Infirmières de première ligne - Le Québec gagnerait à imiter le ROC
Alors que les super-infirmières commencent à peine à faire leur place dans nos hôpitaux, elles sont déjà des centaines en Ontario qui veulent élargir leur champ de pratique encore davantage
Photo : Pascal Ratthé
Le milieu médical québécois a toujours été réticent à déléguer plus de tâches aux infirmières.
Des temps d'attente réduits, un plus grand nombre de patients soignés, des diagnostics plus rapides... Au Canada anglais, les infirmières ont trouvé des solutions pour améliorer la quantité et la qualité des soins. L'Association des infirmières et des infirmiers du Canada a d'ailleurs publié hier un rapport... qu'on jalouse un peu au Québec.
Pour réduire le temps d'attente dans les hôpitaux et pour les chirurgies, les infirmières canadiennes plaident pour qu'on leur fasse une plus grande place dans le système de santé. Dans un rapport qu'elle a publié hier, l'Association des infirmières et des infirmiers du Canada a fait état d'une série d'initiatives qui ont amélioré les soins et réduit les temps d'attente. Les infirmières-pivot et les infirmières praticiennes — les fameuses «super-infirmières» qui ont un diplôme de deuxième cycle — sont mises à contribution pour alléger la tâche des médecins et atténuer les effets de la pénurie.
Par exemple, au Centre régional du cancer de Windsor, où une infirmière-pivot a coordonné le processus de diagnostic du cancer du poumon, les patients ont été informés beaucoup plus rapidement du verdict de leurs tests. En moyenne, ils n'ont attendu que 44 jours au lieu de 120. À New Westminster en Colombie-Britannique, une infirmière clinicienne spécialisée a élaboré un «modèle de mieux-être postopératoire» qui a permis de réduire de 50 % la durée médiane de l'hospitalisation des patients qui avaient subi un résection du côlon.
Le Québec traîne la patte
Qu'est-ce qu'on attend pour faire de même au Québec? «On croit aussi que les infirmières font partie de la solution», croit Lina Bonamie, présidente de la Fédération interprofessionnelle du Québec, qui a annoncé hier qu'elle quittera ses fonctions en juin. «Mais on a été ralenties par les médecins omnipraticiens qui se sentaient menacés et l'Ordre des pharmaciens qui résistait pour ne pas qu'elles prescrivent.»
Claude Montmarquette, coauteur d'une étude statistique comparative sur la pénurie d'infirmières, est d'avis que les infirmières québécoises aient un plus grand rôle à jouer. «J'ai l'impression qu'on a toujours, dans le milieu francophone, une vision hiérarchique de la relation entre le médecin et l'infirmière, alors qu'au Canada anglais, il y a une meilleure collaboration», a-t-il dit.
Des initiatives mettant à profit des infirmières, il y en aussi au Québec, insiste la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Gyslaine Desrosiers. Elle cite en exemple le CSSS du Nord de Lanaudière, où des infirmières praticiennes spécialisées ont permis à 500 enfants d'avoir un suivi en médecine familiale. «Mais il n'y en a que deux en première ligne», note-t-elle. En Ontario, elles sont plus de 800. «Les autres provinces ont plus de cas concrets à soumettre parce qu'elles ont pris une longueur d'avance.»
Bien qu'elle ait été approuvée en 2002, il aura fallu un certain temps avant que la loi 90 modifiant le Code des professions dans le domaine de la santé soit appliquée. Pour l'instant, il n'y a qu'une quarantaine de super-infirmières auxquelles se grefferont à l'automne quelque 70 consoeurs de première ligne formées à l'université. «Elles sont en demande, tout le monde en veut. Reste le problème du financement», soutient Gyslaine Desrosiers.
Pour réduire le temps d'attente dans les hôpitaux et pour les chirurgies, les infirmières canadiennes plaident pour qu'on leur fasse une plus grande place dans le système de santé. Dans un rapport qu'elle a publié hier, l'Association des infirmières et des infirmiers du Canada a fait état d'une série d'initiatives qui ont amélioré les soins et réduit les temps d'attente. Les infirmières-pivot et les infirmières praticiennes — les fameuses «super-infirmières» qui ont un diplôme de deuxième cycle — sont mises à contribution pour alléger la tâche des médecins et atténuer les effets de la pénurie.
Par exemple, au Centre régional du cancer de Windsor, où une infirmière-pivot a coordonné le processus de diagnostic du cancer du poumon, les patients ont été informés beaucoup plus rapidement du verdict de leurs tests. En moyenne, ils n'ont attendu que 44 jours au lieu de 120. À New Westminster en Colombie-Britannique, une infirmière clinicienne spécialisée a élaboré un «modèle de mieux-être postopératoire» qui a permis de réduire de 50 % la durée médiane de l'hospitalisation des patients qui avaient subi un résection du côlon.
Le Québec traîne la patte
Qu'est-ce qu'on attend pour faire de même au Québec? «On croit aussi que les infirmières font partie de la solution», croit Lina Bonamie, présidente de la Fédération interprofessionnelle du Québec, qui a annoncé hier qu'elle quittera ses fonctions en juin. «Mais on a été ralenties par les médecins omnipraticiens qui se sentaient menacés et l'Ordre des pharmaciens qui résistait pour ne pas qu'elles prescrivent.»
Claude Montmarquette, coauteur d'une étude statistique comparative sur la pénurie d'infirmières, est d'avis que les infirmières québécoises aient un plus grand rôle à jouer. «J'ai l'impression qu'on a toujours, dans le milieu francophone, une vision hiérarchique de la relation entre le médecin et l'infirmière, alors qu'au Canada anglais, il y a une meilleure collaboration», a-t-il dit.
Des initiatives mettant à profit des infirmières, il y en aussi au Québec, insiste la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Gyslaine Desrosiers. Elle cite en exemple le CSSS du Nord de Lanaudière, où des infirmières praticiennes spécialisées ont permis à 500 enfants d'avoir un suivi en médecine familiale. «Mais il n'y en a que deux en première ligne», note-t-elle. En Ontario, elles sont plus de 800. «Les autres provinces ont plus de cas concrets à soumettre parce qu'elles ont pris une longueur d'avance.»
Bien qu'elle ait été approuvée en 2002, il aura fallu un certain temps avant que la loi 90 modifiant le Code des professions dans le domaine de la santé soit appliquée. Pour l'instant, il n'y a qu'une quarantaine de super-infirmières auxquelles se grefferont à l'automne quelque 70 consoeurs de première ligne formées à l'université. «Elles sont en demande, tout le monde en veut. Reste le problème du financement», soutient Gyslaine Desrosiers.
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