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L'asthme menace les athlètes

Pauline Gravel   3 janvier 2009  Santé
Les émanations chlorées dans les piscines généreraient des troubles particuliers chez les nageurs.
Photo : Patrick Sanfaçon
Les émanations chlorées dans les piscines généreraient des troubles particuliers chez les nageurs.
De nombreux athlètes qui pratiquent des sports d'endurance, comme le ski de fond, présentent des symptômes semblables à ceux rencontrés dans la maladie asthmatique. Des chercheurs d'ici et d'ailleurs tentent d'identifier les mécanismes par lesquels apparaissent ces problèmes handicapants pour les athlètes en espérant trouver des moyens de les prévenir.

«Faire des exercices quasi inhumains pendant des heures peut affecter le système respiratoire», affirme le Dr Louis-Philippe Boulet, pneumologue à l'Hôpital Laval, à Québec, et membre du comité médical olympique, qui s'intéresse à ce problème qui affecte un grand nombre de sportifs d'élite.

«Lors de la pratique prolongée d'un exercice aussi intense, les sportifs exposent leurs poumons à des quantités extraordinaires d'air froid et sec, de polluants ou d'allergènes, qui peuvent engendrer des problèmes inflammatoires. L'exercice comme tel est salutaire, mais lorsqu'il est fait dans un environnement qui n'est pas idéal en raison de la basse température de l'air ou de la présence d'allergènes, par exemple, des maladies inflammatoires, comme l'asthme, peuvent apparaître.»

Les troubles respiratoires apparaissent chez les athlètes qui se sont entraînés de façon intensive pendant trois à cinq ans, précise Pascale Kippelen, spécialiste de la physiologie respiratoire chez les sportifs. «Il ne s'agit pas d'un asthme qui a débuté dans l'enfance et qui se poursuit durant leur carrière. C'est un asthme qui apparaît à la suite d'un entraînement intensif qui s'est poursuivi sur de longues années. Lorsque les athlètes dépassent la vingtaine, ils commencent à se plaindre d'une gêne respiratoire à l'effort.»

Haut débit

Les athlètes pratiquant des sports d'endurance sont particulièrement susceptibles de souffrir de problèmes respiratoires s'apparentant à l'asthme parce qu'ils développent de très hauts débits ventilatoires, ajoute Mme Kippelen, qui travaille à l'Université Bunel, en banlieue ouest de Londres, et qui est elle aussi membre du comité médical olympique. «Ces athlètes peuvent passer de 10 litres par minute au repos à 200 litres par minute à l'effort. Tout cet air doit être rapidement réchauffé et humidifié avant d'atteindre les alvéoles. Cela se traduit par des pertes thermiques et hydriques au niveau du système respiratoire, qui vont favoriser le développement d'une bronchoconstriction.»

Les scientifiques cherchent donc à comprendre par quel mécanisme physiologique se déclenche ce genre de problème et comment on pourrait y remédier compte tenu que les traitements qui sont généralement prescrits aux sujets asthmatiques non entraînés, comme les corticostéroïdes inhalés, ne fonctionnent pas toujours chez les athlètes, tels que les skieurs de fond.

Les voies aériennes des athlètes de très haut niveau souffrent peut-être d'une inflammation d'un type particulier qui est différente de celle associée à l'asthme, supposent les chercheurs. Et comme ces athlètes ventilent à de très haut débits durant de longues périodes, et dans le cas des skieurs de fond, alors que l'air est froid et sec — autant de facteurs qui provoquent le dessèchement de la muqueuse bronchique —, cela peut agresser les bronches et entraîner des dommages au niveau de l'épithélium, la membrane qui tapisse l'intérieur des bronches, explique Pascale Kippelen. «Ces lésions induiraient une cascade d'événements qui pourraient expliquer l'apparition de symptômes d'atteinte respiratoire et d'hyperréactivité bronchique, mais sans qu'il y ait une inflammation permanente comme on en trouve dans l'asthme», croit-elle.

Environnement et tolérance

L'environnement de pratique semble jouer un rôle clé en engendrant une inflammation bien particulière, voire spécifique à chaque sport, ajoutent les deux chercheurs, qui sont membres du comité médical olympique. Ainsi, les émanations chlorées dans les piscines généreraient des troubles particuliers chez les nageurs. Les patineurs qui s'entraînent dans les patinoires intérieures respireraient quant à eux des taux élevés de polluants produits par les resurfaceuses, qui sont susceptibles de provoquer un autre type d'atteinte pulmonaire. Et les bronches des skieurs de fond, en raison de l'inhalation d'air froid et sec, seraient agressées autrement.

Comment faut-il s'occuper de ces athlètes? Doit-on les traiter de la même manière que les asthmatiques non entraînés ou faut-il trouver d'autres thérapeutiques, plus adaptées, puisque leur profil inflammatoire n'est pas le même? Les scientifiques cherchent des moyens d'améliorer les conditions environnementales ou la médication pour empêcher que les effets de l'environnement ne se traduisent chez les athlètes d'élite par des atteintes pulmonaires et respiratoires.

La recherche porte aussi sur le diagnostic, qui n'est pas facile à poser puisque de nombreux athlètes se plaignent de problèmes respiratoires, comme la toux et l'essoufflement à l'effort, mais que ces symptômes ne sont pas systématiquement le signe de dysfonction respiratoire, explique Mme Kippelen. «Une toux, par exemple, peut s'avérer simplement un réflexe protecteur contre le refroidissement des bronches qui n'est pas forcément associé à une obstruction bronchique ou à un phénomène inflammatoire», dit-elle.

Or, la plupart des médicaments prescrits pour le traitement de l'asthme, qu'il s'agisse des corticostéroïdes inhalés (des anti-inflammatoires que l'on doit prendre chaque jour) ou des bêta2-agonistes inhalés (des bronchodilatateurs à absorber avant l'effort afin de prévenir la crise d'asthme ou l'obstruction bronchique) sont sur la liste des produits dopants. «Ce qui veut dire que les athlètes qui veulent utiliser ces produits doivent soumettre un dossier médical qui montre qu'ils sont effectivement atteints d'une pathologie respiratoire», indique la chercheuse.

De plus, comme les athlètes s'entraînent jusqu'à deux fois par jour, ils consommeront les bêta2-agonistes de manière journalière plutôt qu'aiguë, comme c'est généralement le cas. Un phénomène de tolérance pourra alors s'installer qui fera que l'athlète aura besoin de doses plus importantes pour ressentir les mêmes effets. C'est un autre problème sur lequel se penchent les chercheurs.






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  • Mitchell Robert 44
    Inscrit
    samedi 3 janvier 2009 15h44
    enfin voile une vrai réponse a mes maux...
    « Enfin, voile une réponse a mes maux respiratoires. Je suis un athlète Elite.. Je peux m entraîner jusqu a 40 heures semaines. Voila depuis quelques temps, j ai développé une peur des endroits clos ( assis a l arrière d un véhicule par exemple , ascenseur) J ai eu des crises de paniques, de plus je suis devenu allergique aux chats mais pas tout le temps.. A l urgence (des tonnes de cas plus urgent que le miens, un athlète en pleine forme...)Vous vous en faite pour rien... On m a prescrit des bronchodilateurs .. bla bla ..A l époque , je n avais pas de médecin de famille et je ne me sentais pas écouté jusque a je tombe sur cette article qui décrit exactement ce que je vie, mon problème ... on parle de moi lollll Ca me donne le goût de redevenir Champion canadien sans avoir peur d aggraver mon état de santé, je vais suivre les différents récit ici A+ »

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