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Québec cherche des moyens de réduire la facture du projet - Les médecins disent non à un CHUM morcelé

La radio-oncologie resterait à l'hôpital Notre-Dame, selon un des scénarios à l'étude

Isabelle Paré   18 février 2003  Santé
Le Dr André Lacroix, porte-parole des chefs de département du CHUM, estime que le projet de construction n’est pas disproportionné au regard des besoins des Québécois qui, dit-il, vont aller «en augmentant au cours des prochaines années».
Photo : Jacques Nadeau
Le Dr André Lacroix, porte-parole des chefs de département du CHUM, estime que le projet de construction n’est pas disproportionné au regard des besoins des Québécois qui, dit-il, vont aller «en augmentant au cours des prochaines années».
Alors que Québec examine des façons de réduire la facture éléphantesque du futur CHUM Saint-Denis, les chefs de département du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) pressent Québec de ne pas céder à la tentation d'éparpiller les services et de perpétuer l'inefficacité actuelle.

Alertés par les rumeurs qui veulent que Québec étudie un scénario prévoyant le maintien à l'hôpital Notre-Dame des services de radio-oncologie du futur CHUM, les chefs de département s'inquiètent. D'ici à quelques semaines, le ministre de la Santé, François Legault, doit annoncer ses intentions au sujet de ce projet d'importance. Mais plusieurs scénarios, favorisant une réduction de la taille du projet, ont déjà commencé à circuler en coulisses.

Ces médecins du CHUM ont donc répété la nécessité de regrouper sur un seul site la totalité des services cliniques, l'enseignement et la recherche. «On a essayé de le faire [fonctionner] sur trois sites. On sait que ce n'est pas ce mode de fonctionnement qui est efficace. Aujourd'hui, nous réaffirmons haut et fort que les 35 spécialités médicales doivent être réunies sur un site unique», a insisté hier le Dr André Lacroix, porte-parole de cette table de chefs.

Aux critiques qui comparent le projet à l'onéreux stade olympique, le Dr Lacroix soutient que le bien-fondé de l'investissement d'un milliard n'a plus à être démontré. «Il ne s'agit pas d'un projet de grandeur disproportionnée. On parle d'une activité prioritaire pour les Québécois: la santé et des équipements qui vont durer 50 ans. Les besoins en services de santé ne vont pas aller en diminuant, mais en augmentant au cours des prochaines année», a-t-il ajouté.

Selon ces médecins, le coût évoqué de construction de 1,6 milliard se compose environ au tiers d'équipements qu'il faudra également remplacer d'ici à 10 ans, même en demeurant dans les bâtisses actuelles. D'après le Dr Lacroix, la création d'un CHUM unifié est aussi cruciale pour maintenir le statut concurrentiel de Montréal dans l'industrie du savoir. Avec plus de 10 000 employés dont 300 chercheurs, le CHUM demeure le second employeur de la métropole en importance et joue un rôle de taille dans l'attraction des compagnies pharmaceutiques et de biotechnologies.

Selon des estimations de la Chambre de commerce de Montréal, la construction de l'hôpital de 853 lits entraînerait des retombées économiques de quelque 3,5 milliards et créera au moins 25 000 emplois par année.

Le chef du département de radio-oncologie, le Dr Jean-Paul Bahary, qui avait déjà décrié la semaine dernière l'idée d'isoler la radio-oncologie du reste du CHUM, a reformulé les mêmes mises en garde. «On ne peut revivre cela et continuer d'être non fonctionnels», a-t-il dit.

La création d'un hôpital surspécialisé sur un site devient d'autant plus pressante que le CHUM verra bientôt sa population d'étudiants et de stagiaires gonfler de 85 %, plaident ces médecins. De 2900 en 2000, le nombre de stagiaires sera propulsé à 5500 dès 2006. Quant aux services, ils seront eux aussi appelés à croître, affirment ces médecins.

Le futur hôpital devrait recevoir plus de 560 000 visites à ses cliniques ambulatoires en 2010, une hausse de 72 000 par rapport à 1999. Le nombre de soins passera quant à lui de 65 000 à 82 000 dans huit ans. Pour réaliser ce défi, il faudra un CHUM efficace et moderne, rappelle le Dr Lacroix.

«On pourra toujours réutiliser les anciens hôpitaux pour faire des centres d'hébergement et de soins de longue durée, car il y a un manque criant, plutôt que de construire des CHSLD neufs et de continuer à fonctionner dans des hôpitaux inefficaces», plaide-t-il.
 
 
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