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Malgré une baisse du nombre de cas de SRAS au pays - Toronto reste sur la liste noire

Fabien Deglise   25 avril 2003  Santé
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'en démord pas: Toronto doit encore figurer sur la liste des villes à fuir afin d'éviter toute contamination au virus responsable du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Et ce, malgré les protestations de la ministre fédérale de la Santé, Anne McLellan, communiquées hier à l'OMS, mais aussi l'annonce par Santé Canada d'une diminution du nombre de cas de SRAS au pays.

L'appel téléphonique de Mme McLellan à Gro Harlem Brundtland, directrice générale de l'OMS, hier, n'a donc pas porté fruits. «Je lui ai demandé de revoir l'avis de restriction sur les voyages pour Toronto, a commenté la ministre. Mais elle m'a répondu qu'elle ne le pouvait pas.»

Depuis mercredi, malgré l'opposition du Tout-Toronto et des autorités sanitaires canadiennes, la Ville reine a en effet été placée dans la ligne de mire de l'OMS — de manière «ni juste ni opportune», a commenté Mme McLellan —, qui déconseille aux voyageurs de s'y rendre, au même titre qu'à Pékin et dans la province chinoise de Shanxi.

Le mouvement de contestation a toutefois reçu de solides appuis hier alors que Julie Gerberding, directrice des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains, a publiquement désavoué la décision de l'OMS, jugeant que Toronto n'a pas sa place sur «la liste des pays où les restrictions sur les voyages sont appropriées», a-t-elle dit. «Il n'y a aucune preuve que des voyageurs dans cette région ont des risques différents de contracter le SRAS que dans un grand nombre d'autres pays du monde, où des cas sporadiques ont été détectés parmi les voyageurs» de retour de certains pays asiatiques où l'épidémie est hors de contrôle.

Et les chiffres pourraient peut-être lui donner raison. En effet, hier, les autorités sanitaires canadiennes ont annoncé une diminution du nombre de cas de SRAS au pays. 327 cas ont été recensés à ce jour, soit trois de moins depuis mercredi. Qui plus est, dix cas probables à l'échelle de l'Ontario ne rentrent désormais plus dans cette quantification de la crise. Ils ont par contre été remplacés par sept nouveaux cas, apparus en Colombie-Britannique hier.

Même si l'Ontario reste le principal foyer d'infection au Canada, avec 257 cas, la situation est loin d'être hors de contrôle, a reconnu Mme Gerberding. «S'il y a eu des cas de transmission en dehors des hôpitaux et des contacts familiaux, nous pouvons lier tous ces cas à une personne qui a voyagé à Hong Kong», a-t-elle déclaré.

Mme McLellan est du même avis. En effet, si la contamination du personnel hospitalier est bel et bien un problème, depuis 19 jours, pas un seul nouveau cas de contamination n'a été relevé dans la population, a-t-elle fait remarquer. Ce qui n'est pas le cas partout...

En effet, ailleurs dans le monde, le bilan de l'épidémie de SRAS continue toujours de s'alourdir malgré les mesures prises et les campagnes de sensibilisation adoptées pour en venir à bout.

Depuis le début de la crise, 263 personnes ont succombé à ce coronavirus que l'on dit mutant. 100 de ces victimes résidaient en Chine. Hier, à travers le monde, pas moins de 4300 personnes, dont 2400 en Chine, étaient comptabilisées par l'OMS comme cas probables. Le virus du SRAS tue désormais 6 % des personnes atteintes, contre 3 % au début de l'épidémie.

L'épidémie bouleverse également les déplacements et les habitudes. Hua Mei, une jeune panda femelle âgée de trois ans et demi, pourrait — avec la faculté du langage, bien sûr! — en témoigner: son transfert vers la Chine, prévu en juin prochain, a été reporté en raison de la pneumonie atypique, ont annoncé les responsables du zoo de San Diego où elle a vu le jour (une première aux États-Unis). Plus courageux, Jean-Pierre Raffarin, premier ministre de la France, a quant à lui bravé les recommandations de l'OMS en atterrissant ce matin même à 7h30, heure locale, à l'aéroport international de Pékin pour la première visite d'un haut dignitaire occidental en Chine, en pleine épidémie de pneumonie atypique, depuis la nomination d'un nouveau gouvernement à Pékin, en mars.

«Quand un pays est en difficulté, on peut déserter. Moi, je ne suis pas un déserteur», avait-il déclaré aux journalistes la veille, soulignant qu'il n'avait «jamais» songé à annuler son déplacement en dépit de l'épidémie qui sévit dans la région.

Avec l'Agence France-Presse,

la Presse canadienne et Associated Press
 
 
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  • samir lamsamdi - Inscrit
    26 avril 2003 16 h 13
    Ne pas ceder à la panique
    J'espère que cet avis de restricion ne porte pas un coup dur à l'industrie touristique et aux affaires dans la ville de Toronto, ville florissante du point de vue économique et social, le milieu des affaires ne doit céder à la panique, sinon cela dégenèrera en crise sociale marquée par la baisse de l'activité économique et des investissements avec son corrolaire la réduction du niveau d'emploi voire même l'aggravation du chômage. Les autorités canadiennes doivent donc se préparer par des mesures pragmatiques et méthodiques pour en rayer les effets prévisibles.
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