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Montréal au temps de la grippe espagnole

En quelques mois, en 1918 et 1919, l'épidémie a tué 50 000 Canadiens, dont 14 000 Québécois parmi lesquels plus de 3500 Montréalais

Stéphane Baillargeon   2 mai 2009  Santé
Vue de la rue Sainte-Catherine à l’est de la rue Saint-Laurent (vers 1914). À gauche, le théâtre Français, où se trouve aujourd’hui le Métropolis.
Vue de la rue Sainte-Catherine à l’est de la rue Saint-Laurent (vers 1914). À gauche, le théâtre Français, où se trouve aujourd’hui le Métropolis.
Le 11 novembre 1918, les Alliés et les Allemands signaient un armistice dans le wagon-bureau du maréchal Foch stationné dans la forêt de Compiègne, en France. Un mois plus tôt, le 11 octobre, le Bureau de santé de la cité de Montréal publiait une proclamation imposant une mise en quarantaine quasi complète de la ville. Un autre front meurtrier s'était ouvert et Le Devoir titrait: «Influenza — Guerre ouverte contre l'épidémie».

Tous les lieux de divertissement, des théâtres aux bains publics, devaient fermer, de même que les églises, les «mitaines», comme on surnommait à l'époque les églises protestantes, et toutes les écoles publiques ou privées. Les curieux n'étaient plus admis aux séances des tribunaux et l'appel recommandait, «jusqu'à nouvel ordre», de «ne pas encombrer les tramways» et d'éviter «la foule dans les gares».

La Commission d'hygiène avait déjà interdit les réunions de plus de 25 personnes. Même la finale de la coupe Stanley allait passer à la trappe quelques mois plus tard.

Les premiers cas d'infection furent officiellement diagnostiqués à la fin de l'hiver 1918 en Europe et en Asie. La mutation en une souche des dizaines de fois plus mortelle que les grippes communes engendra une des pires pandémies de l'histoire de l'humanité. La mort frappa partout, aveuglément, un grand cataclysme s'ajoutant à un autre dans ce monde en guerre depuis quatre interminables années de fer et de sang.

La maladie due au H1N1, probablement apparue en Chine, fut baptisée grippe espagnole parce que les premiers reportages à en parler librement arrivaient des médias ibériques, l'Espagne neutre ne censurant pas sa presse. La tragédie fit entre cinquante millions et cent millions de morts à l'échelle planétaire, à coup sûr plus de victimes que le premier conflit mondial.

La terrible infection s'infiltra ici à l'automne avec les soldats démobilisés. En six mois, elle faucha 50 000 Canadiens, dont 14 000 Québécois parmi lesquels plus de 3500 Montréalais.

Étrangement, la mémoire collective a conservé bien peu d'empreintes de cette calamité biologique. Même l'inquiétante perspective d'une nouvelle pandémie suscitée par une autre mutation de la souche H1N1 peine à raviver les mauvais souvenirs.

«Au Canada, il y a eu à peu près autant de morts de la grippe que du conflit, et pourtant la Première Guerre mondiale va laisser des traces beaucoup plus importantes», résume la professeure Magda Fahrni, du Département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal. «Au Canada anglais, la guerre a servi à unifier le pays et marqué en quelque sorte la naissance de la nation canadienne. Au Québec, évidemment, c'est de la conscription qu'on se souvient. L'épidémie de grippe espagnole passe un peu dans l'oubli, malgré ses ravages dans d'innombrables familles.»

Spécialiste de l'histoire des femmes, de la famille et des mesures sociales, elle est aussi devenue une des rares spécialistes canadiennes de la pandémie du début du XXe siècle. Elle avoue avoir commencé à s'intéresser au sujet après la crise du SRAS (une pneumonie atypique), à Toronto, au début des années 2000.

«Ce qui m'intéresse toujours, c'est dans quelle mesure la grippe a servi de catalyseur à des mesures sociales et de santé publique ou privée, explique-t-elle. Comme je suis historienne de Montréal, j'ai pris cette ville comme étude de cas.»

Bio-histoire d'une cité

Montréal, comme toutes les grandes villes du monde, a été en partie façonnée par les épidémies. Les Amérindiens furent décimés par les maladies microbiologiques importées du Vieux Continent. Au XIXe siècle, l'île industrialisée a connu trois attaques successives, par le choléra (1832), le typhus (1847) et la variole (1885).

«Chacune de ces épidémies est devenue une crise médicale et sociale, note Mme Fahrni. Dans la première moitié du XIXe siècle, il existe très peu de mesures sociales et d'infrastructures adaptées. En 1885, la situation est un peu différente, mais la ville, comme la province, est mal préparée. Cette épidémie de variole va d'ailleurs susciter des mesures étatiques. Quand la pandémie de grippe espagnole éclate en 1918, il y a donc ici des infrastructures plus développées pour faire face à la crise, même si on compte toujours beaucoup sur le privé.»

L'historienne mentionne le Conseil supérieur d'hygiène de la province de Québec, qui va gérer la santé publique et organiser la réaction avec les municipalités, alors en première ligne. «On voit venir la grippe, on en parle dans les journaux, mais on ne peut pas pour autant dire que la société soit bien préparée. Les premiers reportages seront très mesurés et ne sèmeront pas la panique.»

Tout de même, assez vite l'épidémie massive mine les espaces publics de la ville d'environ 640 000 habitants. Au pire du drame, elle fait mourir un Montréalais toutes les neuf minutes.

La spécialiste de l'histoire des femmes a très bien documenté l'importance du dévouement féminin. «Elles sont partout», notait Ernest Décary, président du Bureau de santé. Mme Fahrni en a fait le titre d'un article savant sur le sujet publié en 2004. «Il y avait toute une armée féminine d'infirmières, de religieuses, de bénévoles qui faisait des visites à domicile. Ces femmes ont soigné Montréal.»

En visitant les foyers infectés, elles vont tomber sur des cas pathétiques et prendre conscience de la pauvreté comme des mauvaises conditions de vie dans d'importants secteurs de la ville. Les travaux de Mme Fahrni parlent d'appartements miteux, mal chauffés, sans draps, ni oreillers, ni couvertures, ni serviettes, ni charbon, ni savon. Le Devoir du 22 avril 1919 note que les infirmières volontaires avaient découvert une cité de la peine: «Chaque logement, à très peu d'exceptions près, dirent-elles, est un taudis», écrit le journal, qui va perdre son journaliste-vedette Jules Fournier dans l'épidémie.

La professeure parle de découvertes encore plus macabres. Ici, toute une famille morte dans un lit de misère. Là, deux parents décédés entourés d'orphelins en pleurs.

Une maladie démocratique?

Les chiffres officiels citent 20 000 cas d'infection à Montréal, alors que les évaluations récentes gonflent ce nombre notamment parce que les familles cachaient des malades et que les médecins, sans moyens curatifs efficaces, ne les rapportaient pas tous. Un seul hôpital spécialisé sera inauguré pendant la crise, celui du quartier chinois.

«En tout cas, Montréal a subi l'épidémie à peu près comme les autres grandes villes du monde», dit l'historienne, qui corrige immédiatement l'impression de maladie «démocratique», puisque les riches furent plus épargnés que les pauvres, notamment à cause de la densité des quartiers défavorisés.

Par contre, pour une fois, les marqueurs linguistiques ou religieux n'eurent pas d'influence notable. «Dans l'histoire de la santé publique à Montréal, le fait d'être francophone et catholique est généralement désavantageux. Par contre, pour cette épidémie, l'écart entre les Canadiens anglais et les Canadiens français s'avère minime.»

Une fois le tsunami viral passé, la société va tenter de tirer des leçons. Le Département de la santé du fédéral, l'ancêtre du ministère actuel, sera créé dans la foulée de la pandémie, en 1919. Les universités et les collèges prendront davantage conscience des lacunes dans la formation du personnel médical

En fait, les médecins de 1918, ceux des riches comme ceux des pauvres, n'avaient ni vaccin, ni antiviraux à leur disposition. Ils recommandaient à leurs patients de prendre l'air ou le soleil et de se reposer. «Le choc ici comme dans le monde occidental vient de l'impuissance face à la maladie, note alors l'historienne. On est au XXe siècle, le siècle du progrès, mais la médecine ne sauve pas.»

Les temps changent. La science sait beaucoup mieux combattre les micro-organismes. Surtout, la professeure Magda Fahrni souligne l'énorme implication actuelle des instances publiques nationales et internationales pour faire face aux nouvelles crises en santé. Une particularité essentielle qui comptera si le vilain virus reprend du mauvais service pandémique...

«Le dosage des ressources publiques et privées n'est plus du tout le même, conclut-elle. Au début du XXe siècle, il y avait un certain nombre de mesures municipales et provinciales, mais la réaction à l'épidémie de grippe espagnole a été possible grâce aux bénévoles, aux infirmières privées, aux religieuses. Aujourd'hui, au début du XXIe siècle, on a un État providence mieux développé, aux trois paliers. Si une nouvelle épidémie survient, la grande différence viendra de la capacité d'intervention de l'État.»






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 04h21
    Roman ou réalité ????
    La vie est-elle un roman?

    Vite un journaliste sérieux!

    Y a-t-il au Mexique, à Ocoyoacac, l'ouverture annoncée d'une usine Sanofi-Aventis de vaccin grippal ?

    Voyons! Est-ce encore un coup de ces complotistes?

    Vérifions sur le site même de Sanofi-Aventis.

    La Cie Sanofi-aventis en bref:
    «Transformer sanofi-aventis en un leader de la santé»
    «En février, nous avons annoncé notre vision : devenir un leader de la santé, mondial et diversifié...»
    «Nous souhaitons construire la R&D la plus productive dans le monde de la santé. Ainsi, nous revoyons complètement notre portefeuille.»
    «Nous développons une stratégie claire pour saisir les meilleures innovations scientifiques à travers le monde.»

    «L'histoire de sanofi-aventis est riche d'exemples d'adaptations aux opportunités.»
    «Les petites molécules chimiques, qui sont au coeur de notre activité principale, sont très vulnérables aux expirations de brevets. C'est la raison pour laquelle nous souhaitons entrer dans des activités telles que LES VACCINS (mis en majuscule par moi)...»
    Chris Viehbacher
    Directeur Général, sanofi-aventis

    http://www.sanofi-aventis.com/en-bref/edito.asp


    Mexico City, Mexique - 9 mars 2009
    «« Sanofi-aventis investit 100 millions € pour construire une usine de vaccin grippal saisonnier et pandémique au Mexique »»

    «Contrat signé à Mexico à l'occasion de la Visite d'État du Président Nicolas Sarkozy»

    «Sanofi-aventis (EURONEXT : SAN et NYSE : SNY) annonce aujourd'hui la signature d'un contrat avec les autorités mexicaines, pour la construction d'une usine de production de vaccin contre la grippe, représentant un investissement de 100 millions d'euros.»

    http://www.sanofi-aventis.com/presse/communiques/2


    Mais, ma foi, nous sommes en plein roman!
    Voici le communiqué de presse officiel DU 9 Mars 2009, que l'on trouve sur ce site:
    http://www.sanofi-aventis.com/binaries/20090309_me

    HALLUCINANT!

    Le site a été mis à jour le 25 mars 2009 (va-t-on s'empresser de le corriger?)


    On peut lire sur le journal Le Post,
    «hasard ou coïncidences , Nicolas Sarkozy avait signé un contrat au Mexique ...Donc tout est prêt»

    «Il y a quelque chose de bizarre et qui ne va pas lorsque j'écrivais que Nicolas Sarkozy était venu au Mexique , personne n'a vraiment su pourquoi...»
    «le malheur des uns fait le bonheur des autres ça c'est bien connu»

    À lire:
    http://www.lepost.fr/article/2009/05/01/1517376_ha


    Wayne Madsen,
    Depuis le 11 septembre 2001, il enquête sur différents dossiers sombres.

    On dit de lui qu'il est un ancien officier de la US Navy, un spécialiste de la sécurité des communications. Il a travaillé pour la National Security Agency dans les années 1980 puis pour Naval Data Automation Command, le United States Department of State, la cie RCA Corporation, et aussi, dit-on, le Computer Sciences Corporation.
    On dit qu'il a témoigné quelques fois devant le congrès ÉU ainsi que devant le tribunal d'enquête sur le Rwanda.
    Mais je n'ai rien trouvé pour valider la qualité de ce spécialiste devenu journaliste.

    Peu importe, il nous dresse une liste de faits qu'on peut facilement qualifier de troublants:
    http://www.lepost.fr/article/2009/05/01/1517803_wa


    1/ Grippe très tardive dans la saison (une campagne de vaccination de printemps sera plus que problablement préconisée par L'OMS à l'échelle mondiale, (Niveau 5 ou 6 d'alerte oblige)
    (Saison au Mexique???)

    2/ Structure virale surprenante et inhabituelle éloignée des virus répertoriés
    (à vérifier)

    3/ Apparition simultanée au Mexique, au USA et au Canada
    (presque simultané)


    4/ Apparition en ville loin des porcs...
    (disons)

    5/ 2 ou 3 appellations de virus différents annoncés, puis fusionnés sous l'appellation Grippe A.
    http://nouvelles.sympatico.msn.ca/Grands_titres/Co


    6/ Ne touche que les populations valides, 20/40 ans

    7/- Contamination en mars 2009 de vaccins accidentels de source pathogène (H1N1) confirmée par les laboratoires (contamination découverte par hasard)

    Qui sont les laboratoires BAXTER ?

    8/ Un nouveau contrat par Aventis le 8 mars pour une usine au Mexique
    (vérifié)

    9/ l'explosion de fioles de virus dans un train bondé en Suisse.
    http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=202001&a

    http://www.24heures.ch/vaud/actu/alerte-virus-porc

    http://www.lematin.ch/actu/suisse/virus-train-minu


    10/ Une grippe porcine qui touche pas les porcs, c'est fort, très très fort...

    11/ semaine de la vaccination en Europe (20-16 Avril)

    http://www.cg58.fr/actualites/nievresantesolidarit

    http://www.semaine-vaccination.fr/CP_semaine_vacci



    Écoutez Wayne Madsen interviewé par la télé Russe le 30 avril dernier.

    http://www.dailymotion.com/mychannel/Mykie-du-67/v
    Et comme le rapportait CNN- Money le 31 octobre 2005, Monsieur Donald Rumsfeld a eu le «pif» pour bine investir dans Gilead Sciences qui détient le brevet du Tamiflu fabriqué par la française Roche.

    http://money.cnn.com/2005/10/31/news/newsmakers/fo


    Définitivement, on dirait bien que NOUS SOMMES EN PLEIN ROMAN.

    Est-ce un roman-RÉALITÉ ?
    La question est très pertinente.

    Bien difficile de se dire: "Ne paniquons pas"
    ON NOUS ALARME D'HEURE EN HEURE.
    C'est un fait.

    Il est plus facile de se dire "Ne prenons pas de risque, faisons-nous vacciner!"
    Mais, est-ce un coup monté?
    ET CE VACCIN QU'ON VA NOUS PROPOSER, VA-T-IL NOUS PROTÉGER OU VA-T-IL METTRE NOTRE SANTÉ EN DANGER?

    Autre question: le virus identifié comme étant le A/H1N1 est-il si dangereux?
    Est-il vraiment responsable de ces quelques morts?

    Les journalistes s'efforcent-ils de fouiller le fond du dossier ou si tout simplement ils sont les haut-parleurs diffusant le discours organisé?

    BIEN DIFFICILE DE FAIRE LA PART DES CHOSES entre la réalité et la fiction.

    Une chose est évidente, DEUX VISIONS de la situation S'AFFRONTENT comme des clans imperméables.
    La première, l'officielle, celle dont tous les journalistes sérieux (!) ont une confiance AVEUGLE: l'OMS et les mégas pharmaceutiques.
    Et la deuxième, de plus en plus présente, celle des complotistes (sic), qui nous abreuvent de faits troublants, bien réels.

    CES FAITS TROUBLANTS SONT-ILS DES HASARDS QU'ON UTILISE ou sont-ils vraiment les preuves d'un complot pour nous vendre des vaccins douteux?

    Y a-t-il des journalistes sérieux dans la salle???


    Serge Charbonneau
    Québec

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 07h56
    Québec au temps du choléra
    Le pire oubli du 400e aura certainement été l'épidémie de choléra de 1832-33, de loin la pire tragédie humaine de l'histoire de notre peuple. On ne mesure pas le drame du choléra à Québec qui a fait 3000 victimes en un seul été.

    Porte d'entrée des millions d'immigrants britanniques en Amérique au 19e siècle, la ville de Québec en a payé un lourd tribu. "Entre 1829 et 1865, pas moins de 1 084 765 personnes de la Grande-Bretagne passent par Québec, soit en moyenne 30 000 par année. Cette immigration massive apporte aussi des vagues successives d'épidémies qui déferlent sur le Canada à partir de 1832." (Histoire de la ville de Québec, P.195)

    "Le taux de mortalité augmente continuellement au cours des premières décennies du siècle. D'après les chiffres publiés par le gouvernement à l'époque, on estime ce taux à 54,3 par 1000 entre 1825 et 1832. Ne sachant pas les causes véritables des maladies contagieuses, on accuse les immigrants. Et bien sûr, chaque été, la mortalité augmente. Il est facile d'en conclure que l'arrivée des navires, avec leur cargaison de pauvres immigrants, en est la cause. Depuis 1823, on tente de les isoler, mais la quarantaine se fait dans le port même, et encore seulement dans le cas où l'immigrant porte des signes de la maladie."

    "La croissance du nombre d'immigrants à partir des années 1820 rend très difficile le contrôle ; ils débarquent rapidement des navires et, souvent sans le sou, ils s'entassent dans des tavernes, des auberges de troisième ordre et même dans des caves où ils ne se trouvent guère mieux qu'à bord des navires que les avaient menés au Canada. Dans de telles conditions, quand il y a épidémie, la contagion se répand très rapidement parmi les habitants de la ville, atteignant bientôt les autres régions de la vallée du St-Laurent et le Haut-Canada, à mesure que les immigrants pénètrent à l'intérieur du pays. Partout les habitants de la province, dans la région de Montréal surtout, soutiennent que l'Angleterre était responsable des ravages du choléra, parce qu'elle avait envoyé dans le pays une immense émigration qui portait en elle les germes du fléau."

    "En 1832, craignant les ravages du choléra, déjà épidémiques en Europe, les autorités décident enfin de prendre des mesures élémentaires de protection, notamment le déplacement de la station de quarantaine du port de Québec à Grosse-Ile. Cette mesure reste cependant inefficace, puisque plusieurs navires se rendent à Québec sans même s'arrêter à la station de Grosse-Ile. En 1832, le choléra emporte plus de 3000 victimes dans la ville, dont au moins 2200 résidents permanents ; en 1834, il y a plus de 2000 nouvelles victimes." ((Jean Bruchési, Histoire du Canada)

    Dans une ville d'à peine 28,000 habitants !!! Onze % de morts en un seul été ! C'est de loin la pire tragédie humaine de notre histoire. Notre holocauste à nous, complètement ignoré de la grande majorité des Québécois

    Si on était des Juifs -si seulement on avait l'intelligence des Juifs ! il y aurait une énorme statue dans le port de Québec à la mémoire de ces 3000 victimes. On aurait un immense musée rappelant toute cette saga ; comment les Anglais nous envoyaient des bateaux pleins d'Irlandais malades, comment l'épidémie s'est répandue dans une ville où la population était saine, comment toutes les familles ont été touchées, qui perdant une mère, qui perdant un fils, qui perdant ses deux parents, orphelins à 5 ans. Le nom des victimes serait aligné sur les murs du musée. Chaque année, on tiendrait une journée du souvenir où, pendant deux minutes, tout le Québec s'arrêterait.

    On ferait des films, des tas de films sur cette époque, qui feraient le tour de monde et des téléséries qu'on reprendrait à chaque année, mais sous un nouvel angle.

    Mais on est juste des Québécois. Un peuple encore un peu mouton, dirigé par des élites aplanvantristes, Gratton sur les bords. Alors on a fait une exposition sur les Juifs de Québec à la gare, sur les souffrances terribles qu'ils ont connues au contact des Québécois, antisémites ben sûr.

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 09h13
    Plus important que la médecine
    Merci pour un article particulièrement intéressant.
    Les mesures de santé publique, même aujourd'hui, sont plus importantes que ce que pourrait faire la médecine curative si l'épidémie actuelle s'avère virulente.
    Nos services médicaux sont présentement étirés très minces. Si l'épidémie touchait gravement 1% de la population, nos hôpitaux ne pourraient traiter qu'une partie des cas les plus graves. Il y a la grippe, maladie virale pour laquelle nous avons un antiviral qui a une certaine efficacité, et il y a ses complications. Assez souvent, la grippe se compliquera de maladie bactérienne comme une pneumonie. En 1918, nous n'avions rien contre les bactéries. Maintenant nous avons les antibiotiques qui font une grande différence. Quand l'infection devient assez grave pour nécessiter des soins intensifs, c'est là que nous serions très vite débordés et risquerions de ne pouvoir traiter qu'une partie des malades.
    Voilà pourquoi les actions publiques d'hygiène et de limitation des contacts sont encore particulièrement importantes malgré nos progrès médicaux.
    Daniel Beaudry
    médecin

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 10h48
    Pendant ce temps au Québec on honore des disséminateurs d'épidémies...
    Sait-on seulement que la toponymie de l'Ile de Montréal honore deux disséminateurs intentionnels d'épidémies en les personnes de Amherst (sir Jeffrey) et de Carleton (Guy, baron de Dorchester)?

    Le britannique Sir Jeffrey Amherst, dans une lettre datée du 7 juillet 1763 au colonel Henry Bouquet, officier britannique d'origine suisse conseille : «Ne pourrait-on trouver un moyen d'envoyer la variole à ces tribus indiennes (il s'agit des Delaware, des Mingo et des Shawnee alliées avec les Français) mal disposées? Compte tenu des circonstances, il faut utiliser n'importe quel stratagème pour les détruire». Réponse de Bouquet à Amherst le 13 juillet: «J'essaierai d'inoculer ces gredins avec des couvertures qui pourraient entre leurs mains, prenant soin de ne pas attraper la maladie moi-même». Réponse d'Amherst le 16 juillet : «Vous ferez bien si vous inoculez les Indiens avec des couvertures, ou par n'importe quelle méthode qui pourra servir à décimer cette race exécrable». Bouquet répond le 26 juillet à Amherst : «Toutes vos directives seront suivies».

    Outre le cas d'Amherst, le microbiologiste Patrick Berche, dans son ouvrage, L'histoire secrète des guerres biologiques (Robert Laffont, 2009) souligne le rôle d'un autre britannique dans la contagion volontaire de maladies infectieuses cette fois-ci dans la ville même de Québec. Guy Carleton, baron de Dorchester (une rue porte son nom à Westmount et une autre à Pierrefonds) est hautement suspecté de contaminer des civils de Québec avec la variole avant de les expulsés de la ville afin qu'ils contaminent les troupes indépendantistes américaines. Thomas Jefferson écrit à l'historien François Soulés: «J'ai été informé par des officiers qui étaient en place, et en qui je crois, que la maladie a été envoyée vers notre armée de façon délibérée par l'officier commandant à Québec».

    Il me semble tout à fait adéquat de relater ces faits en parlant d'épidémies et comment au Québec une certaine classe de citoyens honore encore ne serait-ce que par la toponymie des gens sans honneur ni conscience.

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 11h26
    @Jacques Noël
    «Si on était des Juifs - si seulement on avait l'intelligence des Juifs !»

    Suggestion de lecture pour ceux qui veulent être au fait de la plus grande manipulation historique de tous les temps : «Comment le peuple juif fut inventé», par Shlomo Sand, Fayard, 2008.

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    samedi 2 mai 2009 11h46
    Grippe padémique ou intox ?
    La grippe aviaire en 2005 a fait ....63 morts dans le monde entier. Chaque oiseau retrouvé mort au bord d'un étang n'importe où dans le monde faisait la première page des journaux.

    A propos de la grippe porcine A/H1N1, on lit des chiffres farfelus dans lequels les journalistes mélangent les cas dits suspects, les cas avérés et enfin le nombre de morts. Depuis le début de l'épidémie de grippe porcine, il y a eu moins de 30 morts jusqu'à présent et de nombreux cas avérés sont aujourd'hui en très bonne santé aujourd'hui. Donc en premier on se CALME.

    La grippe classique fait 500 000 morts chaque année, le palud tue plus de 2 millions de personnes chaque année. Mais tout va bien. Pour ces deux maladies là, aucune panique organisée mondialement. C'est parfaitement normal.

    La grippe espagnole de 1917/1919 a effectivement fait plus de morts que la première guerre mondiale, et la meilleur prévention contre la plupart des maladies à l'origine de pandémies catastrophiques dans l'histoire de l'humanité consiste en des mesures d'hygiène relativement simples qui se sont généralisées dans le monde Occidental. Le tout à l'égoût, le ramassage quotidien des ordures, l'eau courante contrôlée, le traitement des eaux usées, le chauffage central sont de ces outils. La systématisation de salles de bains dans tous les logements est un facteur qui permet aux gens de se laver quotidiennement.

    Le typhus par exemple se communiquait par les poux, la peste par les puces que les humains attrapaient de leurs animaux d'élevage ou familiers . Le choléra se répandait par les eaux de boisson souillées par les tas de fumiers dans les cours de fermes par exemple et par le fait que les malades communiquaient la maladie par leurs matières fécales en ne se lavant pas les mains. La croyance populaire était que la maladie se communiquait par les voies respiratoires ce qui n'est pas exact. Voilà pourquoi ces terribles épidémies n'ont plus court en Occident. Et pourquoi en RDC par exemple le choléra fait des ravages aujourd'hui.

    Souvenez-vous du tsunami: les premières choses indispensables qu'il a fallut apporter c'est .... de l'eau potable et des toilettes chimiques afin de ne pas déclencher d'épidémies dans les populations survivantes au milieu des ruines. Seconde urgence : enterrer les cadavres. Et enfin à manger.
    L'eau ... d'abord l'eau. Bien après on reconstruit en recontituant le plus vite possible un réseau pour amener l'eau potable et évacuer les eaux usées de façon correcte.

    On est tout de même en droit de se demander pour quelles raisons les autorités médicales, OMS en tête, ont intérêt à ce que la panique organisée comme le nombre d'articles de presse dans ce style là se fasse. En 2005, de nombreux états ont achetés d'importants stocks de tamiflu qui n'ont pas été consommés... les dates de péremptions étant proches, il est légitime de se demander si l'objectif numéro un n'est pas avant tout de vendre ces stocks.

    Continuons à observer les précautions d'hygiène des plus élémentaires et gardons la tête froide avant tout. Je pense que le tamiflu comporte par ailleurs des effets secondaires extrèmement discutables à tel point que les bienfaits supposés pourraient être moindres que les conséquences néfastes. Que nous reste-t-il si toutefois une pandémie se déclanchait ? Les huiles essentielles sont une piste très intéressante parce que on peut les disperser dans l'air à l'aide de diffuseurs froids, et que de nombreuses huiles essentielles ont des propriétés immunostimulantes et anti virales puissantes. Tant que l'on ne fait que les diffuser dans l'astmosphère, il n'y a pas de risques d'effets secondaires. Donc constituons nous une petite pharmacie aromathérapique ( qui pourra nous servir de toutes façons pour toutes autres problématiques respiratoires à d'autres moments dans des mois, voire des années ). Et laissons les stocks de tamiflu se périmer pour finir je l'espère ...à la poubelle.

    Pour ce qui est des vaccins, c'est la seconde offensive prévue pour nous vider un peu plus les poches et remplir un peu plus celles des grands groupes pharmaceutiques. C'est dire si l'inocuité desdits vaccins est le cadet de leurs soucis. Si vous vous faites vacciner, c'est VOUS qui serez leurs cobayes volontaires bénévoles. C'est VOUS qui contacterez les laboratoires pour leur dire quels sont vos troubles, ou votre famille qui le fera pour annoncer que vous êtes handicapés suite à un AVC par exemple voire au cimetière, et c'est VOUS ou vos proches qui devrez le PROUVER en plus pour prétendre à des indemnités.

    Prétendre être capables de produire un vaccin d'ici à 4 mois est tout simplement de l'intox, vu l'évolution permanente par mutation des virus grippaux, et vu le manque le plus élémentaire de recul par rapport aux effets secondaires qu'il faut des années pour connaître. Quatre mois, voyons, ce n'est pas sérieux! Tout vaccin a des effets secondaires pouvant être très graves suivant la méthode de fabrication du vaccin et le choix des conservateurs que le laboratoire choisit. Les conservateurs à base de mercure, d'aluminum ou de formol ne sont pas rares. La plupart des vaccins contre la grippe par exemple sont cultivés sur des cellules embryonnaires de poulet et sont probablement responsables de ce fait de l'augmentation phénoménales d'allergies à l'oeuf constatées dans nos populations. Le mystère que les laboratoires entretient sur le mode opératoire de la fabrication de leurs vaccins sous prétexte de secrets industriels est suspect. Sans révéler les dosages exacts, ils pourraient au moins préciser la liste de tous les composants et notifier ceux ayant des effets notoires allergiques. L'opacité sur les conservateurs fortement toxiques est de même singulière. Alors ne les achetez pas non plus si vous ne voulez pas vider votre porte monnaie, et miner votre santé.

    Parce qu'enfin comme disait Coluche cette magnifique phrase qui peut être lue à plusieurs niveaux, l'un comique et naïf, et un autre bien plus profond comme seul lui savait le faire : "Quand je pense qu'il suffirait que les gens arrêtent de l'acheter pour que cela ne se vende plus ! Ils ne sont pas raisonnables non plus !"

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 13h06
    @ Jacques Noel - Franchement !.. Quel dérapage !
    Un bon ami à moi me disait que dans une société, il y a toujours des boucs émissaires qui écopent des problèmes de la communauté:

    LES PAUVRES, LES IMMIGRANTS, LES CHÔMEURS, LES ARTISTES, LES PERSONNES ATTEINTES DE LIMITATIONS PHYSIQUES ET PSYCHIQUES.

    Les différents et les marginalisés quoi...

    Or, la qualité d'une société se mesure à la manière dont elle traite ses minorités. De toute évidence et le moins qu'on puisse dire, c'est que vous ne contribuez pas à hausser les standards en tous cas...

    Mon père était d'ascendance Abénakis et ma mère d'ascendance Irlandaise. Et je me prétends personnellement, à l'instar de mes parents, un vrai bon p'tit québécois de souche, investi dans la musique, la chanson, la culture et la politique québécoise et depuis toujours.

    Mais je trouve franchement vos propos honteux et xénophobes et suis un peu las d'entendre inlassablement vos bêtises tendancieuses sur les immigrants.

    - TOUT LE MONDE AU QUÉBEC, SAUF LES AUTOCHTONES, VIENT FORCÉMENT D'AILLEURS QUE DU TERRITOIRE.

    La grippe, ce n'est pas un problème «d'IMMIGRATION »
    C'est un problème de «SANTÉ »

    Les Français eux-mêmes, ne sont-ils d'ailleurs pas débarqués en Nouvelle-France avec le scorbut ?

    Si vous souhaitez tant l'indépendance du Québec, consacrez donc vos énergies à convaincre des gens de la justesse votre cause, plutôt qu'à diffuser des préjugés...

    Un indépendantiste - Abénakis - Irlandais

  • Raymond Ouimet
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 13h56
    La grippe espagnole à Hull
    Il y a une dizaine d'années, j'ai fait une courte étude sur la grippe espagnole dans l'ancienne ville de Hull (gatineau). J'ai remarqué que les personnes qui en sont décédées étaient en très très grande majorité des travailleurs, hommes et femmes, des quartiers ouvriers. La grippe n'y a emporté aucun prêtre ni aucun médecin !

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 16h27
    @Gagnon et Monmarquette
    @Gagnon

    Oui je savais pour Shlomo Sand et l'histoire des Juifs. Ca n'enlève rien à leur génie pour vendre leur salade historique. On a tant à apprendre des Juifs. Vs avez vu le palmarès des actes antisémites au Canada qu'ils publient chaque année. Avez-vs idée si on faisait pareil? Si on publiait la liste de toutes les écoles françaises au Canada où on a écrit des slogans anti-frogs ou anti-québécois sur les murs? Sur toutes les lettres de haine que recoivent les députés du Bloc? Sur le nombre de francos qui se font insulter parce qu'ils parlent français en public?

    Je ris toujours lorsqu'on me traite d'antisémite! J'ai la plus grand admiration pour le génie du peuple juif! On a tant à apprendre d'eux.

    @Montmarquette

    Un peu de connaissance historique ça fait jamais de tort à son marxiste. S'agit pas de blâmer les immigrants ou les Irlandais pour le drame de 1832, s'agit juste de savoir ce qui s'est passé. C'est NOTRE HISTOIRE. Ce qui s'est produit à Québec en 1832 est la pire tragédie humaine de notre peuple. C'est notre Holocauste à nous. L'immense majorité des Québécois n'en ont jamais entendu parler. C'est inouie
    Ailleurs, dans d'autres cultures, on en ferait un élément central de l'Histoire. Mais icite..

  • François Beaulé
    Abonné
    dimanche 3 mai 2009 17h54
    @Jacques Noël
    Merci pour votre texte du samedi 2 mai à 7:00. C'est très instructif. Vous ne donnez pas le nombre de morts pour l'ensemble du Québec. Baillargeon écrit que la grippe espagnole a fait 14,000 morts au Québec.

    Cependant vous y allez un peu fort quand vous comparez ces morts et ces souffrances à celle subies par les juifs dans l'Holocauste. La moitié des Juifs ont été exterminés, pas 11%, et cela a été fait de façon volontaire et systématique.

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    lundi 4 mai 2009 07h23
    Le Tamiflu
    Le Tamiflu n'est pas dépourvu d'effets secondaires mais il ne soigne pas la xénophobie ni la peur de l'autre différent de soi. Même périmé.

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