gens ne répondraient pas à la vaccination », a-t-il admis lors d'un point de presse à Québec. Pour garantir une bonne immunité et freiner la propagation du virus, le ministre Bolduc juge qu'au moins 80 % de la population devrait être vaccinée.

Notons que l'activité du virus a augmenté au Canada depuis trois semaines, particulièrement dans l'Ouest, en Colombie-Britannique. Au Québec, le nombre de cas diagnostiqués en laboratoire est passé de huit par semaine en août à 17 il y a deux semaines et à 33 la semaine dernière. « On voit que l'activité grippale commence et, comme prévu, 97 % des tests grippaux sont dus au H1N1 », a précisé le directeur de la protection de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Ce dernier s'attend d'ailleurs à une activité plus intense « dans les prochaines semaines, probablement avant Noël ». Québec dévoilera la semaine prochaine comment il entend orchestrer les campagnes de vaccination massive contre le H1N1, campagnes qui se mettront en branle début novembre ou une semaine plus tôt, si Ottawa peut livrer les vaccins pour cette date. Le virus pandémique a fait jusqu'ici 79 morts au Canada dont 27 au Québec.
 
 
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