Isotopes médicaux - Crise mondiale à l'horizon
Aucune solution n'existe pour résoudre le problème d'approvisionnement causé par l'arrêt du réacteur de Chalk River
Photo : Agence Reuters
Le réacteur NRU de Chalk River est le principal fournisseur de molybdène, sa production permet de répondre à plus de 50 % de la demande mondiale.
Certaines rumeurs annoncent que l'arrêt du réacteur nucléaire de Chalk River pourrait se prolonger au-delà d'un mois. Si celles-ci s'avèrent exactes, la communauté médicale du monde entier devra se préparer à vivre une longue pénurie d'isotopes médicaux. Car dans l'immédiat, il n'existe aucune solution pour résoudre de façon satisfaisante cette crise de l'approvisionnement en isotopes médicaux, dont les plus grandes victimes seront les patients.
Si le réacteur de Chalk River demeure fermé plus d'un mois, ce sera un réel casse-tête pour tous les pays qui s'approvisionnent au Canada. «Le problème n'est pas que canadien, il est mondial parce que nous avons des réacteurs qui sont âgés. Et comme ils sont âgés, ils nécessitent des périodes de "maintenance" qui sont plus longues et plus fréquentes pour prévenir les incidents. Il s'en suit que le risque de pénurie est plus grand. Le problème ne va pas se résoudre très facilement parce qu'il nous faudrait de nouveaux réacteurs. Il faudrait prendre des décisions dès maintenant, et même qu'il est déjà tard pour les prendre, afin que l'on puisse disposer d'autres réacteurs le plus tôt possible», a déclaré au Devoir Jean-Pierre Cabocel, directeur général de l'Association of Imaging Producers & Equipment Suppliers, une association basée à Bruxelles qui regroupe les principaux acteurs dans le domaine des isotopes médicaux.
En France, un nouveau réacteur est en construction, mais il ne sera fonctionnel qu'en 2015 et il ne suffira pas à répondre à la demande. Au Canada, on a investi dans la construction de deux nouveaux réacteurs (les Maple) qui devaient assurer l'essentiel de l'approvisionnement mondial, mais ces deux réacteurs n'ont pas fonctionné et sont définitivement fermés.
Dans l'immédiat, les solutions avancées sont insuffisantes. Le problème risque de durer quelque temps, a prévenu M. Cabocel.
Six réacteurs dans le monde sont équipés pour irradier à l'aide de neutrons de l'uranium 235 ou du plutonium, dont la fission induit l'apparition d'un sous-produit, qui est le molybdène. De ce dernier, on tire ensuite du technétium-99m qui est un marqueur couramment utilisé en imagerie médicale. Le réacteur NRU de Chalk River est le principal fournisseur de molybdène, sa production permet de répondre à plus de 50 % de la demande mondiale. «Le Canada est un acteur majeur dans ce domaine. Il fournissait l'essentiel des besoins canadiens et américains, et une partie des besoins européens», a souligné M. Cabocel.
La première démarche qui a été entreprise depuis l'annonce de l'arrêt du réacteur canadien fut d'évaluer la capacité des autres réacteurs en fonctionnement, le Petten en Hollande, le Br2 en Belgique, l'Osiris en France, le Ntp en Afrique du Sud et l'Opal en Australie «afin de charger plus de cibles [irradier plus d'uranium 235] dans ceux qui peuvent en recevoir davantage». «Mais le fait de charger des cibles supplémentaires sera également conditionné par la capacité d'extraction des usines de séparation — situées à proximité des réacteurs — qui reçoivent les cibles irradiées et qui s'appliquent à en extraire le molybdène, a spécifié M. Cabocel. Il serait trop problématique d'expédier des cibles irradiées sur l'Atlantique jusqu'aux installations de MDS Nordion au Canada.» Une fois le molybdène extrait, on le mettra dans des conteneurs, puis on pourra le livrer à des sociétés canadiennes qui en feront des générateurs de technétium.
«Nous souhaitons que les réacteurs d'Europe et d'Afrique du Sud essaient de compenser le manque induit par l'arrêt du NRU de Chalk River, mais comme le NRU était un acteur principal, ce ne sera pas évident», a soutenu M. Cabocel tout en que expliquant qu'il n'est pas facile de modifier la planification des cycles de fonctionnement des six réacteurs. «On essaie de planifier les choses de telle façon qu'il y ait toujours pour la communauté mondiale deux à trois réacteurs qui fonctionnent pendant que les autres sont en "maintenance". Mais il arrive, quand il y a des incidents imprévus comme c'est le cas aujourd'hui, qu'il y ait des périodes plus ou moins longues où un ou deux réacteurs seulement fonctionnent. La semaine prochaine, seul le réacteur en Hollande fonctionnera, la semaine suivante deux, voire trois se remettront en marche. Et donc, les capacités de production redeviendront un peu plus favorables, mais pas forcément avec la possibilité de couvrir tout ce que faisait le NRU à Chalk River. Il subsistera toujours un manque», a-t-il précisé.
Les solutions immédiates ne suffiront visiblement pas à combler tous les besoins de la communauté médicale. «La situation sera très tendue. Bien sûr, on fera en sorte que les utilisateurs apprennent à utiliser plus efficacement le produit. Par exemple, on pourrait planifier le traitement d'un plus grand nombre de patients dans une journée. Le molybdène a une demi-vie de 66 heures, ce qui veut dire que la quantité de molybdène diminue de moitié toutes les 66 heures. En utilisant le produit le plus rapidement possible, on peut ainsi faire un petit gain. Toute la chaîne [des réacteurs à l'hôpital] doit se mobiliser pour minimiser l'effet de cette crise.»
Si le réacteur de Chalk River demeure fermé plus d'un mois, ce sera un réel casse-tête pour tous les pays qui s'approvisionnent au Canada. «Le problème n'est pas que canadien, il est mondial parce que nous avons des réacteurs qui sont âgés. Et comme ils sont âgés, ils nécessitent des périodes de "maintenance" qui sont plus longues et plus fréquentes pour prévenir les incidents. Il s'en suit que le risque de pénurie est plus grand. Le problème ne va pas se résoudre très facilement parce qu'il nous faudrait de nouveaux réacteurs. Il faudrait prendre des décisions dès maintenant, et même qu'il est déjà tard pour les prendre, afin que l'on puisse disposer d'autres réacteurs le plus tôt possible», a déclaré au Devoir Jean-Pierre Cabocel, directeur général de l'Association of Imaging Producers & Equipment Suppliers, une association basée à Bruxelles qui regroupe les principaux acteurs dans le domaine des isotopes médicaux.
En France, un nouveau réacteur est en construction, mais il ne sera fonctionnel qu'en 2015 et il ne suffira pas à répondre à la demande. Au Canada, on a investi dans la construction de deux nouveaux réacteurs (les Maple) qui devaient assurer l'essentiel de l'approvisionnement mondial, mais ces deux réacteurs n'ont pas fonctionné et sont définitivement fermés.
Dans l'immédiat, les solutions avancées sont insuffisantes. Le problème risque de durer quelque temps, a prévenu M. Cabocel.
Six réacteurs dans le monde sont équipés pour irradier à l'aide de neutrons de l'uranium 235 ou du plutonium, dont la fission induit l'apparition d'un sous-produit, qui est le molybdène. De ce dernier, on tire ensuite du technétium-99m qui est un marqueur couramment utilisé en imagerie médicale. Le réacteur NRU de Chalk River est le principal fournisseur de molybdène, sa production permet de répondre à plus de 50 % de la demande mondiale. «Le Canada est un acteur majeur dans ce domaine. Il fournissait l'essentiel des besoins canadiens et américains, et une partie des besoins européens», a souligné M. Cabocel.
La première démarche qui a été entreprise depuis l'annonce de l'arrêt du réacteur canadien fut d'évaluer la capacité des autres réacteurs en fonctionnement, le Petten en Hollande, le Br2 en Belgique, l'Osiris en France, le Ntp en Afrique du Sud et l'Opal en Australie «afin de charger plus de cibles [irradier plus d'uranium 235] dans ceux qui peuvent en recevoir davantage». «Mais le fait de charger des cibles supplémentaires sera également conditionné par la capacité d'extraction des usines de séparation — situées à proximité des réacteurs — qui reçoivent les cibles irradiées et qui s'appliquent à en extraire le molybdène, a spécifié M. Cabocel. Il serait trop problématique d'expédier des cibles irradiées sur l'Atlantique jusqu'aux installations de MDS Nordion au Canada.» Une fois le molybdène extrait, on le mettra dans des conteneurs, puis on pourra le livrer à des sociétés canadiennes qui en feront des générateurs de technétium.
«Nous souhaitons que les réacteurs d'Europe et d'Afrique du Sud essaient de compenser le manque induit par l'arrêt du NRU de Chalk River, mais comme le NRU était un acteur principal, ce ne sera pas évident», a soutenu M. Cabocel tout en que expliquant qu'il n'est pas facile de modifier la planification des cycles de fonctionnement des six réacteurs. «On essaie de planifier les choses de telle façon qu'il y ait toujours pour la communauté mondiale deux à trois réacteurs qui fonctionnent pendant que les autres sont en "maintenance". Mais il arrive, quand il y a des incidents imprévus comme c'est le cas aujourd'hui, qu'il y ait des périodes plus ou moins longues où un ou deux réacteurs seulement fonctionnent. La semaine prochaine, seul le réacteur en Hollande fonctionnera, la semaine suivante deux, voire trois se remettront en marche. Et donc, les capacités de production redeviendront un peu plus favorables, mais pas forcément avec la possibilité de couvrir tout ce que faisait le NRU à Chalk River. Il subsistera toujours un manque», a-t-il précisé.
Les solutions immédiates ne suffiront visiblement pas à combler tous les besoins de la communauté médicale. «La situation sera très tendue. Bien sûr, on fera en sorte que les utilisateurs apprennent à utiliser plus efficacement le produit. Par exemple, on pourrait planifier le traitement d'un plus grand nombre de patients dans une journée. Le molybdène a une demi-vie de 66 heures, ce qui veut dire que la quantité de molybdène diminue de moitié toutes les 66 heures. En utilisant le produit le plus rapidement possible, on peut ainsi faire un petit gain. Toute la chaîne [des réacteurs à l'hôpital] doit se mobiliser pour minimiser l'effet de cette crise.»
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