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L'entrevue - De l'enfant «normal» à l'enfant «normalisé»

Antoine Robitaille   12 janvier 2009  Santé
André Turmel
André Turmel
Québec — Dans quel «centile» se situe votre enfant? Aurait-il par hasard un trouble d'opposition ou d'anxiété? Un TDAH (trouble de déficit d'attention avec hyperactivité)? Ou, pour reprendre une classification très années 70-80, est-il un MSA (mésadapté socio-affectif)?

Catégoriser nos enfants, multiplier et raffiner sans cesse les diagnostics possibles pour nommer, qualifier, expliquer leur évolution et leurs comportements, voilà qui semble être une des activités préférées de nos sociétés.

Cette pratique qui confine à la manie, explique André Turmel, provient du «développementisme», «developmental thinking» en anglais: un paradigme dominant dans le monde «développé» (permettez la redondance...). Il trouve son origine dans le XIXe siècle, qui a connu l'essor de la «pensée statistique» et des premières grandes enquêtes populationnelles.

Sociologue à l'Université Laval, André Turmel décrit les mutations de cette manière de concevoir l'enfant qu'il estime «hégémonique» et qui culmine avec Piaget. Et qui n'est pas sans effets pervers (on le verra plus loin). Où M. Turmel a-t-il décrit tout cela? Dans A Historical Sociology of Childhood, publié récemment aux prestigieuses Cambridge University Press. Un exploit rare chez les universitaires d'ici dont l'homme de 63 ans n'est pas peu fier. «L'envoi de ce manuscrit à Cambridge, c'était un peu un coup de dés, vous savez», raconte-t-il.

Publier en anglais constituait un défi, il ne s'en cache pas. Qu'il a pu relever grâce à l'aide d'un professeur britannique rencontré lors d'une sabbatique à la London School of Economics. En écrivant dans la langue de Shakespeare, M. Turmel souhaitait atteindre les nombreux spécialistes de la sociologie historique de l'enfance en Allemagne et dans les pays scandinaves, par exemple, pour qui la langue seconde universitaire est évidemment l'anglais.

Historien ou sociologue, André Turmel? «Trop historien pour les sociologues et trop sociologue pour les historiens», répond-il en souriant. Dans son livre, il cite Norbert Élias qui avait déploré il y a une vingtaine d'années que, depuis 1945, les sociologues se soient «réfugiés dans le présent». À son sens, il fallait revenir à une sociologie qui cherche à éclairer les problèmes contemporains grâce à une connaissance du passé, à l'instar des grands penseurs que sont Marx et Weber.

Épopée de l'enfant «normal»

C'est précisément ce qu'André Turmel fait dans son livre, lequel consiste en une étude minutieuse, attentive, touffue, des transformations de la notion d'enfant «normal» en Angleterre, aux États-Unis et en France, de la manière dont la science a tenté de le dépeindre.

André Turmel estime que la sociologie s'est souvent empêchée de se pencher sur les enfants, trop occupée qu'elle était à étudier la famille. Dans son livre, il a du reste un plaisir quasi esthétique à présenter moult vieux diagrammes, tableaux, courbes par lesquels on a tenté, de 1850 à 1945, de définir le développement «normal». À ses yeux, ces représentations sont des simplifications de l'évolution d'un enfant imaginaire, universel; simplifications qui furent porteuses de progrès, certes, mais que l'on a fini par prendre pour la réalité, forcément plus complexe.

Tout a commencé avec les premières enquêtes populationnelles du XIXe siècle qui considèrent les enfants comme une sous-population et concluent qu'ils ont des maladies spécifiques qui doivent faire l'objet d'études particulières.

Aux États-Unis, on se penche sur l'évolution physique des enfants vers 1865, raconte André Turmel. Les résultats surprennent alors: les jeunes Blancs qui s'échinent une dizaine d'heures par jour dans les usines et les mines se développent moins bien et moins vite que les enfants d'esclaves noirs confinés, eux, au dur travail des champs et moins bien alimentés.

Des «hygiénistes» dénoncent le travail des enfants, établissent des programmes pour combattre les maladies infantiles. Plus tard, les pédiatres prennent la relève, se regroupent et construisent, à partir d'études sur le poids et la taille des enfants, des courbes d'évolution physique grâce auxquelles ils dessinent les contours d'une croissance «normale». Tranquillement, le travail des enfants dans les milieux industriels, «comme celui dépeint dans Germinal» par Émile Zola, illustre Turmel, sera remis en question un peu partout en Occident.

Interdits à l'usine ou à la mine toutefois, plusieurs enfants se trouvent alors à errer dans les rues, comme les enfants du monde d'Oliver Twist; ils se regroupent en gangs et en viennent parfois à troubler l'ordre public. Graduellement, presque chaque pays occidental imitera ce que le Danemark avait fait dès 1840, soit rendre l'école obligatoire. «Au Québec, ce n'est pas avant 1943 que Godbout adoptera une telle législation», souligne André Turmel.

La plupart des enfants étant désormais à l'école, on pourra de plus en plus faire, pour le développement mental, ce que les chercheurs avaient fait pour le physique. À partir d'enquêtes multiples, on distingue des stades de développement quasi obligatoires et linéaires. Les enquêtes, sévères, tranchent souvent sans nuances. Mandaté par le gouvernement français en 1905 pour distinguer les enfants normaux et anormaux, à partir du quotient intellectuel des enfants, le chercheur Alfred Binet produit un questionnaire en 30 questions. Résultat: «En France plus de la moitié des enfants étaient considérés comme "anormaux".» Malgré tout, le test de Binet aura beaucoup de succès et sera «rapidement traduit et utilisé dans les pays anglo-saxons», raconte M. Turmel. Au Québec, il livrera le même tableau: les «anormaux» sont en majorité.

La pensée de Piaget, qui décrète quatre étapes du développement de l'enfant, est pour Alain Turmel la plus emblématique du «développementisme». «Chez Piaget, c'est relativement rigide; pour arriver à la deuxième étape, on doit maîtriser la première. On ne peut pas escamoter la première, on ne peut pas en sauter une.» La métaphore qui sied est celle de «l'escalier».

Or, la vision «développementiste» de l'enfant, comme si l'enfant était universellement le même et comme si notre conception de l'enfance n'était pas historique, est celle qui règne en maître partout. Elle a permis des progrès, certes, mais André Turmel «considère que c'est devenu un "dispositif cognitif collectif". On n'arrive pas à penser à côté de cela».

S'affranchir du «développementisme»

Parce qu'il faudrait s'en libérer, de ce paradigme? Oui, croit André Turmel. Car la classification des enfants, poussée à son paroxysme à notre époque, «stigmatise des individus». André Turmel, lui-même père de deux enfants (et quatre fois grand-père), se souvient de l'époque, dans les années 80, où le terme «mésadapté socio-affectif» était en vogue. Il était alors président du conseil d'établissement de l'école de ses enfants. «J'ai connu un couple dont le fils était catalogué MSA et qui est allé devant les tribunaux pour le faire sortir de cette catégorie», se souvient-il. L'autre effet pervers c'est une sorte de «corsetage des enfants dans un couloir de pensée et d'action».

Mais en sortir sera difficile. «Avez-vous idée du monument invraisemblable auquel on s'attaque? C'est institutionnalisé. Ça a pénétré les institutions. C'est figé, momifié, ossifié dans les institutions, cette pensée-là!»

Puis il lance: «Je vous laisse deviner ce que toutes nos réformes de l'éducation doivent à la pensée développementiste.» André Turmel consacrera d'ailleurs son prochain livre au rapport que le Québec entretient avec l'enfance. «Parfois, j'ai l'impression qu'on n'est pas organisés pour les enfants, chez nous. Au Brésil, où j'ai voyagé pas mal ces derniers temps, les enfants sont accueillis dans les restaurants, partout. Ici, non!»

***

A Historical Sociology of Childhood, Cambridge University Press, 2008, 362 pages






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  • yves archambault
    Abonné
    lundi 12 janvier 2009 06h40
    bravo
    « enfin un courageux et brillant sociologue! maintenant une belle traduction pour les petits francais de ce monde s.v.p. »

  • Paul richard
    Abonné
    lundi 12 janvier 2009 07h35
    Laissons les donc jouer
    « Il faut savoir lire les statistiques. Carl Friedrich Gauss a qui on associe la courbe normal disait que tout se retrouvait sous sa courbe probabiliste, autrement dit tout est normal.
    Les sociauxconstrutivistes qui ont défendus la réforme ont eux trouver La solution, comme les behavioriste avant eux. Mais la réforme est capitaliste, élitiste et Taylorisme, pourquoi éduquer les masses si les besoins de l'élite est mieux servis par l'asservillissemant de la classe ouvrière.
    L'enfant d'aujourd'hui au Québec et dans toutes les sociétés plus capitalistes ou marchandes est l'enfant roi. Il vit dans un monde d'adulte, les meilleurs psycologues leur lavent le cervau à l'aide de commerciaux. On dévelloppent des zombies à consommer pas à penser...
    Laissons donc les enfants jouer, chanter et danser des jeux d'enfants entre eux. Investissons massivement dans les infrastructures terrain de jeux publiques, centre de la petite enfance et les écoles qui en ont drolement besoin. »

  • Yvon Roy
    Abonnée
    lundi 12 janvier 2009 07h50
    lucidité
    « Descartes n'avait peut-être pas tort de placer le siège de l'âme dans la pinéale puisque c'est probablement là que loge la lucidité chez la plupart des espèces animales complexes.

    La mélatonine, ou hormone du sommeil, étant de fait l'hormone centrale de régulation des rythmes chronobiologiques, elle est sécrétée en l'absence de lumière et sert d'horloge biologique à la plupart des Sapiens lucides ou trop dormants; et tout dépendant de l'état des rythmes circadiens des tout-petits comme des oiseaux de nuit, une baisse de luminosité entraîne une surproduction de mélatonine vers cinq heures du matin; d'où possibilité de lucidité vers les dix heures seulement chez la plupart des personnes prédisposées autres que les ours sans café.

    Régulée selon des cycles mensuels plutôt que par la lune selon les croyances populaires, elle est aussi très utile pour recaler des cycles du sommeil perturbés, comme chez des scientifiques qui voyagent trop, à raison de 0.3 mg par jour; ou encore avec des noix ou un bon vin, réputés pour en contenir beaucoup.

    Les bienfaits de la luminothérapie commençant tout juste à être connus depuis les travaux d'Axelrod dans les années cinquante, les états léthargiques de Descartes durant ses voyages en Suède ou en Allemagne commencent maintenant à s'expliquer un peu, tout comme ceux des agités ou des obsessifs compulsuifs chroniques tels que Proust, qui ne pouvaient plus sentir la lumière du tout sur leurs derniers jours.

    Très efficace aussi chez les poules pondeuses exposées continuellement à la lumière, ce qui explique aussi en partie ces sortes d'excès de libido chez beaucoup de primates au printemps, une équipe russe vient même de trouver qu'une poignée de noix avait l'effet calmant d'un valium chez ces stressés suraigus qu'on nomme des hypercatifs et qui finissent parfois par épuiser même leur entourage, et ses effets sur les tout-petits restent encore à étudier en bonne partie; même dans ces petites écoles de pensée telles que celles du Devoir, où des excès de luminothérapie pourraient provoquer au contraire des états de manie suraigue en présence de lithium, et voir Wikipedia pour le reste des détails philosophiques sur le sujet si besoin s.v.p...

    Serait-il pertinent d'ajouer que selon les denières études cognitives de Piaget en pédagogie, le mieux serait d'accorder des vacances aux enfants en hiver plutôt qu'en été, quand leurs performances dans les apprentissages ou leurs travaux scolaires sont les meilleures?

    Quitte à envoyer les snowbirds ou les pépé-boumeurs valser à Cuba pour le reste des saisons mortes tout comme les grues ou certains autres volatiles plus ou prou scientifiques bien sûr. Alors voilà pour la pensée claire de ce jour, mes bien chers blogueurs journalistiques. »

  • Yvon Roy
    Abonnée
    lundi 12 janvier 2009 07h53
    lucidité
    « Descartes n'avait peut-être pas tort de placer le siège de l'âme dans la pinéale puisque c'est probablement là que loge la lucidité chez la plupart des espèces animales complexes.

    La mélatonine, ou hormone du sommeil, étant de fait l'hormone centrale de régulation des rythmes chronobiologiques, elle est sécrétée en l'absence de lumière et sert d'horloge biologique à la plupart des Sapiens lucides ou trop dormants; et tout dépendant de l'état des rythmes circadiens des tout-petits comme des oiseaux de nuit, une baisse de luminosité entraîne une surproduction de mélatonine vers cinq heures du matin; d'où possibilité de lucidité vers les dix heures seulement chez la plupart des personnes prédisposées autres que les ours sans café.

    Régulée selon des cycles mensuels plutôt que par la lune selon les croyances populaires, elle est aussi très utile pour recaler des cycles du sommeil perturbés, comme chez des scientifiques qui voyagent trop, à raison de 0.3 mg par jour; ou encore avec des noix ou un bon vin, réputés pour en contenir beaucoup.

    Les bienfaits de la luminothérapie commençant tout juste à être connus depuis les travaux d'Axelrod dans les années cinquante, les états léthargiques de Descartes durant ses voyages en Suède ou en Allemagne commencent maintenant à s'expliquer un peu, tout comme ceux des agités ou des obsessifs compulsuifs chroniques tels que Proust, qui ne pouvaient plus sentir la lumière du tout sur leurs derniers jours.

    Très efficace aussi chez les poules pondeuses exposées continuellement à la lumière, ce qui explique aussi en partie ces sortes d'excès de libido chez beaucoup de primates au printemps, une équipe russe vient même de trouver qu'une poignée de noix avait l'effet calmant d'un valium chez ces stressés suraigus qu'on nomme des hypercatifs et qui finissent parfois par épuiser même leur entourage, et ses effets sur les tout-petits restent encore à étudier en bonne partie; même dans ces petites écoles de pensée telles que celles du Devoir, où des excès de luminothérapie pourraient provoquer au contraire des états de manie suraigue en présence de lithium, et voir Wikipedia pour le reste des détails philosophiques sur le sujet si besoin s.v.p...

    Serait-il pertinent d'ajouer que selon les denières études cognitives de Piaget en pédagogie, le mieux serait d'accorder des vacances aux enfants en hiver plutôt qu'en été, quand leurs performances dans les apprentissages ou leurs travaux scolaires sont les meilleures?

    Quitte à envoyer les snowbirds ou les pépé-boumeurs valser à Cuba pour le reste des saisons mortes tout comme les grues ou certains autres volatiles plus ou prou scientifiques bien sûr. Alors voilà pour la pensée claire de ce jour, mes bien chers blogueurs journalistiques. »

  • Roxane Sinclair
    Inscrite
    lundi 12 janvier 2009 08h45
    intéressant
    « J'ai bien l'intention de me procurer cet ouvrage. Effectivement Binet et Piaget furent des pionniers dans la mesure statistique du développement des enfants, mais l'idée de développement "normal" remonte à bien plus loin il me semble; Freud, avec les différents stades qu'il proposait (orale, anale, phallique, latence, etc.) suggérait que si un stade n'était pas bien réussi, il y avait des répercutions sur le développement ultérieur de la psychée de l'enfant. Il fut énormément critiqué parce que son analyse paraissait incomplète, et Erikson a voulu palier aux lacunes de l'analyse Freudienne. Il a proposé une échelle de développement psychosociale comportant plusieurs stades, qui ont eux aussi des conséquences sur le développement de l'enfant selon que le stade est bien réussi ou non.

    Je suis d'accord qu'il faille cesser d'acoller des étiquettes aux enfants; ceci les met dans une petite case et ils en viennent à attribuer tous leurs échecs à une chose qu'ils croient incontrôlable (TDAH par exemple). Éventuellement, ils développeront une pensée négative et croiront qu'ils sont des nuls ou des incapables à cause de ce genre d'étiquette qu'on leur aura mise très tôt dans la vie.

    Cependant, je crois qu'il faille d'une part bien définir ce qu'on appelle "normalité" (ce qui n'est pas une mince affaire). Je crois que les psychologues du développement s'entendent pour dire que la "normalité" dans le développement est une échelle indicative: on ne s'attend pas à ce que TOUS les enfants marchent à précisément 11 mois par exemple. Au parent inquiet, on expliquera que la marche pourra s'acquérir entre 10 et 16 mois.

    D'autre part, il est clair que l'environnement joue un rôle prépondérant dans le développement d'un enfant. À partir de là, je crois que si un enfant est absolument incapable d'être dans une salle de classe et d'apprendre parce que n'importe quel distraction lui fait perdre le fil ou parce qu'il doit bouger en tout temps, il serait bien que les parents aient accès à plus de renseignements sur ce qu'ils peuvent faire pour aider leur enfant (lui faire faire plus de sport par exemple), sans nécessairement lui dire qu'on lui a diagnostiqué un trouble de déficit d'attention ou d'hyperactivité. Évidemment, les médicaments sont la dernière solution à adopter (à mon avis).

    Enfin, je crois qu'il faille faire attention à la façon dont le "diagnostique" est posé; si l'enseignant(e) de l'enfant suggère que ce dernier soit hyperactif par exemple, en tant que parent j'irais vois un spécialiste avant de croire sur parole que l'enfant à un problème. Et rien n'oblige aucun parent à révéler à l'institution scolaire que fréquente son enfant que celui-ci souffre d'un TDAH. Ainsi, pas d'étiquette, pas de diminution des attentes de la part de l'enseignant et cheminement dans le parcours scolaire... normal. »

  • Pierre Des
    Inscrit
    lundi 12 janvier 2009 09h09
    Une bouffée d'air frais
    « Merci André Turmel. Il est plus que temps de remettre en question la « ritalinisation » de millions d'enfants qui ne cadrent pas dans un système scolaire à réinventer »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    lundi 12 janvier 2009 09h15
    Que faire ? Qu'inspirer ?
    « Bon Jour honorable tout le Monde !

    Grands mercis pour ce Mot sur la Réaction du sociologue, André Turmel (un Génie !), sur ce qu'Il nomme "Développementisme" !

    Ce Problème-Paradigme, que dénonce notre Sociologue, a été, pour l'une des premières fois au Québec, fortement "médiatisé" par la Révélation publique de l'Histoire de l'Enfance de Duplessis-Léger.

    Bien que les Décrets 1153-2001 et 1198-2006 l'escamotent... comme "aisément", ce Problème-Paradigme du "Développementisme" était particulièrement "connu"-"visé", notamment par les / des Organisations qui, favorables ou défavorables à cette Histoire-Mémoire du Québec, l'ont décrié ou manipulé !

    Que faire ? Qu'inspirer ?

    Une Table ronde autour de ce Phénomène (encore "omniprésent et omniscient") ce, afin que se prennent des Mesures susceptibles d'Éradication progressive et, chemin-faisant, d'Ajustements raisonnables libératoires (pensons, ici, à l'Enfance de l'actuel DPJ ?!)!

    De notre position, notre personne continue de Réfléchir à ce Phénomène difficile à... SAISIR En-Corps ! - 12 janvier 2009 - Marcel/Fafouin (Décret 1198-2006). »

  • Myrto Mondor
    Inscrite
    lundi 12 janvier 2009 10h05
    Mêmes les "bonnes" catégories...
    « Je crois en effet que catégoriser les enfants n'est pas une bonne idée mais, et ça peut paraître surprenant à première vue, mêmes les "bonnes" catégories sont à éviter. En effet, ça impose un modèle à l'enfant auquel il ne veut pas nécessairement se conformer. Le livre "Siblings without rivalry" d'Adele Faber et Elaine Mazlish (qui existe aussi en version française) est très inspirant à ce propos. »

  • André Grégoire
    Abonné
    lundi 12 janvier 2009 10h47
    Une psychologie... culturelle
    « Bravo pour cette "rafraîchissante" brèche dans la vision tradionnelle (et/ou dominante?) de "l'édifice" de la compréhension de l'homme. Toujours utile de se rappeler, me semble-t-il, que la psychologie reste une science culturelle.

    Et j'aime beaucoup cette expression de "dispositf cognitif collectif" utilisée dans le texte pour questionner ce méga-thème de la normalité...


    André Grégoire, psychologue »

  • Mathieu Le Corre
    Inscrit
    lundi 12 janvier 2009 11h03
    Attention a l'allergie aux connaissances.
    « Bien que je puisse comprendre que l'utilisation aveugle des categories puisse avoir des consequences negatives sur les enfants, ce type de "deconstruction historique" des categories psychologiques me preoccupe toujours un peu. Mal interprete, cet exercise peut (ironiquement) pousser a un relativisme mou ou on considere chaque individu comme inconnaissable et identique a tous les autres. Comme si l'acte de comparer un individu a un autre devenait presque heretique. Cette pensee est ultimement un obstacle, voire un danger, au progres de nos connaissances sur la psychologie humaine et a son integration par le grand public. Par exemple, un article recemment publie dans la revue scientifique "Nature" montre qu'une simple mesure de la capacite a comparer des ensembles d'objets pour determiner l'ensemble le plus nombreux permet de predire le succes d'un enfant en mathematiques a l'ecole. Cet article montre aussi que cette capacite a enumerer et comparer les ensembles est loin d'etre egalement distribuee chez les enfants. Certains sont tres precis (par example, il peuvent distinguer des ensembles tres similaires comme 10 objets de 11 objets) et d'autres ont beaucoup plus de difficulte (il ne peuvent que distinguer des ensembles peu similaires comme 10 et 15). Cette mesure peut etre un outil utile pour les enseignants; il peut permettre d'avoir une meilleure idee des enfants qui auront besoin de plus d'attention en mathematiques. Renoncer a l'utilisation de cet outil parce qu'il demande une "categorisation" des enfants serait une grave erreur. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    lundi 12 janvier 2009 11h08
    Enfin une bouffée d'air frais et libre
    « Enfin, l'expression d'un peu de respect pour nos enfants trop catégorisés, sollicités, normalisés, statistiqués.
    Oui, laissons-les jouer et vivre leur enfance au lieu d'en faire des petits Caniches sages en laisse ! »

  • Kr Girard
    Inscrite
    lundi 12 janvier 2009 11h09
    Observation ou prescription ?
    « Le développementalisme est peut-être plus une façon « active » de faire passer une volonté de diriger le cheminement des enfants qu'une observation de la réalité. C'est moins un observation qu'une prescription.

    Dans la réalité, il faut voir un jeune faire l'apprentissage d'un jeu vidéo pour saisir un peu de ce que vous dites. Il ne s'agit pas d'un apprentissage linéaire allant de l'étape 1 à 10. Chaque enfant le fait à sa façon. Intuition, logique, absence de jugement et capacité de faire des erreurs à l'infini, sans empêcher le joueur de recommencer. Dans la plupart des cas c'est l'objectif qui guide le parcours. En général, cet objectif est simple et est bien intégré par le joueur. Le parcours est jonché d'embuches, mais aussi de bonis et, summum du réaliste, de moyens de tricher !

    Ce qui manque aux éducateurs et aux parents c'est la capacité de faire intégrer aux jeunes des « objectifs » que l'enfant poursuivra avec les moyens qu'on lui propose et les capacités dont il dispose. Comme objectifs, la connaissance, le respect, le partage, la spiritualité ça mène où ? Alors qu'il est clair que le travail, les muscles, la taille, l'argent, le sexe et l'égoïsme assurent des résultats bien tangibles et clairement étalés dans les médias. Et en plus c'est permis de tricher !

    Ce constat d'une réalité complexe du développement de l'enfant doit-il évacuer complètement la prescription d'un parcours socialement souhaitable ? »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    lundi 12 janvier 2009 12h12
    Mirés comme des oeufs
    « C'est un baume sur ma frustration de parent membre du comité d'école, d'alors, frustration vis-à-vis les ressources que l'on met pour évaluer les "hors normes" par rapport aux ressources que l'on met pour les aider. Nous avions consulté un spécialiste pour aider mon enfant, à nos frais, pour voir plus tard ce même spécialiste avec la direction de l'école pour évaluer notre enfant mais... pas pour l'aider ! Celà sans parler de l'implantation de l'École Internationale dont il était impossible de savoir si les fonds alloués à celle-ci ne provenaient pas de l'EHDAA. Ces enfants qui font baisser le taux de réussites des écoles (L'Actualité) n'obéissent pas aux mêmes critères que les autres: ils ne doivent pas être dérangés par le déracinement de l'école de quartier alors que l'on connaît le drame que ces pauvres petits "normés" subissent quand l'école est obligée d'en choisir pour aller dans une autre école avec places disponibles: quel traumatisme !

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Laurence Bernard
    Inscrite
    lundi 12 janvier 2009 16h18
    De la normalisation foucaldienne
    « Ah bien, merci beaucoup pour cet article fort intéressant. Je ne manquerai pas de lire le livre de M. Turmel. J'y vois de nombreux parallèle avec les mécanismes disciplinaires dont Foucault parle si bien en termes de normalisation!
    Je pense à la normalisation infantile... que dire de la création de diagnostics médicaux afin de nommer une forme de déviance, de stigmatiser l'anormalité qui devient maladie... mais pour lequel on recourt à bien des traitements (dont le Ritalin).
    Je suis contente de lire dans Le Devoir qu'un sociologue a si bien documenté ce phénomène... phénomène pour les enfants qui fait échos à bien d'autres phénomènes de normalisation dans le domaine de la santé!
    Merci pour cette belle entrevue. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    lundi 12 janvier 2009 23h57
    Concrètement?
    « quelques lignes de votre vision de la transversalité des compétences et quelques ponctuations de vos transports transcendantaux, au sujet des parents singulièrement pluriels de tous ces enfants gratuitement dits normaux ou inopinément dits anormaux.

    Que pensez-vous CONCRÈTEMENT de la catégorisation des enfants-clients, les soi-disant «s'éduquant» du grand bluff que jouaient les pédants soi-disant pédagogues de l'élite pompeuse des années 80, verbeusement greffée à la poursuite d'une creuse excellence définie à la lumière des chandelles des podiums, de la compétitivité, des courses, des bousculades dont l'enfant-résultat a donné lieu aux inintelligentes comparaisons Public/Privé? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT des catégorisations et de la «catalogualisation» des élèves-objets de l'éducation-béton (épivalentes et zoogeps) qui n'avaient pour seuls buts que celui de forcer les administrations les plus incompétentes et anachroniques du Québec à se conformer aux décrets dévidoirs et aux critères entonnoirs ainsi que celui de s'enligner sur les colonnes chiffrées et pondérées des subventions subdivisées et saupoudrées, provenant de spéculations pluri ministérielles non harmonisées? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT des folles émergences des tablettés «logues» et «peutes» tous azimuts dont les contradictions proliféraient aux rythmes des conflits d'intérêts (professionnels et politiquement partisans) avant que de s'échouer, en langage codé dont l'hermétisme était on ne peut plus conforme à des «cultures ministérielles étanches», dans les «BLEUS» que signait un Ministre de l'Éducation en transit et provenant du Ministère de l'Agriculture? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT des ignares et incultes commissaires d'écoles ainsi que des tablettés des Commissions scolaires du Québec qui accueillaient les bulles des «réformites ponctuelles» comme des encycliques? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT de l'enfant-roi, de l'enfant-téflon, de l'enfant-tampon, de l'enfant-ping-pong? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT des familles explosées et reconstituées dont les implosions, les recollages et rapiéçages successifs provoquent et multiplient encore et toujours les explosions du sentiment d'appartenance et des besoins d'identification des enfants-bingo (numéros) «pris pour acquis» et/ou «pris en otages» et pour lesquels le «présentéisme» est l'alibi et le souffreteux abri du sur-place et de l'attentisme, ces vestibules du décrochage en spirales? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT de ces petits rats des labos des spéculateurs de la dissection doctorale qui n'aspirent que mécaniquement l'air raréfié des spécieuses tours-perchoirs où se nichent tant de zélés et faiseux intellos? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT de l'enfant-plante-verte; de la démission et/ou de l'absence parentale; de la dépression, du syndrome de l'épuisement et du burnout qui hantent les rangs des professionnels de l'Éducation et les projettent hors circuit? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT des influx ravageurs de l'enrégimentement syndicaliste ciblant le nivelage par le bas et criblant tout pédagogue qui prônait le respect des différences et la diversification des moyens de les appuyer intelligemment? Que pensez-vous CONCRÈTEMENT ...?

    Que vous jouissiez des brios et autres retombées brillantines d'une publication britannique sélecte, grand bien vous en fasse et que votre ego s'en flatte. Je veux bien qu'il vous plaise de citer tous les Piaget de vos lectures. Mais, qu'est-ce que ça apporte de CONCRET au Québécois, dans une recherche quotidienne et plus pressante que jamais, qui doit viser UNE ACTION COLLECTIVE CONCRÈTE, rassemblant, contingentant et amenant à la convergence pratique, les «forces actives» des Milieux où vivent et grandissent, progressent et s'épanouissent toutes ces créatures de la relève qui commandent tous les respects, parce qu'ils sont toute autre chose que les larves des sauteries sexuelles des vingt dernières années.

    Presse donc la mise en branle d'une démarche collective visant tous les moyens d'articuler harmonieusement TOUTE LA MÉCANIQUE DE LA RÉSOLUTION DYNAMIQUE ET CONTINUE des diverses problématiques se greffant aux nobles visées de l'Éducation universelle de nos enfants. Il me semble que le seul regard des tranchées plus profondes que jamais du haut desquelles les ponts générationnels se détachent et au fond desquelles ils s'effondrent les uns après les autres, devrait convaincre tout homme, toute femme d'agir plutôt que de discourir, de s'engager CONCRÈTEMENT plutôt que de spéculer et de philosopher si abstraitement...

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Jacques Thibodeau
    Inscrit
    lundi 26 janvier 2009 18h59
    l'anormal
    « Il est très difficile de parler d'anormalité sans établir ce qu'est la norme. Hors,Ces conceptualisations sont très inaccessible au commun des mortels.
    Par contre, dès qu'un enfant ose avoir une idée ou une attitude qui ne se conforme pas au dictats de l'acquisition des connaissances, dans le temps impartie par ces mêmes dictas, il est regardé comme un inadapté.
    Des questions ne se posent pas alors qu'elle sont fondamentales.
    La première de ces questions est comment préparent-t-on les enfants à vivre la scolarité?
    Les parent conditionnés à la surconsommation place la majorité des enfants dans des garderies coupée du lien familiale, fondamental pour le nourrisson,dès la fin du congé de maternité, pour pouvoir"acheter les choses". C'est dans ces années de croissance entre zéro et six ans que l'équilibre émotif et les bases de l'adaptation se construisent. Pour se sentir en sécurité l'enfant doit être sûr de la présence de sa mère. Je précise ici que la"modernité" n'est pas assez longue dans son existence pour avoir changer ce besoins inné chez l'humain. Cela prendrait des milliers d'années pour ça. Il en résulte qu'à cinq ans il est catapulté dans un monde scolaire à temps plein sans avoir résolut les bases de son autonomie. On se surprendra alors qu'il développe des résistances à l'autorité.
    L'édifice de l'éducation tient actuellement sur une base non consolidée. Elle oublie de tenir compte de l'humanité du sujet en construction cet à dire l'enfant lui-même. »

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