samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Recherche - SALOME se fait couper les vivres

Marco Bélair-Cirino   20 août 2009  Santé
Coïncidence, le New England Journal of Medicine fait état aujourd’hui des résultats du projet de recherche NAOMI, qui démontrent que l’héroïne pharmaceutique, donnée sous étroite supervision, est efficace chez les toxicomanes qui n’ont pas
Photo : Agence Reuters
Coïncidence, le New England Journal of Medicine fait état aujourd’hui des résultats du projet de recherche NAOMI, qui démontrent que l’héroïne pharmaceutique, donnée sous étroite supervision, est efficace chez les toxicomanes qui n’ont pas
Le gouvernement de Jean Charest refuse de financer SALOME, la deuxième phase du projet de recherche portant sur la prescription d'héroïne à des toxicomanes endurcis de Montréal et de Vancouver, a appris Le Devoir.

Tombée hier soir, la décision du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de couper les vivres à la clinique dirigée par la responsable du volet québécois de SALOME, la Dre Suzanne Brissette, intervient alors que le prestigieux New England Journal of Medicine publie les conclusions de la première phase du projet, NAOMI.

«On a évalué la pertinence de poursuivre avec la deuxième phase du projet. À ce moment-ci, on croit qu'il serait plus approprié de favoriser des projets pouvant rejoindre plus rapidement un plus grand nombre de personnes», a fait savoir au Devoir Harold Fortin, l'attaché de presse de la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault. «Pour l'instant», a-t-il ajouté.

SALOME (Study to Assess Longer-term Opioid Medication Effectiveness) aurait permis de prescrire de l'héroïne pharmaceutique à des héroïnomanes ayant résisté à tous les autres traitements, y compris celui à la méthadone.

Forte du financement de sa recherche par les Instituts de recherche en santé du Canada, la Dre Suzanne Brissette souhaitait obtenir 600 000 dollars du MSSS pour le fonctionnement de la clinique montréalaise, située sur la rue Prince-Arthur, durant trois ans. «Je n'ai pas eu de réponse directe. C'est difficile de commenter ce qu'un attaché de presse a dit à un journaliste. Si c'est ça la réponse, je suis éminemment déçue», a déclaré la médecin-chef du service de la médecine des toxicomanies au CHUM.

La Dre Brissette explique, du coup, perdre les fonds de recherche des Instituts de recherche en santé du Canada, qui auraient totalisé un million de dollars sur trois ans, mais qu'elle aurait partagés avec des chercheurs de Vancouver. «Le Québec manque une occasion, alors qu'on a développé une expertise avec NAOMI», se désole-t-elle.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a expliqué devoir composer avec un contexte économique difficile. «On ne remet pas du tout en question la validité scientifique et l'utilité de ce projet, et c'est pourquoi il a été financé au départ», a insisté Harold Fortin. La Dre Suzanne Brissette estime que c'est l'inaction qui, en bout de ligne, est plus dispendieuse. «Ça coûtait, en 1997, 49 000 dollars par année, par héroïnomane, en dehors du système de traitement. Et on estime qu'il y en a entre 45 000 et 67 500 au Canada», fait-elle remarquer.

Coïncidence, le New England Journal of Medicine fait état aujourd'hui des résultats du projet de recherche NAOMI, qui démontrent que l'héroïne pharmaceutique, donnée sous étroite supervision, est efficace chez les toxicomanes qui n'ont pas répondu aux autres formes de traitement. Mené auprès de 251 usagers, 59 à Montréal et 192 à Vancouver, NAOMI (North American Opiate Medication Initiative) a comparé l'efficacité chez des héroïnomanes «irréductibles», pour lesquels il n'existait pas de proposition de traitement, d'une substitution traditionnelle de l'héroïne à la méthadone et la prescription d'héroïne pharmaceutique.

Les toxicomanes, qui ont auparavant échoué plusieurs tentatives de sevrage — en moyenne sept — ont diminué leur consommation de drogues illicites, amélioré leur état de santé et ont réduit le nombre d'actes criminels qu'ils commettaient.

«Et quand on publie dans le New England, ça démontre que la méthodologie employée et que les résultats sont très solides», a souligné la Dre Brissette, qui a cosigné l'article avec six collègues.

Mais, les chercheurs avaient aussi administré, pour des raisons méthodologiques, du Dilaudid comme substitut de l'héroïne à 10 % des toxicomanes. Ils ont constaté que le puissant analgésique semblait avoir le même effet que l'héroïne pharmaceutique et souhaitaient, avec le projet SALOME, confirmer cette hypothèse auprès d'un échantillon plus large.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009