Les Québécoises continuent de faire toujours plus de bébés
La cohue chez les gynécologues et dans les garderies de la province se poursuit. Pour la première fois depuis 1976, le taux de fécondité des Québécoises a atteint 1,74 enfant par femme en 2008, comparativement à 1,68 en 2007, a révélé hier l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). Plus de 87 600 bébés ont vu le jour au Québec l'an passé.
«Il s'agit de la sixième hausse consécutive. Depuis 2006, on vit de grandes augmentations pouvant aller jusqu'à 7 % par année», a expliqué Chantal Girard, démographe à l'ISQ.
La caisse du Régime d'assurance parentale, déjà déficitaire, tournera donc encore à plein régime en cette année de récession. Créée en 2006 et d'abord estimée à un milliard par année, cette mesure en coûte plutôt 1,5 milliard par année, puisque les naissances dépassent nettement les 75 000 poupons attendus sur papier. Le premier ministre Jean Charest a d'ailleurs dit non à un gel des tarifs du Régime d'assurance parentale, le 16 février dernier. Pour la deuxième année consécutive, le régime a imposé une majoration de 7,5 % de ses primes en janvier. Une hausse de 5,1 % est planifiée pour l'an prochain.
Les parents semblent avoir été séduits par l'idée de procréer depuis l'avènement du régime, mais Mme Girard refuse de parler de mini baby-boom. «Même s'il y a quelques années d'augmentation, on n'efface pas les 30 ou 40 dernières années de sous-fécondité», avance-t-elle. «Nous sommes loin du baby-boom. Ce serait étonnant que nous atteignions bientôt deux enfants par femme», seconde Richard Marcoux, démographe à l'Université Laval. Le Québec, depuis 1970, se situe sous le seuil de remplacement des générations, c'est-à-dire un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme.
«On sait qu'une bonne partie de l'augmentation du nombre de naissances des dernières années est liée aux femmes de plus de 30 ans, qui font une sorte de rattrapage», croit Chantal Girard. Solène Lardoux, démographe et professeure adjointe à l'Université de Montréal, estime que les trentenaires devraient maintenir cette hausse des naissances quelques années encore. Il y a aussi une petite augmentation chez les femmes de 24 à 28 ans, un phénomène qui n'avait pas été observé depuis le début des années 1990.
Richard Marcoux estime également que le Régime d'assurance parentale a quelque chose à voir avec ce succès. «La caisse a d'ailleurs fondu, victime de son succès. Les jeunes se sont appropriés ce programme. Quand on les interroge, les Québécois affirment désirer avoir deux enfants en moyenne: il faut leur donner les moyens de réaliser ce souhait.» Le démographe anticipe toutefois les effets de la crise économique sur les chiffres de 2009, puisque les jeunes souffrent tout particulièrement de la précarité d'emploi qu'elle engendre. «Ils peuvent reporter leurs projets familiaux», avance-t-il. Sa collègue de l'Université de Montréal, Solène Lardoux, croit pour sa part que les politiques familiales du Québec devraient servir de parapluie aux futurs parents.
«Il s'agit de la sixième hausse consécutive. Depuis 2006, on vit de grandes augmentations pouvant aller jusqu'à 7 % par année», a expliqué Chantal Girard, démographe à l'ISQ.
La caisse du Régime d'assurance parentale, déjà déficitaire, tournera donc encore à plein régime en cette année de récession. Créée en 2006 et d'abord estimée à un milliard par année, cette mesure en coûte plutôt 1,5 milliard par année, puisque les naissances dépassent nettement les 75 000 poupons attendus sur papier. Le premier ministre Jean Charest a d'ailleurs dit non à un gel des tarifs du Régime d'assurance parentale, le 16 février dernier. Pour la deuxième année consécutive, le régime a imposé une majoration de 7,5 % de ses primes en janvier. Une hausse de 5,1 % est planifiée pour l'an prochain.
Les parents semblent avoir été séduits par l'idée de procréer depuis l'avènement du régime, mais Mme Girard refuse de parler de mini baby-boom. «Même s'il y a quelques années d'augmentation, on n'efface pas les 30 ou 40 dernières années de sous-fécondité», avance-t-elle. «Nous sommes loin du baby-boom. Ce serait étonnant que nous atteignions bientôt deux enfants par femme», seconde Richard Marcoux, démographe à l'Université Laval. Le Québec, depuis 1970, se situe sous le seuil de remplacement des générations, c'est-à-dire un taux de fécondité de 2,1 enfants par femme.
«On sait qu'une bonne partie de l'augmentation du nombre de naissances des dernières années est liée aux femmes de plus de 30 ans, qui font une sorte de rattrapage», croit Chantal Girard. Solène Lardoux, démographe et professeure adjointe à l'Université de Montréal, estime que les trentenaires devraient maintenir cette hausse des naissances quelques années encore. Il y a aussi une petite augmentation chez les femmes de 24 à 28 ans, un phénomène qui n'avait pas été observé depuis le début des années 1990.
Richard Marcoux estime également que le Régime d'assurance parentale a quelque chose à voir avec ce succès. «La caisse a d'ailleurs fondu, victime de son succès. Les jeunes se sont appropriés ce programme. Quand on les interroge, les Québécois affirment désirer avoir deux enfants en moyenne: il faut leur donner les moyens de réaliser ce souhait.» Le démographe anticipe toutefois les effets de la crise économique sur les chiffres de 2009, puisque les jeunes souffrent tout particulièrement de la précarité d'emploi qu'elle engendre. «Ils peuvent reporter leurs projets familiaux», avance-t-il. Sa collègue de l'Université de Montréal, Solène Lardoux, croit pour sa part que les politiques familiales du Québec devraient servir de parapluie aux futurs parents.
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