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Pandémie

Denise Bombardier   2 mai 2009  Santé
À moins de se confiner à l'intérieur de sa maison, de débrancher appareils de radio, de télévision et Internet, de couper téléphones et portables, chaque jour les menaces de catastrophes, les débordements de violence, les horreurs de l'humanité dévoyée nous atteignent.

Les bons jours, on résiste au déchaînement médiatique, les bonheurs intimes agissant à la manière d'un barrage en béton. Mais dans les mauvais jours, lorsque nos défenses sont affaiblies par des soucis, des désamours ou des désappointements, les calamités diverses nous touchent avec plus ou moins de percutance. Telle la gradation établie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au sujet des risques de pandémie de la grippe porcine (rebaptisée «mexicaine» en Europe afin d'éviter la panique qui entraînerait l'éradication des porcs comme cela s'est passé en Égypte, et maintenant désignée un peu partout comme la grippe A), nous avons tous une échelle personnelle de risque de 1 à 6. Nous sommes donc plus fragiles que nous ne le croyons devant la catastrophe appréhendée.

Les grandes épidémies ont toujours existé, car l'homme fut de tout temps un nomade à la recherche de terres inconnues ou plus hospitalières. La vie en société suppose une exposition permanente aux dangers physiques et moraux que représente la cohabitation. En ce sens, nous pouvons devenir mortellement dangereux les uns pour les autres.

Nous nous faisons la guerre et nous nous contaminons depuis nos origines. Ce qui est nouveau et dramatise — si besoin était — les annonces de pandémie potentielle alors que chaque jour de cette semaine nous étions attentifs à l'évolution de l'échelle de 3 à 4 et enfin à 5, chiffre devenu indicateur du danger qui nous guette tous, c'est le rôle accélérateur du système médiatique planétaire. Les grandes épidémies des siècles passés demeuraient circonscrites à des frontières géographiques qui excluaient le reste de la planète. De nos jours, les avions qui transportent les voyageurs aux quatre coins du monde à l'intérieur de 24 heures peuvent se transformer en oiseaux de malheur. Les cas de grippe mexicaine confirmés dans des pays aussi éloignés les uns des autres que la Nouvelle-Zélande, Israël et l'Autriche en sont la preuve. Ce qui ajoute à l'inquiétude mondiale.

Perte des repères

En ce sens, les Terriens vivent, vibrent et peuvent paniquer dans un même souffle, si l'on peut s'exprimer de la sorte. Devant la diffusion planétaire de la mort en mouvement, réellement et virtuellement, nous perdons nos repères. Comment absorber une telle menace sinon en paniquant pour plusieurs, en haussant les épaules pour de nombreux autres et en échafaudant des théories de complot pour certains?

Cette vie sous respiration médiatique, où sont rapportés le moindre fait divers à la frontière des Balkans, un incident surréaliste sur une île inconnue dans le Pacifique, un scandale à saveur sexuelle dans une législature anglaise, nous oblige à relativiser nos propres événements locaux. Mais la planétarisation des événements ne réduit pas notre intérêt et notre curiosité pour ce qui se passe dans notre cour ou chez le voisin immédiat. L'homme médiatique d'aujourd'hui conserve un esprit clanique, local, qui n'est que le besoin de proximité sans lequel la plupart des gens se sentent en apesanteur sociale. Le code 5 de l'OMS n'est donc pas vécu de la même manière et avec la même intensité dans les pays concernés. Affaire de culture, de différence de psychologie sociale et de caractéristiques historiques et économiques. La peur, l'hystérie, le scepticisme, l'indifférence se départagent différemment selon le pays.

Alors qu'en France plusieurs se ruent chez les pharmaciens pour se procurer du Tamiflu, vieux réflexe de stocker comme on le faisait pendant la guerre, les Anglais, eux, usent de l'humour dans des publicités d'intérêt public invitant la population à se protéger par de simples mesures comme tousser dans un mouchoir. Aux États-Unis comme chez nous, on s'assure que les stocks de masques et de médicaments sont adéquats, c'est le côté efficacité qui est donc mis en avant.

La médiatisation est une arme à deux tranchants dont il faut se servir avec un sens éthique dénué de sensationnalisme. Il y a une façon d'attendre le pire qui peut créer le désir qu'il arrive. Cet effet pervers explique la complainte de ceux qui semblent déçus du peu de cas recensés et qui en concluent à l'exagération des autorités ou, pire, à des complots pour faire diversion.

Il faut surfer sur Internet pour constater l'ampleur des délires à cet égard. Après les menaces de la grippe aviaire, du SRAS, celle de la grippe mexicaine démontre que, contrairement à ce que croient trop de gens, la médiatisation planétaire entraînant des conséquences sur les décisions des organisations internationales et nationales est un garde-fou qui peut réduire les dégâts des contaminations telles qu'on les a connues au cours des siècles. Cette grippe mexicaine n'aura sans doute d'espagnol que la langue du pays qui est à son origine.

***

denbombardier@videotron.ca






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Vos réactions

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  • Pierre Girard
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 09h35
    Vous avez raison Madame Bombardier, et cet article de F. William Engdahl le confirme
    « Excellent historique de cette grippe, son point de départ, etc., le meilleur article que j'ai lu jusqu'alors.

    "Le Tamiflu et les porcheries industrielles"
    par F. William Engdahl sur:
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13456 »

  • Stéphanie LeBlanc
    Inscrite
    samedi 2 mai 2009 13h32
    Effets pervers
    « J'aimerais amener deux points. Premièrement, j'ai entendu dans un bulletin de nouvelles que le fait de prendre du Tamiflu de façon "préventive", comme beaucoup de gens font en ce moment, risque de créer une souche de H1N1 résistante au Tamiflu, en admettant que ce médicament ait la moindre utilité contre cette maladie (les sources ne semblent pas s'entendre là-dessus).

    Deuxièmement, lorsque je pense à de potentielles pandémies, je m'inquiète toujours des dérives de comportement chez les populations. On se croit toujours si civilisés, mais le verni est parfois très mince. La peur et le chacun pour soi risque de prendre le dessus si une pandémie ralenti l'approvisionnement en nourriture dans les épiceries, en argent dans les guichets automatiques, en denrées médicales dans les pharmacies, etc. Même avec un taux de mortalité faible, si un important pourcentage de la population est contaminé et doit rester à la maison, nous serons affectés quand même.

    Sans être constamment taraudés par des pensées apocalyptiques, autant s'assurer d'avance d'avoir une bonne réserves de diverses denrées alimentaires, médicales ou autres, ainsi que de l'argent liquide afin de ne pas être pris au dépourvu si la situation dégénère. Voici d'ailleurs une page web sur la préparation d'une trousse d'urgence:

    http://www.getprepared.ca/knw/kt/kt-fra.aspx »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 17h57
    pire que le h1n1
    « ce qui est pire que cette forme de grippe, et encore pire que l'industrie porcine, c'est l'industrie du WEB avec tous ces sites voués aux complots, dont Pierre Girard qui fait si bien son nid dans cette niche du Devoir.... à côté des ravages du virus H1N1, les ravages de ceux des sites complotistes sont comparables à la Peste, maladie qui attaque les organes de volition, le cerveau et les poumons... »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 2 mai 2009 18h59
    B4H0
    « tout le Kébec et surtout sa métropole MONRIAL , souffre de l'infectieuse infection B4H0, Bruins de BOSTON 4, HABS de MONRIAL 0... et cela risque de miner considérablement la résistance de la population envers la grippe de mexique, ou bedon, des Amériques, en effet, on croit fermement que la souche est amerloque... c'est monsieur Pierre Girard qui va être content »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 19h56
    Reviendrons-nous aux abris antinucléaires pour nous protéger des médias ???
    « Reviendrons-nous aux abris antinucléaires comme dans l'époque de la guerre froide avec les russes pour nous protéger des médias ??? Voilà la spsychose qui nous attend si on prend trop au sérieux tout ce qui se dit dans les Médias avides de sensations.

    N'en avons-nous pas créé une hystérie avec un réchauffement climatique possible, je dis bien POSSIBLE comme l'écrit le GIEC. On nous a tellement rabaché les oreilles avec ça que personne ne s'est aperçu que le réchauffement est devenu des changements climatiques tellement on ne sait plus si c'est un réchauffement ou un refroidissement qui nous guette...

    Voilà ce qui arrive quand on ne prend pas la précaution de vérifier si un résumé pour politiciens est la vérité toute crue ou c'est surréaliste...

    Non, le siècle de la vitesse de l'information, nous inonde comme un tsunami inattendu. Résistons à ce bourrage de crâne médiatique et on s'en portera bien mieux... »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    samedi 2 mai 2009 23h35
    Ventre-saint-gris madame Bombardier !
    « Madame Bombardier, comme j'avais hâte de vous retrouver. Votre chronique est singulièrement intéressante et amusante sous certains aspects, après tout.

    L'humanité dévoyée maintenant, je vous trouve bien sévère. On croirait presque en votre incapacité pathologique à trouver chez-nous quelque qualité que ce soit, vous obligeant à rapetisser le reste du monde pour nous rendre égaux.

    Voilà que vos prophéties de malheur se révèlent être vraies. L'humanité est punie par la onzième plaie d'Égypte, le virus. En effet, il s'agit d'une nouvelle plaie qui n'eût pu être relater par l'Exode car le virus fut découvert par Pasteur bien longtemps après la mort de l'auteur de l'Exode.

    Le plus fascinant dans vos élucubrations madame Bombardier, c'est qu'en vous lisant, on comprend que vous accusez l'homme, ou même l'humanité comme vous dites, d'avoir à toutes fins pratiques inventer le virus et de l'avoir répandu sciemment et malicieusement dans le monde.

    Ensuite, quelques percutances ( ? ) dans nos défenses affaiblies par les assauts des dangers moraux de la vie en société. Diantre, vous n'y allez pas avec le dos de la main
    morte, comme disait monsieur Perron lui-même !

    Puis, c'est l'apothéose avec cette humanité égarée, dépouillée de ses repères par la médiatisation à outrance. Dans la panique, nous nous ruons dans les pharmacies, pour acheter des stocks bientôt inutiles, car de pandémie il n'y aura point.

    Nous mourrons alors de la peur que nous avons créé de subir la vindicte de notre Dieu vengeur.

    ... »

  • Danielle Turcotte
    Inscrite
    dimanche 3 mai 2009 06h29
    Tout est bien qui finit bien !
    « Madame Bombardier, ce dernier article exprime ma pensée comme personne d'autre ne pouvait le faire. Vous avez ce don de synthétiser en quelques mots les différentes opinions des gens. J'avais hâte d'arriver à la fin de votre article et je n'ai pas été déçue de la conclusion qui valorise la médiatisation planétaire ; car il n'y a pas que des reproches à faire à cette dernière qui est souvent mise au banc des accusés. Bref, si la pandémie n'a pas lieu, pourra-t-on souligner au moins l'efficacité de cette médiatisation ou dira-t-on qu'on avait exagéré la situation ? »

  • Lallier N.p
    Inscrite
    dimanche 3 mai 2009 08h53
    Incroyable
    « Je n'arrive pas a comprendre l'avidité de l'humain et surtout les cerveaux des dirigeants.
    Le désir de possession, le controle, le pouvoir. Tout le monde veut controler tout le monde?
    Pour ce qui est de l'affaire du STRAS dans l'article ( Rumsfel et les compagnie pharmaceutique) et bien ....
    Laissez les fous diriger l'asile et voila ce que cela donne.
    Pathétique. »

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