Inspection des aliments : 80 % des consommateurs rejettent les compressions d'Ottawa
Dans la foulée des récentes éclosions de listeria dans des fromages et de la charcuterie au pays, près de huit Canadiens sur dix estiment aujourd'hui que les compressions prévues par Stephen Harper dans les budgets fédéraux liés à l'inspection des aliments devraient cesser immédiatement. Pis, plus de la moitié de la population appelle au passage Ottawa à mettre davantage d'argent dans ce domaine, indique un sondage commandé par plusieurs groupes de défense de consommateurs et dont Le Devoir a obtenu copie.
Orchestré par la firme Nanos Research pour le compte d'Option consommateurs, de la Coalition canadienne de la santé et de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, le coup de sonde, dont les grandes lignes vont être dévoilées ce matin à Ottawa, est catégorique. Près de 83 % des 1200 répondants demandent, avec une marge d'erreur de 2,8 %
19 fois sur 20, que le projet fédéral de retrancher plusieurs millions de dollars des programmes d'inspection des aliments soit tout simplement mis au rancart. Cette mesure de l'opinion a été prise par téléphone entre le 20 et le 22 septembre dernier d'un océan à l'autre. Dans l'ensemble, 301 Québécois y ont pris part.
Les compressions envisagées par Ottawa ne semblent d'ailleurs être appuyées que par 7,3 % de la population, révèle le sondage pancanadien qui met également en lumière un autre aspect de l'opinion publique en matière de salubrité des aliments: 56 % des Canadiens veulent qu'Ottawa investisse plus d'argent pour assurer la sécurité et la salubrité des aliments vendus au pays.
«Ce n'est pas étonnant, a commenté Michel Arnold, directeur d'Option Consommateurs. Les consommateurs se rendent très bien compte que laisser une grande partie des responsabilités de l'inspection à l'industrie pourrait mettre leur santé en danger. Ils demandent donc aux politiciens de tous les partis de ne pas s'engager dans cette voie trop risquée.»
Au milieu de l'été, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a dû reconnaître en effet qu'elle travaillait actuellement sur la «révision stratégique de ses activités» d'inspection au pays. Dans le cadre de cette modernisation, l'Agence envisage d'ailleurs de remettre entre les mains d'une tierce partie, soit l'industrie agroalimentaire, une partie des activités d'inspection dans le secteur alimentaire. L'inspection des semences, de la nourriture d'animaux, l'étiquetage des produits de la viande, des fruits et des légumes, mais aussi une partie des services aux importateurs doivent être également touchés par ces réformes.
Au final, l'ACIA espère ainsi épargner chaque année 5 % de son budget annuel de 416 millions pour affecter ces quelque 20 millions de dollars à d'autres activités jugées plus prioritaires, sans toutefois préciser lesquelles. Notons toutefois que, selon les révélations faites par un ancien inspecteur de l'ACIA dans les pages du Globe and Mail à la fin août, l'usine Maple Leaf de Toronto, d'où est partie l'importante éclosion de listeria qui vient de secouer l'industrie agroalimentaire, faisait partie des établissements-pilotes où Ottawa teste depuis un an ses nouvelles règles d'inspection.
Toutes couleurs politiques unies
Au terme de cette importante crise sanitaire qui a fait 19 morts au Canada, mais aussi des préoccupations récentes liées à la découverte de mélamine dans du lait en Chine, c'est donc sans surprise que le renforcement de la salubrité et de l'innocuité des aliments au pays fait consensus au sein de la population. Et cette unanimité transcende même la couleur politique des répondants, indique le sondage de Nanos Research.
À preuve, qu'elles revendiquent une appartenance au Bloc québécois, au Parti libéral, au Parti conservateur ou au Nouveau Parti démocratique, les personnes sondées souhaitent en effet dans la même proportion (entre 55,5 % et 58,5 %) qu'Ottawa injecte de l'argent dans ces programmes au lieu d'amorcer des compressions. Toutefois, 10,8 % des bloquistes soumis à la question sont d'accord avec ces compressions, contre 5,9 % chez les libéraux, 7,7 % chez les conservateurs et... 1,2 % chez les représentants du Parti vert du Canada.
Les préoccupations de la population en matière d'innocuité des aliments alimentent depuis quelques semaines de temps en temps l'actuelle campagne électorale fédérale. La semaine dernière par exemple, Jack Layton s'est engagé à placer un inspecteur fédéral dans chaque usine de transformation de la viande au Canada. Le Parti libéral de Stéphane Dion avait promis plus tôt en septembre l'embauche de 100 inspecteurs de plus pour assurer la sécurité des Canadiens.
Ces Canadiens sont d'ailleurs plus inquiets dans l'ouest du pays, où l'idée d'accroître les investissements dans le domaine de l'inspection a fait vibrer 62 % des répondants, contre 49 % dans les provinces atlantiques. Le Québec (53 %) et l'Ontario (54 %) restent dans la moyenne à une différence près: c'est ici que l'on retrouve la plus grande proportion de répondants en faveur des compressions budgétaires: 12,6 % pour 7,3 % du côté d'Halifax, 6,5 % vers Toronto et 4,2 % près de l'autre océan.
Orchestré par la firme Nanos Research pour le compte d'Option consommateurs, de la Coalition canadienne de la santé et de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, le coup de sonde, dont les grandes lignes vont être dévoilées ce matin à Ottawa, est catégorique. Près de 83 % des 1200 répondants demandent, avec une marge d'erreur de 2,8 %
19 fois sur 20, que le projet fédéral de retrancher plusieurs millions de dollars des programmes d'inspection des aliments soit tout simplement mis au rancart. Cette mesure de l'opinion a été prise par téléphone entre le 20 et le 22 septembre dernier d'un océan à l'autre. Dans l'ensemble, 301 Québécois y ont pris part.
Les compressions envisagées par Ottawa ne semblent d'ailleurs être appuyées que par 7,3 % de la population, révèle le sondage pancanadien qui met également en lumière un autre aspect de l'opinion publique en matière de salubrité des aliments: 56 % des Canadiens veulent qu'Ottawa investisse plus d'argent pour assurer la sécurité et la salubrité des aliments vendus au pays.
«Ce n'est pas étonnant, a commenté Michel Arnold, directeur d'Option Consommateurs. Les consommateurs se rendent très bien compte que laisser une grande partie des responsabilités de l'inspection à l'industrie pourrait mettre leur santé en danger. Ils demandent donc aux politiciens de tous les partis de ne pas s'engager dans cette voie trop risquée.»
Au milieu de l'été, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a dû reconnaître en effet qu'elle travaillait actuellement sur la «révision stratégique de ses activités» d'inspection au pays. Dans le cadre de cette modernisation, l'Agence envisage d'ailleurs de remettre entre les mains d'une tierce partie, soit l'industrie agroalimentaire, une partie des activités d'inspection dans le secteur alimentaire. L'inspection des semences, de la nourriture d'animaux, l'étiquetage des produits de la viande, des fruits et des légumes, mais aussi une partie des services aux importateurs doivent être également touchés par ces réformes.
Au final, l'ACIA espère ainsi épargner chaque année 5 % de son budget annuel de 416 millions pour affecter ces quelque 20 millions de dollars à d'autres activités jugées plus prioritaires, sans toutefois préciser lesquelles. Notons toutefois que, selon les révélations faites par un ancien inspecteur de l'ACIA dans les pages du Globe and Mail à la fin août, l'usine Maple Leaf de Toronto, d'où est partie l'importante éclosion de listeria qui vient de secouer l'industrie agroalimentaire, faisait partie des établissements-pilotes où Ottawa teste depuis un an ses nouvelles règles d'inspection.
Toutes couleurs politiques unies
Au terme de cette importante crise sanitaire qui a fait 19 morts au Canada, mais aussi des préoccupations récentes liées à la découverte de mélamine dans du lait en Chine, c'est donc sans surprise que le renforcement de la salubrité et de l'innocuité des aliments au pays fait consensus au sein de la population. Et cette unanimité transcende même la couleur politique des répondants, indique le sondage de Nanos Research.
À preuve, qu'elles revendiquent une appartenance au Bloc québécois, au Parti libéral, au Parti conservateur ou au Nouveau Parti démocratique, les personnes sondées souhaitent en effet dans la même proportion (entre 55,5 % et 58,5 %) qu'Ottawa injecte de l'argent dans ces programmes au lieu d'amorcer des compressions. Toutefois, 10,8 % des bloquistes soumis à la question sont d'accord avec ces compressions, contre 5,9 % chez les libéraux, 7,7 % chez les conservateurs et... 1,2 % chez les représentants du Parti vert du Canada.
Les préoccupations de la population en matière d'innocuité des aliments alimentent depuis quelques semaines de temps en temps l'actuelle campagne électorale fédérale. La semaine dernière par exemple, Jack Layton s'est engagé à placer un inspecteur fédéral dans chaque usine de transformation de la viande au Canada. Le Parti libéral de Stéphane Dion avait promis plus tôt en septembre l'embauche de 100 inspecteurs de plus pour assurer la sécurité des Canadiens.
Ces Canadiens sont d'ailleurs plus inquiets dans l'ouest du pays, où l'idée d'accroître les investissements dans le domaine de l'inspection a fait vibrer 62 % des répondants, contre 49 % dans les provinces atlantiques. Le Québec (53 %) et l'Ontario (54 %) restent dans la moyenne à une différence près: c'est ici que l'on retrouve la plus grande proportion de répondants en faveur des compressions budgétaires: 12,6 % pour 7,3 % du côté d'Halifax, 6,5 % vers Toronto et 4,2 % près de l'autre océan.
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