Santé: Naître... informée!
19 avril 2003
Santé
Les bébés de mai sont les plus favorisés, disait-on autrefois. Ils naissent après les gelées et ont devant eux plusieurs mois de temps clément. Dormir sur le balcon, aller au parc dans le landau, avec des parents plus cools qu'en hiver, alors que tout est plus léger... Naître au milieu du printemps, avec le renouveau de la nature, est certainement favorable. Quoique la manière de naître ait passablement varié.
Les futures mamans savent-elles tous les choix qu'elles ont? Se sentent-elles puissantes face à leur accouchement ou fragilement dépendantes de leur médecin? Se font-elles accoucher ou accouchent-elles? Vous savez, cette sensation, une fois à l'hôpital, que vous êtes comme une mineure et qu'on sait ce qui est bien pour vous... Autrement dit, a-t-on a enfin «démédicalisé» l'accouchement?
Well, beaucoup a été fait et beaucoup reste à faire. Les femmes doivent choisir avec soin leur médecin et l'hôpital où elles iront, voire la maison des naissances, selon l'accouchement qu'elles veulent vivre. Faire un plan de naissance est une idée: on y met ce qu'on souhaite vivre... et ce qu'on ne veut pas. Pas de lavement: si je déchire, je vivrai avec ça; je ne veux pas de soluté; je veux la chaise de massage, mon conjoint connaît la méthode Bonapache... Vous voyez le genre. On en parle avec le médecin: est-il favorable à un plan de naissance? On l'apporte à l'hôpital et on le remet à l'infirmière en chef... qui ne se sentira peut-être pas menacée par une femme qui sait ce qu'elle veut. En téléphonant à Alternative Naissance (514-274-1727), on peut vous dire quel hôpital offre la chaise de massage, quel autre est ouvert à quoi. Car la plupart du temps, les femmes doivent demander, donc connaître ce qui est possible. Des exemples: quelques hôpitaux ont la barre de squatting, qui permet d'être accroupie pendant le travail; ça aide le bébé à trouver le bon chemin... Certains médecins acceptent de travailler avec les femmes dans cette position pour accoucher. Beaucoup d'hôpitaux possèdent des ballons suisses, ce gros ballon sur lequel on peut passer toute la période de travail. Il soulage les maux de dos, permet au bassin de bouger: il faut le demander. Comme pour le banc de naissance, un banc mince en demi-lune sur lequel on peut... relaxer!
On aura pris des cours prénataux? Si on en a trouvé! On a beau parler de dénatalité, du rôle plus important qu'on veut que les CLSC jouent en santé, ceux-ci ne répondent pas à la demande pour les cours prénataux. Alors, on cherche d'anciennes infirmières qui ont ouvert une boîte de cours privés, ou les sage-femmes, ou encore Alternative Naissance...
À l'autre bout, pour allaiter, si on a des inquiétudes ou des problèmes, on doit souvent aller chercher de l'aide ailleurs qu'au CLSC: même si la visite postnatale est précieuse, c'est souvent insuffisant. On appelle alors la ligue La Leche (514-525-3243) ou Nourri-Source (514-948-5160).
Chaque année, il y en aura de plus audacieuses qui auront choisi une maison des naissances. Il existe seulement sept de ces merveilleux endroits chaleureux et intimes — dont un à Puvirnituq, chez les Inuits — et une huitième maison des naissances ouvrira bientôt à Nicolet. Il faut dire qu'il y a seulement 56 sages-femmes qui ont le droit de pratiquer à l'heure actuelle. C'est peu, c'est encore un phénomène marginal, mais pour avoir fait un bout de chemin avec une sage-femme il y a 15 ans, je me souviens du confort, de la sécurité, du sentiment d'être entourée et respectée par des femmes qui en ont vu d'autres... alors que la visite chez le gynéco me laissait douloureuse d'avoir attendu parfois jusqu'à deux heures avant d'être vue, pour une visite insatisfaisante et trop courte. Ce ne sont pas des choses qu'on oublie tellement une grossesse et un accouchement sont des moments charnières dans la vie d'une femme. Nous avons besoin de parler de ce qu'on vit, d'en savoir davantage; anatomie et psychologie sont ici liées de manière encore plus aiguë.
Et il faut le dire: c'est merveilleux de donner la vie, mais ce n'est pas facile. On a des idées de perfection dangereuses. Si on a des difficultés lors de l'accouchement, on ne se sent pas normale; si on a des problèmes d'allaitement, on se sent fautive. Tiens, la jeune conjointe du plombier qui vient chez nous a eu un bébé il y a un mois: son larynx était mou, il a un souffle au coeur. Sommes-nous préparées à ce que tout ne soit pas parfait, l'idéal de l'accouchement, l'idéal du beau bébé, l'idéal des retrouvailles avec le nouveau papa? Parfois, les idéaux sont des emmerdeurs, si vous permettez. Parfois, ce n'est pas rose, même si c'est une fille! Il faut savoir à qui demander de l'aide — et ne pas hésiter plus de cinq minutes avant de se décider!
Allez, quand vous mangerez votre coco de Pâques dimanche, pensez au petit poussin qui vient de naître et demandez-vous si le docteur était à côté!
- À lire: une nouvelle parution, À l'aide, bébé arrive, de Madeleine Perrin. C'est utile, plutôt médical, écrit simplement et très clair. Chez Flammarion.
- Alternative Naissance: (514) 274-1727
- Ordre des sages-femmes: (514) 286-1313
Sur Internet, Naissance Renaissance: http://www.cam.org/~rnr/.
Les futures mamans savent-elles tous les choix qu'elles ont? Se sentent-elles puissantes face à leur accouchement ou fragilement dépendantes de leur médecin? Se font-elles accoucher ou accouchent-elles? Vous savez, cette sensation, une fois à l'hôpital, que vous êtes comme une mineure et qu'on sait ce qui est bien pour vous... Autrement dit, a-t-on a enfin «démédicalisé» l'accouchement?
Well, beaucoup a été fait et beaucoup reste à faire. Les femmes doivent choisir avec soin leur médecin et l'hôpital où elles iront, voire la maison des naissances, selon l'accouchement qu'elles veulent vivre. Faire un plan de naissance est une idée: on y met ce qu'on souhaite vivre... et ce qu'on ne veut pas. Pas de lavement: si je déchire, je vivrai avec ça; je ne veux pas de soluté; je veux la chaise de massage, mon conjoint connaît la méthode Bonapache... Vous voyez le genre. On en parle avec le médecin: est-il favorable à un plan de naissance? On l'apporte à l'hôpital et on le remet à l'infirmière en chef... qui ne se sentira peut-être pas menacée par une femme qui sait ce qu'elle veut. En téléphonant à Alternative Naissance (514-274-1727), on peut vous dire quel hôpital offre la chaise de massage, quel autre est ouvert à quoi. Car la plupart du temps, les femmes doivent demander, donc connaître ce qui est possible. Des exemples: quelques hôpitaux ont la barre de squatting, qui permet d'être accroupie pendant le travail; ça aide le bébé à trouver le bon chemin... Certains médecins acceptent de travailler avec les femmes dans cette position pour accoucher. Beaucoup d'hôpitaux possèdent des ballons suisses, ce gros ballon sur lequel on peut passer toute la période de travail. Il soulage les maux de dos, permet au bassin de bouger: il faut le demander. Comme pour le banc de naissance, un banc mince en demi-lune sur lequel on peut... relaxer!
On aura pris des cours prénataux? Si on en a trouvé! On a beau parler de dénatalité, du rôle plus important qu'on veut que les CLSC jouent en santé, ceux-ci ne répondent pas à la demande pour les cours prénataux. Alors, on cherche d'anciennes infirmières qui ont ouvert une boîte de cours privés, ou les sage-femmes, ou encore Alternative Naissance...
À l'autre bout, pour allaiter, si on a des inquiétudes ou des problèmes, on doit souvent aller chercher de l'aide ailleurs qu'au CLSC: même si la visite postnatale est précieuse, c'est souvent insuffisant. On appelle alors la ligue La Leche (514-525-3243) ou Nourri-Source (514-948-5160).
Chaque année, il y en aura de plus audacieuses qui auront choisi une maison des naissances. Il existe seulement sept de ces merveilleux endroits chaleureux et intimes — dont un à Puvirnituq, chez les Inuits — et une huitième maison des naissances ouvrira bientôt à Nicolet. Il faut dire qu'il y a seulement 56 sages-femmes qui ont le droit de pratiquer à l'heure actuelle. C'est peu, c'est encore un phénomène marginal, mais pour avoir fait un bout de chemin avec une sage-femme il y a 15 ans, je me souviens du confort, de la sécurité, du sentiment d'être entourée et respectée par des femmes qui en ont vu d'autres... alors que la visite chez le gynéco me laissait douloureuse d'avoir attendu parfois jusqu'à deux heures avant d'être vue, pour une visite insatisfaisante et trop courte. Ce ne sont pas des choses qu'on oublie tellement une grossesse et un accouchement sont des moments charnières dans la vie d'une femme. Nous avons besoin de parler de ce qu'on vit, d'en savoir davantage; anatomie et psychologie sont ici liées de manière encore plus aiguë.
Et il faut le dire: c'est merveilleux de donner la vie, mais ce n'est pas facile. On a des idées de perfection dangereuses. Si on a des difficultés lors de l'accouchement, on ne se sent pas normale; si on a des problèmes d'allaitement, on se sent fautive. Tiens, la jeune conjointe du plombier qui vient chez nous a eu un bébé il y a un mois: son larynx était mou, il a un souffle au coeur. Sommes-nous préparées à ce que tout ne soit pas parfait, l'idéal de l'accouchement, l'idéal du beau bébé, l'idéal des retrouvailles avec le nouveau papa? Parfois, les idéaux sont des emmerdeurs, si vous permettez. Parfois, ce n'est pas rose, même si c'est une fille! Il faut savoir à qui demander de l'aide — et ne pas hésiter plus de cinq minutes avant de se décider!
Allez, quand vous mangerez votre coco de Pâques dimanche, pensez au petit poussin qui vient de naître et demandez-vous si le docteur était à côté!
- À lire: une nouvelle parution, À l'aide, bébé arrive, de Madeleine Perrin. C'est utile, plutôt médical, écrit simplement et très clair. Chez Flammarion.
- Alternative Naissance: (514) 274-1727
- Ordre des sages-femmes: (514) 286-1313
Sur Internet, Naissance Renaissance: http://www.cam.org/~rnr/.
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