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Québec - Le ministre Bolduc donne la priorité à l'accessibilité aux soins de santé

« Notre système de santé se porte bien en général »

Thierry Haroun   2 mai 2009  Santé
Pour le ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Yves Bolduc, les problèmes qui perdurent dans les salles d’urgence, tout comme dans le réseau de la santé dans son ensemble, pourraient se régler en bonne partie par un changement des mé
Photo : Agence Reuters
Pour le ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Yves Bolduc, les problèmes qui perdurent dans les salles d’urgence, tout comme dans le réseau de la santé dans son ensemble, pourraient se régler en bonne partie par un changement des mé
Le ministre de la Santé et des Services sociaux, le Dr Yves Bolduc, fait de l'accès aux soins de santé de première ligne sa priorité entre toutes. Il a accepté de nous dévoiler son cahier des charges actuel.

«Mes priorités concernent l'accessibilité à différents services de soins de santé de première ligne, soit aux médecins de famille, aux salles d'urgence et à différents tests d'investigation, dont la radiologie», souligne d'entrée de jeu le Dr Yves Bolduc, un médecin de famille de formation.

Justement, l'accès à un médecin de famille a beaucoup défrayé les manchettes récemment et M. Bolduc y est revenu longuement au cours de cet entretien. Il rappelle d'ailleurs la mise sur pied récente de la Table de concertation sur l'accès aux médecins de famille et aux services de première ligne, à laquelle participent l'ensemble des acteurs intéressés, dont la Fédération des médecins spécialistes du Québec, la Fédération des médecins résidents du Québec (FMOQ), la Fédération médicale étudiante du Québec, le Collège des médecins du Québec, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et l'Ordre des pharmaciens du Québec.

Médecin de famille

Les travaux de la première réunion de cette table ont eu lieu le 17 avril dernier. Les grands thèmes retenus sont l'aspect attrayant et la valorisation de la médecine de famille, l'organisation des soins et des ressources, les pratiques cliniques ainsi que la prestation de services.

Les trois grands objectifs poursuivis par cette table consistent à porter le nombre de groupes de médecine de famille de 180 à 300 d'ici quatre ans, à offrir l'accès à un omnipraticien au plus grand nombre de familles possible ainsi qu'à élever à environ 50 % la proportion des étudiants qui choisissent la médecine de famille plutôt qu'une spécialité, ce pourcentage étant actuellement de 45 %.

Par ailleurs, les chiffres les plus récents qu'a dévoilés la FMOQ indiquent qu'il reste 72 postes à pourvoir en médecine familiale, soit 19 % des postes offerts, et la FMOQ note au passage que, «pour une troisième année consécutive, un nombre important de places en résidence en médecine familiale demeurent vacantes».

Bien conscient des conséquences que cette réalité peut induire sur le plan des services de soins de première ligne, le ministre Bolduc estime qu'il est impératif «de valoriser la pratique de la médecine de famille sur le plan des études. Il faut qu'il y ait, lors de la formation des médecins, le plus de contacts possible avec des médecins de famille». En ce sens, le ministre précise que les doyens des facultés de médecine de la province ont été sensibilisés à cette question.

Selon lui, le fait de miser sur un meilleur accès à des médecins de famille, c'est, en quelque sorte, travailler en amont du système de santé. «Le système de santé repose beaucoup sur les soins de première ligne, ça permet d'avoir une fondation forte.»

Urgence

Le cas des salles d'urgence noircit aussi présentement le cahier des charges du ministre Bolduc. Celui-ci vient d'ailleurs de terminer une tournée qui avait pour but de faire un état des lieux. «J'ai fait une tournée des 11 urgences [à Québec, Montréal, Gatineau et dans les régions de Lanaudière et des Laurentides] qui posaient le plus de problèmes. Et ce que je constate, c'est qu'à certains endroits il y a un problème de disponibilité de lits de courte durée, alors qu'à d'autres on remarque un problème de durée moyenne du séjour des patients en hospitalisation. En d'autres mots, les patients sont hospitalisés trop longtemps. Dans d'autres cas, il y a un problème d'organisation des services cliniques.»

Les problèmes qui perdurent dans les salles d'urgence, tout comme dans le réseau de la santé dans son ensemble, pourraient se régler en bonne partie par un changement des méthodes de travail du personnel soignant et d'autres ressources humaines, souligne le ministre. «Notre objectif, c'est d'offrir des soins de santé de qualité aux patients. Et, pour ce faire, ça prend une prestation des services qui soit bien organisée. Or, quand on fait une évaluation de l'organisation du travail, on remarque qu'il y a place à de l'amélioration. On peut, par exemple, éliminer des tâches qui sont

inutiles. Il faut aussi faire en sorte que ce soient les gens sur le terrain qui prennent le plus de décisions possible quant à l'organisation du travail.»

Cela implique de négocier avec les syndicats? «Oui. Il faut toujours négocier avec les syndicats. Nous avons d'ailleurs actuellement 23 projets qui concernent l'organisation du travail et qui ont été négociés avec les syndicats qui sont nos partenaires. Vous savez, eux aussi manifestent une volonté d'améliorer l'organisation du travail.» Un cas concret? «Prenons par exemple le cas d'un bloc opératoire. On peut y revoir le processus lié au cheminement du patient, où on se rend compte qu'il y a des étapes qui peuvent être conduites différemment.»

Un bon système

Dans une perspective globale, Yves Bolduc juge que «notre système de santé se porte bien en général. Le taux de satisfaction est de 87 %. Il faut rappeler qu'il se fait 450 000 chirurgies par année, 10 000 consultations dans les urgences chaque jour et des millions de consultations auprès des médecins.» Il souligne également que 97 % des cas de cancer sont traités à l'intérieur de quatre semaines, «ce qui est la norme. Évidemment, s'il y a des urgences majeures, la personne sera traitée dans la semaine même.»

En fin d'entrevue, M. Bolduc reconnaît que le fait de remplacer le Dr Philippe Couillard, qui a laissé une forte empreinte au sein du plus gros portefeuille de l'État québécois, n'est pas une mince tâche. «Ce sont de très grosses pointures à chausser, en effet.»

***

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  • Michel Bérubé - Inscrit
    2 mai 2009 12 h 03
    À bon entendeur
    À bon entendeur
    Amélioration = privatisation
    Surtout quand on loue la grosse pointure à Couillard et que l'on louange la consommation de médicament.
    L'association des compagnies pharmaceutiques le remercie !
    L'attaché politique du ministre n'aurait pu écrire un meilleur article et remercie le journaliste!
    Un article explosif!
    J'aime bien au petit matin, cette odeur de napalm. Comme on le sait, un des premiers effets du napalm est de supprimer l'oxygène, ici dans cet article, c'est son arrivée au cerveau.
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  •  
  • Claude Stordeur - Abonné
    3 mai 2009 08 h 30
    Les contradictions du ministre irresponsable.
    Les contradictions du ministre irresponsable.
    On ne doit pas reculer bien en arrière pour entendre ce ministre d'apparat nous dire en pleine figure que malgré que nous finançons par nos taxes à 100% ce ministère, il ne peut plus garantir que nous serions autre part qu'a l'urgence sur une civière après 48 h.
    Je demanderais juste a ce ministre de passer deux nuits incognito à l'urgence pour voir si le manque de sommeil aide à la guérison.

    La solution est pourtant simple, les hôpitaux sont engorgés de personnes agées en attente de CHLD ou de maisons privées subventionnées, comme les écoles privées à 80%.

    Même avec un revenu de pension bien au dessus de la moyenne on attend souvent un mois avant de pouvoir quitter un lit d'hôpital qui pourrait être bien mieux employé par un malade de l'urgence.

    Quand à la médecine familiale, tant que les médecins seront payer à l'acte et non par mois,( ce qui fait du corps médical un joueur capitaliste dans un système socialiste, dont les frais sont répartit entre tout ceux qui paye des taxes et impôts) il serait très simple de donner une compensation supérieure au gens qui travaillent dans les cliniques familiales.
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  •  
  • Françoise Breault - Abonnée
    3 mai 2009 10 h 25
    Bravo à M. Bérubé
    J'aime bien votre commentaire clairvoyant
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  •  
  • Raymond Vaillancourt - Abonné
    3 mai 2009 14 h 56
    Système de soins et non un système de santé !
    Jusqu'à quand allons-nous continuer à parler d'un système de santé alors qu'il ne s'agit plus maintenant que d'un système de soins ! Tant que tout continuera de tourner autour de la médecine et que nous aurons un médecin comme ministre, les solutions ne seront que financières et incitatives.

    Raymond Vaillancourt
    www.prospectgestion.com
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  •  
  • Denyse Dufresne - Inscrite
    3 mai 2009 19 h 41
    Collaboration et complémentarité des différents intervenants dans un système de SANTÉ
    Monsieur le ministre Bolduc parle de santé et intervenants de première ligne. Certes augmenter le nombre de médecins de famille est une solution honorable: mais monsieur Bolduc ne considère pas l'éventail d'intervenants de première ligne tels les acupuncteurs, les naturopathes, les homéopathes, les ostéopathes, les psychologues (car le mal-être peut se manifester par des signes de dépression, d'obsession...); tous sont consultés pour différents signes et symptômes, parfois mineurs, mais doivent acheminer leurs clients, lors de problèmes plus particuliers, vers un médecin. Tous ces professionnels sont conscients de leur responsabilité et n'hésitent pas à référer dans des cas de nécessité. Monsieur le Ministre Bolduc est-il conscient de la richesse de cette pluralité des intervenants et de leur complémentarité et collaboration? Si les médecins croyaient à la qualité des professionnels et cessaient de craindre de partager des responsabilités, ils seraient moins surchargés et plus heureux de travailler en équipe. Et la santé, c'est avant tout l'harmonie, la prévention et l'information du public pour que les gens se prennent en main par une saine alimentation et une bonne hygiène de vie! Cessez de penser pouvoir, argent et pensez bien=être!
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