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Listériose - L'irradiation des aliments revient au programme

Fabien Deglise   8 septembre 2008  Santé
Dans la foulée de la crise de la listériose qui vient de s'abattre sur le pays, Santé Canada se prépare à dépoussiérer son projet de modification réglementaire pour allonger la liste des aliments pouvant être traités par irradiation, a appris Le Devoir. Cette mesure sanitaire controversée était sur la voie d'évitement depuis quatre ans, malgré un avis favorable donné en 2004 par les scientifiques du ministère fédéral de la Santé. Elle pourrait viser le boeuf, le poulet, les crevettes ainsi que les mangues. Pour le moment.

Selon nos informations, Santé Canada va remettre en effet dans les prochaines semaines l'irradiation des aliments au programme afin de répondre aux préoccupations des consommateurs au sujet de la salubrité et de l'innocuité des aliments. Le ministère organise d'ailleurs dans cette optique, sans tambour ni trompette, des groupes de discussion dans quelques villes canadiennes, dont Toronto et Montréal, afin de prendre le pouls de l'opinion publique sur l'irradiation. Les fonctionnaires fédéraux ont également l'intention de rappeler dans les prochains jours au ministre Tony Clement, comme ils l'avaient fait à son prédécesseur en 2004, qu'après évaluation scientifique, les freins à l'irradiation du boeuf, du poulet, des crevettes et des mangues ne seraient tout simplement pas justifiés.

«C'est une très bonne nouvelle, a indiqué au Devoir Monique Lacroix, de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS-Armand Frappier) et chercheuse au Centre d'irradiation du Canada. Cela prend malheureusement toujours des bombes pour que les gens se réveillent. Cette fois-ci, j'espère que c'est la bonne.»

Craintes des consommateurs

L'idée d'irradier viandes, crustacés et fruits est sur la table à dessin de Santé Canada depuis le début du siècle. Cette technique qui consiste à exposer des aliments aux rayons gamma du cobalt 60 pour éradiquer les bactéries pathogènes qu'ils pourraient contenir — et dont la Listeria monocytogenes fait partie —, a été au coeur de 22 mois de consultations publiques, d'un océan à l'autre, entre 2002 et 2004. L'irradiation est autorisée au pays depuis les années 60 pour le traitement des pommes de terre et des oignons et, depuis 1984, pour les farines, les épices et les aliments déshydratés. Sous la pression des industriels de l'alimentation, l'ajout des produits carnés à cette liste est envisagé depuis quelques années, sans avoir toutefois reçu l'aval ultime des ministres de la Santé des dernières années qui ont le dernier mot en matière d'irradiation des aliments.

Cette timidité s'explique en partie par les craintes exprimées par les consommateurs. Une source proche du dossier à Santé Canada indique en effet que plus de 3000 lettres ont été reçues dans les dernières années. Toutes les missives demandaient en substance au ministère de ne pas aller de l'avant avec ce projet. Avec une image de radioactivité qui lui colle à la peau, l'irradiation n'est pas facilement acceptée par les consommateurs, même si l'Institut canadien de science et technologie alimentaires, dans un rapport d'évaluation, considère que cette technique, est «d'un point de vue toxicologique, microbiologique et nutritionnel» aussi sécuritaire que d'autres, plus traditionnelles, «comme la pasteurisation et la mise en conserve».

Or, après la commotion causée dans les dernières semaines par la flambée de Listeria monocytogenes dans une usine de l'entreprise Maple Leaf à Toronto, Santé Canada ferait désormais le pari de l'étiolement des réticences chez les consommateurs, étiolement qui faciliterait la remise sur rail de son projet de modification réglementaire. Largement soutenue par l'industrie agroalimentaire, l'irradiation vise principalement à s'attaquer à la prolifération de l'E. coli 0157:H7, bactérie à l'origine de la maladie dite du hamburger dans l'alimentation. Sous l'effet des rayons gamma qui s'attaquent à l'ADN des bactéries, ce pathogène, tout comme les salmonelles et la Listeria, est entièrement éradiqué. Mieux, les viandes voient également leur durée de vie prolongée en raison de la destruction des micro-organismes responsables de leur putréfaction.

Autorisée dans près de 50 pays dans le monde, dont les États-Unis, l'irradiation des viandes et autres aliments s'accompagne toutefois d'une obligation: l'emballage du produit doit porter la mention «irradié» ainsi que le symbole «radura» (une plante dans un cercle brisé) afin d'éclairer le choix des consommateurs. Notons également qu'à ce jour aucune demande officielle de l'industrie n'a été présentée à Santé Canada pour inclure la charcuterie, à l'origine de la récente éclosion de listériose, dans la liste des aliments pouvant être soumis à l'irradiation. «Mais cela pourrait ne pas tarder, dit Mme Lacroix. Plusieurs études scientifiques démontrent que l'irradiation des charcuteries ne pose, elle aussi, aucun problème.»
 
 
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  • marcel vinet
    Inscrit
    lundi 8 septembre 2008 08h55
    le systeme immunitaire....
    c est inadmissible l irradiation,seulement pour les commercants qui vont voir leur marge de profit plus grande....le systeme immunitaire se développe au contact des ennemies qui attaquent le corps comme les bactéries et les virus,si vous les enlevez,il va devenir tres paresseux et ca va etre pire,il faudra alors tout surveiller et la moindre erreure va devenir mortelles.....incroyable les politiques le permettant déja dans 50 pays....qui a raison,surement le survivant...ce sont des problemes de vie ou de mort,ce ne sont pas aux politiciens a régler cela mais aux scientifiques au service de la vie....il faudrait savoir s il y a plus de morts a cause des bactéries dans les pays qui le permettent que dans ceux ou c est défendu...ca prend une commission d enquete mondiale....mais avec la surpopulation actuelle de la planete,des décisions de ce genre font peut etre parties de la théorie de Darwin....salutation...Marcel

  • lise jacques
    Abonnée
    lundi 8 septembre 2008 09h18
    Non merci pour l'irradiation
    Même si les aliments irradiés doivent être bien identifiés je dis non merci car ce procédé apporte d'autres effets négatifs.

    Les charcuteries et viandes fumées sont dommageables pour la santé selon plusieurs études scientifiques. Il n'y a rien de nouveau concernant ces dangers alors Santé canada devrait plutôt informer les gens sur ces effets. Les nitrosamines formés par les nitrates sont en grande partie responsables des cancers du tube digestif, une aussi petite quantité que 500mg de nitrosamines produit de l'inflammation des muqueuses digestives.

    La solution n'est pas d'éviter la bactérie et de causer encore d'autres cancers et problèmes de santé.

    L'ionisation des aliments peut faire apparaître dans ceux-ci des composés appelés cyclobutanones, qu'on ne trouve pas dans les aliments non ionisés. De très nombreuses études scientifiques ont montré que ces cyclobutanones sont des promoteurs du développement de cancers et causent des dommages génétiques chez le rat. Chez l'homme on sait qu'ils créent des dommages aux cellules et au gènes ( cytotoxicité et génotoxicité). D'autres composés tels les radicaux libres ou le benzène, le toluène... apparaissent lors de l'ionisation d'aliments (ces composés sont connus pour favoriser l'apparition de cancers, maladies cardio-vasculaires.

    Espérant que Santé Canada comprenne une fois pour toutes ce qui est le meilleur pour la santé des gens.

    Quand on devient conscient de l'effet des aliments sur notre santé, le premier pas est d'éliminer ces charcuteries et ces viandes fumées. Notre santé ne s'en portera que mieux... Ces aliments sont facilement remplaçables!

  • camelot
    Inscrit
    lundi 8 septembre 2008 09h46
    Moins de travail, plus de profits
    Voilà le véritable objectif. Les industriels n'assument pas leurs responsabilités. Le cas Maple Leaf est patent. Lorsqu'on emploi du personnel non qualifié, et qu'on augmente sans cesse la quantité au détriment de la qualité il faut s'y attendre. C'est la politique américaine : le gain, le gain, le gain.: "A sucker born each minutes." disent-ils. Il n'y a pas que les oignons, pommes de terre, épices, aliments déshydratés qui sont irradiés. Les crevettes le sont, les mangues aussi, ce sera le tour du boeuf haché bientôt, si ce n'est déjà fait. Après ce procédé, les pommes de terre deviennent pétrifiées. Elle sont dures comme la pierre, ne goûtent rien et restent quand même coriaces après cuisson. Les farines sont mortes.

    Ce que je trouves le plus étrange est que la listéria s'est d'abord manifestée chez Maple Leaf. Comment se fait-il que notre industrie fromagère ait été atteinte en même temps ? Ce n'est pas une bactérie qui court les rues. Cette coïncidence est troublante.

    Jean-Marie Francoeur

  • Nancy Chapadeau
    Inscrite
    lundi 8 septembre 2008 09h58
    Irradiation
    Est-ce que la population est prête à manger des viandes irradiées ? Je suis curieuse d'en savoir plus à ce sujet.

    Félicitation pour les travaux du Dr Monique Lacroix.

  • Eric Labonté
    Inscrit
    lundi 8 septembre 2008 11h45
    Qui veut une tranche de poison?
    Les produits que nous consommons sont déjà affectés par les pesticides, les hormones de croissance, les antibiotiques les OGM et j'en passe. La liste de produits chimiques ne cesse de s'allonger quand nous lisons sur les emballages des produits l'information des valeurs nutritives. Aujourd'hui malheureusement tout se tourne vers le mot '' PROFIT '' . Je crois que l'irraditation des aliments est tout simplement un autre processus visant à protéger le marché qui s'est lui même rendu malade. Et ceux qui consomment ces aliments? Pensez vous qu'ils auront besoin d'être irradiés eux aussi?

  • Jean-Sebastien Neveu
    Inscrit
    lundi 8 septembre 2008 12h24
    Système immunitaire indeed ...
    Je seconde l'opinion de M. Vinet.
    Comment se fait-il d'ailleurs que les médias ne "challenge" pas cette approche sous cet angle là plutôt que sous l'angle, plus puéril, de l'association négative du processus avec le nucléaire?
    Mes inquiétudes à moi tournent bien plus autour de cette paresse immunitaire qu'on risque de développer à force de tout aseptiser à l'extrême. S'il y a un consensus scientifique que nous n'avons rien à craindre, je me rangerai à l'opinion de ceux qui s'y connaissent. Mais j'aimerais au moins savoir que la question a été soulevée et que consensus il y a. Journalistes! À vos micros... Merci de nous éclairer...

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    lundi 8 septembre 2008 14h31
    Ils font exprès : leur but est de détruire la véritable agriculture
    Tout comme dans le cas de la grippe aviaire, où l'on avait forcé des éleveurs bio à enfermer leurs oiseaux dans les «camps de concentration» qui sont normalement l'apanage des éleveurs industriels, on a cette fois une offensive en règle contre les fromages au lait cru.

    Le fait qu'on essaie de régler un problème en créant un problème encore plus monstrueux échappe complètement à nos médias complaisants, sauf Le Devoir bien entendu, dernier refuge de la vigilance intellectuelle.

    Si le principe de précaution était appliqué aussi systématiquement qu'avec les producteurs de fromages, à qui on vient de faire perdre des centaines de milliers de dollars, l'extraction des sables bitumineux et des projets foireux à la Rabaska ne verraient jamais le jour sous leur forme actuelle.

    Maintenant, les priorités de nos gouvernement ont le mérite d'être claires.

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