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Enquête nationale sur la maternité - Peu de mères allaitent exclusivement plus de six mois

Lisa-Marie Gervais   25 mars 2009  Santé
L’allaitement est une exigence difficile à satisfaire pour de nombreuses mères.
Photo : Jacques Nadeau
L’allaitement est une exigence difficile à satisfaire pour de nombreuses mères.
La prise d'acide folique, la position pendant l'accouchement, l'allaitement ou encore la dépression post-partum... Une vaste enquête nationale de l'Agence de la santé publique du Canada a sondé 6000 femmes et leur a posé 300 questions sur tous les aspects de la maternité, de la préconception aux premiers mois de leur vie de mère, en passant par l'accouchement. Une première au pays.

Malgré les recommandations des experts, très peu de femmes ont nourri leur enfant exclusivement en les allaitant durant les six premiers mois de la vie de bébé. C'est ce que révèle, entre autres choses, une vaste enquête canadienne sur la maternité réalisée par l'Agence de santé publique auprès de 6421 femmes de cinq à 14 mois après avoir donné naissance. L'allaitement peut être contraignant, reconnaît la présidente du Regroupement des sages-femmes du Québec, Céline Lemay. D'autant qu'il est suggéré d'introduire l'alimentation solide à partir de six mois, mais de continuer l'allaitement sur une période pouvant aller jusqu'à deux ans ou plus.

Après trois mois, environ la moitié des mères disent ne pas avoir introduit d'autres liquides dans l'alimentation de leur enfant et seulement 14 % d'entre elles continuent l'allaitement exclusif après six mois. «À moins qu'elle ne tire son lait, une mère qui allaite doit se consacrer exclusivement à son enfant», note Marianne Giguère, une maman de deux enfants, dans la jeune trentaine . «À partir du moment où le bébé accepte de prendre le biberon et le lait maternisé, ça te donne une certaine liberté. Plus de sorties, la possibilité de travailler et des nuits» note-t-elle. Les jeunes femmes de 15 à 19 ans seraient celles qui auraient le moins tendance à nourrir leur bébé exclusivement au lait maternel quand ce dernier a six mois alors que les femmes de 40 ans et plus sont celles qui tendent le plus à le faire.

Trop de monitorage foetal continu?

Par ailleurs, l'enquête révèle que 91 % des femmes disent que les professionnels de la santé s'occupant d'elles avaient eu recours au monitorage foetal électronique (MFE) pour vérifier le rythme cardiaque de leur bébé pendant leur travail et les deux tiers disaient qu'il s'agissait d'un monitorage continu. Or, le MFE exercé de façon continue est directement associé à un nombre accru de césariennes et d'accouchements par voie vaginale assistés par des forceps ou une ventouse.

Pour changer cette pratique populaire, il faudrait changer les mentalités dans les hôpitaux, croit Céline Lemay. «Et en temps de pénurie de personnel, il devient plus simple de brancher une femme sur le moniteur de façon continue et de surveiller au poste», a-t-elle ajouté. Pour la sage-femme, il est également difficile de changer les mentalités en ce qui concerne la position lors de l'accouchement, qui est beaucoup plus rapide et sans douleur s'il est effectué en position debout, assise ou sur le côté. Or, l'étude démontre que près de 50 % des femmes disent avoir donné naissance couchées sur le dos. Et 57 % des répondantes ont dit que leurs jambes reposaient dans des étriers.

La période de préconception et les premiers mois de la grossesse sont également pris au sérieux par les mères. Parmi les femmes qui savent que l'ingestion d'acide folique réduit les risques d'anomalies congénitales (78 %), environ 70 % d'entre elles en prennent. Près de 95 % des Canadiennes reçoivent des soins prénataux dans les trois premiers mois de leur grossesse. Selon le sondage, elles ont été 11 % à fumer pendant la grossesse et 23 % à vivre avec un fumeur. Environ 10 % des femmes ont indiqué avoir bu durant leur grossesse.

La grossesse est un événement bien accueilli par la plupart d'entre elles puisque la grande majorité des femmes ont dit qu'elles étaient «très heureuses» (81 %) ou «quelque peu heureuses» (12 %) d'apprendre qu'elles étaient enceintes. Si la moitié des femmes ont indiqué que le moment de la grossesse était opportun, environ le quart aurait préféré la grossesse plus tôt, 20 % auraient préféré être enceintes plus tard. Finalement, 7 % ne voulaient pas être enceintes du tout.






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  • Guillot Sophie
    Inscrite
    mercredi 25 mars 2009 08h44
    L'allaitement , si les femmes savaient ...
    « Vous dites que peu de femmes allaitent exclusivement au delà de 6 mois. Vous avez bien de la chance si déjà elles allaitent aussi longtemps; en France, la plupart des femmes qui allaitent ne dépassent pas 3 mois, puisque leurs congés maternités cessent vers le 4ième mois de l'enfant. Elles préparent donc l'enfant à être nourri au biberon. Trop peu savent qu'il est tout à fait possible d'aménager d'une part des pauses lors des journées de travail pour faciliter l'allaitement, mais que cela suppose par exemple de faire garder idéalement son enfant proche de son lieu de travail et que d'autre part il est tout aussi possible de tirer son propre lait pour poursuivre l'allaitement maternel exclusif au delà des 4 mois.

    Trop peu aussi savent les bienfaits de l'allaitement non seulement pour leur bébé mais surtout pour elles. Allaiter permet d'éviter le plus souvent des descentes d'organes à la ménopause, allaiter est le meilleur moyen pour retrouver la ligne plus rapidement, le corps devant produire la graisse du lait pour le bébé puise dans ses réserves, allaiter enfin est la meilleur des préventions contre les cancer du sein.

    Une des raisons qui freinent les femmes à allaiter est de croire que cette pratique risque d'endommager leur poitrine. Cela est faux, ce qui endommage la poitrine c'est la prise et la perte successive de poids inhérante à la grossesse de toutes façons, et aux effets yoyos des régimes successifs auxquels tant de femmes se prêtent pour tenter de soumettre leur corps au dictact des formes admises par la mode. Alors, l'illusion de garder une belle poitrine à 20 ou 30 ans, si cela se paie par une ablation d'un sein à 40 ou 50 ... Parce que la toxicité des médicaments qui empêchent ou stoppent les montées de lait n'est pas négligeable.

    Comment ne pas parler aussi de l'extraordinaire immunité que l'allaitement offre à leur enfant? Comment ne pas parler de la flore intestinale qu'il gardera toute sa vie, une des premières barrières immunitaires des plus efficaces contre tout une série de pathologies, de l'immense étendue des anticorps que la mère lègue à son enfant, de l'extraordinaire composition du lait qui s'auto régule en fonction des besoins du bébé au cours d'une journée, d'une têtée et de sa croissance? Comment ne pas parler des bienfaits de l'allaitement pour le développement du cerveau de l'enfant, la succion lui permettant de s'auto masser par le palais ?

    Le plus gros handicap auquel nombre de femmes occidentales doivent en fait confronter est le fait que le sein est aussi considéré comme un attribut dans la sexualité, et que pour allaiter, elles doivent parfois affronter le regard de l'autre... Dans la façon dont les mères l'appréhendent, elles peuvent ne pas imaginer de se dénuder pour nourrir leur bébé, par pudeur, peur de ne pas choquer ...etc. Les mères allaitantes trouvent des parades en s'habillant pendant la période d'allaitement de façon appropriée, en cousant par exemple de fausses poches sur leurs vêtements de façon à pouvoir donner le sein en toute discrétion à leur enfant. Nous sommes que nous le voulions ou non des mammifères.

    Pour parler d'une façon plus générale de la maternité enfin, comment ne pas dénoncer en effet aussi les effets pervers de la surmédicalisation des accouchements qui en plus infligent aux femmes des souffrances autant physiques que psychiques, étant dépossédées de leurs propres accouchements par le corps médical ??

    Les traditions d'accoucher allongées datent du 17ième siècle, et sont issues de craintes masculines quant à savoir si l'enfant sortait bien du ventre de la Reine. Les enfants morts nés ou mourrant assez souvent à l'époque, il y avait sans doute eu des précédents de substitutions d'enfants en échangeant un bébé décédé contre celui d'une femme issue du bas peuple pour donner le change au Roi, et lui donner l'héritier tant désiré. Ce qui confirme que ce sont bien les hommes qui, dans leur angoisse ancestrale du doute de la paternité, ont imposé ces positions aux femmes pour le confort des spectateurs aux accouchements; les naissances royales ayant lieu ne l'oublions pas en public ...

    Que les femmes du XXIième siècle reprennent enfin possession de leur corps et de leurs accouchements semble légitime, d'autant que les postures verticales sont : 1/moins douloureuses, 2/moins dangereuses pour la mère et l'enfant 3/permettent des accouchements plus rapides et évitent les épisiotomies dans de nombreux cas, la pression de l'expulsion se répartissant également sur le périnée.

    Le corps médical a donc une lourde remise en question d'habitudes qui tiennent plus à leur confort eux de praticiens, et aussi une éducation au respect de la demande des femmes qui sont quand même celles qui vivent dans leur chair les accouchements, qui lorsqu'ils ne sont pas pathologiques(la grande majorité pour peu que les femmes soient correctement informées) ne sont pas des interventions chirurgicales. Nous entendons et lisons encore trop souvent un médecin dire "j'ai accouché Madame Untel" ou "alors, ton accouchement, il s'est bien passé ?" de la part de collègues, alors qu'il serait plus exact de dire "j'ai assisté madame Untel lors de son accouchement" ou "alors, ta patiente, cela s'est il bien passé son accouchement ?". Paroles pas si anodines que cela, quand on parle de dépossession. »

  • Sauvé stephane
    Inscrit
    mercredi 25 mars 2009 08h56
    Entre un sein pour l'homme et un sein pour le bébé....
    « Ces chiffres sont sidérants, alors que l'on nous apprends que le mouvement féministe revendique haut et fort une plus grande liberté pour les femmes ou si vous préférez un statut égal à l'homme, on apprend qu'une forte proportion des jeunes filles âgées de 25 ans et moins, ne veulent pas alléter leur bébé par peur de "ruiner" leurs seins....

    Alors qu'on revendique la liberté pour les femmes, on constate l'hypersexualisation des jeunes filles où le regard de l'homme sur la femme est jugé sacro saint par les jeunes filles....

    Ce qui est consternant dans tout cela, c'est que la médecine et la politique ont été pendant les 40 dernières années un monde d'hommes, qui est parvenu encore à asservir les femmes mais cette d'une facon beaucoup plus subtile et insidieuse. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mercredi 25 mars 2009 10h11
    National ou fédéral?
    « Madame Gervais parle d' «enquête nationale» au niveau canadien.

    Il faudrait parler, du moins en français, d'enquête FÉDÉRALE ou PAN-CANADIENNE et non pas d'enquête NATIONALE. Il n'y a pas qu'une nation au Canada, il y en a plusieurs: il y a la nation canadienne-anglaise, la nation québécoise, les nations amérindiennes. Le Canada est un pays, mais pas une nation, du moins pas en français.

    Bien sûr, les pseudo-fédéralistes, dans leur stratégie de "Nation building", préfèrent utiliser l'adjectif "national" au lieu de fédéral. L'adjectif "national" va tellement bien dans un décor centralisateur. À force de parler de gouvernement national au lieu du gouvernement canadien ou fédéral, d'initiatives nationales au lieu d'initiatives fédérales, on insinue petit à petit que ce sont là des niveaux fondamentalement supérieurs, avec une légitimité intrinsèque et en quelque sorte absolue.

    J'ai dit " pseudo-fédéralistes ", car ceux qui se disent fédéralistes sont en réalité des centralisateurs qui veulent tout ramener à Ottawa, sans respecter les compétences des provinces constituant la fédération. L'histoire du Canada est une vaste farce en ce qui concerne la notion de fédération. La dérive a commencé dès 1867, avec la mal-nommée CONFÉDÉRATION, qu'on a ensuite appelée FÉDÉRATION, mais qui en pratique se comporte comme un état centralisé.

    Appelons donc un chat un chat, et les activités du gouvernement du Canada des activités fédérales.

    On attend une même attention de la part des journalistes qui doivent bien peser le sens des mots. »

  • Sylvie Chiasson
    Inscrite
    mercredi 25 mars 2009 10h39
    L'allaitement exclusif...de quoi parle-t-on exactement?
    « Il est important de souligner que pour les besoins d'une enquête comme celle-ci, la rigueur scientifique demande de bien discerner de quoi on parle (on n'est pas dans la vie de tous les jours, mais dans le domaine de la recherche). Dans les circonstances, on classe avec beaucoup de précision les femmes qui allaitent exclusivement, soit qui n'ont donné AUCUN liquide ou solide autre que le lait humain (sauf vitamines et minéraux) pendant les six premiers mois de la vie de l'enfant. Cela signifie qu'on ne classera pas une mère parmi celles qui allaitent exclusivement dès le moment où elle aura introduit un SEUL biberon. Alors, comme la vie n'est pas la recherche scientifique, il y a beaucoup plus de femmes qui, dans les faits, allaitent «exclusivement» que ce qu'une telle enquête révèle.
    Comme co-auteure d'un livre sur la biologie de l'allaitement et comme personne impliquée pendant très longtemps auprès des femmes enceintes ou qui allaitent, je trouve extrêmement important de recadrer de tels résultats. Donner une préparation commerciale de temps en temps n'est quand même pas la fin du monde, et n'augmente pas tant que cela le RISQUE dans un pays comme le nôtre. Bien sûr, il en va autrement pour les enfants des pays moins favorisés.
    Il me semble donc très important de reconnaître, DANS la vie RÉELLE, que beaucoup plus de mères allaitent avec soin et conviction leur nourrisson que ce que ces résultats nous présentent, même si elles ne répondent pas avec exactitude aux critères de précision nécessaire à toute étude scientifique rigoureuse. »

  • Patrice-Hans Perrier
    Inscrit
    mercredi 25 mars 2009 11h15
    La magie de l'accouchement
    « Merci à vous pour cet article instructif, il est grand temps que l'on se préoccupe du monde absolument merveilleux de la naissance. J'ai vécu des moments bouleversant lorsque mon ex-femme a donné naissance à notre fille Chloé. N'ayant pas eu la chance de répéter l'expérience avec une nouvelle compagne, j'en conserve une nostalgie très forte.

    Ayant été présent lors de l'accouchement de Chloé, j'ai accompagné sa mère, ainsi que l'équipe d'obstétrique, pendant un bon 12 heures, vaille que vaille. Je me rappelle effectivement, pour paraphraser Mme Sophie Guillot, que les contractions semblaient difficiles en position couchée, d'ailleurs moi et une des infirmières avons aidé ma femme à s'asseoir dans son lit, avec un oreiller derrière les lombaires et les jambes légèrement relevées... si ma mémoire est bonne. Les contractions pouvaient, enfin, se produire de façon un peu plus «normal» en bout de ligne.

    Malheureusement, il y a eu pas mal de saignement lorsque ma fille s'est engagée à travers le col de l'utérus et c'est ce qui m'a fait presque défaillir.

    Le travail de ma femme, sa souffrance, mais aussi sa joie et sa patience furent une expérience incommensurable. Et voir émerger la tête de l'enfant, yeux grands ouverts, fut une découverte sidérale ! Miracle qui défie l'entendement à chaque fois, on imagine. Voir un être vivant émerger de notre compagne de couche, de notre amoureuse, de celle qui partage notre intimité... c'est une expérience incomparable.

    Malheureusement, le corps médical, mais aussi toute une batterie de sociologue, démographes, certaines féministes, beaucoup de politiciens, tous se liguent pour dire que l'accouchement c'est dangereux et que de toutes façons il y a trop d'êtres humains sur la planète. Au même moment, on nous avise qu'il n'y aura pas assez de jeunes travailleurs pour permettre à nos ainés de prendre leur retraite en paix... paradoxale, non ?

    Dans un monde où la famille reprendrait sa place, et où hommes et femmes cesseraient de se faire la guerre, avoir des enfants ne serait plus une corvée ou un accident de parcours... pourquoi ne pas encourager les familles de 3 ou 4 enfants chez les jeunes générations ? Le télétravail permet de bosser à la maison dans certains cas, beaucoup d'hommes seraient heureux (et j'en suis) de prêter main forte à leur compagne durant les premières années de la petite enfance.

    Et, oui, l'allaitement permet à la femme de transmettre dans son lait le précieux sérum de vie qui donne de la force à l'enfant et la production du lait maternel permet même une meilleure cicatrisation de l'utérus (un fait scientifique).

    Pour reprendre les mots de la Ligue La Leche, un conjoint peut encourager sa femme pendant la phase de l'allaitement, et, après que le bébé a eu sa tétée, papa pourra lui donner un bain, lui faire faire ses rots ou le masser contre sa poitrine. Etc.

    Mais, dans un contexte où l'intimité est chose difficile au sein des couples, où tout le monde coure après l'argent et le succès, avoir des enfants devient un luxe rare pour beaucoup d'occidentaux.

    J'imagine que la crise fera en sorte de ralentir «la maudite machine» et de permettre aux hommes et aux femmes de bonne volonté de se rapprocher en espérant s'aimer assez pour mettre au monde les plus beaux fruits de l'amour : les enfants. »

  • JM
    Abonné
    mercredi 25 mars 2009 12h15
    À madame Sophie Guillot, votre texte est très intéressant, bien que...
    « Votre texte est à la fois pertinent et intéressant. C'est bien vrai que le joug des contraintes sociales est lourd à porter, en tenant compte objectivement de la maternité des femmes. Et dire que les femmes qui se prêtent au jeu de ces contraintes sociales le font en prétextant le faire au nom de leur soi-disant liberté. Au fond, c'est une liberté qui s'obtient au détriment de leur propre et beau corps de mammifère. Fort probablement que leur choix se fait au nom de leur prétention à l'égalité avec les hommes. Ce genre d'égalité est une prétention un peu dénaturé, considérant la grâce d'être mère tout en étant en pleine possession de son corps.

    JM (Montréal) »

  • Guillaume Baillargeon
    Inscrit
    mercredi 25 mars 2009 15h31
    De la magie ou des lunettes rose ?
    « Pour avoir avoir vécu la naissance, je peux affirmer que je suis d'accord avec vous : c'est un moment très intense.

    Par contre, faudrait peut-être parfois enlever nos belles lunettes roses. Historiquement, le nombre de femmes qui mourraient lors des accouchements est, je crois, assez élevé. Historiquement accoucher, c'est également mettre sa vie en danger. C'est pourquoi les femmes sont entourées d'une équipe médicale. L'accouchement est-il trop médicalisé? Possiblement, mais il y a des raisons à cela : protéger la vie de la mère et celle du bébé.

    Ensuite, demander aux jeunes générations de faire 3-4 enfants me semblent un peu «lunettes roses». Pour faire contrepoids à cette affirmation, je pourrais dire qu'avec la croissance démographique mondiale et la pression que nous faisons subir à l'environnement, faudrait peut-être ne pas en faire trop d'enfant justement.

    Quant à croire qu'un jour les hommes vivront d'amour, ça s'est mettre des lunettes roses flash. Les conflits, sous une forme ou une autre, existeront toujours. »

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    mercredi 25 mars 2009 15h53
    Monsieur Morissette ...
    « Je vous remercie de votre commentaire et vous encourage vivement à lire l'article de Lise Payette et les commentaires dessous. Je me permets de vous mettre le liens des commentaires que j'y ai adjoint à propos de l'égalité des hommes et des femmes, parce que ce que j'ai à dire ici est vraiment du même ordre.

    http://www.ledevoir.com/2009/03/06/237492.html
    http://www.ledevoir.com/2009/03/06/commentaires/0903060435997.html
    http://www.ledevoir.com/2009/03/06/commentaires/0903060501949.html
    http://www.ledevoir.com/2009/03/06/commentaires/0903120714520.html

    Je ne revendique pas cette égalité parce que tout bonnement ce n'est pas possible, nous sommes différents et nous ne serons jamais égaux. Je revendique une équivalence, et par exemple à travail égal, salaire égal, cela me semble tout à fait justifié. Je revendique que l'on laisse aux femmes leur libre arbitre dans le choix d'avoir ou pas un enfant et si possible le moment où elle l'envisage, tant la maternité engage son corps, sa santé tout entier pendant certes les neuf mois de la grossesse, mais aussi dans les autres mois non moins importants pour le sain développement de l'enfant de l'allaitement.

    Le cordon ombilical est certes rompu au moment de la naissance, mais les liens physiques entre une mère et son enfant sont encore très puissants dans les premiers mois et les premières années de la vie.

    Je remercie aussi les féministes qui ont mené de justes combats et qui pour cela ont du endosser les "armes" et qualités des hommes, mais je crois que dans tout pays où ces droits les plus fondamentaux sont respectés et encadrés par la loi, il est aussi grand temps de faire la paix entre les sexes, et grand temps pour les femmes de trouver leur place dans la société qui est la nôtre avec leurs spécificités de femmes. Une ministre qui reprend ses activités plein pot une semaine à peine après la naissance de son enfant ne vit pas comme une femme, elle vit sa maternité comme si elle était un homme dont la conjointe vient d'accoucher, ce qui est vous en conviendrez totalement différent.

    Les femmes en politique ou dans le monde des affaires se comportent à mon sens à ce titre non pas comme des femmes, mais elles dirigent leur job comme des hommes. Non, je pense que en politique, comme dans le monde du travail, il faut réinventer une place aux femmes et c'est un difficile équilibre qu'il faut trouver pour qu'elles puissent exprimer leur potentiel et diriger une entreprise ou un ministère de façon féminine. En utilisant leur spécificité, leurs qualité. Et là, je crois que tout le monde a à y gagner.

    Bien à vous en espérant que je ne vous lasserai pas de mes longues palabres ! Les femmes sont bavardes c'est bien connu, je ne fais pas exception à la règle et je l'assume pleinement.-:) »

  • Lorraine Fontaine
    Inscrite
    mercredi 25 mars 2009 18h07
    À l'écoute des femmes - quoi en penser?
    « L'enquête canadienne sur l'expérience de la maternité de l'Agence de santé publique canadienne vient de paraître ainsi qu'un bon nombre de réactions médiatiques. Quoi en penser?


    Vive l'épidurale! Vraiment?

    L'épidurale au Québec se porte bien. Un peu trop bien d'ailleurs. Cette intervention qui n'est pas inoffensive est tristement banalisée. « Pourquoi souffrir? » scande-t-on! Là n'est pourtant pas la question. La souffrance des femmes est bien évidemment une préoccupation légitime et l'accès à l'épidurale est important. Mais comme le mentionne le rapport de l'enquête, les femmes sont peu outillées à faire face à la douleur de l'accouchement et celles qui souhaitent éviter l'épidurale n'y parviennent que rarement en milieu hospitalier.

    Pourquoi les femmes sont si largement anesthésiées lors de l'accouchement? Une de ces réponses est certainement le manque de soutien continu. Lorsque le suivi pré-per et post natal est assuré par une personne qui entre en relation d'aide et de respect avec la femme et reconnaît sa capacité d'accoucher, il y a un monde de différence. Ce soutien est présent lors des accouchements assistés par une sage-femme. Plusieurs recherches démontrent également que la présence d'une accompagnante à la naissance lors de l'accouchement en centre hospitalier diminue considérablement le recours à l'épidurale.

    Une autre raison est l'application de protocoles fastidieux qui nuisent à la mobilité de la femme, qui l'empêchent de se créer une « bulle », qui interfèrent avec le déroulement naturel de l'accouchement et qui envoient le message à la femme que son corps n'est pas compétent pour accoucher. Les va-et-vient dans la chambre, les touchers vaginaux multiples, etc., sont tous des actes qui stimulent la sécrétion d'adrénaline, inhibant du coup la sécrétion d'ocytocine et d'endorphines. Or, ces deux dernières hormones sont nécessaires au bon déroulement de l'accouchement, permettent à la mère de moins ressentir la douleur, favorisent un lien d'attachement puissant avec le bébé, tout en aidant à mettre en place l'allaitement.

    Et est-ce que les femmes et les professionnelLEs de la santé sont informéEs des dangers de l'épidurale? L'épidurale rend la femme immobile, entraîne le monitorage continu, risque de ralentir le travail, et ainsi, amorcer une cascade d'interventions, telles que la stimulation artificielle du travail, l'utilisation de forceps ou de ventouses et la césarienne. De plus, l'épidurale nuit à l'allaitement en rendant le bébé somnolent à la naissance et en interférant avec son réflexe de succion. Ces effets indésirables sont à leur tour responsables de conséquences sur la santé de la mère et de l'enfant.

    Il nous apparaît donc important d'informer les femmes sur les dangers potentiels de l'épidurale et sur les moyens de l'éviter. Mais surtout, le plus important est que les centres hospitaliers mettent en place des conditions qui favorisent un accouchement naturel. Toute femme, qu'elle désire ou non l'épidurale, profitera d'un soutien et d'un respect accrus.


    Merci Docteur pour ce bébé en santé

    La satisfaction des femmes semble élevée, malgré l'interventionnisme imposant qu'elles subissent. Comment l'expliquer?

    Premièrement, regardons la question qui a été posée : « S'il vous plaît, repensez à votre expérience de la grossesse, du travail et de l'accouchement et du post-partum immédiat. Dans l'ensemble, dans quelle mesure étiez-vous satisfaite ou insatisfaite?... ». Il y a très peu de place pour la nuance et l'accouchement est noyé dans la période périnatale au complet.

    Les femmes ont été interviewées entre 5 et 14 mois après l'accouchement. Nous savons qu'un minimum de 9 mois sont nécessaires pour avoir le recul suffisant de remettre en question les événements entourant la naissance. Dans bien des cas, ce ne sera que lors d'une deuxième expérience dans des conditions différentes que la mère sera en mesure d'admettre que son accouchement précédent lui avait laissé un goût amer.

    On répète constamment que l'important est une mère et un bébé en santé. Alors, du moment que mère et enfant sont médicalement bien portants, il devient très difficile d'exprimer sa déception, voire sa colère envers les attitudes des professionnelLEs de la santé et envers les soins obtenus (protocoles et interventions multiples). Bien des femmes se font rapidement ramener à l'ordre lorsqu'elles osent dire que l'intraveineuse les a gênées ou qu'elles ont l'impression de ne pas avoir accouché suite à la césarienne. Combien de femmes auraient souhaité moins d'interventions, plus de soutien et de chaleur humaine?

    Combien de femmes se disent satisfaites parce qu'elles croient que les interventions qu'elles ont subies étaient nécessaires et que le personnel était par le fait même compétent? À voir les taux d'interventions magistraux, il est clair que la naissance est surmédicalisée et qu'une grande proportion de ces interventions étaient évitables.
    Mais il est extrêmement difficile pour la femme, voire souvent impossible, de savoir si cette césarienne ou cette épisiotomie était vraiment nécessaire. Oser remettre en question une telle décision peut soulever chez la mère un sentiment de culpabilité et d'ingratitude. L'entourage peut soupçonner un baby blues (« ce n'est qu'hormonal ») ou carrément faire la sourde oreille. Il est alors plus facile de remercier le médecin pour l'agilité de son bistouri.


    Sages-femmes recherchées

    Au Québec, seulement 2,6% des femmes accouchent assistées d'une sage-femme, soit presque deux fois moins que dans le reste du Canada. Est-ce que les Québécoises boudent les services sages-femmes? Bien au contraire. L'accessibilité aux services sages-femmes est très restreinte et les listes d'attente sont cinq fois plus longues que le nombre de places disponibles.
    Actuellement, il existe seulement 8 maisons de naissance et ce, dans 5 régions du Québec. Les sages-femmes ne peuvent donc pas assurer d'avantage de suivis de grossesse pour le moment, malgré qu'une femme sur quatre souhaiterait accoucher avec une sage-femme.

    Il est urgent de remédier à ce manque d'accessibilité afin de permettre à toutes les femmes d'accoucher avec la personne de leur choix (sage-femme, omnipraticien, obstétricien-gynécologue) et dans le lieu de leur choix (domicile, maison de naissance et centre hospitalier).

    Lorraine Fontaine et Nicole Pino
    coordonnatrices
    REgroupement Naissance-Renaissance »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 25 mars 2009 20h12
    M. St Arnaud
    « OK qu'avez-vous fumé ? Dire de tel propos montre votre totale ignorance. Quand on s'adresse à tout le pays cela est national. Quand elle s'adresse qu'à une partie du territoire, cela est régional ou provincial.
    Voyez-vous, un petit rappelle de géographie. Le Canada est un pays, une nation qui a un siège aux Nations Unis. Le Québec est une province. Ottawa est une capitale nationale, Québec est une capitale provinciale. Dire que Québec est une capital nationale, est une farce monumentale, c'est tout juste s'il y a des consulats à Québec. Une capitale nationale a des ambassades. Le Québec est une province et NON une nation.
    Répétez après moi : Le Québec est une province du Canada
    Le peuple démocratiquement a décidé par deux fois de ne PAS faire du Québec une nation au concert des nations Que les québécois/canadiens français, de par leur culture forme une nation, ne lui accorde aucun droit et privilège, ce n'est que reconnaitre des différences. Aux USA il y a des différences culturelles énormes entre les régions parfois plus grande que les différences que l'on retrouve au Canada. Le fait de parler français ne fait pas de nous des être différent mais juste des être qui communique avec un outil différent. La langue n'est qu'un outil de communication rien d'autre.
    Maintenant laissons la place au sujet de la maternité et de l'enquête nationale.
    En passant beaucoup des interventions sont très intéressante même ceux avec qui j'ai souvent des désaccords. »

  • Patrice-Hans Perrier
    Inscrit
    jeudi 26 mars 2009 00h29
    Les lunettes roses de l'hédonisme
    « Monsieur Baillargeon,

    Je partage votre réalisme et votre prudence, mais je crois que vous êtes un tantinet démagogue... sans la «revanche des berceaux» du début du XXe siècle le Québec ne serait plus francophone.

    Un siècle plus tard, nous sommes justement dus pour un deuxième Baby Boom, juste un peu plus consistant que celui d'après-guerre. D'ici à peine deux (2) générations, notre population va reculer considérablement au Québec. Combler l'absence de naissance par des mesures d'immigration massives ne me semble pas faire preuve de la plus grande sagesse...

    Il y a de la place pour un petit baby boom au Québec et faire allusion à 3 ou 4 enfants par ménage c'est une mesure optimale, ce n'est pas mettre des lunettes roses mon ami.

    Bien entendu, certains couples n'auront pas d'enfants, ou bien ils en mettront 1 ou 2 au monde... mais viser un peu plus haut permettrait de nous rattraper pour quelques décennies d'hédonisme suicidaire.

    En passant, sachant déjouer les chausse-trapes, sachez que la mère de mon enfant était Espagnole et que je suis, moi-même, un joyeux cocktail de métissage génétique. Alors, que l'on ne vienne pas me faire le coup du «nationaliste nostalgique» qui a peur de s'ouvrir au monde.

    Avant de s'ouvrir au monde, il faut savoir qui l'on est. Puis, il est essentiel de désirer partager ce que l'on est avec le monde et la naissance c'est un partage et une ouverture sur la vie. Je vous dis cela sans porter de lunettes roses mon ami et je vous souhaite de belles années d'amour devant vous.

    Le Québec est vaste, il est mal géré, il tombe en décrépitude. Nous avons besoins d'enfants pour prendre la relève et perpétuer les rêves de nos ancêtres défricheurs.

    Ce n'est pas un rêve en rose ça, c'est ce qui s'appelle avoir du courage comme NATION. Et, ma grand-mère maternelle a mis au monde 11 ou 12 enfants et elle a fait son chemin... même chose du côté de ma grand-mère paternelle.

    Nous sommes un peuple dominé à telle enseigne que désirer se perpétuer est un CRIME. C'est lamentable de tels arguments. L'immigration ne remplace jamais la natalité au sein d'une nation. Lorsque de telles politiques sont pratiquées par les conquérants, ou les gouverneurs de républiques de banane, on obtient des guerres civiles ou ... un chaos généralisé qui perpétue la misère morale et matérielle.

    Bien sûr que la santé des femmes, des enfants et, pourquoi pas, des hommes il faut s'en préoccuper. Et l'environnement, et bien ce n'est pas nos familles qui le menacent, ça serait plutôt l'appétit vorace d'une caste de parvenus qui peuple les banlieues... étouffant Montréal, alors que les milieux humides et les terres arables disparaissent à jamais.

    Si c'est notre extinction que vous souhaitez, c'est parfait, les démographes affirment que nous n'auront pas assez de travailleurs pour s'occuper des 25 à 30 % de personnes âgées à la retraite. Que suggérez-vous ? Que l'on déplace tout l'État de New York plus au nord, histoire de peupler notre territoire laissé pour compte ?

    Bon je me suis égaré... on parlait de naissance et d'allaitement, pas de trucs démographiques. Je m'en excuse, bonne nuit à vous cher interlocuteur, et merci à ceux et celles qui ont fait l'effort de venir partager leurs réflexions. Ce n'est que partie remise ... »

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    jeudi 26 mars 2009 03h52
    @ Guilaume Baillargeon
    « Vous parlez à juste titre de la mortalité maternelle et infantile qui faisait autrefois des ravages. Heureusement ce n'est plus le cas, et ce pour diverses raisons.

    Les femmes ont un suivi lors de leur grossesse, ce qu'elles n'avaient pas autrefois. Lors de ce suivi, la médecine moderne est capable de déceler un certain nombre de pathologies et c'est très certainement un mieux dans le sens qu'en surveillant par exemple les taux de triglycérides et de glucose dans le sang, le taux d'urée dans les urines, en examinant la femme régulièrement et en pratiquant quelques échographies à des moments stratégiques, on détecte les grossesses extra utérines qui leur étaient autrefois fatales, les problèmes de diabètes ou de surtension qui faisaient aussi de lourds dégats, et on est capable de déternimer les risques d'un certain nombre d'anomalies chez le foetus, ce qui permet soit de décider d'interrompre la grossesse, soit de soigner le bébé in utéro ou dès la naissance et lui sauver parfois la vie.

    Il faut aussi reconnaître que l'hygiène a fait de très grands progrès, autrefois des médécins accouchaient une femme sans s'être au préalable lavé les mains, ne serait ce que cette précaution là, par exemple.

    Cependant, il y a aujourd'hui une très fâcheuse tendance à intervenir trop, le nombre de césariennes n'est pas toujours justifié. Je ne sais pas pour le Québec mais en France, un gynécoloque est payé 10 fois plus pour une césarienne que pour un accouchement par voie basse. Cela explique sans doute qu'à l'hôpital américain de Neuilly sur Seine( une des banlieues les plus riches de Paris) 60% des femmes accouchent par césarienne !

    La systématisation de l'épisiotomie et de la péridurale est aussi inquiétante, je vous renvoie à l'excellent commentaire de Lorraine Fontaine à ce sujet. La péridurale est présentée en effet comme la panacée en ce sens que la femme ne souffrirait pas. Je connais des femmes qui suite à une péridurale ont du subir une épisiotomie qui les a fait souffrir des mois et a entravé une sexualité harmonieuse dans leur couple par la suite... Le gynécologue obstétricien qui pratique une épisiotomie ne verra jamais une femme revenir le voir pour complications des mois après une cicatrisation problématique pour la simple et bonne raison que la femme ira voir son gynécologue qui n'est pas toujours son obstétricien. L'anesthésiste qui pratique une péridurale ne voit que des accouchements problématiques ou des femmes demandant à être soulagées de la douleur, il ignore ce qu'est un accouchement qui se passe bien sans intervention médicale et encore une fois, si complications ou difficultés il y a, cet anesthésiste ne le saura probablement jamais.

    Et il faut bien le reconnaître, les médecins ont tendance à multiplier les actes non pas pour le plus grand bien être de leur patientes, mais pour leur propre sécurité; en cas de difficulté, ils craignent un procès au cours duquel il pourrait leur être reproché de ne pas avoir utilisé toutes les techniques à sa disposition. Cela conduit à des gestes médicaux inutiles ou/et traumatiques parfois, coûteux qui plus est.

    A mon sens une très grande majorité des actes interventionnistes pourraient être évités si seulement on proposait aux femmes de se mettre assises, accroupies ou debout lors de leur accouchement. Le simple bon sens fait que dans cette posture, le poids du bébé facilite aussi les contractions, la dilatation, et l'ensemble du travail. Prenons un exemple simple : en position allongée, le coccyx repose sur la table d'accouchement, or ce coccyx pour faciliter le passage doit basculer légèrement vers le bas du corps et une fois la tête du bébé engagée, doit rebasculer vers le haut du corps de la mère. La position allongée empêche tout bonnement tout mouvement du coccyx donc la femme souffre plus et plus longtemps parce que la poussée de ses contractions doit compenser cet immobilisme forcé que son bassin subit.

    L'accouchement est un acte qui fait partie intégrante de la sexualité d'une femme et à ce titre est un acte intime. Y associer le père de l'enfant et un nombre restreint de personnel médical que le couple aura rencontré pendant la grossesse, donc connu, est tout simplement une marque de respect. Les grands hôpitaux avec leur personnel inombrable, tournant et leurs protocoles supposant la présence lors d'un accouchement d'un médecin obstétricien, d'une puéricultrice, d'un anésthésiste, d'une aide soignante, d'une infirmière ( tous anonymes et celui ou celle de garde lorsque l'on arrive )le tout dans une salle aux portes battantes qui s'ouvrent continuellement sur du personnel hospitalier qui passe entre et sort comme dans un moulin, ajoutez à cela les salles de préparations voisines, desquelles on entend les cris des autres femmes accouchant, reconnaissez que cela n'est pas vraiment propice à un acte majeur de la vie d'un couple qui plus est intime.

    Imagine-t-on seulement un tel défilé lors de la conception d'un enfant? Bien entendu très majoritairement non, ce milieu-là est extrèmement stressant pour la mère et sous prétexte de sécurité médicale, lui fait vivre la naissance de son enfant de telle manière que il ne faut pas s'étonner dans un tel contexte cela conduise à des complications, nécessitant les forceps, la césarienne et ainsi de suite.

    Une femme accouchant a besoin de calme, de tranquilité, de chaleur, d'être entourée de personnes en qui elle a totale confiance, elle ne peut pas accoucher dans ce que j'ai décrit plus haut et que je qualifie littéralement d'usine à bébés ou de hall de gare. Comment dans un tel contexte le corps médical peut-il écouter les besoins de la mère et/ou de l'enfant, ce que la femme souhaite, demande, vit ? Tout ne se mesure pas sur des graphiques, des courbes et des chiffres. Le facteur humain est dans ce cas précis essentiel et bien trop négligé au profit de la technique.

    Oui les femmes autrefois mourraient beaucoup en couches, oui donner la vie comporte encore bien que fortement atténué le risque de perdre aussi sa propre vie, mais de là à faire subir un tel harcèlement ultra médicalisé, même si sur le plan aseptisation tout est parfait, le contexte est tellement déshumanisé que vous conviendrez avec moi qu'il est assez difficile d'imaginer que cela puisse se passer au mieux dans de telles conditions.

    Je reconnais que j'ai décrit ici le pire qui se puisse exister, il n'en reste pas moins dans l'enquête que je lis que nombre de femmes n'ont pas la liberté de posture, nombre de femmes subissent un monitoring continu alors que cela peut être dommageable, monitoring continu pour les commodités du personnel rappelons-le ...

    La venue au monde de nos enfants n'est-elle pas plus précieuse que cela pour que nous ne les accueillions pas avec un peu plus de précautions et d'amour plutôt que de violences médicalisées sous prétexte fallacieux de sécurité ?

    Je vous conseille vivement si vous connaissez une ou des femmes enceintes de lire le merveilleux lire de Michel Odent, "Pour une naissance sans violence". Cet obstétricien a longtemps pratiqué des accouchements à domicile en France, alors que cette pratique chez nous est extrèmement marginale (et controversée au nom de la soi disant sécurité hospitalière, quand on sait que nombre d'affections nosocomiales sont très agressives) contrairement aux Hollandais chez qui 45% des femmes accouchent à la maison, les taux de mortalité maternelle sont nuls chez eux, et la France avec ses accouchements ultra techniques détient le record d'Europe de mortalité maternelle, détails qui sont souvent méconnus. La réussite de l'allaitement passe aussi par un accouchement serein c'est pourquoi les pratiques respectant autant que faire se peut la nature en prenant les précautions hygiénistes les plus élémentaires dans le cas d'une grossesse non pathologique sont vivement à encourager, pour le plus grand bien-être et bonheur des femmes et de leurs enfants. »

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