A(H1N1): un cas résistant au Tamiflu au Québec
Une souche de grippe A(H1N1) résistante à l'antiviral Tamiflu a infecté un Québécois, a averti hier un laboratoire de Québec. Une «première» en Amérique du Nord. Le virus résiste également à une nouvelle molécule qui subit des tests cliniques. Le virus en question a infecté un sexagénaire à qui son médecin avait prescrit une faible dose de Tamiflu pour le protéger de la grippe, que son fils avait contractée. L'homme souffrait déjà d'une maladie pulmonaire. Malgré le traitement préventif, toux et fièvre sont apparues.
Le laboratoire du Dr Guy Boivin, à qui les hôpitaux envoient leurs prélèvements, a identifié une grippe A(H1N1) qui résiste au Tamiflu, l'antiviral le plus communément administré. Il survit également à l'assaut du Peramivir, un nouvel antiviral actuellement à la dernière phase des tests cliniques avant sa commercialisation. Seule option pour traiter le patient: le Relanza, qui constitue environ 20 % des stocks de médicaments canadiens en prévision d'une pandémie. L'homme a évité l'hospitalisation et se porte bien. Ses proches auraient été épargnés.
La grippe A évolue donc rapidement. «Il y a eu [des cas de résistance] au Danemark et au Japon, mais ils ont été peu étudiés pour l'instant», indique le chercheur du Centre de recherche en infectiologie du Centre hospitalier de l'Université Laval. Selon le Dr Boivin, le patient aurait été infecté avant de recevoir le Tamiflu. Le virus aurait développé une résistance à celui-ci, car il était en présence d'une dose trop faible pour l'envoyer au tapis.
Pour le Dr Boivin, «ça nous démontre qu'il ne faut pas utiliser le Tamiflu à toutes les sauces et le réserver au traitement des malades». Il estime que d'autres cas de grippe résistante pourraient faire surface. Sans être grave, la situation demande une surveillance étroite, avertit-il. C'est un cas isolé, dit la Direction de la santé publique, même si elle appelle les médecins à la prudence avant de prescrire le Tamiflu.
Le chercheur anticipait cette situation. Traditionnellement, on croyait que les virus mutants, résistants au Tamiflu, seraient également inoffensifs, c'est-à-dire incapables de se reproduire et de se transmettre. Faux. En 2007, le Dr Boivin avait découvert que certains virus conservaient leur virulence. L'an passé, son laboratoire a même trouvé un H1N1 humain résistant et contagieux.
Le Relanza, la solution de rechange, pose certains problèmes. «Il y a deux problèmes avec ce médicament», soutient le Dr Boivin. D'abord, il doit être administré par voie respiratoire, à l'aide d'une pompe comme celles utilisées par les asthmatiques. Deuxièmement, les virus de la grippe se répandent parfois au-delà du système respiratoire, dans le sang ou les intestins, inaccessibles pour ce médicament.
Situation mondiale
Cette nouvelle tombe au moment où l'ONU faisait état hier de plus de 700 morts depuis le début de la pandémie. Le virus a tué 18 personnes au Québec. «Au cours des pandémies passées, il a fallu plus de six mois aux virus grippaux pour se propager aussi largement que l'a fait le nouveau virus H1N1, en moins de six semaines», observe l'OMS. L'organisme a par ailleurs renoncé à continuer le décompte des cas. «Nous n'avons pas d'image complète de la pandémie», reconnaît une porte-parole de l'organisation, Aphaluck Bhatiaseve. Elle promet qu'ils vont utiliser des modèles mathématiques pour que chaque pays réponde efficacement à la pandémie.
Une équipe de chercheurs canadiens, la Pandemic Influenza Outbreack Research Modelling Team, planche d'ailleurs sur le projet. Elle étudie la grippe A afin de prévoir l'impact de la fermeture d'écoles ou l'administration d'antiviraux. «Les modèles mathématiques soulèvent la possibilité que la grippe A cause des épidémies sérieuses dans l'hémisphère sud dans un avenir proche», écrit le Dr David Fisman dans le journal de l'Association médicale canadienne. Il s'inquiète du fait que «les pays d'Amérique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande entrent dans leur saison grippale sans vaccin».
En l'absence de vaccin, les antiviraux comme le Tamiflu constituent la première ligne de défense. Si le virus développe une résistance, comme celle découverte par le Dr Boivin, le Dr Fisman conseille une utilisation prudente. «Lorsque nous ajoutons la résistance dans nos modèles mathématiques, écrit-il, la meilleure stratégie consiste à limiter l'administration précoce du médicament pour éviter une épidémie causée par une souche résistante.»
«Il y a de bonnes chances que le vaccin soit accessible en novembre», a prédit cette semaine le Dr Pierre Van Damme. Son équipe compare quatre vaccins candidats à l'Université d'Antwerp, aux Pays-Bas. La Finlande, la France et l'Allemagne participent également aux tests. Ils vaccineront des volontaires en août et en septembre, selon une procédure semblable à celle utilisée pour la préparation des vaccins contre la grippe saisonnière.
Le laboratoire du Dr Guy Boivin, à qui les hôpitaux envoient leurs prélèvements, a identifié une grippe A(H1N1) qui résiste au Tamiflu, l'antiviral le plus communément administré. Il survit également à l'assaut du Peramivir, un nouvel antiviral actuellement à la dernière phase des tests cliniques avant sa commercialisation. Seule option pour traiter le patient: le Relanza, qui constitue environ 20 % des stocks de médicaments canadiens en prévision d'une pandémie. L'homme a évité l'hospitalisation et se porte bien. Ses proches auraient été épargnés.
La grippe A évolue donc rapidement. «Il y a eu [des cas de résistance] au Danemark et au Japon, mais ils ont été peu étudiés pour l'instant», indique le chercheur du Centre de recherche en infectiologie du Centre hospitalier de l'Université Laval. Selon le Dr Boivin, le patient aurait été infecté avant de recevoir le Tamiflu. Le virus aurait développé une résistance à celui-ci, car il était en présence d'une dose trop faible pour l'envoyer au tapis.
Pour le Dr Boivin, «ça nous démontre qu'il ne faut pas utiliser le Tamiflu à toutes les sauces et le réserver au traitement des malades». Il estime que d'autres cas de grippe résistante pourraient faire surface. Sans être grave, la situation demande une surveillance étroite, avertit-il. C'est un cas isolé, dit la Direction de la santé publique, même si elle appelle les médecins à la prudence avant de prescrire le Tamiflu.
Le chercheur anticipait cette situation. Traditionnellement, on croyait que les virus mutants, résistants au Tamiflu, seraient également inoffensifs, c'est-à-dire incapables de se reproduire et de se transmettre. Faux. En 2007, le Dr Boivin avait découvert que certains virus conservaient leur virulence. L'an passé, son laboratoire a même trouvé un H1N1 humain résistant et contagieux.
Le Relanza, la solution de rechange, pose certains problèmes. «Il y a deux problèmes avec ce médicament», soutient le Dr Boivin. D'abord, il doit être administré par voie respiratoire, à l'aide d'une pompe comme celles utilisées par les asthmatiques. Deuxièmement, les virus de la grippe se répandent parfois au-delà du système respiratoire, dans le sang ou les intestins, inaccessibles pour ce médicament.
Situation mondiale
Cette nouvelle tombe au moment où l'ONU faisait état hier de plus de 700 morts depuis le début de la pandémie. Le virus a tué 18 personnes au Québec. «Au cours des pandémies passées, il a fallu plus de six mois aux virus grippaux pour se propager aussi largement que l'a fait le nouveau virus H1N1, en moins de six semaines», observe l'OMS. L'organisme a par ailleurs renoncé à continuer le décompte des cas. «Nous n'avons pas d'image complète de la pandémie», reconnaît une porte-parole de l'organisation, Aphaluck Bhatiaseve. Elle promet qu'ils vont utiliser des modèles mathématiques pour que chaque pays réponde efficacement à la pandémie.
Une équipe de chercheurs canadiens, la Pandemic Influenza Outbreack Research Modelling Team, planche d'ailleurs sur le projet. Elle étudie la grippe A afin de prévoir l'impact de la fermeture d'écoles ou l'administration d'antiviraux. «Les modèles mathématiques soulèvent la possibilité que la grippe A cause des épidémies sérieuses dans l'hémisphère sud dans un avenir proche», écrit le Dr David Fisman dans le journal de l'Association médicale canadienne. Il s'inquiète du fait que «les pays d'Amérique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande entrent dans leur saison grippale sans vaccin».
En l'absence de vaccin, les antiviraux comme le Tamiflu constituent la première ligne de défense. Si le virus développe une résistance, comme celle découverte par le Dr Boivin, le Dr Fisman conseille une utilisation prudente. «Lorsque nous ajoutons la résistance dans nos modèles mathématiques, écrit-il, la meilleure stratégie consiste à limiter l'administration précoce du médicament pour éviter une épidémie causée par une souche résistante.»
«Il y a de bonnes chances que le vaccin soit accessible en novembre», a prédit cette semaine le Dr Pierre Van Damme. Son équipe compare quatre vaccins candidats à l'Université d'Antwerp, aux Pays-Bas. La Finlande, la France et l'Allemagne participent également aux tests. Ils vaccineront des volontaires en août et en septembre, selon une procédure semblable à celle utilisée pour la préparation des vaccins contre la grippe saisonnière.
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