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La vigilance relevée d'un cran dans les hôpitaux

Amélie Daoust-Boisvert   29 avril 2009  Santé
Attente à l’urgence de l’Hôpital de Verdun, hier. Le réseau hospitalier a rehaussé son niveau de vigilance devant la menace de la grippe porcine.
Photo : Jacques Nadeau
Attente à l’urgence de l’Hôpital de Verdun, hier. Le réseau hospitalier a rehaussé son niveau de vigilance devant la menace de la grippe porcine.
Le Québec retient son souffle alors que l'épidémie de grippe qui tient la planète en alerte l'épargne toujours. Le directeur national de la santé publique, le Dr Alain Poirier, a témoigné hier de l'absence dans la province de cas confirmés de grippe humaine d'origine porcine.

Le Dr Poirier a tout de même reconnu lors d'une conférence de presse que le Québec n'est pas immunisé, et que des cas se déclareront tôt ou tard. Fort de son plan d'action national préparé en 2006, il a martelé que les autorités sanitaires étaient parées à cette éventualité.

À l'instar de l'OMS, qui a élevé le niveau d'alerte à 4 sur une échelle de 6, les autorités médicales de la province ont enclenché la phase d'intervention prévue dans le plan national. Les établissements de santé montréalais en sont au niveau C — sur une échelle allant jusqu'à E — selon Isabelle Caron, gestionnaire du plan de pandémie de l'Hôpital général juif. «Le niveau D sera atteint lorsqu'auront été observés des cas de transmission entre humains au Québec», a-t-elle précisé.

La Dre Lucie-André Roy, qui coordonne les mesures d'urgence à Montréal, explique que le réseau de la métropole est en mode «vigilance» pour «détecter le premier cas, retarder l'introduction de l'infection et surtout, éviter sa propagation».

«Nos établissements et leurs équipes sont prêts à toutes éventualités», a réitéré le p.-d.g. de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, David Levine, lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi, fort du plan d'action montréalais publié en 2007. Le plan montréalais de lutte contre une pandémie d'influenza, offert sur le Web, tient en 15 pages. Il découle du plan national de Québec.

Sur le terrain

Le Devoir a fait la tournée des hôpitaux pour constater les mesures sanitaires déployées. Sur huit établissements visités, il a été possible de pénétrer sans se laver les mains ou sans se faire questionner dans cinq d'entre eux.

N'entrait pas qui veut à l'hôpital Sainte-Justine hier. Deux gardiens et deux préposés accueillaient les visiteurs en leur bloquant l'accès à partir du hall, masqués et armés de distributeurs de désinfectant. «Êtes-vous allé au Mexique ou aux États-Unis dans les dix derniers jours?» demandaient-ils à tous, sans exception. Des mesures semblables, quoique moindres, étaient déployées à l'entrée de l'urgence. C'est également le seul établissement où on distribuait des feuillets d'information conçus spécifiquement pour la pandémie de grippe d'origine porcine.

L'hôpital Maisonneuve-Rosemont ainsi que l'Hôpital général de Montréal avaient eux aussi mis en place des cordons de sécurité impossibles à traverser sans soumettre ses mains à la désinfection, mais on ne questionnait pas les visiteurs. À l'Hôpital général juif, au Ste. Mary's et à l'Hôpital de Montréal pour enfants, des gardiens étaient bel et bien postés aux entrées, mais ils ne demandaient pas systématiquement aux visiteurs de se laver les mains. Plusieurs passaient tout droit, a observé Le Devoir. «Pour le moment, a indiqué Isabelle Caron de l'Hôpital général juif, de simples mémos invitent les visiteurs à se laver les mains. Dans un avenir prochain, nous demanderons probablement à tous les visiteurs de se laver. Mais pour l'instant, notre priorité est que le personnel soit bien préparé et que nous interceptions efficacement les patients symptomatiques.»

À Saint-Luc et à Notre-Dame, ni les entrées principales ni celles des urgences n'étaient surveillées, et le désinfectant pour les mains était en place avec les panneaux d'information habituels. Dans les hôpitaux du CHUM comme ailleurs, on procède plutôt à un triage plus poussé des patients qui se présentent à l'urgence. «Ceux qui présentent des symptômes apparentés à la grippe ou qui ont voyagé récemment au Mexique seront invités à porter un masque et seront isolés. On effectuera des prélèvements sur ces patients pour identifier la présence d'influenza», a dit Lucie Dufresne, responsable des communications au CHUM.

«Cent pour cent des établissements sont au rendez-vous et nous sommes entièrement satisfaits des actions sur le terrain», se félicite Louise Massicotte, directrice adjointe de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. «On ne prend pas trop de mesures, trop rapidement», soutient-elle, ajoutant qu'ils sont prêts à «aller plus loin, mais nous n'en sommes pas là». Les symptômes que présentent les cas non mexicains de la grippe sont qualifiés de «légers» par David Levine, p.-d.g. de l'Agence de Montréal, mais «nous mettons tout en place comme si c'était sévère.»

Dans le plan montréalais de lutte contre une pandémie d'influenza, on retient un scénario dans lequel 35 % de la population montréalaise pourrait être atteinte en cas de pandémie, donc près de 730 000 personnes infectées au cours des huit premières semaines. Les auteurs estiment que cela pourrait entraîner 9000 hospitalisations et 1000 décès, situation loin de celle vécue pour le moment.

Les personnes inquiètes de leur état de santé doivent communiquer avec Infosanté, qui redirige si nécessaire les cas vers les hôpitaux qui sont alors prêts à les accueillir et à les prendre en charge rapidement.

Avec la collaboration de Pauline Gravel

Le Devoir avec la Presse canadienne






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