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Prêt devant l'incertitude

Stéphane Baillargeon   2 mai 2009  Santé
Le docteur Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont et professeur agrégé de clinique à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal, parle des réactions devant les pandémies.

Au XXe siècle, il y a eu la pandémie de grippe espagnole de 1918-1919, la pandémie de grippe asiatique de 1957 et celle dite de Hong Kong en 1968. Les pandémies se produisent-elles cycliquement?

Il y a souvent des cycles dans la nature, le problème est qu'on ne les comprend pas toujours. Ou alors, ces cycles répondent à des lois tellement complexes qu'on peut difficilement les prédire. Mais bon, on sait que les pandémies de grippe sont effectivement cycliques, survenant tous les 20, 30 ou 40 ans. Cependant, on peut difficilement les comparer d'un siècle à l'autre, à cause des changements dans les transports notamment.

Est-on de mieux en mieux préparés pour faire face à ces crises?

Oui, par rapport à il y a 100 ans, nos moyens de dépistage et de traitement ont considérablement évolué. Par contre, les gouvernements semblent frileux à l'idée de prendre des mesures exceptionnelles, comme fermer les écoles et les cinémas, interdire les réunions, etc. À Toronto, il y a eu beaucoup de cafouillage au moment de la crise du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) il y a quelques années. Par contre, au moment de la crise du verglas, le gouvernement du Québec a été énergique. Mais ça ne veut pas dire que si le SRAS avait frappé le Québec on aurait fait mieux que l'Ontario, au contraire.

Est-on mieux préparés maintenant?

On ne l'est jamais totalement, mais on est probablement plus prêts à faire face à une pandémie aujourd'hui qu'il y a quelques années. Il y a eu récemment une prise de conscience de l'importance des maladies infectieuses. Une refonte importante des instances concernées a été faite au sein de Santé Canada.

Y a-t-il un quelconque effet positif à ces tragédies?

Le virus a avantage à se propager. Pour les individus, c'est une catastrophe. On oublie que les épidémies ont façonné les populations. Nos ancêtres ont survécu aux attaques passées. Nous sommes les héritiers d'une longue lignée d'humains qui ont lutté contre les maladies infectieuses au cours des siècles et des millénaires.
 
 
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