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La tuberculose reprend du terrain

Une vaste étude clinique devrait toutefois permettre d'en contrôler la dissémination

Pauline Gravel   27 mars 2009  Santé
Photo : Jacques Nadeau
Elle reprend du terrain en Afrique subsaharienne et dans les ex-pays du Bloc soviétique. Elle frappe beaucoup plus fréquemment les Inuits du Nunavik que les autres citoyens québécois. On dépiste une grosse centaine de nouveaux cas chaque année à Montréal. La tuberculose, qui a décimé une partie de la population québécoise avant l'avènement des antibiotiques, est encore loin d'être éradiquée. Une vaste étude clinique qui débutera sous peu à Montréal et ailleurs dans le monde devrait toutefois permettre d'en contrôler la dissémination.

Dans les ex-pays du Bloc soviétique, l'incidence de la tuberculose (TB) a doublé depuis 1980.

Dans les pays au sud du Sahara, elle a quadruplé. Ailleurs dans le monde, comme en Amérique du Sud et en Asie, on observe plutôt un déclin de la maladie de 2 à 4 % par année, rapporte l'infectiologue Marcel Behr du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). La recrudescence qu'on observe en Europe de l'Est s'expliquerait notamment par l'effritement des systèmes de santé qui ne peuvent offrir les traitements optimaux, notamment dans les cas de résistance aux antibiotiques. Dans le sud de l'Afrique, l'épidémie de sida amplifie le problème. «Car il existe une synergie entre le VIH et la TB; les porteurs sains du pathogène de la TB sont plus susceptibles de développer la forme active de la maladie s'ils sont séropositifs pour le VIH, et inversement», explique le Dr Behr.

«On peut guérir la TB avec des médicaments peu coûteux dans la grande majorité des cas. Mais on ne réussit pas toujours à la diagnostiquer efficacement dans les pays en développement qui ne disposent pas des outils nécessaires pour y arriver. Seuls les cas les plus flagrants y sont généralement dépistés», ajoute le pneumologue Kevin Schwartzman de l'Institut thoracique de Montréal au CUSM.

Au Canada, l'incidence de la maladie est plutôt stable, sauf au sein de certaines populations autochtones du Nord du Québec et de l'Ouest canadien. En 2007, le taux d'infection parmi les Inuits du Nunavik était six fois plus élevé que chez les autres Canadiens. «Les délais dans le diagnostic, parce qu'ils habitent dans des villages isolés ou parce qu'ils ont un certaine appréhension du système de santé, entraînent des risques accrus de contamination», avance le Dr Schwartzman.

«L'histoire nous a montré qu'on recense plus de cas de TB lorsque le nombre de personnes vivant sous un même toit est plus élevé, ajoute le Dr Behr. Alors qu'à Outremont, une famille de quatre personnes habite généralement une maison comportant quatre chambres, un salon, une salle à dîner et une salle de séjour, chez les Inuits, huit personnes peuvent vivre dans deux pièces.»

À Montréal, environ 150 nouveaux cas de TB sont diagnostiqués chaque année. Près de 80 % d'entre eux sont des immigrés qui ont été infectés dans leur pays d'origine, où l'incidence de la TB est élevée. «À Montréal, la tuberculose n'est pas un problème de santé publique parce qu'il n'y a presque aucune transmission, souligne le Dr Behr. Les personnes qui émigrent à Montréal et qui sont atteintes de la TB sont dépistées à leur arrivée. Parmi les procédures d'immigration, les nouveaux arrivants doivent subir une radiographie des poumons. La plupart des cas de TB sont ainsi détectés et envoyés à la clinique pour y recevoir le traitement qui les guérira et préviendra ainsi toute transmission du pathogène.» Les proches de ces personnes infectées seront également invités à subir un test de dépistage, car ils sont probablement atteints de la forme latente de la maladie. Ce test cutané permet de diagnostiquer les porteurs sains, auxquels on proposera un traitement préventif qui permet d'éliminer les bactéries latentes.

La forme latente de la TB est complètement asymptomatique, explique le directeur de la médecine respiratoire au CUSM, le Dr Dick Menzies. «Les personnes atteintes de la forme latente peuvent vivre plusieurs mois, plusieurs années, voire toute la vie, sans développer la forme active de la maladie. On estime qu'entre 10 et 20 % d'entre elles développeront la maladie un jour. Certains facteurs tels que le diabète, l'insuffisance rénale, une mauvaise alimentation, le tabagisme ou la prise de certains médicaments comme la chimiothérapie contre le cancer, qui diminue les défenses immunitaires, accroissent le risque que la forme latente devienne active», souligne le Dr Menzies, qui pilotera une grande étude clinique visant à éprouver l'efficacité d'un nouveau traitement préventif plus court et moins nocif que le traitement employé actuellement, lequel ne révèle son efficacité qu'au terme de neuf mois de médication et au prix de graves effets secondaires nécessitant parfois une transplantation hépatique. «Pour ces raisons, les médecins sont réticents à prescrire une telle thérapie et les porteurs en bonne santé, à s'y soumettre, d'où l'intérêt de proposer un traitement plus court tout en étant aussi efficace», fait valoir le Dr Menzies. L'étude clinique portera sur 6000 patients et se déroulera aussi en Arabie saoudite, au Brésil, en Corée, en Australie, au Bénin et en Guinée. Elle permettra de vérifier si un traitement de quatre mois à la rifampine, un antibiotique présentant peu d'effets secondaires, est aussi efficace qu'une thérapie de neuf mois avec l'antibactérien isoniazide.

«Le grand défi est de prévenir l'abandon du traitement. Plus court sera le traitement, moins les abandons seront nombreux. Si on pouvait traiter la TB comme une pneumonie à l'aide de sept à dix jours d'antibiotiques, il y aurait beaucoup plus de patients qui suivraient fidèlement leur traitement et le compléteraient», ajoute le Dr Schwartzman.

«Ce nouveau traitement ne permettra pas d'éradiquer la TB, mais plutôt de la contrôler, prévient le Dr Behr. L'éradication de la TB est un grand défi que l'on est encore loin de pouvoir relever. Jusqu'à maintenant, nous n'avons jamais éradiqué une maladie infectieuse avec des antibiotiques. L'éradication de la variole n'a pu être obtenue que grâce à la vaccination.»

Le vaccin BCG contre la TB est aujourd'hui encore administré dans les pays connaissant une très grande incidence de la maladie. Mais son efficacité n'est pas clairement reconnue. Le BCG n'offre, semble-t-il, une protection que durant les toutes premières années de la vie.

Au Québec, la vaccination systématique des jeunes enfants a été abandonnée autour des années 1980, étant donné que l'incidence de la maladie avait grandement diminué et que les bénéfices que procurait le vaccin n'étaient pas suffisants compte tenu des risques qui y étaient associés.

Pour éradiquer la TB, il faudra donc disposer d'un vaccin efficace. De nombreux chercheurs y travaillent ici et ailleurs dans le monde, mais ils ne sont pas au bout de leur peine...






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  • Guillot Sophie
    Inscrite
    vendredi 27 mars 2009 06h21
    Un vaccin pour la tuberculose : pourquoi cela est impossible
    Vous écrivez : "Au Québec, la vaccination systématique des jeunes enfants a été abandonnée autour des années 1980, étant donné que l'incidence de la maladie avait grandement diminué et que les bénéfices que procurait le vaccin n'étaient pas suffisants COMPTE TENU DES RISQUES QUI Y ÉTAIENT ASSOCIÉS."

    J'ai bien lu, il y avait donc des risques dont vous ne dites rien.

    Laissez-moi vous dire quelques bonnes choses à propos de la tuberculose et de soi-disant vaccins :

    1/ Voudriez-vous avoir l'extrème obligeance de m'expliquer comment un vaccin pourrait faire ce que la maladie ne fait pas ? Je m'explique. Prenons un patient lambda qui attrape la tuberculose et qui parvient à s'en sortir. Bien. Il se trouve que ce patient, si son système immunitaire a été capable de combattre la maladie n'est en rien garanti de ne pas la recontracter une autre fois voire plusieurs le restant de sa vie , contrairement à des maladies telles que la rougeole, la rubéole, la varicelle, les oreillons par exemple. Alors comment un vaccin peut-il déclencher une pareille réponse immunitaire ? La vérité est que l'on peut faire rigoureusement le même raisonnement à propos du tétanos...

    2/En réalité le BCG n'a jamais été efficace en la matière pourtant les laboratoires en ont vendu des milliards depuis la seconde guerre mondiale pour les injecter à une très grande partie de la population. Pourquoi si l'on savait dès le départ son inefficacité voire sa dangerosité les Etats ont aidé les laboratoires par les obligations vaccinales et même le remboursement ou la prise en charge ???

    3/ Les effets secondaires néfastes les plus communéments observés lors de l'administration du BCG sont multiples. Asthme, excéma, troubles cutanés ou/et respiratoires, problèmes ORL chroniques, sans compter les cas d'encéphalites handicapantes et parfois mortels. On ne peut s'empêcher de relier ce vaccin aux cas exponentiels d'allergies de toute nature que les enfants développent de façon de plus en plus fréquentes.

    4/ Si vous voulez en savoir plus d'une manière générale sur les vaccins, je vous recommande fortement d'aller lire ces articles là :

    http://www.ledevoir.com/2009/03/07/237711.html
    Le vaccin contre le VPH - Des doutes sur l'efficacité du Gardasil

    http://www.ledevoir.com/2009/03/24/241458.html
    Histoire d'une menace invisible

    Et d'aller aussi fouiller ici :
    http://biogassendi.ifrance.com/editobiofr12bechamp

    Lisez donc Guylaine Lanctôt, La Mafia Médicale.

    La meilleur prévention contre la tuberculose est une vie saine, et des mesures d'hygiène les plus élémentaires : chauffer correctement son logement, combattre l'humidité, installer dans les logements non pourvu ( je pense à l'Afrique) l'eau potable contrôlée, le tout à l'égoût, organiser le ramassage régulier des ordures, faire le ménage et aérer son logement, stopper tous les produits laitiers, refuser toutes les vaccinations non obligatoires et combattre (toutes) les obligations abusives et dangereuses. C'est pas aussi cher que les campagnes de vaccinations, c'est efficace MAIS ça ne rapporte pas un centime à l'industrie pharmaceutique...

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 27 mars 2009 07h12
    "Près de 80 % d'entre eux sont des immigrés"
    Que font nos fonctionnaires? Comment expliquer que 150 personnes infectées passent à travers les mailles?
    Il y a un cas terrible d'infection il y a quelques années. Quelqu'un d'infecté avait participé à des tests de médicaments d'une cie pharmaceutique. Les autres participants avaient été infectés par lui

  • Stéphanie LeBlanc
    Inscrite
    vendredi 27 mars 2009 10h32
    Souches résistantes aux antibiotiques
    Ce qui me préoccupe le plus ce sont les souches de tuberculose résistantes aux antibiotiques. Ces souches sont apparues entre autre dans les prisons de pays comme la Roumanie et la Russie. La TB y est très fréquente en milieu carcéral, à cause de la surpopulation dans les cellules. Les détenus atteints de TB y sont traités tant qu'ils demeurent en prison mais il n'y a pas de suivi pour s'assurer qu'ils continuent le traitement lorsqu'ils sortent. Les bacilles les plus résistants ayant survécu aux premiers traitements se reproduisent donc, ce qui crée une souche qui ne peut plus être traitée par les moyens conventionnels.

    Toute action mondiale pour éradiquer la TB doit tenir compte du problème des prisons devenues des fabriques de souches de TB résistantes! Les conditions de détentions doivent respecter les normes les plus élémentaires (hygiène, espace, alimentation, soins médicaux, suivi, etc). Il faut en outre vérifier de quelle souche sont atteintes les personnes qui imigrent avec la TB dans leurs bagages...

  • Simon Chamberland
    Inscrit
    vendredi 27 mars 2009 18h12
    Ça prend un nouveau vaccin.
    En attendant le vaccin qui permettra prévenir, voir éradiquer, le bacille de Koch de cette planète, il faut absolument mieux administrer les antibiotiques dans les pays en voie de développement, mieux en contrôler l'usage dans les pays développés et en trouver de nouveaux. J'imagine, à cause du type de bacille (des mycobactéries) que l'emploi de phages pourrait être possible.

    Probablement parce que ça n'affecte pas trop les pays riches que la recherche n'est pas trop orientée vers de nouveaux vaccins et de nouveaux antibiotiques.

    Malgré ses limites et les réactions hystériques de ceux qui ne comprennent rien aux vaccins (Guylaine Lanctot, Lina B Moreco), le BCG reste efficace pour modérer les effets du bacille. Il n'a rien d'impossible, du moins d'un point de vue microbiologique, dans la recherche et la fabrication d'un nouveau vaccin contre la tuberculose.

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    mardi 14 avril 2009 10h03
    monsieur Chamberland
    Malheureusement pour vous, il n'y a pas que Guylaine Lanctôt qui pense cela à propos des vaccins. Je n'ai parlé d'elle que parce que elle est Québécoise et que j'ai supposé que pour les Québécois, il serait plus facile de se procurer ses livres.

    Je pense aussi par exemple au Professeur Seignalet qui était immunologiste et professeur de faculté de médecine en France. Je pense à Sylvie Simon, je pense à Fernand Delarue, je pense à tous les collectifs de médecins qui dans les années 20 en Europe après avoir été fortement convaincus du bien fondé des vaccinations et avoir constaté sur leurs propres patients les effets secondaires relativement graves, se sont mobilisés pour protester contre les obligations vaccinales. Pourquoi si la vaccination était si efficace ou/et inoffensive tous ces gens là ont été littéralement muselés ?

    Fernand Delarue explique fort bien dans sa littérature par exemple comment les statistiques ont été biaisées pour nous faire avaler des couleuvres plus grosses que des éléphants.

    Pour simplement effleurer le sujet, j'aimerais que vous m'expliquez une simple chose.

    Imaginons, je dis bien imaginons que vous soyez absolument convaincu que le vaccin BCG est efficace pour lutter contre la tuberculose. Ou n'importe quel autre vaccin pour se protéger contre une maladie.
    Pourquoi si vous pensez qu'il est efficace faut il obliger les gens qui n'y croient pas à se faire vacciner ? Dans l'hypothèse où vous ayez raison, faites vous vacciner vous et les autres qui ne le font pas prennent les risques qu'ils veulent, pourquoi leur imposer de la sorte ce choix thérapeutique ? Est ce parce que en réalité vous doutez de l'efficacité de ce choix ?

    Si demain vous vous soignez pour une maladie quelqu'elle soit, ce n'est pas parce que votre voisin fera le même traitement que vous pour la même pathologie qu'il sera lui aussi guéri. Vous savez bien donc que chaque personne réagit bien différement à un même traitement. Je suppose que cela vous permet au moins de concevoir que devant un même vaccin, des personnes peuvent réagir totalement différemment.

    Comment se fait il que si une dose de vaccin est destinée à un nourrisson ou à un adulte, le dosage est rigoureusement le même ? C'est bien le seul domaine de l'allopathie qui ne module pas les doses en fonction ne serait ce que du poids du patient.

    Je ne peux pas croire une seconde pour ma part que un adulte de 80kg et un bébé de 5kg peuvent réagir de façon identique ( et c'est sans parler du système immunitaire du bébé qui n'est pas du tout mature ). Pourtant les labos continuent de nous soutenir que dans les deux cas on administre rigoureusement la même dose de bacille "atténué". Et que c'est inoffensif pour les deux, et que cela procure la même immuinité aux deux patients.

    Expliquez donc à ceux qui ne sont que des ignares et des abrutis comment vous pouvez justifier ces positions là. Je crois en l'instruction mais aussi au solide bon sens, pas vous ?

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