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Cri d'alarme des omnipraticiens

Jacinthe Tremblay   9 octobre 2008  Santé
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a dressé hier un sombre bilan de l'état de la médecine familiale assorti d'un plan de match en 15 points qui interpelle les facultés de médecine, le réseau de la santé et, au premier chef, le gouvernement. «Je suis heureux de l'ouverture de la FMOQ à faire avancer le dossier des médecins de famille. Nous allons regarder les moyens qu'ils proposent», a commenté sans autres précisions le ministre de la Santé, Yves Bolduc.

En conférence de presse dans les locaux de la FMOQ, son président, le Dr Louis Godin, a dressé hier, pendant cinquante minutes, chiffres et exemples à l'appui, un portrait alarmant de la médecine familiale au Québec. Les maux minent, à ses yeux, la formation, l'organisation du travail et la rémunération de cette pratique qui est pourtant présentée par le gouvernement du Québec comme la priorité pour améliorer l'accès aux soins de santé.

En 2006, près d'un Québécois sur quatre n'avait pas de médecin de famille, contre moins de 9 % en Ontario et 14,3 % dans l'ensemble du Canada. «La situation s'est aggravée. Nous estimons qu'un million de Québécois sont maintenant à la recherche d'un médecin de famille et sont incapables d'en trouver», a-t-il résumé.

Entre 2007 et 2008, le pourcentage de postes de résidence en médecine familiale laissés vacants par des étudiants en médecine est passé de 17 à 20 %. Pour ces deux années, cela représente environ 100 médecins de moins que les besoins établis par Québec et la FMOQ. «La tendance des futurs médecins de bouder cette pratique s'est accentuée depuis 2006», a noté le Dr Drouin. Depuis sept ans, 1950 spécialistes sont sortis des facultés de médecine des universités Laval, Sherbrooke, de Montréal et McGill, contre 1300 omnipraticiens.

Ceux qui pratiquent sont de plus en plus débordés et font face à des cas plus lourds. Ils exercent également un pourcentage accru de leur profession dans des activités à l'hôpital ou dans des centres de soins de longue durée. En 2007-08, près de 40 % des omnipraticiens avaient ce type d'activités, contre seulement 9 % en Ontario. La FMOQ explique en partie par la situation difficile des médecins de famille le fait que 99 omnipraticiens ne participent plus à la Régie d'assurance maladie du Québec et se font payer directement par leurs patients et que 58 ont quitté la barque depuis 2006.

La FMOQ a enfin inclus dans son sombre diagnostic la rémunération inférieure de ses membres par rapport à celle de leurs collègues des autres provinces canadiennes. «En 2016, l'écart entre notre revenu moyen et celui des autres omnipraticiens du pays sera de 70 000 $, à la condition que ces derniers n'aient pas d'augmentation d'ici là», a illustré le Dr Godin.

Trois volets

Pour renverser la vapeur, la FMOQ propose d'abord de valoriser la médecine familiale à l'université, notamment en mettant en contact plus longtemps les futurs docteurs avec cette pratique. «Il se trouve encore des médecins à compléter leurs études sans avoir même fait un stage en médecine familiale. Des stages d'observation devraient être obligatoires au cours de la première année d'étude et des immersions de deux mois devraient être également obligatoires lors de l'externat», estime le Dr Drouin.

Plusieurs recommandations de la feuille de route touchent des changements majeurs dans l'organisation du travail. La FMOQ presse entre autres le ministère de la Santé d'assouplir les règles guidant la création de groupes de médecine familiale. La Fédération réclame aussi de toute urgence l'accès des médecins en cabinet privé à des dossiers informatisés ainsi que des corridors rapides vers les spécialistes et les instruments de diagnostic.

Québec peut enfin s'attendre à faire face à des hausses de rémunération importantes lors de la prochaine ronde de négociations, en 2010.






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  • Pierre Germain
    Inscrit
    jeudi 9 octobre 2008 08h32
    Plus d'argent ne veut pas dire moins d'épuisement
    « Il est remarquable de voir à quel point nos médecins sont épuisés, et encore plus remarquable de constater que leur solution à ce problème est une rémunération plus élevée.

    Pourtant, une rémunération plus élevée ne produira pas par magie plus de médecins. Bien au contraire! Par exemple, si je vous augmente subitement de 20 %, et que vous travaillez à votre compte, vous pouvez diminuer vos heures de 10 %, il vous restera toujours 10 % de plus dans vos poches. Avec ce petit exemple, on voit qu'il faut être crasse pour prétendre que c'est la solution.

    Pour ce qui est de l'argument: "on veut être payer comme le reste du Canada", alors ayez au moins la décence de demander la même chose pour les infirmières!

    À ce sujet, je rappelle que la fonction publique québécoise rémunère ses gens en moyenne 25 % moins "qu'ailleurs au Canada", sauf pour nos honorables juges et députés (eh oui, deux poids, deux mesures).

    Finalement, notons que les médecins qui menacent de s'exiler aux USA ne mentionnent jamais que la moyenne des heures travaillées y est beaucoup plus élevées qu'au Québec. Le même constat s'applique à l'Ontario. »

  • Jocelyne Brunet
    Inscrite
    jeudi 9 octobre 2008 10h28
    Trop tard pour moi
    « Sans médecin de famille depuis une quinzaine d'années (pénurie grave de médecins en Outaouais), je n'ai pu avoir accès aux tests de dépistage du cancer du colon. En mai 2007, je me suis présentée à l'urgence de l'hôpital pour une douleur persistante sous les côtes que je ressentais depuis deux semaines. Tests en rafale sur deux jours et diagnostic: cancer du colon avancé avec multiples métastases au foie. Inopérable: 3 à 6 mois à vivre sans chimio, 2 à 3 ans avec chimio. Il s'agit d'un cancer génétique.

    Si j'avais eu accès aux mêmes services de santé que les personnes ayant un médecin de famille, je n'en serais pas là aujourd'hui. Mon cancer aurait été découvert à temps pour une guérison complète, ou mieux, les polypes auraient été enlevés avant même qu'ils ne deviennent cancéreux.

    Il est trop tard pour moi, mais pas pour mon fils et pour toutes les autres personnes à risque qui n'ont pas de médecin de famille à Gatineau.

    Nous payons tous des impôts. Pourtant, certaines régions sont grandement désavantagées au Québec. L'Outaouais est l'une des pires régions pour l'accès aux soins de santé. Il est grand temps de faire quelque chose de concret pour l'Outaouais.

    Même avec un cancer terminal, je n'ai pas de médecin de famille. Après plus d'un an, j'ai réussi à faire mettre mon nom sur une liste d'attente. Et j'attends... »

  • BERNARD LA FEUILLE
    Inscrit
    jeudi 9 octobre 2008 13h09
    la solution doit etre adaptee
    « La federation a lance son cri d'alarme.....qu'en t-il de celui du citoyen

    A-le gouvernement doit respecter notre capacites de payer..., il doit ainsi revoir le modele actuel ou les medecins sont des travailleurs autonomes MAIS ils n'ont pas a competionner et a demontrer leur competences ni payer pour le cabinet et les frais de secretaires ni meme chercher les malades..

    B- le gouvernemement doit etre le garant de l'efficacite et de la qualite de notre systeme de sante et non les ordres et les fedration. en matiere juridique nos ordres sont en conflit d'interet.

    C- le gouvernement doit aussi defendre le monde pris en otage a cause des penuries et des listes d'attentes interminables. solution ouvrir l'exercice du metier aux medecins etrangers et qu'ils soient evalues par un organisme independant de l'ordre, seul le gouvernement est abilite a fixer le cota et le niveau de performance.

    C- »

  • Yvonne lemile
    Inscrite
    jeudi 9 octobre 2008 20h33
    La solution passe par l'abattage des 2 CHUM inutiles
    « La santé, la santé, quel bordel !!!

    Ce riche monsieur médecin parle-t-il pour sa paroisse et sa poche ?

    Ne faut-il pas reculer en arrière pour comprendre ?

    En 97 le gouvernement a congédié( mis à la retraite, payé à même leur fond de retraite, (sic)) 25,000 personnes travaillant dans la santé.

    En plus il a fermé 7 hôpitaux.

    Sans calculer les mises à la retraite, grassement payés, de centaines de médecins, en douce et en silence.

    J'y ai perdu mon médecin de famille, je végète avec un médecin qui est sur le bord de sa retraite et pratique 2 avant-midi par semaine.

    Le gouvernement a toujours VOLONTAIREMENT BLOQUÉ la formation de médecins pour les remplacer.

    Voyez-vous d'où est sorti le déficit zéro, d'une grande part de la santé.

    Le prof Lauzon UQAM, dénonce les évasions fiscales des compagnies, à hauteur de 80Milliards/an, ce qui à mon avis
    paieraient facilement la réparation du système de santé.

    Quand on dit qu'il manque de l'argent pourquoi en ce cas, faire 2 CHUM INUTILES à coups de milliards de $$$, si le système de base est défectueux, CHUM qui vont coûter plusieurs milliards et sans aucun doute doubler les coûts annoncés.
    Comme le métro de Laval.

    1. Ouvrir les facultés de médecine avec moins d'exigences pointilleuses et réagir plus rapidement et réexaminer ultérieurement les cancres du système.

    2. Réouvrir des hôpitaux.

    3. Coller les CLSC sur les urgences comme filtre de maladies légères.

    4. Il s'entend qu'il faut aussi former des infirmières en conséquence.

    5. Que les infirmières fassent un travail d'infirmières et non de nettoyeurs de plancher.

    6. Engager des aide-infirmières et des nettoyeurs pour assister le tout.

    Avec quel argent ?

    Avec l'argent des 2 CHUM INUTILES, qui ne sont que des CHUM de prestige pour glorieux déjà riche médecins.

    Il y déjà plusieurs CHUM qui sont suffisants à notre santé.
    Quand au malade insoignable ici, le système paiera pour le soigner dans des hôpitaux étranger, le résiduel monétaire de l'argent des 2 CHUM INUTILES, cancellés, suffira pour défrayer les coûts.

    Quand à la prétendu recherche de ces CHUM elle se fait continuellement dans nos CHUM actuels et se transmet via les communications.

    Nous sommes déjà à l'avant-garde de la science médicale.

    Seule la base est défectueuse.

    Quelque part quelqu'un nous arnaquerait-il ? »

  • nicole ouellet
    Inscrite
    vendredi 10 octobre 2008 03h25
    prophylactie
    « Désolant de constater qu'avec tous ces milliards engloutis dans ce système de maladies, des québécois souffent et manquent de soins de base pour vivre décemmentleurs maladies. la solution la moins onéreuse plutôt que de graisser toujours la patte à ces pauvres impuissants médecins est l'ouverture à toutes les médecines alternatives, parallèles. Les gens qui n,ont pas de médecins de familles auraient au moins accès à un thérapeute alternatif. La surprise serait que ces personnes seraient en meilleure santé, en meilleure condition de vie. Car n'en doutons pas la seule façon d'éviter de vivre ces situations est de soit sa garder en santé ou soit d'éviter la maladie et ça se fait par le respect de règles précises à observer. C'est de la prophylactie »

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