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Les nouvelles maladies, une nouvelle réalité

SRAS, virus du Nil occidental, staphylocoque doré...

30 avril 2003  Santé
Washington — L'émergence de nouvelles maladies comme la pneumonie atypique ou le virus du Nil est une réalité avec laquelle il faudra désormais vivre en permanence, a estimé hier la directrice des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains, Julie Gerberding.

«Ces maladies infectieuses émergentes font maintenant partie de notre vie, a expliqué Mme Gerberding devant une commission du Sénat où elle fournissait aux élus américains les dernières informations sur l'épidémie mondiale causée par le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

«Même si certaines maladies ont été vaincues par nos progrès, notamment avec les antibiotiques et les vaccins, de nouvelles maladies émergent en permanence, comme le virus du Nil occidental, le staphylocoque doré résistant à [l'antibiotique] vancomycine ou le syndrome pulmonaire à Hantavirus», a encore expliqué la directrice des CDC.

«Le SRAS est le dernier exemple nous rappelant de toujours nous tenir prêts à l'inattendu», a poursuivi Mme Gerberding en soulignant l'interconnexion entre les systèmes de santé mondiaux. Interrogée sur la capacité du coronavirus causant le SRAS à muter, Mme Gerberding a répondu que «l'histoire nous a déjà montré que c'était possible».

Elle a souligné que l'ampleur de l'épidémie de SRAS «a été causée par l'absence de système de détection rapide» de la maladie en Chine, et par la lenteur des autorités chinoises à faire état de cette l'épidémie. Soulignant que le SRAS causait à sa connaissance «une grave infection chez les patients de tous les groupes d'âge», Mme Gerberding a estimé que «nous n'aurons pas de vaccin avant au moins un an». Elle a également averti que les vaccins déjà existant pour les animaux contre des virus de la même famille que celui causant cette pneumonie atypique chez l'homme «n'offrent pas toujours une protection à 100 %». Le taux de mortalité du SRAS atteint désormais 6,3 % au niveau mondial, a précisé Mme Gerberding en estimant que «nous allons devoir travailler dur pour prévenir la contagion» de cette maladie.

La directrice des CDC a encore espéré que le SRAS s'avèrera «être une maladie saisonnière», qui pourrait s'atténuer avec le changement de saison, ce qui permettra aux chercheurs de mettre à profit ce répit pour mettre au point des tests de dépistage efficaces, un vaccin ou de découvrir des médicaments antiviraux.

Aux États-Unis, Mme Gerberding a annoncé que les CDC recensaient désormais 52 cas probables et 220 cas suspects de pneumonie atypique, portant le total à 272 cas.

La Californie arrive en tête avec 20 cas probables (35 suspects), devant l'État de New York avec six cas (25 suspects), ont précisé les CDC. Un total de 38 États américains comptent des cas probables ou suspects, selon la même source.
 
 
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