Cri d'alarme des omnipraticiens
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a dressé hier un sombre bilan de l'état de la médecine familiale assorti d'un plan de match en 15 points qui interpelle les facultés de médecine, le réseau de la santé et, au premier chef, le gouvernement. «Je suis heureux de l'ouverture de la FMOQ à faire avancer le dossier des médecins de famille. Nous allons regarder les moyens qu'ils proposent», a commenté sans autres précisions le ministre de la Santé, Yves Bolduc.
En conférence de presse dans les locaux de la FMOQ, son président, le Dr Louis Godin, a dressé hier, pendant cinquante minutes, chiffres et exemples à l'appui, un portrait alarmant de la médecine familiale au Québec. Les maux minent, à ses yeux, la formation, l'organisation du travail et la rémunération de cette pratique qui est pourtant présentée par le gouvernement du Québec comme la priorité pour améliorer l'accès aux soins de santé.
En 2006, près d'un Québécois sur quatre n'avait pas de médecin de famille, contre moins de 9 % en Ontario et 14,3 % dans l'ensemble du Canada. «La situation s'est aggravée. Nous estimons qu'un million de Québécois sont maintenant à la recherche d'un médecin de famille et sont incapables d'en trouver», a-t-il résumé.
Entre 2007 et 2008, le pourcentage de postes de résidence en médecine familiale laissés vacants par des étudiants en médecine est passé de 17 à 20 %. Pour ces deux années, cela représente environ 100 médecins de moins que les besoins établis par Québec et la FMOQ. «La tendance des futurs médecins de bouder cette pratique s'est accentuée depuis 2006», a noté le Dr Drouin. Depuis sept ans, 1950 spécialistes sont sortis des facultés de médecine des universités Laval, Sherbrooke, de Montréal et McGill, contre 1300 omnipraticiens.
Ceux qui pratiquent sont de plus en plus débordés et font face à des cas plus lourds. Ils exercent également un pourcentage accru de leur profession dans des activités à l'hôpital ou dans des centres de soins de longue durée. En 2007-08, près de 40 % des omnipraticiens avaient ce type d'activités, contre seulement 9 % en Ontario. La FMOQ explique en partie par la situation difficile des médecins de famille le fait que 99 omnipraticiens ne participent plus à la Régie d'assurance maladie du Québec et se font payer directement par leurs patients et que 58 ont quitté la barque depuis 2006.
La FMOQ a enfin inclus dans son sombre diagnostic la rémunération inférieure de ses membres par rapport à celle de leurs collègues des autres provinces canadiennes. «En 2016, l'écart entre notre revenu moyen et celui des autres omnipraticiens du pays sera de 70 000 $, à la condition que ces derniers n'aient pas d'augmentation d'ici là», a illustré le Dr Godin.
Trois volets
Pour renverser la vapeur, la FMOQ propose d'abord de valoriser la médecine familiale à l'université, notamment en mettant en contact plus longtemps les futurs docteurs avec cette pratique. «Il se trouve encore des médecins à compléter leurs études sans avoir même fait un stage en médecine familiale. Des stages d'observation devraient être obligatoires au cours de la première année d'étude et des immersions de deux mois devraient être également obligatoires lors de l'externat», estime le Dr Drouin.
Plusieurs recommandations de la feuille de route touchent des changements majeurs dans l'organisation du travail. La FMOQ presse entre autres le ministère de la Santé d'assouplir les règles guidant la création de groupes de médecine familiale. La Fédération réclame aussi de toute urgence l'accès des médecins en cabinet privé à des dossiers informatisés ainsi que des corridors rapides vers les spécialistes et les instruments de diagnostic.
Québec peut enfin s'attendre à faire face à des hausses de rémunération importantes lors de la prochaine ronde de négociations, en 2010.
En conférence de presse dans les locaux de la FMOQ, son président, le Dr Louis Godin, a dressé hier, pendant cinquante minutes, chiffres et exemples à l'appui, un portrait alarmant de la médecine familiale au Québec. Les maux minent, à ses yeux, la formation, l'organisation du travail et la rémunération de cette pratique qui est pourtant présentée par le gouvernement du Québec comme la priorité pour améliorer l'accès aux soins de santé.
En 2006, près d'un Québécois sur quatre n'avait pas de médecin de famille, contre moins de 9 % en Ontario et 14,3 % dans l'ensemble du Canada. «La situation s'est aggravée. Nous estimons qu'un million de Québécois sont maintenant à la recherche d'un médecin de famille et sont incapables d'en trouver», a-t-il résumé.
Entre 2007 et 2008, le pourcentage de postes de résidence en médecine familiale laissés vacants par des étudiants en médecine est passé de 17 à 20 %. Pour ces deux années, cela représente environ 100 médecins de moins que les besoins établis par Québec et la FMOQ. «La tendance des futurs médecins de bouder cette pratique s'est accentuée depuis 2006», a noté le Dr Drouin. Depuis sept ans, 1950 spécialistes sont sortis des facultés de médecine des universités Laval, Sherbrooke, de Montréal et McGill, contre 1300 omnipraticiens.
Ceux qui pratiquent sont de plus en plus débordés et font face à des cas plus lourds. Ils exercent également un pourcentage accru de leur profession dans des activités à l'hôpital ou dans des centres de soins de longue durée. En 2007-08, près de 40 % des omnipraticiens avaient ce type d'activités, contre seulement 9 % en Ontario. La FMOQ explique en partie par la situation difficile des médecins de famille le fait que 99 omnipraticiens ne participent plus à la Régie d'assurance maladie du Québec et se font payer directement par leurs patients et que 58 ont quitté la barque depuis 2006.
La FMOQ a enfin inclus dans son sombre diagnostic la rémunération inférieure de ses membres par rapport à celle de leurs collègues des autres provinces canadiennes. «En 2016, l'écart entre notre revenu moyen et celui des autres omnipraticiens du pays sera de 70 000 $, à la condition que ces derniers n'aient pas d'augmentation d'ici là», a illustré le Dr Godin.
Trois volets
Pour renverser la vapeur, la FMOQ propose d'abord de valoriser la médecine familiale à l'université, notamment en mettant en contact plus longtemps les futurs docteurs avec cette pratique. «Il se trouve encore des médecins à compléter leurs études sans avoir même fait un stage en médecine familiale. Des stages d'observation devraient être obligatoires au cours de la première année d'étude et des immersions de deux mois devraient être également obligatoires lors de l'externat», estime le Dr Drouin.
Plusieurs recommandations de la feuille de route touchent des changements majeurs dans l'organisation du travail. La FMOQ presse entre autres le ministère de la Santé d'assouplir les règles guidant la création de groupes de médecine familiale. La Fédération réclame aussi de toute urgence l'accès des médecins en cabinet privé à des dossiers informatisés ainsi que des corridors rapides vers les spécialistes et les instruments de diagnostic.
Québec peut enfin s'attendre à faire face à des hausses de rémunération importantes lors de la prochaine ronde de négociations, en 2010.
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