CHU: Québec prêt à payer ses d. g. 30% de plus
Devant les difficultés à recruter un directeur général pour chacun des centres hospitaliers universitaires (CHU), le gouvernement libéral veut offrir une augmentation de la rémunération allant jusqu'à 30 %. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a confirmé au Devoir que son ministère, en collaboration avec le Conseil du trésor «est en train de revoir toute la base salariale en ajoutant ce qu'on appelle un bonus à la performance». «Il faut aller chercher des gens compétents, et on pense qu'il faut qu'il y ait une bonification du salaire. Mais ce n'est pas astronomique, ce n'est pas du simple au double. C'est une augmentation que je considère comme raisonnable», a expliqué M. Bolduc.
Cette hausse pourrait se situer entre 20 % et 30 % de la rémunération actuelle. L'échelle salariale s'établit à l'heure actuelle autour de 184 000 $ par année. L'augmentation envisagée permettrait donc à un directeur général de recevoir entre 221 000 $ et 239 000 $, selon la formule retenue.
Il faut toutefois préciser que le directeur général du CHUM ainsi que celui du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont accès depuis 2005 à un bonus équivalent à 30 % de leur rémunération. La moitié de ce forfait peut être accordé par le conseil d'administration de l'établissement alors que l'autre portion de 15 % relève d'une décision ministérielle. Cette somme supplémentaire correspond à la lourdeur exceptionnelle de la tâche pour ces deux CHU.
Au CHUM, on ne cache pas que la rémunération offerte est une contrainte considérable pour le recrutement d'un nouveau directeur général. Le CHUM est sans directeur général depuis le départ forcé du Dr Denis Roy en juillet dernier. Et personne ne semble se bousculer au portillon.
«On va devoir élargir le spectre de recherche hors Québec. Non pas qu'il n'y a pas de candidats qui soient capables de le faire, mais on veut vraiment s'assurer de débusquer toutes les candidatures possibles. Dès lors, il est évident que le niveau de rémunération offert est nettement insuffisant. [...] Il faut payer les d.g. au prix qu'ils valent», croit le président du conseil d'administration du CHUM, Patrick Molinari.
Malgré l'ampleur de ces sommes, des écarts significatifs demeurent entre la rémunération accordée à un directeur général au Québec et celui qui travaille dans une autre province canadienne. «Un d.g. d'un hôpital comparable au CHUM, en Ontario, ne gagne pas moins de 350 000 $», a affirmé M. Molinari.
De fait, on se rappellera le passage à la tête de l'Hôpital d'Ottawa de David Levine, aujourd'hui président-directeur général de l'Agence de santé de Montréal, à qui l'on versait, en 2000, une rémunération annuelle de 355 000 $.
Le recrutement d'un directeur général à l'extérieur du Québec est de plus en plus chose courante. Ainsi, le CUSM avait recruté Arthur Porter aux États-Unis.
Le CHU Sainte-Justine a annoncé le mois dernier l'embauche d'un nouveau directeur général. Le Dr Fabrice P. Brunet, d'origine française, occupe le poste de chef du service de réanimation et soins intensifs de l'hôpital St. Michael de Toronto. Il entrera en fonction en janvier prochain.
Le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) fait face lui aussi au problème de trouver un successeur à la direction générale. Le CHUQ n'a toujours pas déniché la perle rare après deux affichages lancés depuis septembre dernier. L'actuel directeur général, René Rouleau, a prévu partir sous peu afin de prendre la présidence de la mutuelle d'assurance La Capitale. L'Hôtel-Dieu de Québec, l'un des trois hôpitaux formant le CHUQ, doit subir un agrandissement important, ce qui semble alourdir la tâche qui attend le nouveau directeur général.
Mais la situation apparaît particulièrement complexe pour le CHUM. Outre la question financière, le CHUM connaît des difficultés de gestion clinique (les services d'urgence, l'accessibilité des soins et la rétention du personnel, par exemple). Cela lui a d'ailleurs fait perdre une importante subvention de 100 millions de dollars provenant de la Fondation canadienne pour l'innovation le printemps dernier.
Aussi, le CHUM assume en même temps la responsabilité du projet de construction du futur hôpital. La gouvernance du projet est par ailleurs compliquée par la structure à multiples têtes imposée par Québec (ministère de la Santé et Trésor, direction exécutive, CHUM et Agence des PPP). Le CHUM est un immense navire difficile à piloter, un «défi supplémentaire».
«Toutes les facettes du CHUM sont largement publiques. Donc, les candidats qui s'y intéressent savent très bien dans quel type d'eau ils vont être appelés à nager», a fait valoir Patrick Molinari.
Le processus de recrutement n'est pas concrètement commencé. Le comité de sélection a été autorisé récemment par Québec. Une première rencontre est prévue d'ici à la fin du mois de novembre où il sera question d'établir un plan de travail ainsi que les critères de sélection. «C'est un processus pour les grands établissements qui est extrêmement long. Et il faut être lucide: il n'y a pas un nombre considérable de candidatures qui soient sur le marché», a souligné M. Molinari qui lance, en riant, que «ça prend plus de résilience que dans d'autres milieux».
Cette hausse pourrait se situer entre 20 % et 30 % de la rémunération actuelle. L'échelle salariale s'établit à l'heure actuelle autour de 184 000 $ par année. L'augmentation envisagée permettrait donc à un directeur général de recevoir entre 221 000 $ et 239 000 $, selon la formule retenue.
Il faut toutefois préciser que le directeur général du CHUM ainsi que celui du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont accès depuis 2005 à un bonus équivalent à 30 % de leur rémunération. La moitié de ce forfait peut être accordé par le conseil d'administration de l'établissement alors que l'autre portion de 15 % relève d'une décision ministérielle. Cette somme supplémentaire correspond à la lourdeur exceptionnelle de la tâche pour ces deux CHU.
Au CHUM, on ne cache pas que la rémunération offerte est une contrainte considérable pour le recrutement d'un nouveau directeur général. Le CHUM est sans directeur général depuis le départ forcé du Dr Denis Roy en juillet dernier. Et personne ne semble se bousculer au portillon.
«On va devoir élargir le spectre de recherche hors Québec. Non pas qu'il n'y a pas de candidats qui soient capables de le faire, mais on veut vraiment s'assurer de débusquer toutes les candidatures possibles. Dès lors, il est évident que le niveau de rémunération offert est nettement insuffisant. [...] Il faut payer les d.g. au prix qu'ils valent», croit le président du conseil d'administration du CHUM, Patrick Molinari.
Malgré l'ampleur de ces sommes, des écarts significatifs demeurent entre la rémunération accordée à un directeur général au Québec et celui qui travaille dans une autre province canadienne. «Un d.g. d'un hôpital comparable au CHUM, en Ontario, ne gagne pas moins de 350 000 $», a affirmé M. Molinari.
De fait, on se rappellera le passage à la tête de l'Hôpital d'Ottawa de David Levine, aujourd'hui président-directeur général de l'Agence de santé de Montréal, à qui l'on versait, en 2000, une rémunération annuelle de 355 000 $.
Le recrutement d'un directeur général à l'extérieur du Québec est de plus en plus chose courante. Ainsi, le CUSM avait recruté Arthur Porter aux États-Unis.
Le CHU Sainte-Justine a annoncé le mois dernier l'embauche d'un nouveau directeur général. Le Dr Fabrice P. Brunet, d'origine française, occupe le poste de chef du service de réanimation et soins intensifs de l'hôpital St. Michael de Toronto. Il entrera en fonction en janvier prochain.
Le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) fait face lui aussi au problème de trouver un successeur à la direction générale. Le CHUQ n'a toujours pas déniché la perle rare après deux affichages lancés depuis septembre dernier. L'actuel directeur général, René Rouleau, a prévu partir sous peu afin de prendre la présidence de la mutuelle d'assurance La Capitale. L'Hôtel-Dieu de Québec, l'un des trois hôpitaux formant le CHUQ, doit subir un agrandissement important, ce qui semble alourdir la tâche qui attend le nouveau directeur général.
Mais la situation apparaît particulièrement complexe pour le CHUM. Outre la question financière, le CHUM connaît des difficultés de gestion clinique (les services d'urgence, l'accessibilité des soins et la rétention du personnel, par exemple). Cela lui a d'ailleurs fait perdre une importante subvention de 100 millions de dollars provenant de la Fondation canadienne pour l'innovation le printemps dernier.
Aussi, le CHUM assume en même temps la responsabilité du projet de construction du futur hôpital. La gouvernance du projet est par ailleurs compliquée par la structure à multiples têtes imposée par Québec (ministère de la Santé et Trésor, direction exécutive, CHUM et Agence des PPP). Le CHUM est un immense navire difficile à piloter, un «défi supplémentaire».
«Toutes les facettes du CHUM sont largement publiques. Donc, les candidats qui s'y intéressent savent très bien dans quel type d'eau ils vont être appelés à nager», a fait valoir Patrick Molinari.
Le processus de recrutement n'est pas concrètement commencé. Le comité de sélection a été autorisé récemment par Québec. Une première rencontre est prévue d'ici à la fin du mois de novembre où il sera question d'établir un plan de travail ainsi que les critères de sélection. «C'est un processus pour les grands établissements qui est extrêmement long. Et il faut être lucide: il n'y a pas un nombre considérable de candidatures qui soient sur le marché», a souligné M. Molinari qui lance, en riant, que «ça prend plus de résilience que dans d'autres milieux».
- » Québec (province),
- Directeur général des élections du Québec,
- centre hospitalier universitaire (CHU)
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