Les groupes féministes manifestent pour le droit à l'avortement
Photo : Jacques Nadeau
Quelque 2500 personnes ont répondu hier à l’appel du mouvement des femmes et des principales organisations syndicales et ont manifesté sur le Plateau Mont-Royal pour prévenir tout retour possible de projets de loi limitant le droit à l’avortemen
Même si le controversé projet de loi C-484 a pour l'instant «avorté», quelque 2500 personnes ont, sur l'appel du mouvement des femmes et des principales organisations syndicales, manifesté tout l'après-midi hier sur le Plateau Mont-Royal afin de protester contre les reculs possibles en matière de droit à l'avortement.
Dans le cadre de la Journée pancanadienne de l'action pour le droit à l'avortement, ce soulèvement populaire faisait écho à ceux qui se tenaient simultanément ailleurs au Canada, à Toronto, à Ottawa et à Vancouver, et qui protestaient également contre tous ces projets de loi qu'ils croient destinés, non pas à protéger le droit des femmes, mais à donner une personnalité juridique au foetus.
Ainsi, sans prendre position pour un parti en particulier, la Fédération du Québec pour le planning des naissances et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ont néanmoins, à leur façon, pris part à la campagne en vue des élections fédérales du 14 octobre prochain.
«Le projet de loi C-484 est mort au feuilleton, mais pas pour certains candidats qui se représentent aux élections. Il faut être vigilant et ne pas les élire», a sommé la présidente de la FFQ, Michèle Asselin. Elle rappelle que tous les députés conservateurs sauf quatre ont voté en faveur de C-484, y compris Stephen Harper, de même que 27 députés libéraux. «Nous croyons que c'est devenu un enjeu électoral majeur, et c'est pourquoi nous manifestons», explique-t-elle en admettant faire un geste «préventif».
Selon elle, en plus du projet de loi C-484, aussi connu sous le nom de «Loi sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels», deux autres projets de loi privés étaient sur la table. «Jamais il n'y aura autant eu de projets de loi pour empêcher le droit à l'avortement», a-t-elle affirmé.
À peine une semaine avant le déclenchement des élections, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, avait soutenu que son gouvernement ne souhaitait pas rouvrir le débat sur l'avortement et avait annoncé son intention de déposer un nouveau projet de loi visant à punir plus sévèrement les crimes commis contre une femme enceinte, sans passer par l'octroi de droits au foetus.
Une tournure électorale
Teintée de la volonté de la Coalition d'obtenir des engagements fermes de la part des partis politiques, la manifestation montréalaise a pris une réelle tournure électorale: les principaux partis fédéraux (Bloc québécois, Parti libéral et Nouveau Parti démocratique) étaient présents sous leur bannière, chacun appelant à battre les conservateurs. «On n'a pas besoin du verdict du Parti conservateur. Homme, femme, enfant, on a tout ce qu'il faut dans le Code criminel pour traiter les crimes commis contre ces personnes», a indiqué la libérale, leader de l'opposition au Sénat, Céline Hervieux-Payette.
La candidate du NPD dans Westmount-Ville-Marie, Anne Lagacé Dowson, a saisi l'occasion de pourfendre les conservateurs. «C'est un message pour faire comprendre à Stephen Harper que les Québécoises tiennent à leur droit reproductif», a-t-elle soutenu. Pour sa part, Luc Gagnon, de Campagne Québec-vie, le pendant québécois de Campaign Life Coalition, a minimisé l'importance de ces manifestations. «Pour moi, ce sont des gens un peu marginaux qui ont peur d'une majorité conservatrice au pouvoir.»
M. Gagnon ne prétend pas être dans le secret des dieux, mais il remarque que ce genre de projets de loi privés flotte constamment dans l'atmosphère d'Ottawa. Il fait remarquer qu'une «forte majorité» de la députation conservatrice ontarienne est pro-vie et, selon une analyse des candidatures présentées, cela devrait être encore le cas après les élections. Il fait le même calcul au Québec, estimant que les candidats conservateurs qui réussiront à déloger des bloquistes seront plus susceptibles d'être libres sur cette question alors que le parti de Gilles Duceppe ne permet aucune dissidence sur cet enjeu.
***
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
Dans le cadre de la Journée pancanadienne de l'action pour le droit à l'avortement, ce soulèvement populaire faisait écho à ceux qui se tenaient simultanément ailleurs au Canada, à Toronto, à Ottawa et à Vancouver, et qui protestaient également contre tous ces projets de loi qu'ils croient destinés, non pas à protéger le droit des femmes, mais à donner une personnalité juridique au foetus.
Ainsi, sans prendre position pour un parti en particulier, la Fédération du Québec pour le planning des naissances et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ont néanmoins, à leur façon, pris part à la campagne en vue des élections fédérales du 14 octobre prochain.
«Le projet de loi C-484 est mort au feuilleton, mais pas pour certains candidats qui se représentent aux élections. Il faut être vigilant et ne pas les élire», a sommé la présidente de la FFQ, Michèle Asselin. Elle rappelle que tous les députés conservateurs sauf quatre ont voté en faveur de C-484, y compris Stephen Harper, de même que 27 députés libéraux. «Nous croyons que c'est devenu un enjeu électoral majeur, et c'est pourquoi nous manifestons», explique-t-elle en admettant faire un geste «préventif».
Selon elle, en plus du projet de loi C-484, aussi connu sous le nom de «Loi sur les enfants non encore nés victimes d'actes criminels», deux autres projets de loi privés étaient sur la table. «Jamais il n'y aura autant eu de projets de loi pour empêcher le droit à l'avortement», a-t-elle affirmé.
À peine une semaine avant le déclenchement des élections, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, avait soutenu que son gouvernement ne souhaitait pas rouvrir le débat sur l'avortement et avait annoncé son intention de déposer un nouveau projet de loi visant à punir plus sévèrement les crimes commis contre une femme enceinte, sans passer par l'octroi de droits au foetus.
Une tournure électorale
Teintée de la volonté de la Coalition d'obtenir des engagements fermes de la part des partis politiques, la manifestation montréalaise a pris une réelle tournure électorale: les principaux partis fédéraux (Bloc québécois, Parti libéral et Nouveau Parti démocratique) étaient présents sous leur bannière, chacun appelant à battre les conservateurs. «On n'a pas besoin du verdict du Parti conservateur. Homme, femme, enfant, on a tout ce qu'il faut dans le Code criminel pour traiter les crimes commis contre ces personnes», a indiqué la libérale, leader de l'opposition au Sénat, Céline Hervieux-Payette.
La candidate du NPD dans Westmount-Ville-Marie, Anne Lagacé Dowson, a saisi l'occasion de pourfendre les conservateurs. «C'est un message pour faire comprendre à Stephen Harper que les Québécoises tiennent à leur droit reproductif», a-t-elle soutenu. Pour sa part, Luc Gagnon, de Campagne Québec-vie, le pendant québécois de Campaign Life Coalition, a minimisé l'importance de ces manifestations. «Pour moi, ce sont des gens un peu marginaux qui ont peur d'une majorité conservatrice au pouvoir.»
M. Gagnon ne prétend pas être dans le secret des dieux, mais il remarque que ce genre de projets de loi privés flotte constamment dans l'atmosphère d'Ottawa. Il fait remarquer qu'une «forte majorité» de la députation conservatrice ontarienne est pro-vie et, selon une analyse des candidatures présentées, cela devrait être encore le cas après les élections. Il fait le même calcul au Québec, estimant que les candidats conservateurs qui réussiront à déloger des bloquistes seront plus susceptibles d'être libres sur cette question alors que le parti de Gilles Duceppe ne permet aucune dissidence sur cet enjeu.
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Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
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