Canada - L'écart de poids diminue entre les bébés garçons et filles
Des chercheurs des universités de Montréal et McGill et de l'Agence de santé publique du Canada ont établi dans une étude publiée ce matin que la différence historique de poids entre les bébés garçons et filles a diminué sensiblement au Canada entre 1981 et 2003, un phénomène qu'ils attribuent aux effets antiandrogéniques des perturbateurs endocriniens de plus en plus omniprésents dans l'environnement de tous les jours.
Le constat des trois chercheurs, qui publient leurs conclusions ce matin dans Epidemiology, la revue de la Société internationale d'épidémiologie, est d'autant plus impressionnant qu'il est le résultat d'une compilation des poids mesurés à la naissance de plus de cinq millions de bébés canadiens depuis 23 ans.
Cette étude est signée par le Dr Guy Van Vliet, un médecin de Sainte-Justine rattaché à l'Université de Montréal, par le Dr Shiliang Liu, de l'Agence de santé publique du Canada et par le Dr Michael S. Kramer, du département de pédiatrie et d'épidémiologie de l'Université McGill.
Leur étude, publiée sur Internet depuis ce matin, démontre que, depuis 1981, l'écart de poids entre les bébés garçons et filles a diminué, passant de 141 grammes en 1981 à 129 grammes en 2003. La diminution de l'écart historique, qui a toujours joué en faveur des bébés mâles, s'estompe progressivement même si le poids moyen des bébés, garçons ou filles, augmente sans cesse parce que les mères sont plus fortes et plus lourdes que dans le passé.
Cette étude a été inspirée par une autre du Dr Van Vliet, qu'il réalisait à la fin de la dernière décennie. Il avait noté qu'une maladie rare provoquait des réactions des modulateurs endocriniens, qui entraînaient une réaction antiandrogénique chez les poupons, neutralisant l'action des hormones à l'origine du poids plus important en moyenne des foetus mâles. C'est de là, raconte ce chercheur, qu'est venue l'hypothèse que des perturbateurs endocriniens de sources extérieures, mais omniprésents dans le corps des mères, pouvaient avoir le même effet de réduction de poids sur les foetus, ce que l'étude du poids de cinq millions de bébés canadiens a permis de confirmer.
Selon le rapport des trois chercheurs, plusieurs perturbateurs endocriniens peuvent s'avérer toxiques, tout particulièrement durant la croissance du foetus. Les recherches ont démontré que ces agents chimiques, dont on relève la présence chez la quasi-totalité des personnes en Amérique du Nord, peuvent provoquer notamment des malformations congénitales et agir de différentes manières sur le développement des bébés.
Le Dr Van Vliet estime que le bisphénol A et les phtalates sont probablement en cause, mais la liste ne s'arrête pas là.
Les constats des trois chercheurs canadiens sont d'autant plus importants qu'ils sont publiés une semaine après le symposium de la Société d'endocrinologie aux États-Unis. Fait sans précédent, cette société médicale a, pour la première fois de son histoire, lancé un appel public aux autorités réglementaires de partout dans le monde pour qu'ils amorcent le contrôle des perturbateurs endocriniens.
Après avoir publié un bilan des connaissances sur ces produits de synthèse, la société médicale a déclaré que «ces molécules chimiques qui se confondent avec des hormones se retrouvent dans des plastiques, des pesticides et d'autres produits» courants. Ils posent, à son avis, «un problème significatif de santé publique, causant possiblement de l'infertilité, des cancers et des malformations».
La société d'endocrinologie affirme qu'«il y a des indices importants voulant que ces produits chimiques interfèrent dans le système hormonal et qu'il en résulte de sérieux problèmes de santé».
Le Dr Robert Carey, président de la Société d'endocrinologie, a déclaré à la suite de ce symposium qu'il avait été jugé opportun d'émettre une telle mise en garde publique, même si cela n'avait jamais été fait dans le passé, «parce que ces produits chimiques affectent tout le monde». Le rapport publié par cet organisme établit en effet que 93 % des citoyens des États-Unis affichaient des traces de bisphénol A (BPA) dans leur corps, ce qui rend nécessaire, a ajouté le médecin, d'appliquer le principe de précaution.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a décidé au début du mois de revoir l'évaluation qu'elle a faite du BPA sous l'administration Bush. Elle doit annoncer ses conclusions dans quelques semaines. Même le Conseil de l'industrie chimique des États-Unis a applaudi à cette décision.
Ailleurs aux États-Unis, la bataille s'élargit contre le BPA. Par exemple, le Sénat de la Californie a voté le 2 juin une interdiction d'utilisation de BPA dans les biberons en plastique pour bébé, dans les contenants à café et dans les contenants à nourriture. Le projet de loi doit être ratifié par l'Assemblée de cet État avant de devenir loi.
Devant l'ampleur du débat, plusieurs grands producteurs de boissons gazeuses comme Coca-Cola se défendent de mettre des produits dangereux sur le marché alors que l'on accuse leurs produits d'être particulièrement aptes à détacher des parois des bouteilles de plastique des molécules de BPA. Coke invoque les études de Santé Canada pour dire qu'un humain ne pourra jamais durant toute sa vie ingurgiter assez de BPA pour en ressentir des effets. Mais le problème vient du fait que l'on en ingurgiterait de plusieurs autres sources.
Depuis le 18 avril 2008, Santé Canada a classé le bisphénol A au rang de substance dangereuse.
On retrouve le BPA dans des gourdes de plastique rigide, dans les enduits à l'intérieur des contenants en métal de conserves, dans les canettes de lait maternisé liquide, dans les biberons et verres pour enfants, dans les grosses bouteilles de 18 litres pour refroidisseurs d'eau, dans plusieurs scellants dentaires et amalgames composites appelés «plombages blancs» et dans des ustensiles de cuisine.
Quant aux phtalates, que l'on retrouve essentiellement eux aussi dans des formulations de plastiques comme des bouteilles d'eau et plusieurs types de PVC, ils sont aussi utilisés comme agents fixateurs dans des cosmétiques pour en augmenter le pouvoir de pénétration ou pour empêcher les vernis à ongles de s'écailler. On les retrouve aussi dans des revêtements de murs et de planchers, dans des isolants pour câbles et fils souples, dans des jouets pour enfants et des emballages alimentaires.
Le constat des trois chercheurs, qui publient leurs conclusions ce matin dans Epidemiology, la revue de la Société internationale d'épidémiologie, est d'autant plus impressionnant qu'il est le résultat d'une compilation des poids mesurés à la naissance de plus de cinq millions de bébés canadiens depuis 23 ans.
Cette étude est signée par le Dr Guy Van Vliet, un médecin de Sainte-Justine rattaché à l'Université de Montréal, par le Dr Shiliang Liu, de l'Agence de santé publique du Canada et par le Dr Michael S. Kramer, du département de pédiatrie et d'épidémiologie de l'Université McGill.
Leur étude, publiée sur Internet depuis ce matin, démontre que, depuis 1981, l'écart de poids entre les bébés garçons et filles a diminué, passant de 141 grammes en 1981 à 129 grammes en 2003. La diminution de l'écart historique, qui a toujours joué en faveur des bébés mâles, s'estompe progressivement même si le poids moyen des bébés, garçons ou filles, augmente sans cesse parce que les mères sont plus fortes et plus lourdes que dans le passé.
Cette étude a été inspirée par une autre du Dr Van Vliet, qu'il réalisait à la fin de la dernière décennie. Il avait noté qu'une maladie rare provoquait des réactions des modulateurs endocriniens, qui entraînaient une réaction antiandrogénique chez les poupons, neutralisant l'action des hormones à l'origine du poids plus important en moyenne des foetus mâles. C'est de là, raconte ce chercheur, qu'est venue l'hypothèse que des perturbateurs endocriniens de sources extérieures, mais omniprésents dans le corps des mères, pouvaient avoir le même effet de réduction de poids sur les foetus, ce que l'étude du poids de cinq millions de bébés canadiens a permis de confirmer.
Selon le rapport des trois chercheurs, plusieurs perturbateurs endocriniens peuvent s'avérer toxiques, tout particulièrement durant la croissance du foetus. Les recherches ont démontré que ces agents chimiques, dont on relève la présence chez la quasi-totalité des personnes en Amérique du Nord, peuvent provoquer notamment des malformations congénitales et agir de différentes manières sur le développement des bébés.
Le Dr Van Vliet estime que le bisphénol A et les phtalates sont probablement en cause, mais la liste ne s'arrête pas là.
Les constats des trois chercheurs canadiens sont d'autant plus importants qu'ils sont publiés une semaine après le symposium de la Société d'endocrinologie aux États-Unis. Fait sans précédent, cette société médicale a, pour la première fois de son histoire, lancé un appel public aux autorités réglementaires de partout dans le monde pour qu'ils amorcent le contrôle des perturbateurs endocriniens.
Après avoir publié un bilan des connaissances sur ces produits de synthèse, la société médicale a déclaré que «ces molécules chimiques qui se confondent avec des hormones se retrouvent dans des plastiques, des pesticides et d'autres produits» courants. Ils posent, à son avis, «un problème significatif de santé publique, causant possiblement de l'infertilité, des cancers et des malformations».
La société d'endocrinologie affirme qu'«il y a des indices importants voulant que ces produits chimiques interfèrent dans le système hormonal et qu'il en résulte de sérieux problèmes de santé».
Le Dr Robert Carey, président de la Société d'endocrinologie, a déclaré à la suite de ce symposium qu'il avait été jugé opportun d'émettre une telle mise en garde publique, même si cela n'avait jamais été fait dans le passé, «parce que ces produits chimiques affectent tout le monde». Le rapport publié par cet organisme établit en effet que 93 % des citoyens des États-Unis affichaient des traces de bisphénol A (BPA) dans leur corps, ce qui rend nécessaire, a ajouté le médecin, d'appliquer le principe de précaution.
Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a décidé au début du mois de revoir l'évaluation qu'elle a faite du BPA sous l'administration Bush. Elle doit annoncer ses conclusions dans quelques semaines. Même le Conseil de l'industrie chimique des États-Unis a applaudi à cette décision.
Ailleurs aux États-Unis, la bataille s'élargit contre le BPA. Par exemple, le Sénat de la Californie a voté le 2 juin une interdiction d'utilisation de BPA dans les biberons en plastique pour bébé, dans les contenants à café et dans les contenants à nourriture. Le projet de loi doit être ratifié par l'Assemblée de cet État avant de devenir loi.
Devant l'ampleur du débat, plusieurs grands producteurs de boissons gazeuses comme Coca-Cola se défendent de mettre des produits dangereux sur le marché alors que l'on accuse leurs produits d'être particulièrement aptes à détacher des parois des bouteilles de plastique des molécules de BPA. Coke invoque les études de Santé Canada pour dire qu'un humain ne pourra jamais durant toute sa vie ingurgiter assez de BPA pour en ressentir des effets. Mais le problème vient du fait que l'on en ingurgiterait de plusieurs autres sources.
Depuis le 18 avril 2008, Santé Canada a classé le bisphénol A au rang de substance dangereuse.
On retrouve le BPA dans des gourdes de plastique rigide, dans les enduits à l'intérieur des contenants en métal de conserves, dans les canettes de lait maternisé liquide, dans les biberons et verres pour enfants, dans les grosses bouteilles de 18 litres pour refroidisseurs d'eau, dans plusieurs scellants dentaires et amalgames composites appelés «plombages blancs» et dans des ustensiles de cuisine.
Quant aux phtalates, que l'on retrouve essentiellement eux aussi dans des formulations de plastiques comme des bouteilles d'eau et plusieurs types de PVC, ils sont aussi utilisés comme agents fixateurs dans des cosmétiques pour en augmenter le pouvoir de pénétration ou pour empêcher les vernis à ongles de s'écailler. On les retrouve aussi dans des revêtements de murs et de planchers, dans des isolants pour câbles et fils souples, dans des jouets pour enfants et des emballages alimentaires.
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